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3 avril 2018

Pascal Praud mérite-t-il un carton rouge, ou plus logiquement une disqualification à vie ?

J’ai connu autrefois, du temps d’un Thierry Roland encore jeune, quand je tombais sur l’émission de foot du dimanche matin sur la Une, un certain Pascal Praud ; c’était le journaliste sportif type, pas plus méchant qu’un autre, et pas plus con, je dirais même moins bête que la moyenne, et moins ronronnant, plus compétent et moins bedat que Thierry Roland ; un peu contestataire, si je puis dire. Un spécialiste un petit peu « critique » de la balle au pied sur Télé-Foot.

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Car il faut dire que bon nombre de journalistes sportifs disent tout un tas de conneries quant aux athlètes et aux sports qui leur sont attitrés, et dont ils sont supposés connaître pourtant les arcanes. (Le champion en ce domaine d’incompétence, de niaiserie et de démolition du français parlé, étant le pauvre Patrick Montel, que mon entourage et moi-même surnommons « Ô, yes ! ») Et le plus grand nombre semblent ignorer le dopage, mais bon : c’est un autre sujet.

Enfin, pour résumer : on ne peut guère donner la palme de l’intelligence aux journalistes sportifs, mais disons qu’ils font moins de manières et ont moins la grosse tête que les autres. Et leurs préjugés sportifs ne mènent jamais très loin. (Si ce n’est dans le racisme par imbécillité d’un Thierry Roland déjà cité, ou d’une balourdise convenue anti-russe, comme en ce moment). Même si on peut en rire comme ont bien su le faire les Inconnus quand il y avait encore le droit de rire sur un tas de sujets à et de la télévision.

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Pascal Praud, le nantais est très lié au FC Nantes et un certain franc-parler lui a amené quelques déboires, comme la fois où Bernard Tapie en est venu aux mains avec lui qui osait « dire du mal » de l’O.M.

Mais pour l’heure, tout en étant encore journaliste sportif ici ou là, ce Praud a été gratifié depuis 2017 d’une émission disons plus politique ou d’opinion, sur CNews, « l’Heure des pros » où semble-t-il, il confirme qu’un vrai pro, dans le journalisme sportif comme dans le reste du journalisme, est une lavette conformiste et jeannette répétant, perroquet, l’idéologie dominante et ce qui fera plaisir à la masse abrutie du public et/ou à son patron et/ou à la coterie dont il fait partie.

Donc, si Pacal Praud voulait demeurer humblement journaleux sportif un tout petit peu « critique », il devrait au moins se poser la question de savoir si Flavie Flament, Thierry Ardisson et quasi l’ensemble des gazettes ont respecté le règlement en excluant sans avoir donné la parole au contrevenant supposé, le malheureux David Hamilton.

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Le portier a-t-il « fait main »? Est-il sorti des limites de ses seize mètres (cinquante) la balle à la main ? A-t-il tripatouillé la « gonfle »(comme on dit au rugby) en dehors de la surface de réparation ? Le « péno » était-il justifié ? Ou plus exactement, l’exclusion à vie ? L’exclusion à mort, pour David Hamilton.

On a vu des discussions s’éterniser et des polémiques perdurer des semaines dans les journaux sportifs sur telle ou telle décision arbitrale ; ou sur tel comportement coupable de joueur ; et même ressortir régulièrement des années plus tard. Par exemple, dans le domaine de la faute avérée : le « coup de boule » de Zidane au joueur italien Marco Materazzi, la main de Henry lors d’un match contre l’Irlande, l’autre main volontaire célèbre de Maradona contre l’Angleterre…

J’entends à l’écouter, que Praud semble placer David Hamilton en-dessous même d’une simple réflexion footballistique courante. C’est dire l’état à l’envers, et délabrée de la pensée en notre société décatie.

J.-P. F.

From → divers

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