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L’UPR : UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE, OU L’UPRD : UNION DU PEUPLE POUR RÉTABLIR LA DÉMOCRATIE (TANT INTERNE QU’EXTERNE) ?

29 juin 2020

Dans mes « règlements de compte » de fin de confinement (ou presque), je voudrais revenir sur cette lamentable histoire qui secoue l’UPR. Après avoir énoncé ce que je pensais de ce président accroché à sa place, prêt à embarquer dans sa chute tout le mouvement, je vais dire quelques mots de la liste concurrente (et homologuée) à celle de cet inamovible autocrate.

Rappelons d’abord que l’UPR, qui se targue pourtant d’une volonté de développer plus de démocratie au sein de la société (entre autres, du moins dans son programme, par le recours au RIC (référendum d’initiative populaire) et plus généralement à des référendums sur tous les sujets importants), n’a pas cru bon encore de désigner ses dirigeants à la proportionnelle (intégrale), puisque la liste qui arrive en tête à l’élection triennale du congrès du parti rafle l’ensemble de la mise.

Mais revenons à la liste concurrente de celle de François Asselineau. Une nouveauté au sein de l’UPR. Ce sera celle de Philippe Conte. « Une nouvelle ère pour l’UPR ». Certes, elle est menée par un nouveau venu qui n’a jamais été au Bureau National de l’UPR, mais il en ressort quand même que cette liste comporte parmi ses membres (29 titulaires et 29 suppléants) pas moins de 24 des 38 signataires de la fameuse lettre interne qui fut à l’origine du scandale que l’on sait. Soit 63 % environ des signataires, autrement dit près des deux-tiers. On ne peut donc s’étonner que cette liste « dissidente » soit soutenue par lesdits « signataires » ou « putschistes » comme diraient certains. Puisque c’est en partie leur propre liste (24/58, soit un peu plus de 40 %, quand même, des candidats).

Mon point de vue (dont personne n’a que faire, mais je le donne quand même), et je l’ai dit dès le départ, est que la seule manière de ne pas casser en deux ou de détruire l’UPR (essentiellement sur une question de non-démocratie interne), aurait été de trouver un président (ou une présidente) et des collaborateurs de consensus. Ce que proposaient divers personnes dont un groupe de représentants de l’UPR de la France hors métropole et de l’étranger.

Ni des gens de la « bande » d’Asselineau (qui finalement n’a ni classe, ni amour-propre et bien évidemment aucune humilité, et une certaine indécence, et demande aux autres, sur l’air des lampions, de faire ce que lui-même se refuse à faire : démissionner et se mettre en retrait).

Ni des gens de la « bande » de Boizet (à l’origine de la lettre), Brousseau et Gallois – les seules deux autres personnes en dehors d’Asselineau ayant une certaine visibilité ou lisibilité publique nationale – et Zamane Ziouane, la « Gilet Jaune » première colistière d’Asselineau pour les Européennes passées, ceux qui se sont mis en avant pour l’occasion.

D’ailleurs, dans mon esprit, il ne s’agit pas que d’une question de consensus, mais aussi de responsabilité. Le BN en son ensemble est aussi responsable que François Asselineau dans ce qui est arrivé. Je ne parle même pas des fuites externes vers la presse aux ordres de l’européo-mondialisme! Leur laissez-faire (non imposition d’une réunion mensuelle pourtant statutaire, non mise aux voix des embauches, non « révolte » d’un trésorier qui ne voyait même plus passer les pièces-comptables, etc.), leur agrément à l’occasion (sur les questions de salaire et de voiture de fonction) en font finalement des complices des dérives présidentielles.

Le pire est que cela fait des années (apprend-on peu à peu) que cela dure et que cela s’est toujours réglé de la même manière par un sur-taux de démissions, et de départs plus ou moins discrets. Sans parler encore des exclus qui n’avaient simplement pas l’heur de plaire au président (Asselineau n’aime que les gens soumis et marchant comme il veut ; il déteste être contesté et qu’on lui fasse de l’ombre, puisque il sait tout et a la science infuse sur tous les sujets ; et d’ailleurs peu importe pour lui les compétences de chacun ; on ne compte plus, dit-on, les documents internes, études, synthèses qui ont mené à rien sauf à de la frustration et portes claquées dans l’indifférence apparente du président qui a pourtant choisi ses colistiers !).

Points positifs cependant à mettre à l’actif de la liste Conte :

1 – La part de l’élément féminin. L’UPR est un parti très masculin, à la base de bons colleurs d’affiches généreux sur leur temps et leur argent. Agissant pour la cause et non pour une place, d’ailleurs hypothétique. Les femmes y sont apparemment très minoritaires. Or, je note que, tous candidats à responsabilités nationales confondus, soit 58 personnes, il y a 19 femmes, soit pratiquement un tiers. Ce qui n’est pas un si mauvais pourcentage. De plus je note que ce sont deux femmes qui sont proposées aux postes de secrétaire générale et de trésorière.

2 – Il y a une volonté très affichée de refondre totalement le fonctionnement de l’UPR pour une bien plus grande démocratie et beaucoup moins de « verticalité » comme on dit de nos jours. Une direction plus collégiale, des rapports plus directs.

3 – Il y a enfin cette autre volonté de changer radicalement de stratégie devant le fiasco prévisible et inéluctable de l’élection présidentielle de 2022. Il s’agirait d’être le parti du ou plutôt des référendums, pour une démocratie plus directe et l’initiative populaire. Sans abandonner bien sûr le Frexit, la sortie de l’euro et la sortie de l’OTAN. Avec une ouverture vers l’extérieur et d’autres organisations.

***

Je viens d’apprendre (les informations sortent au compte-gouttes) que la liste Asselineau a pour intitulé « Cap sur le Frexit en 2022 » : là déjà on peut dire que s’est râpé. Sauf miracle. Ou alors par un autre que lui… Et qu’une troisième liste sera mise aux voix lors du Congrès : « Union du Peuple pour Rétablir la Démocratie » (il s’agit ici avant tout de la démocratie interne à l’UPR) conduite par Sylvain Fontaine.

Voici des extraits de « L’appel du 2 mai 2020 de Sylvain FONTAINE » :

La crise actuelle que traverse notre parti depuis 2 semaines est symptomatique d’une maladie que l’UPR a contracté depuis bien plus longtemps: le despotisme. Son président actuel ne s’y est pas trompé qui, dans son allocution du 25 avril dernier, a orienté cette crise née d’une forte présomption d’abus de pouvoir de sa part vers une volonté de certains responsables de l’évincer du pouvoir. C’est bien le pouvoir qui est donc au cœur de cette crise et plus précisément le pouvoir du président de l’UPR.

Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Un vote du Congrès de l’UPR (ensemble des adhérents) pour désigner le président de l’UPR et son bureau d’aides (c’est ainsi que François Asselineau a qualifié le Bureau National dans son allocution) pour les 3 prochaines années ne guérira pas le mal, car ce vote ne changera pas les pouvoirs du président qui font de lui un président-despote. Ses pouvoirs sont en effet prévus par les statuts.

– le président fait partie des 4 instances dirigeantes de l’UPR, dont l’une des 4 est constituée de lui-même;

– le Bureau National, de 28 membres en plus du Président, et ce bureau élargi, de 57 membres en plus du Président, ne sont composés que d’adhérents choisis directement par le Président;

– le Conseil National est composé majoritairement d’adhérents choisis par le Président, directement, ou indirectement via le Bureau National puisque seuls les élus en dehors d’une liste UPR et les 25 adhérents tirés au sort échappent à leur désignation par le Président (directement ou via le bureau national).

Tous les pouvoirs de l’UPR sont donc dans les mains d’adhérents qui doivent leur place à son président.

Cette organisation est antidémocratique. La démocratie ne se résume pas à élire un Président ayant tout pouvoir tous les 3 ans. Elle est basée sur la conviction que tout homme en vaut un autre et qu’aucun ne peut se prévaloir d’avoir plus de pouvoir qu’un autre. Un système démocratique cherche donc constamment à limiter le pouvoir de ceux qui se trouvent en situation dominante par rapport aux autres.

De l’organisation antidémocratique actuelle découle naturellement un fonctionnement tout aussi antidémocratique: la confidentialité des ordres du jour et des décisions qui sont prises dans les différentes instances en fait partie. Qui de nous a déjà lu un ordre du jour du Conseil national ou du Bureau National ? Qui de nous a déjà lu un compte-rendu de ces instances ? Il en est de même de la désignation des candidats aux élections qui sont désignés sans qu’on arrive à savoir comment et par qui. Il en est de même de l’utilisation des budgets: qui de nous sait seulement si l’on peut se faire rembourser ses frais de militantisme (frais d’utilisation de sa voiture personnelle pour coller des affiches ou distribuer des tracts, se rendre à des réunions, etc…) ? Ce goût du secret ou ce manque de transparence encouragent les réflexes individualistes, les comportements de courtisans et, au final, les abus qui sont autant d’atteintes à la démocratie.

Notre système antidémocratique actuel est politiquement mortel car il est incohérent avec notre devise: l’union du peuple pour rétablir la démocratie. Comment l’UPR espère-t-elle convaincre une majorité de nos concitoyens qu’elle souhaite rétablir la démocratie en ayant un fonctionnement antidémocratique ? Comment l’UPR, qui dénonce à juste titre le despotisme de l’Union Européenne, peut-elle convaincre nos concitoyens qu’il faut s’en libérer, quand elle place ses adhérents dans un système despotique ?

Voici quelques propositions :

1. Démocratiser la désignation des délégués, responsables ou référents, ainsi que des candidats UPR aux élections françaises.
– Election de tout représentant local de l’UPR (délégués régionaux, départementaux, adjoints de délégations dans les circonscriptions, responsables cantonaux ou communaux éventuels, …) par les adhérents du périmètre concerné.

– Etablissement des listes de candidats UPR aux élections par les adhérents des périmètres concernés.

2. Assurer le pluralisme des opinions politiques au sein des instances nationales
– Election du Président et des membres titulaires et suppléants du Bureau National au scrutin proportionnel intégral à 1 tour. Une liste ne pourra donc avoir un de ses représentants titulaires que si elle obtient au moins 1/29 du total des suffrages. Le Président sera la tête de liste de la liste majoritaire.

3. Promouvoir le débat politique entre adhérents
– Mise en place de lieux d’échanges d’idées politiques entre les adhérents, avec, si ces lieux sont d’expression verbale, l’égalité du temps de parole des intervenants.

4. Garantir la transparence du fonctionnement du parti

Il aurait pu également évoquer une gestion démocratique du site de l’UPR et de UPR-TV. Et plus généralement une démocratie plus directe, sans trop d’intermédiaires inutiles et bureaucratiques.

From → divers

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