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RIESTER, MINISTRE DE L’INCULTURE, ENTENDRAIT DÉNEUTRALISER ET IDÉOLOGISER LES FICHIERS DE LA BNF

20 janvier 2020

Connaissez-vous le nom du ministre de la Culture, et savez-vous de quoi il s’occupe ? À quoi il sert, plus exactement, mis à part à amputer le budget de l’État de ses prébendes ? J’en doute !
C’est un dénommé Riester, transfuge des Républicains, diplômé d’écoles de commerce, garagiste en chef de son état et homosexuel revendiqué comme cela semble être la mode ; et – j’espère – plus doué en carburation et pots d’échappement qu’en culture.
Toujours est-il que ce personnage grotesque et culturellement insignifiant (je viens de le lire sur l’Express du 16 janvier) « a demandé à la BNF d’étudier la possibilité de faire figurer dans les notices d’auteurs les éléments concernant d’éventuelles polémiques ou décisions de justice. »
On croit rêver ! D’autant que le garagiste, c’est assez amusant, n’a lu de Matzneff, déclare-t-il, que quelques « bribes » ; comprenons les deux ou trois citations que répètent inlassablement les journaux (qui n’ont pas lu Matzneff non plus).
Je pense que le mec ne le fait pas vraiment exprès, totalement manipulé qu’il est par les media. Pas capable de réfléchir par lui-même. Inapte à prendre du recul et de la hauteur. Le nez rivé au caca médiatique confusionniste. Mélangeant tout.
Déjà il voudrait ajouter, aux notices de la Bibliothèque nationale de France, les décisions de justice. Là, je dis qu’il peut y avoir du boulot et un boulot complexe et fort long. Il va falloir embaucher et embrayer sur des recherches considérables. Notre Bibliothèque nationale est déjà débordée de travail !
Je prends deux ou trois exemples parmi bien d’autres. Villon. Bruno. Verlaine. Il va falloir retrouver, s’il existe encore, le jugement condamnant notre François à la pendaison, puis l’acte le condamnant finalement au bannissement de Paris. Pour Bruno, il va falloir se mettre en relation avec les archives vaticanes en Italie puisqu’il a été condamné pour hérésie et brûlé en 1600 par l’Inquisition. Pour Verlaine, il va falloir que l’on questionne, si je ne me trompe, les archives judiciaires belges. On y trouvera ainsi le procès-verbal de police qui a conclu que Verlaine et Rimbaud s’adonnaient tous deux à la sodomie. En bon bougres.
Non content de ça, le garagiste de « chez Pigeot » entendrait imposer à la BNF, voire à chaque bibliothèque de France, de perdre son temps et sortir totalement de ses attributions en ajoutant non seulement les décisions de justice à leurs notices d’auteurs mais même les polémiques !…
Les polémiques, c’est-à-dire les ragots flamentables, flamentesques et flamenteurs des uns et des autres, des unes et des autres. Tout ce qui peut se dire finalement sur les tristes « réseaux sociaux » d’Internet en particulier. Mais où sommes-nous rendus ? Quelle déconfiture civilisationnelle !
« En d’autres termes », commente Olivier Mathieu, « dès qu’une Flavie ou une Vanessa se lamenteraient de faits présumés, remontant à trente ou quarante ans, peut-être imaginaires, très probablement improuvables, et quoi qu’il en soit prescrits par la loi, cela créerait polémique et la BNF serait tenue de causer desdites polémiques sur les notices des auteurs »…
Un tas d’auteurs jugés « sulfureux » en tous domaines, ou pas assez médiatiques ou médiatisés, ne sont pas admis dans un grand nombre de bibliothèques, ou rapidement désherbés (selon le terme consacré) de leurs rayons. Par exemple les poètes, espèce en voie de disparition. Mais qui peut s’en étonner en ces temps matérialistes qui ont perdu tous sens du sacré et du beau ?
Pris dans sa contradiction et les mains dans le cambouis, le garagiste est quand même (et fort heureusement) obligé de reconnaître que Sade (pour ne citer que lui comme sulfureux, on pourrait citer tout autant Hitler) est en vente libre. Je pourrais ajouter, dans un autre genre, que lesdits pamphlets de guerre de Céline (qui sont bien plus que de simples pamphlets d’ailleurs, mais des satires contre l’ensemble de la société de son temps) connaissent toujours un grand succès d’estime auprès des bouquinistes.
Céline, bon exemple. Il va falloir ajouter, à sa notice, ses condamnations. Mais pour être juste, également ses médailles, non ? Et il va falloir que cette notice coure sur des centaines et des centaines de pages pour que l’on serve aux lecteurs l’ensemble des polémiques qu’il a suscitées et suscite encore. Et qu’elle renvoie à tant et plus d’ouvrages le concernant. Travail de toute une vie, énorme thèse à construire !
*
Je lis également que les livres de Matzneff et sans doute les manuscrits originaux ou ses carnets auraient été saisis par la Justice. En voilà encore du boulot. Du boulot de quoi, au fait et au juste ? Qui peut prétendre qu’un ouvrage littéraire, qu’il soit intitulé « mémoires », « journal » ou bien sûr « roman », même « roman autobiographique », soit le reflet exact de la réalité ? La littérature a connu et connaît encore tant de pastiches ou de mystifications.
Je pourrais évoquer à nouveau La Consolation de Flament, bouquin sous-titré « roman » en édition originale et « récit » en seconde édition. Ils n’ont quand même pas osé : « document ». Donc si je comprends bien, dans le procès que David Hamiton aurait pu intenter pour diffamation, cette somme de papier imprimé aurait pu être considérée comme pièce à conviction ?! Un récit truffé de propos invérifiables…
*
L’insignifiant et délirant garagiste nous dit : « je ne pense pas que Matzneff contribue à l’aura artistique du pays ». Oui, peut-être, peut-être pas, et alors ? Les littérateurs, les artistes, les savants encore plus, ne sont pas nécessairement des enfants de chœur. Même des prix Nobel de physique ont pu être des salauds. Qu’y faire ? L’homme est ainsi. En attendant, j’en connais plus d’un, chez les politiciens en particulier, qui, depuis des lustres, ne contribuent pas ou plus, à l’aura tout court de notre pays.
Il serait grand temps d’oublier toute la clique qui nous conduit à la ruine, dans tous les domaines. Ce gouvernement composé d’un personnel politique d’une totale incompétence et d’une totale médiocrité, de fantoches et fanfarons d’une « parfaite » inculture.
Nous en sommes là : un ministre de la « Culture » propose d’ajouter des mentions de polémiques « gossip »* aux notices de la BNF, au sujet de livres qu’il reconnaît ne pas avoir lus…
Jean-Pierre Fleury.

* commérage, cancan, ragot

From → divers

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