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25 novembre: journée internationale du rejet de toutes les violences infamantes et stigmatisantes, notamment contre David Hamilton

22 novembre 2018
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Bilitis, film de 1977

Le 25 novembre est la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes« . Une date récente, semble-t-il, puisque j’apprends qu’elle ferait allusion à l’assassinat, le 25 novembre 1960, de trois soeurs, les sœurs Mirabal, militantes politiques dominicaines. Telle serait, au moins en partie, la raison qui aurait poussé – à l’origine – la République dominicaine à proposer cette « journée de lutte contre la violence faite aux femmes ».

Une seule journée suffisait-elle vraiment? Certes, le calendrier était déjà plutôt chargé. Que l’on en juge.  Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (6 février). Journée internationale des droits des femmes (8 mars). Journée internationale des droits des filles (11 octobre). Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes (6 décembre). En tout cas, le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (en abrégé, UNIFEM) a consenti de louables efforts au service de la stricte et régulière observance de cette journée.

On s’attend et je m’attends, pour très bientôt, à l’annonce d’une « année européenne » – pourquoi seulement européenne? je l’ignore – consacrée au même thème.  Au train où vont les choses, cela ne saurait tarder. « L’Année européenne contre les violences faites aux femmes », sans doute 2020.

J’ignore quand il y aura une journée internationale des droits des hommes, une journée internationale des droits des garçons, ou une journée de commémoration et d’action contre la violence faite aux hommes. Toute violence étant à récuser, je suppose que ça existe.

Par exemple, le 25 novembre 2016, David Hamilton est mort. Il avait subi une violence indéniable, par exemple un mois auparavant, en étant insulté à la télévision.

Il avait même subi une insulte à caractère homophobe: « enculé ».

Récemment, en tout cas, Joël Deumier, président de SOS homophobie, a souligné que : « Le mot «enculé» est une insulte à caractère homophobe; l’utiliser dans le langage courant comme vous le faites c’est banaliser l’homophobie. Et c’est regrettable. « 

Et dans une tribune (sur Mediapart), Jérôme Martin, ancien président d’Act Up-Paris, a affirmé: « Les injures (comme « pédé », « tapette », « enculé », « gouine »…), fréquentes dans les cours de récréation et au sein des groupes de jeunes, sont considérées comme parmi les plus infamantes et les plus stigmatisantes ». 

( https://hornet.com/stories/fr/peut-on-employer-mot-encule/  )

Je n’ai souvenir d’aucune réaction de Messieurs Deumier et/ou Martin, lorsque David Hamilton fut traité d’enculé à la télévision par Thierry Ardisson.

Pourtant, la logique voudrait, et aussi l’égalité inscrite au fronton des mairies et des commissariats, que si « enculé » est une insulte homophobe, elle soit également homophobe – et donc également condamnable – quand elle s’adressait à David Hamilton.

David Hamilton avait subi, dans la presse, à la radio, et sur le petit écran, maintes autres violences verbales. Les dictionnaires de la langue française, que je conseille à chacun de consulter, font  état de « violences verbales ».

Victime d’une violence verbale « infamante et stigmatisante » (dixit Jerome Martin), le corps de David Hamilton a été retrouvé le… 25 novembre. Hasard, coïncidence ou autre chose? L’avenir finira par le dire…

En tout cas, de la sorte, et au moins pour moi et pour mes collaborateurs du blog « En défense de David Hamilton », le 25 novembre est devenu l’anniversaire du nécessaire rappel des violences subies par David Hamilton.

Tous les lynchages médiatiques sont en effet condamnables, et toutes les violences: celles contre les femmes, et celles contre les hommes.

Photographie de Max STOLZENBERG, ami de David Hamilton. Photo empruntée au site http://maxstolzenberg.com/, auquel nous renvoyons

Et aussi les violences contre David Hamilton dont les films, dès 1977 avec Bilitis, avaient sans doute tant fait pour la cause des lesbiennes. Une cause très chère, aussi, à mon coeur.

Le blog « En défense de David Hamilton » continue et continuera donc d’oeuvrer en souvenir de David Hamilton, dont tous les films ont si bien mis en exergue la douceur féminine, et contre la violence.

Il nous sera donc consenti, en signe de deuil pour un grand artiste disparu à l’âge de 83 ans, de considérer le 25 novembre la journée David Hamilton.

Bilitis

From → divers

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