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« Mon livre sur la Philosophie de la Jeune Fille, afin de préserver et de transmettre la mémoire de mes jeunes filles » (Olivier Mathieu)

15 octobre 2018

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Photographie David Hamilton (Bilitis, 1977)

Mon livre de Mémoires, dans la lignée du Catalogue chronologique et descriptif des femmes avec qui j’ai couché (Pierre Louÿs), et dont le quatorzième chapitre est intitulé Philosophie de la Jeune Fille chez David Hamilton, pourrait arriver à ses (rarissimes) lecteurs avant le 28 octobre 2018. Un livre, encore une fois, qui aura peu de lecteurs (quantitativement), mais dont je garantis qu’il va être lu par qui il doit vraiment être lu.

J’y parle de mon existence, de mes souvenirs littéraires et sentimentaux, de mes amis écrivains, de la Philosophie de la Jeune Fille, de David Hamilton, de Dawn Dunlap, de Roland Jaccard, de Nabokov.

Un livre drôle, émouvant, instructif.

Photographie extraite du film BILITIS (1977), de David Hamilton

Voici de brefs extraits d’une page consacrée à Dawn Dunlap.

Si je regarde ses photographies prises entre ses douze et ses quatorze ans, il m’arrive de songer que j’aurais dû rencontrer Dawn Dunlap. Dans le souvenir que m’a laissé Laura les ombres de l’été, c’est elle, la fille de mes rêves. Illusion, peut-être. Illusion, sûrement. C’est évidemment David Hamilton qui a inventé Dawn Dunlap. La plupart des jeunes filles de David Hamilton, pour ne pas dire toutes, n’avaient aucun mystère. C’était David Hamilton qui les rendait mystérieuses. Le mystère était dans le regard de l’immense artiste. Les jeunes filles doivent rester inaccessibles. Il ne faut jamais percer leur mystère. Une jeune fille au mystère percé n’est plus rien: c’est une femme. Une femme moderne. David Hamilton photographiait l’absence d’un mystère, en le nimbant. Il donnait à des êtres sans mystère leur plus beau et leur unique mystère. Il les rendait éternelles. Eternellement inaccessibles. Il leur permettait – de par la grâce d’une photographie – de conserver pour toujours leur pureté et leur innocence. Avant que les jeunes filles vieillissent et que, dans la réalité, plus aucun mystère ne soit permis. Même histoire, avec mes jeunes filles à moi. Mieux valait, au temps de ma jeunesse, ne pas savoir ce qu’elles deviendraient demain. Mieux vaut, aujourd’hui, ignorer ce qu’hier elles pensaient. Ou croyaient penser. (…) Ni elle (Dawn Dunlap) ni moi ne retournerons vers notre printemps, ni personne. Il me suffit de savoir que j’ai été le premier à avoir écrit un livre sur elle, et qu’elle l’a lu. Je préfère ne pas savoir à quoi elle ressemble aujourd’hui. L’intelligence suprême de Dawn Dunlap aura été celle de disparaître, de ne plus jamais se faire voir par personne et, par conséquent, de rester à jamais la jeune fille david-hamiltonienne par excellence. Il ne faut jamais croiser la fille de nos rêves, si nous désirons continuer à rêver.

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Film BILITIS (1977) de David Hamilton

Illustrations de cet article de blog: trois photos extraites du film « Bilitis », sorti en France sur les écrans en 1977, film de David Hamilton.

From → divers

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