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MARIE DUBAS

18 janvier 2022

Anna Marie Dubas, dite Marie Dubas (1894-1972)

Danseuse, comédienne, chanteuse d’opérettes, elle dut réduire l’étendue de son registre dès l’âge de trente-deux ans à la suite d’une défaillance de ses cordes vocales.

Le Tango Stupéfiant (chanson elle-même stupéfiante) de 1936

Après trois semaines entières
De bonheur que rien n’altérait
Mon amant dont j’étais si fière
Un triste matin me plaquait
Pour calmer mon âme chagrine
Je résolus en un sursaut
De me piquer à la morphine
Ou de priser de la coco
Mais ça coûte cher tous ces machins
Alors pour fuir mon noir destin

{Refrain:}
J’ai fumé de l’eucalyptus
Et je m’en vais à la dérive
Fumant comme une locomotive
Avec aux lèvres un rictus
J’ai fumé de l’eucalyptus

Dès lors mon âme torturée
Ne connut plus que d’affreux jours
La rue du désir fut barrée
Par les gravats de notre amour
J’aurais pu d’une main câline
Couper le traître en petits morceaux
Le recoller à la sécotine
Pour le redécouper aussitôt
Mais je l’aimais tant l’animal
Alors pour pas lui faire de mal

{Refrain:}
J’ai prisé d’la naphtaline
Les cheveux hagards, l’œil hérissé
Je me suis mise à me fourrer
Des boules entières dans les narines
J’ai prisé d’la naphtaline

Qu’ai-je fait là, Jésus Marie
C’est stupéfiant comme résultat
Au lieu de m’alléger la vie
Je me suis alourdie l’estomac
J’ai dû prendre du charbon Belloc
Ça m’a fait la langue toute noire
Que faire alors pauvre loque,
Essayer d’un autre exutoire ?
Car le pire c’est que j’ai pris le pli
Et c’est tant pis quand le pli est pris

{Refrain:}
Je me pique à l’eau de Javel
Pour oublier celui que j’aime
Je prends ma seringue
Et j’en bois même
Alors il me pousse des ailes
Je me pique à l’eau de Javel
Gnak gnak gnak gnak
J’ai du chagrin…

***

C’est toujours ça de pris ! (1935)

Musique de Maurice Yvain , paroles de Max Blot 1935 .

Quand on vient au monde

Il ne faut pas vouloir la lune

Ni penser de trouver

Le bonheur rêvé

Vous aimez les blondes

L’occasion vous fait prendre une brune

Dites-vous, c’est très bien

Que c’est le destin

Aujourd’hui l’important

C’est d’prendre du bon temps.

***

C’est toujours ça d’pris

Comme disait ma grand-mère

Moi ça me suffit

Y’a pas d’petits profits

***

Grâce à la loterie

On croit être millionnaire

On gagne deux cents francs

Comment qu’c’est qu’on les prend?

Quand pour une thune aux Uniprix

Vous achetez un beau diamant à votr’ chéri

Elle s’écrie:

***

C’est toujours ça d’pris

Comme disait ma grand-mère

C’est d’la quincaillerie

Mais c’est toujours ça de pris.

***

Lorsqu’ au cinéma

Au théâtre ou bien dans la rue

Un beau gars m’dit tout bas

On se reverra

À son rendez-vous

Les yeux baissés j’arrive émue

Débordante de désir

Et puis de plaisir

J’tends ma bouche de carmin

Il me baise la main.

***

C’est toujours ça d’pris

Comme disait ma grand-mère

Moi ça me suffit

Y’a pas d’petits profits

***

J’rengaine mes ardeurs

Et j’pense tout bas:

Ma chère Pour qu’il s’arrête là,

Sûrement qu’y m’connaît pas

D’vant un porto, j’espère chez lui

En fait d’souper

Qu’il n’aura pas que des biscuits

J’engloutis

***

C’est toujours ça d’pris

Comme disait ma grand-mère

J’pousse pas de p’tits cris

Mais c’est toujours ça de pris.

***

À présent que j’ai fini

D’chanter ma chansonnette

Si cet air peut vous plaire

J’en serais très fière

Mais écoutez-moi

Et ne soyez pas assez bête

Pour laisser fuir ailleurs

Le moindre bonheur

S’il ne dure qu’un moment

Dites-vous gaiement:

***

C’est toujours ça d’pris

Comme disait ma grand-mère

Moi ça me suffit

Y’a pas d’petits profits

***

Car je le prétends

Pour être heureux sur terre

Il faut dans la vie

De la philosophie

Quand chaque soir j’arrive ici

Pour un moment

Je n’ai pas … de mes soucis

Je me dis:

***

C’est toujours ça d’pris

Comme disait ma grand-mère

C’n’est qu’une heure d’oubli

Mais c’est toujours ça de pris.

***

Le Doux Caboulot (1932)

musique de Larmangeat et paroles de Francis Carco (François Carcopino-Tusoli, 1886, 1958)

Le doux caboulot
Fleuri sous les branches
Est tous les dimanches
Plein de populo.

La servante est brune,
Que de gens heureux
Chacun sa chacune,
L’une et l’un font deux.

Amoureux épris
Du culte d’eux-mêmes.
Ah sûr que l’on s’aime,
Et que l’on est gris.

Ça durera bien
Le temps nécessaire
Pour que Jeanne et Pierre
Ne regrettent rien.

From → divers

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