Aller au contenu principal

Fiction littéraire: l’homme Macrognon et la femme Trogneuse nommés parrain et marraine de mon blog

6 avril 2018

Publié le 6 avril 2018 par defensededavidhamilton

***

J’ai décidé d’offrir un parrainage au blog « En défense de David Hamilton ». Pour cela, il me fallait inventer des personnages fictifs, celui d’un parrain et d’une marraine (ou, en langage égalitaro-inclusif: d’une marraine et d’un parrain).

Quand, il y a environ trente mille ans de cela, des gens décédèrent et furent enterrés sur ce qui n’était pas encore la commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, ils n’auraient certes pas cru qui leur aurait prédit qu’ils deviendraient les hommes de « Cro-Magnon » simplement parce qu’on découvrirait leurs restes mortels sur les lieux d’un toponyme, francisation de l’occitan Cròs-Manhon.

Le premier élément signifie « creux », tandis que le deuxième signifie « grand » (latin magnus). Cro-magnon, en quelque sorte, c’est le grand creux. Les anagrammes que permet ce mot sont innombrables.

Et j’ai choisi mon personnage masculin! Macrognon! Macrognon! Le parrain de mon blog!

Le mot crognon n’existe pas? Exact! Mais Macrognon, maintenant, existait! Un « grand gnon »!

Macrognon le cromagnon! N’est-ce pas joli?

Et tant pis, me suis-je dit, si ça fait penser à « trognon ».

Même Victor Hugo, d’ailleurs, a employé le verbe trognonner, et pas n’importe où. Dans Ruy Blas:

Une duègne, affreuse compagnonne,

Dont la barbe fleurit et dont le nez trognonne

(Hugo, Ruy Blas, 1838, IV, 7)

Il me fallait maintenant trouver une compagnonne à Macrognon.

Car au nom de la nécessaire égalité entre l’homme et la femme, je me demande avec anxiété tous les matins s’il est très égalitaire de toujours parler de « l’homme » de Cro-Magnon (alors que les cinq squelettes découverts en 1868 étaient trois hommes, mais aussi une femme et un enfant).

Comment dire Cro-Magnon en écriture inclusive? Si mon Macrognon est un homme de Cro-magnon, comment serait une dame? Une femme cro-magnonne? Non, ça n’allait pas. Macrognonne la cromagnonne? Non, ça fait trop penser à grognonne.

C’est vrai, « trognon » a l’avantage d’être un terme d’affection à l’adresse d’un enfant, d’une jeune fille, d’une femme. Le terme eût donc pu être parfaitement adéquat pour l’épouse de Macrognon.

Mais trognon a l’inconvénient, gravissime à notre époque, de n’être qu’un substantif masculin.

Et là, je me suis souvenu que trognon n’est qu’une réfection de trogne, mot auquel on a  ajouté le suffixe – on.

J’ai alors opté pour trogne.  La trogne a l’immense avantage d’être un substantif entièrement féminin! Alleluia! Et le mot provient d’un bon vieux terme gaulois *trugna, qui signifiait sans doute « nez ».

Et là, j’ai eu l’illumination.

https://youtu.be/vB9r79LrBgQ

Les quatre barbus ne m’auraient pas contredit. « Gnon » allait admirablement bien avec « trogne » (voir l’expression: « un gnon dans la trogne »)! Quel couple!

Je déclare donc avoir nommé pour parrain et marraine du blog deux personnages fictifs, l’homme Macrognon et la femme Trogneuse, qui font partie tous deux, et comme moi (les ouvrages scientifiques que j’ai spécialement consultés pour mieux m’en convaincre, m’en ont donné confirmation)  de l’espèce des Homo sapiens.

Je n’hésiterai jamais à demander conseil, pour mon blog, à ces deux si sympathiques personnages fictifs aux noms si rabelaisiens!

From → divers

Commentaires fermés