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« Féminicides » et violences conjugales, ou violences de la société du grand Joug homicide ?

3 septembre 2019

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On parle beaucoup, en ce moment, de « féminicides » et de « violences conjugales« . Peut-être conviendrait-il tout de même de dire un certain nombre de choses.

La douceur hamiltonienne. Calendrier David Hamilton, avril 1976

Le féminicide est un homicide.

Parler de « féminicide », propager en quelque sorte l’idée que meurent davantage de personnes du sexe féminin que de personnes du sexe masculin, me semble discutable. Avant de me prononcer, je voudrais des chiffres, provenant d’études sérieuses et crédibles, démontrant qu’il y aurait significativement  plus de meurtres de femmes que d’hommes, en France.

En tout état de cause, ce que l’on appelle aujourd’hui « féminicide » apartient à la catégorie des homicides.

Le terme homicide, en français, signifie: « le fait de donner la mort à un être humain« . Les femmes sont – comme les hommes – des êtres humains, et, par conséquent, le fait de donner la mort à une femme est un homicide.

Cela, à tout le moins, tant qu’il n’est pas législativement établi, ou décrété par Marlène Schiappa ou par Brigitte Trogneux que le sens des mots doit changer.

Répétons: le terme français homicide provient du latin homicidium, composé de homo, -inis « homme » et de caedere « tuer ».  Que l’on se rassure, donc: l’homicide contient naturellement les « féminicides ». HOMO, dans HOMICIDIUM, n’est pas le sexe mâle. Il s’agit du mot « homme », signifiant tout être appartenant à l’espèce humaine, sans considération de sexe.

Le mot « homicide » définit et dénonce les crimes commis contre des hommes et contre des femmes, alors que le terme de féminicide ne définit QUE les crimes dont sont victimes des femmes. Le terme de féminicide va donc contre l’égalité, prônée par Marlène Schiappa, entre les hommes et les femmes (ou, plus exactement, « entre les femmes et les hommes »).

Il est clair que tout meurtre (meurtre, assassinat, parricide, infanticide, empoisonnement ) doit être puni, que la victime soit un homme, une femme, un vieillard ou un enfant. Le terme homicide est donc approprié.

La douceur du photographe David Hamilton

Michel Sardou et les années 1970.

Michel Sardou va jouer dans une pièce de théâtre de l’immense Sacha Guitry, «N’écoutez pas Mesdames !» (théâtre de la Michodière, du 12 septembre au 3 novembre 2019). Voilà un excellent choix. Je vais même tâcher d’y aller.

Sur RTL, parmi d’autres propos que je fais presque tous miens – y compris son goût pour le parti animaliste – Michel Sardou a évoqué «les débats» truqués qui ont lieu à la télévision et où, a  noté le chanteur, «ils (les médias) nous prennent pour des cons». C’est là un constat que n’importe qui peut faire.  Il a aussi regretté le temps des années 70-80 quand «on faisait l’amour ». J’ignore si Michel Sardou, en disant cela, songeait à David Hamilton. Il aurait pu.

Je voudrais aussi savoir le nombre des « féminicides » qu’il y avait dans les années 1970, et combien il y en a aujourd’hui. Et je voudrais en comprendre les raisons. A mon avis, il y avait beaucoup moins d’homicides (et de « féminicides ») dans les années 1970. C’était peut-être, à mon humble avis, parce que la « guerre des sexes » y était moins âpre que de nos jours. Je me souviens très bien, dans le Sud de la France notamment, que les garçons sifflaient les filles (chose qui, aujourd’hui, les rend passibles d’une amende). Les filles de cette époque révolue souriaient. Elles essayaient de plaire aux garçons, lesquels essayaient de plaire aux filles. Incroyable, pas vrai? Complètement désuet et anachronique! La société des années 1970 était pleine de défauts – c’est un autre débat – mais, malgré tout, il me semble que les rapports entre les deux sexes étaient plus aisés, plus courtois, plus doux. En Italie aussi, même aujourd’hui en 2019, les rapports entre garçons et filles sont un peu plus décontractés qu’en France.

A supposer que le nombre des « féminicides » ait augmenté dernièrement, oui, je voudrais en comprendre les causes – et toutes les causes. J’avoue qu’il me semble un peu primaire de faire peser toute la responsabilité sur « les hommes », sur le sexe masculin dans son ensemble, ce « patriarcat » (???) tant dénoncé par les féministes dont certaines semblent pourtant désireuses que commence l’ère du matriarcat.

Il me semble, à moi, que la violence a augmenté au cinéma, à la télévision, et dans la société. Partout. Il me semble que s’il y a effectivement augmentation des homicides-féminicides dans la vie réelle, la cause doit en être recherchée dans une multitude de facteurs. Quoi donc, qui donc peut pousser certains hommes à choisir la voie de la violence? Est-ce que « l’excès d’un des conjoints entraîne, en manière de contrepoids, un excès contraire de la part de l’autre conjoint’?

La violence serait-elle l’apanage des hommes? André Gide disait et suggérait quelque chose d’intéressant à ce sujet, dès 1928: « Il arrive que, dans quelques associations, conjugales ou amicales, entraînant la vie en commun, le bon sens du couple ou de l’attelage se trouve en quelque sorte indivis, et que l’excès d’un des conjoints entraîne, en manière de contrepoids, un excès contraire de la part de l’autre conjoint ». (André Gide, Journal, 1928)

La douceur david-hamiltonienne. Calendrier David Hamilton, mars 1984

Violences conjugales

On parle de violences conjugales. Ici encore, revenons à l’étymologie. Conjugal provient du latin, et même du latin classique conjugalis. Deux êtres humains, que l’on pourrait supposer ou espérer « libres », choisissent de partager le même joug. Idée folle… Dans quelle espèce animale – l’homme est une espèce animale, et les naïfs croient même y contempler une espèce animale « supérieure » ! – voit-on des individus non seulement partager le même joug toute la vie, mais faire enregistrer la chose devant « Dieu » ou devant M. le Maire?

Le latin jugum représentait  le joug, l’attelage; le joug sous lequel défilaient les vaincus; et les liens du mariage. Comment voudrait-on que, le temps passant, le joug reste supportable aux deux amants (amants provisoires) du joug? « J’ai enduré le joug de mon mari, quand j’étais une jeune et sotte épouse« , écrivait Colette. La femme endure le joug de son mari, l’homme endure le joug de son épouse. Ce qu’il faudrait supprimer, c’est le joug. Voilà pourquoi je suis (à quelques exceptions près)  contre les mariages – tous les mariages.

Bref: pour éviter les violences conjugales, la première institution à oublier serait le mariage. Pas besoin de « Dieu » ou de M. le Maire.  « Essayez votre liberté avant de la soumettre au joug de l’hymen; connoissez les plaisirs, afin de les apprécier et de savoir les subordonner à vos devoirs« , écrivait à la fin du dix-huitième siècle le fascinant Joseph Fiévée dans La Dot de Suzette.

Douceur de l’art david-hamiltonien. Calendrier David Hamilton d’avril 1984. Editions SWAN.

Conclusion

Tout homicide est condamnable, qu’il ait pour victime un homme, une femme, un vieillard ou un enfant. Parmi eux, ce que les modes langagières d’aujourd’hui voudraient appeler « féminicide ». Chaque homicide a sa propre histoire, et toute généralisation est abusive.

Le mariage est un joug. A dire vrai, ce n’est même que l’un des jougs de toute la panoplie de jougs qui sont proposés par l’Etat à ses administrés, et à la vue desquels ceux-si brament de béatitude.

On ne saurait que regretter les temps david-hamiltoniens – disons, pour simplifier, ceux des années 1970. La philosophie david-hamiltonienne de la jeune fille, certainement, n’incitait ni au mariage, ni à la violence du mariage, ni à quelque violence que ce soit.

Ue véritable lutte contre les homicides (et les « féminicides ») passerait par une refondation totale des relations entre hommes et femmes. Désormais, utopie totale – une utopie qui ne peut plus être cultivée que par quelques poètes, par quelques solitaires.

Depuis des dizaines d’années, voire depuis trois siècles, la société française – sans aucune exception: aussi bien la société pétainiste que la société degaulliste, toutes les deux ridicules à mes yeux – ont fait exactement l’inverse de ce qu’il eût fallu faire. On en voit les tristes résultats. On ne se marie plus, ou on se marie moins, et tant mieux. Mais – comme dit à juste titre Michel Sardou – on ne fait plus l’amour.

On est passé de la conjugalité du mariage à la conjugalité de la société. 99, 99 % des membres « libres » de cette société sont parfaitement conjugaux: ils adorent le joug et prétendent, tout en continuant à vivre sous ce joug, lutter contre les maux dont ils ne voient même pas qu’ils proviennent – tous – du grand Joug. Il ne sert à rien de ne plus se marier si l’on court par millions sous le joug de la télévision, de la radio, de la presse, du gossip, de la publicité, du mensonge institutionnalisé, de l’illettrisme et du conformisme.

La douceur david-hamiltonienne. Photo du calendrier David Hamilton de juiin 1984. Editions Swan.

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