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GILETS JAUNES ET GUEULES CASSÉES

3 mars 2019

En mon enfance, et même plus encore, il était encore question des Gueules Cassées de la Grande Guerre (14-18) par le simple fait que certaines étaient encore vivantes, mais à quel prix, pendant que d’autres n’avaient pas tenu le choc, finissant leur vie à l’asile ou suicidées depuis longtemps.

Ainsi, je me souviens d’un vieux bonhomme (du moins me paraissait-il vieux alors) tout engoncé dans un blouson de vrai ou faux cuir, jambes recouvertes d’une toile imperméable, qui, de tout temps toute saison, se tenait au coin d’un défunt Prisunic nantais. Plus ou moins protégé des intempéries par l’entrée du magasin, il était là, journée durant, à vendre des billets de la Loterie Nationale (pour quel petit bénéfice ?). Puis quand c’était l’heure, il mettait sa machine en marche, sorte de tricycle à moteur, et rentrait chez lui, je ne sais où. Il faut dire qu’il était, très probablement, lui-même handicapé et restait constamment assis, pendant des heures, sur son engin attendant le client.

C’était encore le temps, autre petit métier, autre petit boulot, où un homme-sadouiche arpentait les rues du même quartier de magasins, haute pancarte publicitaire au dos faisant la réclame de je ne sais plus quel cordonnier.

Parmi les billets de Loterie Nationale (on ignorait encore la Française des Jeux, le loto et les profusion d’autres Bingos) se trouvaient des billets Gueules Cassées, et peut-être uniquement que ça, souvenir incertain. Gueules Cassées, expression inventée dit-on par un certain colonel Picot, lui-même Gueule Cassée. Billets dont la vente, les bénéfices servaient à alimenter les caisses, mais sans doute avec moins de compassion qu’entre-les-deux-guerres déjà, de la Fondation du même nom. Personnellement, je n’en ai jamais acheté pour l’unique raison que les seules tombolas où j’ai jamais mis mon obole étaient des tombolas de kermesses scolaires. Ayant toujours trouvé les jeux d’argent gobe-gogos ou méprisables (ce qui n’est pas l’opinion du semi-mafieux Castaner).

J’apprends, contrairement à ce que je pensais, que cette Fondation existe encore et organise encore des colloques. Je ne sais pas si le prochain sera dédié à nos contemporaines Gueules Cassées et autres mutilés des rues et ronds-points de 2018 – 2019.

Mais l’on peut risquer quand même un peu l’analogie. Aucun progrès en ce domaine, je dirais même pire, car s’il fut si courant finalement sous la République, sous toutes les républiques d’estourbir le peuple – sans remonter jusqu’à la première et sans trop développer, je pense ici à quelques symboles forts comme on dit, tels la Commune, Fourmies (1er Mai 1891 ; usage du lebel cautionné par le préfet Ferdinand Isaac), grèves sanglantes de 1947-48 (avec la mise en place définitive des CRS par le socialiste Jules Moch) – pendant des années on n’a pas vu, comme depuis l’apparition du « lance balles de défense », en abrégé LBD, ou flash-ball (qui est une marque), euphémisme ou sigles « modernes » qui cachent tout simplement un fusil, ou le recours à des grenades dites de désencerclement, l’émergence de blessés graves au corps ou à la tête, aux membres, éborgnés ; mutilés très généralement pacifiques de diverses manifestations.

Tirés comme du gibier, pour faire un carton, ou se faire plaisir par les racailles présentes au sein des polices, et au mépris même de la loi qui interdit les tirs de LBD au visage, les tirs tendus de grenades lacrymogènes, etc.

Estropiés des rues, victimes pacifiques des hordes barbares manipulées par le fou élyséen et ses comparses, tous faits de la même déchéance mentale et morale. De simples citoyens, « médecins de rue » (street medics), journalistes de terrain, passants, témoins… Des personnes âgées, jeunes, femmes, en particulier. Il est tellement drôle et particulièrement lâche, malgré l’interdiction de cette pratique, de bloquer et serrer les manifestants en nasse, sans issue de secours. De les tabasser sans raison apparente, de les insulter de tous les noms, de retenir des blessés des heures, de coffrer les « pris » interminablement, de prolonger les garde-à-vue sans raison, d’en coffrer même certains préventivement. Et j’en oublie. De faire du zèle. De prendre partie en fait pour leur patron étatique ; ou de délester sa rage de flic misérable totalement déconsidéré par son patron et de plus en plus par la population.

Les polices ne brillent pas présentement par le courage, et encore moins par l’honneur, il est si simple de s’en prendre d’une manière inappropriée, ou disproportionnée à de simples Gilets Jaunes ou simples citoyens, souvent sans raison apparente d’ailleurs.

Par contre, je note comme l’ensemble de la population (sauf la caste finanço-politico-médiatique et assimilés style grands patrons ou artistes minables) depuis plusieurs années, que la flicaille est « tenue à la retenue », si l’on peut dire, ou tenue à rester à distance pour ne pas prendre de coups, à l’encontre 1/ des voyous et trafiquants de banlieues et 2/ des casseurs, pseudo-révolutionnaires et provocateurs, alliés objectifs du pouvoir (moribond, je l’espère) en place.

Tout est question de temps. Rien n’est comme avant et pour longtemps, j’espère.

Dans le prolongement de ce mouvement sans précédent et unique (ou l’émergence d’un nouvel avenir est à la fois dans la rue et dans les urnes, à défaut d’une révolution réellement violente), la première marche à franchir se situe bientôt dans les élections européennes qui réclament lucidité.

Le but est simple : assurer l’échec des dégénérés macroniens, des mondialistes qui haïssent le peuple ; et dans le même temps faire entrer des opposants affirmés de l’Union Européenne au Parlement européen ; ce qui nécessite de s’abstenir de voter pour la clique politicienne tant d’extrême-gauche que d’extrême-droite, tant de gauche de que droite, tant du centre que de la pseudo-écologie.

Il convient de réunir (sans ostracisme et dans un esprit de tolérance) les troupes diverses des gens qui veulent vraiment reprendre en main le pouvoir (le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple) et leur destin (contre le déclin du pays, la misère), et poser les premières pierres d’une opposition que plus personne ne pourra ignorer, les media en premier. Tout en introduisant une vraie contestation au sein du Parlement européen et non de la figuration d’opérette (à vie pour certains !).

Et il ne faut surtout pas se leurrer, les partis « traditionnels » sont moribonds, inutiles, nuisibles, y compris les pseudo-oppositions d’extrême-droite et d’extrême-gauche. La Le Pen et le Mélenchon sont deux pitres pitoyables qui n’ont même pas essayé de lancer un processus de destitution contre Macron. Trop bien au chaud au Parlement, ces politicards profiteurs du système, trop bien nantis de confortables prébendes et patrimoines.

Pour avancer, véritablement, tout est question de simple bon sens…

From → divers

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