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Le tragique 25 novembre 2016 et la mort de David Hamilton, personnage prodigieusement « politiquement incorrect »

18 octobre 2018

Le tragique 25 novembre 2016 et la mort de David Hamilton, personnage prodigieusement « politiquement incorrect »

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Un entretien avec Olivier Mathieu, pour la sortie de ses mémoires (28 octobre 2018, 532 pages, préface de l’auteur, 14 chapitres, format 17 X 24 cm).

Un entretien qui apporte aussi des informations inédites, originales, exclusives sur David Hamilton et la mort dramatique de ce dernier (25 novembre 2016).

FRIEDERIKE, photographie de Max Stolzenberg, empruntée à son site Internet

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Début de l’entretien

  • Question: Vous allez publier, le 28 octobre, un gros livre de 532 pages, vos mémoires. Je viens d’achever la lecture.  Le quatorzième chapitre est dédié à la « Philosophie de la Jeune Fille chez David Hamilton« . Vous n’oubliez donc pas Hamilton.
  • Olivier Mathieu : Non, je ne l’oublie pas. (Rire).

 

  • Ce livre dresse une « liste » de vos jeunes filles.
  • Olivier Mathieu: Dès la préface, dès les premières pages, je fais des allusions littéraires au mythe éternel de Don Juan, au « Catalogue » de ses belles chanté par Leporello, ou encore à Pierre Louÿs et à son Catalogue descriptif et chronologique des femmes avec qui j’ai couché.  Il convient de distinguer – évidemment –  entre liste et inventaire. A ce sujet, je renvoie à la préface de mon livre. Ce que je veux juste ajouter ici, c’est qu’il est sans doute possible de considérer aussi, ne serait-ce que d’un point de vue romancé, la vie de David Hamilton comme une longue théorie de jeunes filles.

 

  • Théorie est, si je ne m’abuse, le premier mot de votre livre.
  • Olivier Mathieu: Et l’oeuvre de David Hamilton fait défiler une véritable théorie de jeunes filles. Un de ses albums est titré, par exemple: Souvenirs de vacances. Dans mes mémoires, comme dans les souvenirs de David Hamilton, il y a un indispensable devoir de mémoire, une volonté de se souvenir.

 

  • Dans le dernier chapitre du livre, vous énumérez aussi une partie de ce qui, effectivement,vous rapproche de David Hamilton.
  • Olivier Mathieu: A un certain moment, David Hamilton ne vendait plus de livres. Les ventes ne lui permettaient en tout cas plus de conserver son train de vie d’avant. Il a dû vendre son Aston Martin, il a dû se défaire de son studio de Cap d’Agde. A une époque où il devenait aussi de plus en plus difficile de trouver des modèles  qui correspondaient à ses désirs, à ses goûts esthétiques, par ailleurs, il a affronté la vieillesse, qui arrivait. Dans les années 60 et 70, il avait eu d’excellents collaborateurs (je suis en contact avec certains, ou avec des membres de leurs familles quand ils sont décédés). Mais quand il a vieilli, il a croisé de plus en plus de gens malhonnêtes qui ont profité de sa naïveté, de sa gentillesse. On l’a berné. C’est de notoriété publique. Dans beaucoup d’opérations commerciales, il n’a pas gagné un seul centime. David Hamilton n’était pas un marchand, il n’était sans doute pas fait pour la société d’aujourd’hui. Pour arriver jusqu’à lui, par ailleurs, il fallait souvent passer par des gens qui, c’est le moins que l’on puisse dire, ont été très discrets après sa mort. Je n’ai connaissance d’aucun attaché de presse, d’aucun représentant, d’aucun avocat qui ait pris la parole, le 25 novembre 2016 et depuis, pour le défendre… Et puis, David Hamilton l’avait peut-être « cherché », mais il avait beaucoup d’ennemis.

 

  • La chose étonnante est peut-être qu’il n’ait pas subi d’autres attaques, avant celles de 2016.
  • Olivier Mathieu: N’en croyez rien. Je ne pense pas qu’il soit exagérément romanesque de dire que, dans les années 1990, il a été dans la ligne de mire. J’en parlerai tôt ou tard, ou d’autres que moi le feront.

 

  • Qu’entendez-vous par là? Qu’on lui a tiré dessus?
  • Olivier Mathieu: Au propre ou au figuré, qu’importe?  Ce n’est pas vraiment le sujet de cet entretien. Je préfère en revenir – pour l’instant – à la question de la « liste » de Don Juan dans l’opéra de Mozart. Ce qui suit aussi est important. David Hamilton n’était pas un photographe professionnel. C’était un immense photographe, un artiste de genie, mais ce n’était pas un « professionnel ». Ce n’était pas un de ces imbéciles, un de ces pédants qui se déclarent, se proclament des « pros ».

 

  • En effet, David Hamilton a insisté des dizaines de fois, notamment dans des interviews datant des années 1970, par exemple dans le grand magazine français Photo, sur le fait qu’il n’était pas et ne se voulait pas un « pro ». Vous avez republié des extraits de l’un de ces entretiens dans votre livre C’est David Hamilton qu’on assassine (préface de Roland Jaccard, 2017).
  • Olivier Mathieu: C’est exact. Que David Hamilton n’ait pas été un « pro » est de notoriété publique depuis au moins quarante ans.

 

  • Et donc?
  • Olivier Mathieu: David Hamilton  a créé un monde de beauté. Il a vécu dans un monde de beauté. C’est ce qu’il dit explicitement dans des dizaines de ses entretiens. C’est le message qu’il communique à travers ses images. Voilà l’idée que je me fais de David Hamilton. Un homme d’âge mûr, un homme sans âge, entouré de nymphes. Les nymphes, d’ailleurs, n’ont jamais d’âge. Les grands poètes non plus. David Hamilton, esthète et philosophe de la Jeune Fille.

Le plus joli site sur le film BILITIS (images du film):

http://mostbeautifulgirlscaps.blogspot.com/2015/02/bilitis.html?zx=7b782305fc113c30

 

  • C’est un peu comme vos jeunes filles à vous, dans vos mémoires.
  • Olivier Mathieu: Ce qui rend intéressantes les jeunes filles de mon passé, ce n’est pas ce que nous avons vécu ou fait ensemble. C’est que moi, j’aie fait d’elle les personnages d’un livre, ou de plusieurs romans. Je suis tenté de dire que David Hamilton a vécu de la sorte. Une vie paradisiaque, une vie sensuelle, une vie romantique. Ce qui donnait la touche finale à sa vie, ce qui donnait un sens à son passage sur terre, c’était la photo. Sa vie, coupée de la photographie, n’aurait pas été complète. Tout comme la mienne aurait été incomplète sans la littérature. Pas de vie sans photos, et pas de photos sans vie. Pas de vie sans romans, pas de romans sans vie. Il ne s’agit pas de photographier des jeunes filles, ou de les écrire. N’importe quel imbécile peut photographier des jeunes filles. La question est de les vivre.

 

  • Et donc, une théorie, une succession, une procession de photographies…
  • Olivier Mathieu: Une théorie de photos, recalquant une théorie de jeunes filles. En Italie, on dit: Da cosa nasce cosa. Tout pareillement, je peux facilement imaginer David Hamilton s’exclamant: « The girls come with the girls« . David Hamilton est un homme qui a suscité des jalousies monstrueuses. Un, la jalousie des photographes contemporains, qui pour la plupart n’ont aucun talent et dont certains ont cherché pathétiquement à l’imiter. Deux, la jalousie des frustrés, des coincés du cul, des bigots, des puritains  et de tous ceux qui n’ont jamais connu une seule vraie jeune fille. Trois, la jalousie des filles, des modèles de David Hamilton qui auraient voulu être « l’élue » de son coeur et de son oeuvre. Certaines de ces anciennes jeunes filles, à l’entrée de la ménopause, en ont conçu une haine rétrospective farouche contre David Hamilton. On a vu les résultats de cette haine.

 

  • Une définition de David Hamilton, selon vous?
  • Olivier Mathieu: un homme libre. Il vivait comme il voulait. Il prenait les photos qu’il voulait. Il illustrait, il enluminait sa vie. Il n’obéissait pas aux ordres des publicitaires, il ne se pliait pas aux modes. Il faisait ce qu’il voulait. Il vivait et inventait une esthétique. Une jeune fille et une photo, pour lui, c’était la même chose. Même si, comme il disait, « la photo, elle, ne vieillit pas« . Je pense qu’il savait très bien que certaines de ses photos valaient moins que d’autres. Lui, il le savait. Ses employeurs ou son public, non. David Hamilton savait, quand ses photos étaient moins bonnes. Et tout ça devait beaucoup le faire rire. Il avait énormément d’humour. Sa personnalité était mille fois plus complexe que ce qu’imaginent et ses ennemis, et les plus médiocres de ses admirateurs…

 

  • Vous aussi, vous êtes photographe.
  • Olivier Mathieu: C’ est un grand mot, appliqué à moi. Photographe? Je suis un amateur. Il m’est arrivé de prendre quelques photos, oui. Certaines d’entre elles illustrent même mon livre. Mais il y a également dans mon livre des photographies dont je ne suis nullement l’auteur. Plus probablement, ma vision littéraire des jeunes filles est fort proche de celle de David Hamilton. Lui par la photographie (mais aussi par l’écriture: songeons aux Contes érotiques), moi par l’écriture (mais aussi, fort modestement, par la photographie), nous nous ressemblons, c’est probable. Je pense que l’article qui suit donne une vision correcte de la « sexualité », je dirais de la sensualité artistique de Hamilton: https://frieze.com/article/sirens?language=de

David Hamilton au milieu de ses modèles

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A LIRE (en allemand):

Zehn Jahre später ist er zu seiner ursprünglichen Liebe zurückgekehrt: „Girls, Girls, Girls. Nicht mehr und nicht weniger“, wie er anlässlich seiner Pariser Ausstellung „Un monde de beauté“ („Eine Welt voller Schönheit“) sagte. „Ich bleibe Gefangener meines Erfolgs. Und das sind Mädchen.“

https://www.welt.de/kultur/kino/article115281002/Ein-williger-Gefangener-junger-Nymphen.html

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A lire (en allemand), avec des phos particulièrement intéressantes :

http://www.spiegel.de/fotostrecke/fotograf-david-hamilton-zum-80-geburtstag-das-nackte-entsetzen-fotostrecke-110304-12.html

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A LIRE (en allemand) :

http://www.spiegel.de/einestages/filmgeschichte-a-948213.html

Photographie extraite du film TENDRES COUSINES de David Hamilton, prise ici sur le site d’un grand journal allemand http://www.spiegel.de/fotostrecke/filmgeschichte-fotostrecke-108056-13.html

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 A LIRE (en allemand, journal suisse):

https://www.20min.ch/schweiz/bern/story/Erotik-Fotograf-David-Hamilton-stellt-in-Bern-aus-13257202

Matin d’hiver, Château de Sully sur Loire 1978.
Photo Léonard David Hamilton
https://www.20min.ch/schweiz/bern/story/Erotik-Fotograf-David-Hamilton-stellt-in-Bern-aus-13257202#showid=93501&index=1

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Suite de l’entretien

  • Question: Olivier Mathieu, est-ce que vous croyez savoir ce qui s’est passé avec les modèles, ou certaines des modèles de David Hamilton? Ou avec certaines de ses accusatrices?
  • Olivier Mathieu: Ce sont je suis persuadé, et seul ceci compte, c’est  que David Hamilton n’a jamais « violé » personne. Le viol est quelque chose de condamnable mais, si quelqu’un réfléchit, il est assez évident que David Hamilton n’aurait jamais eu besoin de « violer » qui que ce soit. Il était entouré de filles. A toutes les époques de sa vie, il était entouré de filles. Certaines, en vieillissant, ont pu être influencées par l’air du temps et regretter, aujourd’hui, ce à quoi elles avaient consenti hier. C’est un phénomène relativement fréquent, je pense, dans la psychologie humaine en général et féminine en particulier. Naturellement, ce doit être la justice qui établit la véracité – ou le mensonge – des allégations de ces dames. Pas les jugements et les lynchages médiatiques

 

  • Venons-en, si vous le voulez bien, au tragique 25 novembre 2016. A quelle heure, selon vous, David Hamilton est-il mort?
  • Olivier Mathieu: Mon enquête le déterminera un jour ou l’autre, c’est en tout cas mon intention, mais c’est une enquête difficile. Elle est d’autant plus difficile que, d’une part, je ne peux jamais être complètement certain des informations que je reçois (la mémoire de mes meilleurs correspondants n’est pas infaillible; tandis que d’autres pour une raison ou l’autre, pourraient se livrer à de la désinformation), et, d’autre part, je désire protéger mes sources. Disons qu’à l’heure actuelle, pour ne parler ici que des appels bien intentionnés, il semblerait que David Hamilton ait reçu un ou plusieurs appels téléphoniques, le 25 novembre. Il en a reçu dès le matin. Et un autre, particulièrement long, entre 15 heures 45 au plus tôt et 17 heures 45 au plus tard, d’une durée d’environ trente minutes. Cet appel aurait donc pris fin au plus tôt à 16 heures 15, au plus tard à  17 heures 45. A 16 heures 15, David Hamilton était encore en vie. Il l’était encore, très probablement, à 17 heures 45.

 

  • L’heure officielle de la mort a été fixée à 19 heures 30. Est-elle plausible?
  • Olivier Mathieu: Oui, elle est plausible.

 

  • Quelles questions restent à élucider?
  • Olivier Mathieu: L’identité de la personne, ou des personnes, qui ont déclaré avoir rendu visite à David Hamilton à la fin de l’après-midi et donc, probablement, après 17 heures 45. Ces personnes, citées par certains journalistes, sont restées anonymes. On aimerait savoir le contenu de leurs conversations avec David Hamilton, et l’état moral dans lequel il se trouvait. En tout état de cause, toutes les personnes qui ont parlé avec lui par téléphone, et celles qui ont affirmé l’avoir rencontré, ont déclaré qu’il avait des projets d’avenir.

 

  • Et donc?
  • Olivier Mathieu: Et donc la question – la question élementaire – est: pourquoi un homme, qui reçoit des appels téléphoniques et des visites jusqu’à environ 18 heures, peut-être davantage, et fait des projets d’avenir, se suicide-t-il vers 19 heures 30? Pourquoi se suicide-t-il en laissant la porte ouverte? Qui a laissé cette porte ouverte?

 

  • De deux choses l’une, ou bien un de ses ennemis, ou un de ses amis.
  • Olivier Mathieu: En effet. Pour quel motif? Est-ce que quelqu’un s’est éloigné en toute hâte? Par exemple après avoir assassiné David Hamilton, ou après lui avoir enfilé un sac de plastique sur la tête? De quoi s’agit-il? D’un acte de violence ou de menaces qui ont mal tourné? Est-ce que quelqu’un, un voisin par exemple, a dérangé l’hypothétique meurtrier?

 

  • Quelle opinion est la vôtre? Un assassinat? Une vengeance? Un meurtre déguisé en suicide? Un suicide réel?
  • Olivier Mathieu: Il ne m’est pas encore possible de répondre, ici. Il peut s’agir d’un ennemi juré – ou d’une ennemie jurée –  de David Hamilton. Il peut s’agir aussi de quelqu’un qui, pour un motif ou pour un autre, avait obtenu sa confiance. Quelqu’un, en tout cas, que David Hamilton a fait entrer chez lui. Voire – ennemi ou ami, ennemie ou amie – quelqu’un qui avait (qui sait depuis combien d’années?) les clés. La porte, c’est une certitude, ne présentait pas de signes d’effraction.

 

  • Comment arriver à une vérité?
  • Olivier Mathieu: Il y a quelque chose au sujet de quoi la presse n’a jamais dit un mot. Il s’agit du téléphone portable de David Hamilton. En effet, à ma connaissance, aucun journaliste n’a jamais évoqué l’existence de ce téléphone. Or, j’affirme ici que David Hamilton possédait non seulement un ordinateur portable (un Mac), mais aussi un téléphone portable. Forcément, ce téléphone contenait ou contient encore la trace des appels qu’il avait reçus le 25 novembre, mais aussi les jours précédents.

 

  • Et donc?
  • Olivier Mathieu: Ou bien ce téléphone, dont il s’est servi le 25 novembre, a été emporté par l’hypothétique agresseur de David Hamilton, ou alors la police l’a retrouvé et l’a restitué  à qui de droit. Il serait intéressant de le savoir,  car ce téléphone (y compris les photographies qu’il contenait peut-être) pourrait révéler beaucoup de vérités au sujet du 25 novembre.

 

  • Vous avez publié le n° de téléphone fixe de David Hamilton sur votre blog. La chose n’était pas très difficile, car ce numéro se trouvait sur les pages blanches, sur Internet, y compris des semaines encore après le 25 novembre 2016.
  • Olivier Mathieu: C’est exact. C’était très facile.

 

  • En revanche, le n° de portable de David Hamilton, à ma connaissance, n’a jamais été publié jusqu’à ce jour sur Internet. A supposer que, comme vous l’affirmez, il ait eu un portable.
  • Olivier Mathieu: je pense qu’en effet, son n° de portable n’a jamais été publié.

 

  • Quel était-il, alors, ce numéro de portable?
  • Olivier Mathieu: Avant de vous répondre, autre chose. Contrairement à ce que beaucoup de gens naïfs croient, David Hamilton s’était énormément modernisé, à la fin de sa vie. Je vous apporte encore une petite information. Par exemple, il employait Instagram et s’amusait avec les filtres d’Instagram, qu’il appliquait aux photos qu’il prenait à l’aide de cet appareil portable. Il savait aussi utiliser à la perfection deux programmes complexes de graphisme et de retouche de photos. Je connais les noms de ces deux programmes, qu’il aimait employer. Je ne dis d’ailleurs pas que c’était forcément une bonne chose, d’un point de vue artistique. Mais, pour en juger, il faudrait voir les photos qu’il prenait ainsi grâce aux nouvelles technologies… Et par exemple, il faudrait retrouver ce téléphone… David Hamilton avait aussi, bien sûr,  au moins une adresse de courriel.

 

  • Pouvez-vous indiquer ici, dans cet entretien, son numéro de portable et son adresse e-mail?
  • Olivier Mathieu: 06 79 28 XX XX. Je garde juste pour moi la fin du numéro, ici remplacée par quatre X.

 

  • Votre but précis, quel est-il?
  • Olivier Mathieu: Savoir qui a appelé David Hamilton, à quelle date, à quelle heure, pendant combien de temps, depuis le déclenchement de l’affaire Flament et notamment le 25 novembre 2016… S’il y a eu des appels malveillants, ou provenant de personnes qui n’avaient pas à appeler David Hamilton…

 

  • Vous dites aussi que David Hamilton avait une adresse de courriel?
  • Olivier Mathieu: Il en avait même plusieurs. Je vous en donnerai une seule, ici.

 

  • Laquelle?
  • Olivier Mathieu: l’adresse professionnelle de David Hamilton était contactXXXXXhamilton@gmail.com

 

  • Tout ceci est inédit, il me semble.
  • Olivier Mathieu: Ce serait à des enquêteurs dignes de ce nom, s’il existait des enquêteurs dignes de ce nom dans cette affaire, d’analyser les deux lignes téléphoniques (téléphone fixe et téléphone portable) de David Hamilton, et ses boîtes de courriels.

 

  • Quel était le modèle de téléphone portable de David Hamilton, ça aussi vous le savez?
  • Olivier Mathieu:  Il y a toute une presse française de bas niveau, de caniveau, qui a affirmé péremptoirement que David Hamilton aurait été un « violeur ». Affirmation qui ne laissait aucune place à la présomption d’innocence reconnue à tout citoyen.

 

  • Et donc?
  • Olivier Mathieu: Ces pseudo-journalistes ne se livrent à aucune enquête originale et indépendante. Et d’autre part, il y a moi.Moi, j’apporte des informations originales, exclusives, inédites.  Mais c’est moi qui ai la pudeur de dire: sauf erreur de ma part. Ainsi, sauf erreur de ma part,  le modèle de téléphone de David Hamilton était un Samsung 4.

 

  • Vous voulez faire comprendre que, si vous connaissez le modèle du téléphone de David Hamilton, son numéro ou ses numéros, ses adresses de courriel, vous en savez davantage sur le 25 novembre?
  • Olivier Mathieu: Pour l’instant, la question est de savoir ce qu’est devenu ce téléphone, s’il a été restitué à des personnes de confiance, et ce qu’est devenu son contenu…

Carte de visite personnelle, et récente, de David Hamilton. Nous avons masqué la fin de son numéro de téléphone, ainsi qu’une partie de son adresse de courriel.

Dernière partie de l’entretien

  • La presse a fait état, en ce tragique mois de novembre 2016, de l’annulation d’une exposition – ou de plusieurs expositions, dans plusieurs villes belges – de David Hamilton.
  • Olivier Mathieu: en effet, la presse en a largement parlé.

 

  • Pensez-vous que cette annulation aurait pu conduire au suicide de David Hamilton?
  • Olivier Mathieu: Très franchement, mon opinion personnelle est que non. J’ai l’intuition que non. Pour autant que je puisse le savoir ou le deviner, et toujours donc sauf erreur de ma part, David Hamilton avait des projets. Il continuait à former des équipes de collaborateurs, ou envisageait de le faire. Des réunions de travail étaient prévues pour les mois suivants. Personnellement, je ne crois pas que l’affaire Flavie Flament (affaire dans laquelle David Hamilton n’avait rien à craindre, d’un point de vue juridique), encore moins l’annulation de cette exposition belge, puissent l’avoir conduit au suicide. A ma connaissance, David Hamilton a continué à faire des projets d’avenir après qu’il eut été mis au courant de cette annulation.

 

  • Alors, votre conclusion?
  • Olivier Mathieu: Je n’en suis pas au stade des conclusions.

 

  • Quelles certitudes avez-vous, pour l’heure?
  • Olivier Mathieu: Je vous dis au moins celle-ci. Un mois avant sa mort, des amis ou des connaissances de David Hamilton ont fait part, dans la presse belge, des craintes qu’ils avaient pour sa vie. C’est de notoriété publique, et très facilement démontrable.

 

  • Et votre certitude?
  • Olivier Mathieu: Ma certitude est que plusieurs personnes, parmi les amis de David Hamilton, lui avaient déconseillé de se rendre à Paris, où il était semble-t-il très esseulé. A mon avis, au moment de l’affaire Flament et du déferlement de la campagne menée contre lui, campagne qui a culminé dans les insultes publiques proférées par Ardisson, il aurait été sage que David Hamilton reste à Ramatuelle ou qu’il passe quelque temps à l’étranger.

 

  • Pourquoi ne l’a-t-il pas fait?
  • Olivier Mathieu: C’est un grand mystère. Qu’est-ce qui l’appelait, le conduisait, le poussait à Paris? Voulait-il déposer plainte contre Flavie Flament, à Paris? Ou autre chose? Je l’ignore. Devait-il rencontrer quelqu’un? Je l’ignore. D’autres de ses amis l’ont-ils convaincu de venir à Paris? Pourquoi? A un certain moment, je n’exclus pas que les intérêts de ses ennemis déclarés aient pu coïncider avec les intérêts d’autres personnes. Il y avait donc à Paris un homme de 83 ans auquel beaucoup de gens voulaient vraiment du mal, voire d’autres qui ne lui voulaient pas autant de bien qu’on pourrait le croire. Dans ses derniers jours, il ne serait pas difficile d’imaginer un homme ébranlé par l’affaire Flavie Flament, par les insultes ordurières d’Ardisson, par l’annulation de l’exposition belge, etc. Allez savoir si, en vérité, il n’y avait pas davantage. Autre chose, qui aurait pu avoir mille fois davantage d’incidence sur son existence que Flament, Ardisson et l’annulation? Je suis tenté de le penser. Cet homme, en tout cas, a fini avec un sac de plastique sur la tête. je n’exclus pas que David Hamilton soit revenu à Paris en devinant, presque en sachant ce qui allait lui arriver. Par sa mort, David Hamilton rejoint Don Juan dans la tragédie.

 

  • Où David Hamilton a-t-il été enterré?
  • Olivier Mathieu: j’ignore toujours s’il a été enterré ou si son corps a subi une crémation. J’ajoute que le jour où je le saurai, je n’en parlerai pas publiquement.

 

  • Est-ce que c’est de ses vrais ennemis, ou de ses faux amis, que David Hamilton aurait eu le plus eu à craindre?
  • Olivier Mathieu: C’est une bonne question… En tout cas, voici une autre de mes certitudes. Certaines personnes ont pu avoir de la haine contre David Hamilton, elles en ont sans doute encore à titre posthume. Mais ces personnes ne savaient rien, et ne savent rien du véritable David Hamilton. Beaucoup de ses admirateurs n’en savent pas davantage. Ni cette haine atroce ni cet amour gélatineux n’ont effleuré David Hamilton. La vérité est à chercher non pas dans les caniveaux médiatiques de la presse pipole, ni chez les faux esthètes.  Elle est à chercher à un plan supérieur… Ma conviction est qu’il a vécu pour les jeunes filles, et que sa mort ne pouvait pas ne pas avoir quelque chose à voir, directement ou indirectement, avec l’univers féminin. Qui vit par l’épée périt par l’épée. Lui, il avait vécu par les jeunes filles…

 

  • En lisant votre livre, je vous ai retrouvé tel que je vous connais depuis plus de dix ans. Je vous ai retrouvé tel que l’on vous connaît. Vous avez toujours eu une grande facilité, dans votre vie, pour mettre un terme aux collaborations journalistiques qui ne vous plaisaient plus.  Vous avez souvent été contre vos propres intérêts, notamment d’un point de vue économique… Il a toujours été très difficile de vous plaire… Au fond, est-ce que David Hamilton n’était pas comme cela?
  • Olivier Mathieu : Je crois que oui. Ce sera à ses amis d’en juger. Un jour, en recensant l’un de mes romans, le journaliste Michel Marmin écrivait que j’étais « à prendre ou à laisser ». C’est, je crois, une excellente définition  de David Hamilton. A prendre ou à laisser. Lui et moi, nous sommes authentiques. Hautement politiquement incorrects. Sans David Hamilton, le monde moderne est encore plus terne. Mais il est difficile qu’existent beaucoup de David Hamilton. Et, si vous le permettez, qu’existent beaucoup d’Olivier Mathieu.
  • Autre chose à ajouter?
  • Olivier Mathieu: Pas de sac de plastique pour moi, merci M’sieurs Dames! (Rire).

O.M. / blog « En défense de David Hamilton »

Entretien du 17 octobre 2018.

David Hamilton entouré de jeunes filles… jusqu’au bout

 

A lire encore

Sur l’amitié avec Ernst FUCHS (en allemand) :

http://stodertalfreunde.blogspot.com/2016/11/erinnerung-david-hamilton-geb-1541933.html

 

From → divers

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