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2018, magma terminal: le néo-dogme du viol perpétuel ?

4 février 2018

Publié le 4 février 2018 par defensededavidhamilton

 

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Il existe dans la religion chrétienne, parmi ses dogmes, celui de la virginité perpétuelle de Marie (elle est dite « toujours vierge »). Selon cette doctrine, Marie mère de Jésus est restée vierge avant, pendant et après cette naissance, et plus exactement depuis sa naissance (naissance de Marie dite « d’immaculée conception ») jusqu’à sa propre mort.

Est-ce que le néo-féminisme ne ressemble pas, au moins quelquefois, à une nouvelle doctrine, celle des « toujours violées »? Aujourd’hui – notamment aux Etats-Unis ou en France, suite à la campagne de néo-féminisme planétaire actuelle – il me semble parfois que l’on est  en train d’entrer dans l’ère d’une doctrine qui ne sera plus celle de la virginité perpétuelle, mais du viol perpétuel. Il ne se passe guère une journée sans que ne soit lancée une nouvelle accusation de viol à l’encontre de tel ou tel personnage jusqu’ici fameux et largement apprécié. Je ne me prononce pas ici (notons-le) sur la culpabilité judiciaire éventuelle de tel ou tel. Les affaires Weinstein, Polanski, Allen, Darmanin, Ramadan, et tant d’autres encore, ne se ressemblent pas. Certains ont sans doute commis des fautes, d’autres pas. Les « juges » portent ce nom parce que ce sont eux qui doivent en juger. Mais ces affaires ont un seul et unique dénominateur commun: les accusés sont tous des hommes et ils sont tous accusés de harcèlement sexuel, et / ou de viol.

Selon les docteurs de l’Eglise, Marie est non seulement censée avoir prononcé des voeux de chasteté, mais aussi les avoir respectés. Fort bien. L’une des questions que je me pose – aujourd’hui –  est la suivante, par exemple : pourquoi tant d’actrices ont-elles suivi des producteurs (ou des acteurs) de cinoche, à les en croire, dans des chambres d’hôtel?

Il y a un lien avec la doctrine chrétienne:  pourquoi au juste Marie, née de l’immaculée conception et qui a en outre prononcé des voeux de virginité éternelle,  se fiance-t-elle? Cela signifiait pour Joseph, si l’on comprend bien: ceinture! Cette vision, commune aux catholiques et aux orthodoxes, symbolise de façon nette le refus du sexe et l’apologie de l’abstinence (même si dans les Églises protestantes, on insiste seulement sur l’idée que Marie était vierge avant la naissance de Jésus).

Où est la logique, de même, en suivant dans leurs chambres d’hôtel des producteurs de cinéma? Je demande ce qui suit: y a-t-il ou pas une sorte de filiation, fût-elle inconsciente, entre le christianisme  et… Hollywood? Dans quelle mesure y a-t-il un lien entre – d’une part  – l’admiration affichée des chrétiens pour la virginité, et – d’autre part – les accusations de viol (dont l’éventuelle véracité devra être établie, une par une, et ce sera un long travail) qui s’accumulent aujourd’hui? Le violeur, en effet, suscite la répulsion parce qu’il vole une virginité. Cette répulsion est légitime, mais voilà aussi la raison pour laquelle des accusations de viol, quand elles sont fausses, devraient provoquer exactement autant de répulsion.

Est-ce que, même dans la société largement laïcisée d’aujourd’hui, ne règne pas une sexophobie manifeste? Est-ce que certaines féministes ne dissimulent pas au fond de leur âme une nostalgie enracinée de la virginité immaculée de Marie?

Au fond, on est passé d’une civilisation chrétienne où le sexe, c’était mal (la virginité de Marie était donnée en exemple) à de brèves époques « progressistes » ou censées être progressistes (voir les années 1970) où des femmes luttaient contre la virginité obligatoire imposée par des réactionnaires plus ou moins hypocrites. La femme qui n’arrivait pas vierge au mariage était, alors, dans l’esprit de beaucoup, une « salope ». La défloration était vue par beaucoup de progressistes et de féministes comme une transgression et / ou une libération.

Aujourd’hui qu’il n’y a pratiquement plus ni réacs ni progressistes, mais une masse indistincte, une sorte de magma qui n’est plus originel (et que j’appellerais plutôt, alors, le magma terminal), on voit des actrices qui, bien que s’étant généralement exposées nues dans cent films ou sur mille couvertures de revues, voire ayant été féministes hier ou se prétendant féministes aujourd’hui, semblent revenir aux dogmes et aux doctrines de la chrétienne virginité perpétuelle.

Car si on les a « violées », comme elles l’affirment, si par dizaines elles ont par exemple été contraintes à des « fellations forcées », alors ce ne sont pas des « salopes » (comme se définissaient polémiquement les féministes d’il y a encore vingt ou trente ans). Les « salauds », ce sont les mâles abhorrés!

La tradition chrétienne (et pas seulement chrétienne) relative à la virginité de Marie est ce qu’on appelle un théologoumène,  une affirmation théologique présentée comme un fait historique d’une réalité qui n’est pourtant saisissable que dans la foi.

Dans la société contemporaine, je dis alors que la tradition néo-féministe qui est en train de naître, relative au viol des actrices ou des starlettes, est ce qu’on appellera peut-être un jour prochain un « médiagoumène »,  j’entends par ce néologisme une « chose discutée au point de vue massmediatique », en bref des allégations médiatiques présentées comme des faits historiques d’une réalité qui, avant même d’être établie judiciairement,  doit d’abord être saisissable dans la foi aveugle des masses à l’égard des prédicateurs-lyncheurs  télévisés…

« Le Puissant fit pour moi de grandes choses : désormais toutes les générations me diront bienheureuse », dit Marie après la révélation de sa virginité (Luc 1). Combien de néo-féministes ne semblent-elles pas espérer, aujourd’hui, qu’on les appelle « malheureuses » pour l’éternité?

Au fond, ne voudraient-elles pas prolonger le délai de prescription non pas de seulement dix petites années, mais pour l’éternité? Pour que « toutes les générations » (Luc 1) les disent malheureuses?

Quoi qu’il en soit, la société moderne et hypertechnologique est aussi celle où des chirurgiens reconstituent des hymens. Au fond, c’est une société privée de tout sens du sacré (mais où ne naît plus aucune beauté « profane »), une société laïque ou laïcisée mais où de vieux archétypes religieux et castrateurs restent profondément enracinés. Le progressisme même, très souvent, l’archéo-féminisme et le néo-féminisme n’ont guère été que les épigones des pires conceptions religieuses et réactionnaires. On passe d’époques dites réactionnaires à des époques dites progressistes, mais les idoles et les dogmes demeurent rigoureusement les mêmes.

Et voilà comment on est en quelque sorte passé, des photographies progressistes du réactionnaire David Hamilton, à la régression du néo-féminisme.

On est loin hélas d’un monde idéal – un monde d’art, un monde de beauté – où les hommes et les femmes cesseraient de se faire la guerre des sexes, et qui serait aussi, on s’en réjouirait, un monde sans viols.

Au fait, qui sera la néo-Vierge des néo-féministes?

From → divers

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