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A tous les gens qui n’avaient pas intérêt à ce que David Hamilton, sur son lit de mort, parle d’eux

13 août 2019

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Ramatuelle, photo prise en 2012 photo exclusive « blog En défense de David Hamilton ».

La « surprise » (Le Parisien, 29 novembre 2016) de « l’employé » anonyme d’une boutique de « la rue de Sèvres », apprenant le « suicide » de David Hamilton

 

David Hamilton est mort le 25 novembre 2016. Il y a eu mort d’homme et, de la sorte, mort de l’un des plus grands artistes et photographes du vingtième siècle. Tel est le point de départ de la moindre enquête qui se respecte. Une enquête qui, à nos yeux, doit résoudre une question cruciale : David Hamilton a–il été assassiné?

Il y a plusieurs sortes d’assassinats. Par exemple, une hypothèse pourrait être que David Hamilton se soit battu avec quelqu’un,  qu’il ait été agressé par quelqu’un. Ce quelqu’un l’aurait tué et aurait déguisé le meurtre en suicide.

Est-ce que la police a recueilli l’ADN sur les lieux? A-t-on analysé le fameux « sac en plastique » dont la presse a parlé? A-t-on analysé le corps de David Hamilton, en particulier ses doigts et son visage, son cou? Est-ce que l’ADN a été prélevé aussi sur la poignée de la porte ou dans le reste du studio? Cela, malheureusement, on n’en sait rien. On ne sait pas si une enquête de police et des analyses scientifiques ont donné des résultats. Ou si, tout simplement,on n’a rien analysé du tout. Mais dans ce cas, pourquoi?

David Hamilton a-t-il été assassiné? Pour essayer de le savoir ou de le prouver, il serait utile pour nous d’entendre à ce sujet les dernières personnes ayant vu David Hamiton en vie.

Les personnes que nous aimerions entendre

1. Un « collaborateur » sans nom qui lui aurait rendu (selon le « comptable et ami ») visite entre 18 et 19 heures. La dernière personne à avoir vu David Hamilton en vie, peut-être.

2. Ou encore un (anonyme, encore) employé d’une de la rue de Sèvres qui, le lendemain, était « surpris » du « suicide » de David Hamilton.

C’est ici. Une journaliste du nom de Cécile Carez, dans Le Parisien, choisit  au hasard parmi toutes les boutiques de Paris et ce même hasard conduit cette journaliste rue de Sèvres : « Dans une autre boutique, rue de Sèvres, de ce « monsieur très gentil », on connaissait ses photos. « Il (David Hamilton) était venu la semaine dernière en tirer », se souvient un employé, « surpris » par son suicide« . ( http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75006/a-montparnasse-david-hamilton-n-aura-pas-laisse-un-souvenir-emu-28-11-2016-6387642.php   )

Comme l’on voudrait parler, oui, avec des gens si bons, des gens du peuple parisien, comme cet obscur employé d’une boutique, découvert au hasard par Céline Carez et qui, deux jours plus tard, « surpris », se souvenait de ce « monsieur si gentil » qui était venu tirer des photos la semaine d’avant.

Grâce à l’aide – entre autres – des deux personnes précédemment citées, il serait possible, peut-être,  de trouver  les exécutants matériels?

Disons les choses comme elles sont. David Hamilton avait davantage d’ennemis que d’amis. Son immense talent, autrefois, lui avait déjà valu énormément de jalousies. Son « arrogance » aussi. Dès les années 1970, dans des entretiens à la presse, quand on lui parlait d’autres photographes de son époque, il répondait: « Ce sont des putains« .

Voilà un homme qui n’a jamais eu pour ambition de se faire beaucoup d’amis. Pour nous, l’arrogance n’est pas un défaut, surtout chez un immense artiste. « Soyez méprisants », conseillait Stéphane Mallarmé aux poètes! David Hamilton semblait l’avoir écouté.

2016. Mais voilà que David Hamilton, dorénavant, avait vieilli. Le problème, aussi, c’est que l’époque avait changé. Hélas! On est passé de l’époque sexuée  et sensuelle des jeunes filles hamiltoniennes à celle des « milennials » asexués, écrasés sous leur ennui, les yeux vides, penchés sur l’écran de leur smartphone qui est la porte vers leur vacuité infinie.

On n’était plus au temps de sa gloire, à David Hamilton, et de sa célébrité. Il ne vendait plus de photos. Il faisait de moins en moins d’expositions. Avec l’âge, l’entourage de David Hamilton n’avait plus rien  voir avec son entourage d’antan.  Il était veilli, en pas bonne santé, fatigué. Trop de cigares. Trop d’alcool.

Trop de déceptions, aussi. En 2016, un ancien ami et jadis producteur de cinéma, réapparu dans sa vie après de longues années de silence, lui avait paraît-il parlé de journalistes d’une chaîne de télévision culturelle qui voulaient faire un reportage sur lui. (Je dis paraît-il parce que je n’ai pas pu encore déterminer de qui il s’agirait, voire s’ils ont jamais existé).

Songeons qu’en 2015 dans Paris Match, on lisait: « le photographe anglais, auquel Arte va bientôt consacrer un documentaire » (  https://www.parismatch.com/Culture/Art/David-Hamilton-Le-nu-est-indemodable-810445 )

Qui sont donc ces journalistes d’ARTE ? Mystère et boule de gomme… En tout cas, il n’étaient visiblement pas pressés…

David Hamilton était resté fort longtemps dans le Sud de la France,  plus longtemps que d’ordinaire, en 2016. Or, pas de journalistes. Pas de reportage. David Hamilton avait attendu en vain. Du temps perdu. Beaucoup de temps.

Ah, un détail drôle. Jusque-là, quand il montrait ses souvenirs à quelqu’un, David Hamilton évoquait parfois ses modèles, ou leurs mamans (il avait des photos, inédites, où l’on voyait les filles et les mères ensemble). Et par exemple, il s’exclamait: -« Ah, elle, c’est celle de la télé! » Rien d’autre. Quoi dire de plus sur la Flavie?

Là-dessus, juste à ce moment, avait éclaté l’affaire Flavie Flament, du nom de l’ex Miss-Ok 1988 en fin de p’tite carrière à la téloche,  avec la parution du bouquin signé par elle, La Consolation. (Si le but avait été qu’on parle d’elle, il avait été atteint. Elle avait sûrement vendu quelques exemplaires de l’oeuvrette. Pas tant que ça, d’ailleurs).

Elle ne pouvait plus porter plainte contre David Hamilton, les délais étaient dépassés. Ah oui, elle était devenue « écrivain » (je suis d’humeur joyeuse aujourd’hui! je plaisante!)…

Au mépris de la présomption d’innocence inscrite dans le droit français, ça avait été l’hallali médiatique que l’on sait.

Pourquoi David Hamilton n’était-il pas resté dans le Sud de la France, où, peut-être, il aurait été davantage « en sûreté »? Ici encore, il y aurait dix mille questions à se poser. En tout cas, que cela ait été sa décision propre ou que quelqu’un la lui ait imposée (cela aussi sera à déterminer et, ici aussi, les versions des uns et des autres sont contradictoires), David Hamilton était rentré du Sud de la France jusqu’à Paris. Le trajet avait été effectué en voiture.

Je crois pouvoir dire que de vrais amis lui avaient conseillé de rester dans le Sud. Mais il ne l’a pas fait. J’en ai déjà parlé sur ce blog.

Savoir, pas « croire ».

Comme je l’ai souvent dit, beaucoup de gens, y compris ceux qui ont la réputation d’avoir été ses meilleurs amis,  croient à la thèse du suicide de David Hamilton. Du moins, c’est ce qu’ils disent. Moi, il ne m’intéresse pas de « croire ». Je veux savoir et je saurai.

David Hamilton  avait subi maints torts. Il avait été souvent victime « d’arnaques ». Quand on ne lui remboursait pas l’argent qu’on lui devait, parfois de très grosses sommes,  il lui arrivait de devoir aller récupérer, comme  en 2016 aussi, pas loin de France, chez de plus ou moins vrais collectionneurs, de plus ou moins authentiques esthètes, de plutôt vrais que faux escrocs, ses oeuvres  d’autrefois.

Mais aussi, de son côté, sans doute devait-il de grosses sommes pour des photographies que ceux qui les avaient commandées n’avaient jamais reçues. On dit que David Hamilton devait de l’argent, parfois beaucoup d’argent à des gens qui lui en avaient prêté. La chose ne semblait pas récente. Ce fut sans doute le cas tout au long de sa vie.

Ce qui a  conduit David Hamilton à réaliser des travaux photographiques, surtout à une certaine époque (disons, à la fin des années 1990),  indignes de lui,voire laids (et dont on peut même se demander s’ils étaient vraiment de lui). Il se trouvait alors, un peu, dans une « zone grise ». Ce qui le mettait ultérieurement en difficulté, le cas échéant. Voir absolument à ce sujet: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2018/12/06/david-hamilton-une-enquete-a-sens-multiples/

Très récemment encore, on m’a narré  une anecdote selon laquelle, devant réaliser un livre (ou participer à la collaboration d’un livre, dont la pré-maquette était prête dès 2015: elle contenait, je crois, beaucoup d’anciennes photographies réalisées par David Hamilton dans un très lointain passé), on l’avait vu assis dans le bar et en train de boire, mais fort peu soucieux de faire des photos. Il avait été payé d’avance, mais, arrivé le moment de se mettre au travail, il aurait  préféré rester au bar de l’hôtel en y laissant de grosses notes de frais. Il n’avait ensuite pas réalisé de nouvelles photos utilisables, et les éditeurs et financiers du livre en avaient eu un peu marre de lui. Le livre avait été réalisé, fort médiocre, et ne contenait plus les images david-hamiltoniennes d’autrefois.

Vers la fin de sa vie, même ses meilleurs amis se seraient quelque peu fâchés contre lui, dit-on, l’accusant de faire des bêtises. Des bêtises jusqu’à quel point? Des bêtises de quel genre?

Jusqu’en 2016, il s’en était toujours sorti sans trop de mal.

Toute la fin de vie de David Hamilton, tant et tant d’histoires de dettes, d’héritages convoités, d’archives vendues, d’archives à vendre, de choses qui disparaissaient, d’oeuvres détruites. Pour finir par les allégations de la Flavie.

En fait, il y a énormément de choses qui auraient pu  hâter la mort de David Hamilton, y conduire.

Parmi les gens qu’il avait insultés autrefois, ceux à qui il devait peut-être des sous, ceux qui lui en devaient, ceux pour lesquels il n’avait peut-être pas accompli des travaux qui lui avaient été rétribués, et puis les « gracieux galants » qu’il n’aurait peut-être pas dû fréquenter, les muses jalouses qu’il n’ait pas fait d’elles jadis l’élue de son coeur, etc, etc, etc : non, David Hamilton n’avait pas beaucoup d’amis.

Il était condamné d’avance.

Les personnes âgées ont tendance à parler avant de mourir. Elles savent qu’elles vont bientôt s’en aller.

Il est plus que plausible de penser qu’il y avait en 2016 beaucoup  de gens qui avaient un vif intérêt à ce que David Hamilton ne parle pas de quoi que ce soit, sur son lit de mort.

David Hamilton en 1940-1941

Le corps de David Hamilton est emporté, en catimini, après son « suicide ». Le monsieur, au milieu des trois, est le conducteur du fourgon funéraire qui va l’emmener.

From → divers

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