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Servant d’autel au prénom prédestiné, le bénévole Emmanuel (« Dieu est parmi nous ») est passé aux aveux

26 juillet 2020

Publié le par

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J’ai été journaliste d’investigation. Je sais comment les choses se passent, dans ces cas-là, notamment quand des prévenus sont interrogés par la police qui les relâche ensuite, provisoirement, parce qu’elle va les mettre sous écoutes et continuer les enquêtes. Je le savais. Je ne pouvais pas le dire. Mes articles, sur ce blog, le laissaient entendre.

Lisez: Cathédrale de Nantes: par immense bonheur, le bénévole bienveillant hébergé depuis cinq ans, servant d’autel extrêmement aimable, courtois, à l’écoute et d’une gentillesse infinie, a été mis hors de cause, en l’état

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/07/20/cathedrale-de-nantes-par-immense-bonheur-le-benevole-bienveillant-heberge-depuis-cinq-ans-servant-dautel-extremement-aimable-courtois-a-lecoute-et-dune-gentillesse-infinie-a-ete-mis-hors-d/

 Huit jours après l’incendie criminel qui a détruit une partie de la cathédrale de Nantes (Nantes, la ville où je publie mes livres depuis vingt ans), le bénévole rwandais de 39 ans dont la presse se refusait (et se refuse toujours) à indiquer le nom, et au sujet duquel toute le monde se répandait en dithyrambes ampoulés mais enthousiastes, a été de nouveau  interpellé.

Comme dirait l’autre (Exode, 22.6) : « Si un feu éclate et rencontre des épines, et que du blé en gerbes ou sur pied, ou bien le champ, soit consumé, celui qui a causé l’incendie sera tenu à un dédommagement ».

Devant le juge d’instruction, qui l’a mis face aux lacunes et aux mensonges de ses déclarations par rapport aux évidences notamment scientifiques recueillies par les enquêteurs, le suspect est passé aux aveux. Il a donc été mis en examen pour « destructions et dégradations par incendie » avant d’être écroué. Il risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende (diantre, voire si j’osais en ce contexte, diable, 150.000 euros, comment pourrait-il les payer?)…

Arrivé en France en 2012, ce réfugié faisait partie des sept bénévoles chargés d’assurer la sécurité de l’édifice nantais. La veille de l’incendie, c’était lui qui avait fermé le bâtiment.

Même si certains – naïfs ou mal informés? – continuaient de parler d’une « piste accidentelle », on avait pu constater l’absence d’effraction extérieure; il y avait trois départs de feu et des traces d’hydrocarbures. En outre, l’exploitation des images de vidéosurveillance démontrait que le servant d’autel était sorti de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, le samedi matin, peu après les premiers appels de passants aux pompiers.

Le « bénévole du diocèse » (comme l’appelle la presse) avait fait maintes démarches afin de régulariser sa présence sur le sol français, mais sans succès. Son titre de séjour n’était plus valable depuis la fin de l’année 2019, et il se trouvait sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français depuis le mois de mars 2020.

Outre ses attributions (du travail au noir, si l’on comprend bien) de chargé de la sécurité de la cathédrale, cet homme assistait les prêtres au cours des offices religieux. Selon la presse, « aucune autre activité professionnelle ne lui était connue ».

Le recteur de la cathédrale, Hubert Champenois, qui connaissait le servant d’autel depuis plusieurs années, avait répété « avoir confiance en lui comme en tous les collaborateurs ».

« Il regrette amèrement les faits et évoquer cela a été pour lui une libération. Mon client est aujourd’hui rongé par le remords et dépassé par l’ampleur qu’ont pris les événements », a indiqué l’avocat du pyromane, Me Quentin Chabert.

L’identité du bénévole et servant d’autel rwandais n’est toujours pas révélée par la grande presse. Son nom n’est pas cité.

On admire le deux poids et deux mesures. Dans un cas, un homme de 83 ans, David Hamilton, accusé hors délais légaux, et qui à la fin de 2016 rejetait les allégations portées contre lui, a  vu son nom jeté en pâture sur toutes les chaînes de télévision, sur toutes les radios, dans tous les journaux.

Dans un autre cas, le bénévole et servant d’autel rwandais, après avoir menti et continué à mentir devant les enquêteurs, a finalement reconnu les faits dont il était accusé. Son identité reste cependant inconnue du grand public.

Placé une deuxième fois en garde à vue, le servant d’autel a d’abord continué à nier les faits. Puis, face aux preuves qui s’accumulaient, il a craqué.

C’est sans doute là ce que son défenseur appelle « une repentance sincère » (sic)?

«Il a coopéré. Il est dans les remords. Une repentance sincère et détaillée. Il a été dépassé par les événements. L’enquête va suivre son cours pour préciser des éléments. Il faut tout de même rappeler que nous sommes dans un cadre délictuel et non criminel. Il faut ramener les choses à leurs justes proportions. Les faire redescendre.»

Comment aurait-on osé se méfier du bénévole rwandais?

Emmanuel ne signifie-t-il pas « Dieu est parmi nous »?

PS Va-t-on prendre des mesures en ce qui concerne la surveillance de la cathédrale de Nantes, et des oeuvres artistiques inestimables que contiennent les cathédrales et les églises, bref tous les autres monuments religieux (ou laïcs) en France? Puisqu’il y a des agents de sécurité dans tous les Macdos de France, pourrait-on SVP en trouver pour les cathédrales gothiques?

Olivier Mathieu

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