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Prévoyante La Tatia ?!

3 avril 2018

Commentaire à l’article précédent (du 3 avril) du blog en défense de David Hamilton

«… elle préfère jouer la carte de la sécurité. Elle sait que les clichés du photographe lui seraient un plus pour son book en construction, cependant, elle préfère que le shooting avec David Hamilton se déroule dans l’établissement de ses grands-parents, la pizzeria. Et, en présence de ceux-ci« .

Cette phrase est « merveilleuse » à au moins trois titres.

1 – Elle montre tout d’abord que les journaleux de la presse populace sont incapables d’écrire quelques mots sans les truffer de termes anglais, franglais ou de pseudo-anglicismes à l’occasion. Moi qui en suis resté à l’ancien anglicisme « se shooter », j’ai du mal à comprendre ce que veux dire « shooting », enfin je crois deviner.

2 -Elle montre ensuite, le côté bassement carriériste de tout un tas de jeunes filles (et de leur famille et entourage) qui, sur le fond n’en avaient rien à faire de la photographie ou du photographe, mais simplement tout à faire de la renommée, de l’étiquette, de la signature de celui qui actionnait le déclic. Photographe qui couchait, au mieux, leurs photos sur le papier (de préférence glacé) de quelque revue totalement oubliée de nos jours. Quelquefois, bien plus rarement, d’albums photographiques.

*

Dans le domaine de l’apparence et du paraître, on peut faire difficilement plus dans le mépris de l’essence même d’un art, ou de la beauté même de soi en tant que sujet de photographies, ou plus exactement en tant qu’objet en ce cas. Art, esthétique, photogénie, talent du photographe ? Qu’es aquò ?

Comment s’étonner, qu’en d’autres lieux autres temps, des actrices « en herbe » aient pu tout accepter du Méchant Grand Loup pour gagner du pognon, beaucoup de pognon et de la gloire illusoire et brève, en s’exhibant sur la pellicule parfois de bons films, plus souvent de films médiocres ou sans intérêt, tout juste là pour faire rêver les peuples dans l’oubli, pour quelques heures, de leur triste vie quotidienne et soucis.

Pas plus hier qu’aujourd’hui ces futurs (futures ?) mannequins n’avaient considération pour qui les photographiait, et de l’image même qu’elles donnaient. Seul comptait leur « book » comme disent ceux qui aiment tout mélanger par mode impériale ou flemme cérébrale de délexicalisés, ou d’incapables de franciser ou créer des néologismes. Quand il ne s’agit pas tout simplement d’inculture crasse.

Face à ce « book », mot trivial et passe-partout (on est bien loin ici du « keepsake » romantique) qui n’est jamais qu’une autre forme de « bouquin » (mot probablement d’origine néerlandaise ; milieu du XVIe siècle), il existe par exemple : vade-mecum (« viens avec moi », en latin), ou album personnel, album à soi (« album » : couleur blanche, d’où : blanc de robe d’un animal, tableau (blanc), liste, rôle ; du latin, par l’allemand).

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La mode fut à David Hamilton (bien malgré lui d’ailleurs, lui l’atemporel hors-venu) : ces jeunes filles (déjà vieilles en leur tête) furent les premières à se ruer sur cet introducteur et quelques autres initiateurs de carrière, alors auréolés de présence médiatique.

La mode, le « bon ton » en est maintenant à insulter David Hamilton (et ses semblables en photographie, littérature, peinture, sculpture…) et à raconter n’importe quoi sur ses supposés mauvais comportements avec les jeunes filles: et l’on sait trop bien ce que Flavie Flament et ses copines, puis le magma monstrueux des media ont fait pour l’insulter, le dénigrer, le rabaisser. Et finalement le tuer.

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3 – Elle montre enfin, comme le suggère lourdement cette presse caniveau, que La Tatia, experte en prémonition, avait déjà tout envisagé des (mauvaises) conséquences que l’on se presse aujourd’hui d’étaler sans aucune preuve, et comme s’il n’y avait plus de Justice, ni de lois. Ou plutôt : que la seule justice et l’unique couperet immanents des media.

J.-P. F.

From → divers

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