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JUSTE À PROPOS DU BIEN NOMMÉ NABOT (Marc-Édouard Nabe)

11 avril 2019

On vient de me signaler qu’Alain Zannini, le fils de « Tu veux, ou tu veux pas ?! », guitariste, peintre et accessoirement écrivain, aurait commis l’irréparable : « causer sur » les Gilets Jaunes en tant qu’homme de plume. Je recopie de son site : « Marc-Édouard Nabe publie le premier livre d’écrivain sur les Gilets Jaunes ! »

Il n’est que le troisième à sortir un livre sur le sujet, du moins à ma connaissance, les deux précédents et de concert, universitaires je crois, ont cherché à rendre compte de l’originalité de ce mouvement qui est contrairement à ce que disent les biens-pensants et Nabe lui-même, autre chose que de la bouillie pour chat ; mais une totale remise à plat du système politique présent, totale remise en cause de la pseudo-démocratie et de la prison des peuples nommée Union européenne, déjà contestée lors du référendum de 2005, avec un NON majoritaire, résultat sur lequel la quasi totalité de la caste de la pourriture politicienne s’est assise, trois ans plus tard, à l’instigation de l’assassin de libyens Sarközy.

Son « pamphlet » (sic), Aux rats des pâquerettes (sic idem), son œuvrette de 100 pages à 22 euros, soit à 22 centimes la page, entend être « un constat colérique et terrible sur un rendez-vous loupé du « peuple » avec l’Histoire. À se tordre de rire… jaune ! »

J’en donne la bonne page livrée par sa réclame :

« Ça partait bien tout ça, putain !… Et puis pschitt. Les Gilets se sont dégonflés. De semaine en semaine (déjà, c’est quoi cette soumission à ne manifester qu’hebdomadairement et à endroit fixe et déclaré?), « le mouvement s’est essoufflé » comme disent, en s’en réjouissant, ces ordures de médias. Les révoltés du samedi ne pouvaient pas aller bien loin dans la « révolution ». C’est plutôt une révolte d’employés : manifs dans des lieux et à des heures autorisés par la préfecture, toujours le même jour, le samedi, parce qu’ils ne travaillent pas, et avec dispersion à 19 heures pour aller manger… Le dimanche, on panse ses plaies et le lundi on reprend son boulot d’esclaves… Non, la Révolution, c’est pas ça, les mecs ! »

Je ne vais pas tout commenter, mais juste l’essentiel :

« Les Gilets se sont dégonflés » : va dire ça à la dizaine de morts autour des « événements », à la mémé morte des suites d’un tir de grenade lacrymogène au travers de sa fenêtre ouverte au quatrième étage de son immeuble, aux centaines de blessés, dont certains graves, à la vingtaine d’éborgnés, à la demi-douzaine de mains en moins, etc. Aux tabassés sans raison. Pour la plus grande part non violents, totalement désarmés, pacifiques. Manifestant, occupant la rue, des lieux publics souvent même en chansons.

Il ne faut pas être dégonflé pour affronter nombre de flics qui ont largement dépassé le seuil de l’acceptable, de la disproportion, de l’agression volontaire, sans parler de la lâcheté ; sans doute bien mis en condition par la hiérarchie qui, elle-même, se croit probablement chef d’une milice macronienne.

La BAC en premier a été, est particulièrement odieuse : incapable (volonté politique ?) de remettre de l’ordre face à la racaille des banlieues, complaisante manifeste vis-à-vis des prétendus « anars » (!) « antifascistes » et « antiracistes », milices du mondialisme, elle a su et sait encore faire du mal aux plus démunis, les Gilets Jaunes, et, parmi ceux-ci, aux femmes, aux personnes très jeunes et âgées…

« Manifester uniquement le samedi » et « après déclaration à la préfecture ». Là encore tu déconnes, plus d’une manifestation s’est faite, se fait encore sans autorisation, divers lieux ont été occupés ou bloqués en semaine, et les ronds-points, en toute illégalité, des semaines entières, la nuit y compris dans le froid ou la pluie. Divers lieux symboliques ont été visés. La parole s’est libérée, l’entraide développée, la solitude ruinée. Des gens de tous bords se sont réunis et librement parlés, sans tabou.

« Une révolte d’employés », quel mépris, quel mépris de classe. Tu dérailles ! Et d’une, les Gilets Jaunes sont des pauvres ou des personnes des couches moyennes paupérisées par la dictature européenne, ou bien des intellos humanistes (il en reste encore quelques-uns). Et de deux, qui es-tu donc, toi ? Je ne sais pas si tu as jamais travaillé, salarialement parlant, de ta vie ; si c’est le cas, tant mieux pour toi,, mais quand tu écris le mot « esclave » j’y sens moins la compassion que la quasi injure.

Sont-ils trop « de chez nous », trop « de souche » dans l’ensemble, trop « pops », trop indigènes, autochtones, « du cru », trop anonymes, pour les dénigrer de la sorte ?

Tu as le raisonnement type du gauchiste, même si tu peux prétendre ne pas l’être, tu en as les stigmates, ou plus généralement les stigmates de ceux qui nous « dirigent » : le peuple est con, le peuple est bête, le peuple se dégonfle, le peuple n’est pas révolutionnaire. Alors qu’attends-tu, mariole, pour sortir les armes et tirer dans le tas, abattre la canaille qui nous dirige ?

Je n’ai jamais eu de sympathie pour Lénine, mais il a écrit un jour une phrase pas idiote, je la répète encore une fois, et de mémoire : les révolutionnaires qui attendent une « pureté » révolutionnaire pourront l’attendre éternellement ; la Révolution ne peut se faire que par l’union des prolétaires et de la petite-bourgeoise, par l’union des gens plus ou moins conscients avec tous les révoltés, les mécontents, déçus et râleurs du moment, sans distinction politique ou idéologique ou religieuse.

C’est justement ça la force, la mentalité, la conscience Gilet Jaune. Seuls les crétins peuvent parler de populisme (ce qui, dans leur esprit, est totalement négatif), de beaufs fumant gros tabac et roulant en diesel, ou carrément de fachos (!). Ah, le mot est lâché, et j’oubliais : « antisémite ». Te rends-tu compte de la connerie des prétendues « zélites », des prétendus « zintellos patentés » du pouvoir (de tous les pouvoirs) :

– Macron démission ! R I C / R I P ! Démocratie directe !

– Antisémites !

Je ne préfère pas approfondir cette « logique », du moins pas aujourd’hui, pourtant elle est éclairante et ne peut que donner du grain à moudre au dit, au prétendu « antisémitisme ».

Te rends-tu compte que nombre de gens des milieux populaires, dans la rue ou dans l’esprit, viennent, et continuent, de cracher à la figure d’un gouvernement, d’une classe politique dans son ensemble, d’une caste médiatique de propagandistes mondialistes, non sans développer le plus grand mépris à l’encontre des syndicats devenus inaudibles. À « conscientiser » toute la société.

N’as-tu pas entendu leur mépris de l’Union Européenne, leur volonté de reprendre, pour ne pas dire, enfin prendre le pouvoir par l’usage de véritables référendums, respectés et sur tous les sujets importants de société ?

J’ajoute encore que tes « Gilets dégonflés », et cela va très bien avec tout le reste, n’ont pas le goût artistique totalement frelaté puisqu’ils ne se sont pas gênés pour détériorer ou annihiler quelques-unes de ces « œuvres » modernes ; tu sais, celles que des fumistes subventionnés plantent sur certains ronds-points, par exemple.

Tu me diras que c’est intolérant, que ce n’est pas respecter la liberté d’expression, sauf que tu oublies que c’est leur contribution Gilets Jaunes, en tant qu’artistes spontanés, à l’art éphémère des rues (non?), et que l’on peut difficilement parler de liberté d’expression quand il s’agit de l’expression du totalitarisme du pseudo-art contemporain archi dominant et subventionné, propre à la dictature mondialiste de la décadence.

Tu vois, les Gilets Jaunes font une critique globale du système. On est bien loin d’une simple histoire de taxes. Pas mal pour des « ploucs », des « bouseux », des ruraux, des provinciaux pour beaucoup ; pour des gueux. C’est ta tête à toi qui devrait dégonfler. En attendant, la Vieille Taupe creuse à son rythme.

Je crains (façon de parler, car ta littérature m’importe peu, j’en ai lu des passages pour en penser tout le mal, je veux dire toute sa décadence) que tu ne sois qu’un bobo comme les autres. Un beau-beauf, comme il m’arrive d’écrire. Le plus comique est lorsque tu évoques « ces ordures de médias », toi qui les a fréquentés et fréquentes peut-être encore.

From → divers

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