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DAVID HAMILTON ET LA BÊTISE DES RÉSEAUX SOCIAUX

12 avril 2018

Tout récemment, Roland Jaccard a publié une vidéo, sur son canal You Tube, consacré à l’écrivain Alain Robbe-Grillet et à une « écolière rêvée de David Hamilton ».
Cette vidéo a aussitôt reçu un commentaire, qui dit: « Vous savez qu’il les violait ces filles (ou alors vous ne regardez jamais les médias). Il est inacceptable de les remettre en évidence ».

C’est ici:
https://www.youtube.com/watch?v=AbLgJE4ptOQ
Nous n’excluons pas qu’il s’agisse d’un commentaire « au second degré », d’humour ou alors d’humour involontaire.

Plus exactement, ces dialogues publics récitent:
Emmanuelle MIGNATON (commentant la vidéo de Roland Jaccard):
— Vous savez qu’il les violait ces filles (ou alors vous ne regardez jamais les médias). Il est inacceptable de les remettre en évidence.

Un internaute signant Lys POMANDER répond:
— Ces hommes croulent déjà sous le poids de leurs vices et péchés ; la Mort les attend avec impatience. Leurs méfaits tracent rides et flétrissures sur leurs corps en putréfaction. Ne vous inquiétez pas, ils seront mangés par les vers plus rapidement que nous.

Emmanuelle MIGNATON répond:
— Merci Lys. Lui en tout cas, sera mangé par les vers avant nous. Mais a-t-il été puni pour autant?
***
On croit rêver puisque, prenant la place de « Dieu » (s’il existe), voilà un internaute qui « sait » que « la mort attend » David Hamilton. Tandis que l’autre se réjouit: « Il sera mangé par les vers avant nous »…

Jusqu’à preuve du contraire, et pour l’éternité maintenant, vu que David Hamilton est mort (et que l’on ne juge pas les morts après les avoir déterrés, comme ce fut le cas parfois au temps du haut-moyen-âge), mort, si je puis dire, suicidé par lui-même (ce qui serait étonnant vu que quelques jours avant sa fin tragique, il craignait pour sa vie) ou mort, si je puis dire encore, « suicidé » par quelqu’un ou quelqu’une d’autre, David Hamilton n’a jamais été condamné par la Justice à quoi que ce soit de toute sa vie.

Personnellement je regarde et n’écoute les media convenus que le moins possible, et je préfère aller chercher mes informations sur des sites indépendants d’Internet, de tous bords, les pour et les contre, pour me faire mon opinion. Et j’ai toujours du mal à penser qu’en 2018 il puisse y avoir des personnes assez naïves pour s’imaginer que le « nombre » des « témoignages » (contre David Hamilton), ou le fait que ces accusations aient été « médiatisées » soit une « preuve » de quoi que ce soit… Si tout le monde dit ou répète quoi que ce soit en perroquet… Qu’est-ce que cela prouve ?

Oui, j’ai bien du mal à me mettre en tête qu’il puisse y avoir des personnes, des gens qui pensent (mais pensent-ils vraiment ?) que les media (connus, dominants, presque tous formatés au même moule) disent nécessairement ou généralement le Vrai, le Bon, le Beau, le Bien tant majuscules que minuscules. Et soient un gage de quoi que ce soit. « Vu à la télévision, lu dans les journaux, entendu à la radio ou dans la rue… » Et alors ?! Il ne faut pas confondre publicité, propagande, « goût du scandale », « idées à la mode » et… Vérité!

C’est comme ça que naissent et s’entretiennent les contre-vérités, les plus grands mensonges et aussi les rumeurs les plus folles. Un exemple remarquable n’est-il pas la manière médiatique dont a été élu le présent « locataire » de l’Élysée dans un élan propagandiste médiatique délirant quasi unanime. Un autre exemple est celui des accusations gratuites, diffamatoires et pousse-au-suicide, entretenues jusqu’à l’hystérie et reprises par les ignorants, en toute impunité, de Flavie Flament qui n’est pas moins remarquable, je veux dire : qui n’est pas moins symptomatique d’une société bien malade.
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Comme l’écrivait déjà Léon Bloy dans Exégèse des lieux communs (première série, 1902) : « Plus on est semblable à tout le monde plus on est comme il faut. C’est le sacre de la multitude ».
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La société entière pourrait bien déclarer David Hamilton coupable de viols, un État (plus ou moins totalitaire ou borné comme le nôtre) pourra bien introduire dans la loi une notion non-scientifique ou le dogme de la prétendue « amnésie traumatique », que cela ne changerait rien à la virginité judiciaire totale de David Hamilton. Et à son talent d’artiste vrai. Que cela plaise ou non. Que cela corresponde ou non à une notion de morale bien ou mal sentie, ou ressentie (d’ailleurs, pas plus que moral, l’Art n’est immoral, tout juste est-il amoral). Que l’on aime ou non David Hamilton et son œuvre atemporelle que, personnellement, je juge de premier plan, de premier rang.

« Il est inacceptable de les remettre en évidence » conclut cette internaute, parlant des photographies de David Hamilton jadis illustrées littérairement par Alain Robbe-Grillet, autre personnage sulfureux. « Les », ce sont sans doute en son esprit autant de violées ou de violables ; la vindicte médiatique la plus radicale dans l’idiotie nous martèle assez que derrière chaque photographie féminine de David Hamilton il y a une potentielle, ou bien réelle, jeune fille ou jeune femme violée ou abusée.

« La preuve en est d’ailleurs », nous assène Flavie Flament en substance, « que j’ai le visage triste et fermé sur les photos de David Hamilton » ; ce qui est ridicule pour trois raisons: on connaît plein de photos de Flavie Flament, prises beaucoup plus tard et pas par David Hamilton, où elle a également le visage fermé; il y a aussi beaucoup de portraits féminins de David Hamilton souriants; et de toute façon, Flavie Flament confond ici le style d’un photographe avec ses délires à elle, et autres fantasmes.

Moi, je dirais : il est inacceptable de vous voir écrire « inacceptable ». Cela n’est pas discutable au nom même de la liberté d’expression. Personne ne vous oblige à regarder ces photos. Quand on n’aime pas, ce qui est le droit de chacun, on n’en dégoûte pas les autres, comme on dit généralement. Enfin, méfiez-vous donc un peu des évidences, des pseudo-évidences de l’émotion ; émotion à chaud ou à froid, souvent bien mauvaise conseillère.
***
On pourrait aussi dire quelques mots d’Olivier Mathieu. C’est toujours très drôle, ce qui se passe à son sujet. Par exemple, l’article – l’article désastreux – qui lui est consacré sur Wikipédia continue à ne se baser que sur une minable émission de téloche qui a eu lieu il y a trente ans. Les rédacteurs de cet article continuent à présenter Olivier Mathieu d’une et d’une seule façon, toujours la même, et à insister sur des faits remontant à trente ans, alors qu’Olivier Mathieu est un écrivain indépendant et un esprit libre, à cent mille lieues de l’image que l’on veut donner de lui.

Mais de toute évidence, les rédacteurs (anonymes) de l’article consacré sur Wikipédia à Olivier Mathieu ne cherchent à rien d’autre qu’à donner de lui une idée qui est une idée à la fois ancienne (remontant à il y a trente ans) et, pire encore, une idée fausse. Même quand il s’agit de citer ses amis, ses livres ou ses activités, ou ses collaborations journalistiques, les rédacteurs sont très attentifs à ne citer que ce qui pourrait le rattacher à l’extrême droite.

Les amis de gauche, d’extrême gauche (le romancier André Viatour), les amis juifs d’Olivier Mathieu (son maître en poésie, René-Albert Guzman) ne sont pas cités, par exemple. Or, en vérité, qui connaît cet écrivain personnellement sait que l’étiquette d’extrême droite, ou de néo quoi que ce soit, est pour lui totalement ridicule et offensante. Qui l’a lu, qui sait lire, et qui ne fait pas semblant de ne pas savoir lire, sait et doit savoir que cette étiquette, pour lui, est totalement ridicule et offensante. Fausse.

Je prendrai un seul exemple. Je pourrais en prendre des dizaines de ce genre! Un texte d’Olivier Mathieu, il y a quelques années, a été choisi par l’Académie des Beaux-Arts d’une grande ville européenne, sous l’égide d’un Ministère de la Culture, afin d’être illustré par un important Festival du Cinéma. Mais de cela, dans l’article consacré à Olivier Mathieu par des rédacteurs anonymes et sournois, aucune trace. Pas la moindre!!! Cela, on ne veut pas que ça se sache… Parce que leur intention est évidemment claire: c’est celle de présenter d’Olivier Mathieu une idée qui corresponde à celle qu’ils veulent en donner.

Y compris si depuis vingt ou trente ans Olivier Mathieu a publié dans ses livres ou sur ses blogs des mises au point au sujet de son lointain passé, affirmant de façon aussi sincère que répétée abondamment regretter d’avoir fréquenté certains des milieux qu’il a fréquentés, et qu’il a fréquentés parfois seulement pendant de brèves années voire quelques mois ou quelques semaines, avant de leur dire tout le mal qu’il pensait d’eux…
L’article de Wikipédia sur Olivier Mathieu est un tissu d’âneries, d’approximations et de présentations tendancieuses.
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L’article sur David Hamilton ne vaut guère mieux puisqu’on l’y déclare de père inconnu (c’est faux), marié deux fois (c’est faux), auteur de films dont en vérité il n’est pas l’auteur, etc. Et que, là aussi, les rédacteurs de Wikipédia se gardent bien de signaler toutes les choses qui pourraient déranger ne fût-ce qu’un peu leur propagande…

Jean-Pierre Fleury

From → divers

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