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David Hamilton, « tiens voilà du (de l’Eugène) Boudin » et les fières cohortes dissuasives de l’ordre moral macronisto-macronien

26 novembre 2017

Publié le 26 novembre 2017 par defensededavidhamilton

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pour une version complète, avec illustrations, c’est ici :

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/11/26/david-hamilton-tiens-voila-du-de-leugene-boudin-et-les-fieres-cohortes-dissuasives-de-lordre-moral-macronisto-macronien/

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Selon la presse, Macron a annoncé hier la création prochaine d’un «délit d’outrage sexiste» punissant le harcèlement de rue, qui sera «verbalisable immédiatement pour un montant dissuasif».

J’essaye de traduire ce verbiage.

Macron n’a pas proposé (suppose-t-on) la « création d’un délit », mais a suggéré de rendre pénalement délictueux ce qui sera considéré comme un « outrage sexiste ».

Qui seront les juges en la matière?  Si l’on comprend bien, on donnerait la possibilité à des gardiens de la paix de dresser sur-le-champ des procès-verbaux pour sanctionner  « le harcèlement de rue »…

On souhaite énormément de courage aux nouveaux gardiens de l’ordre moral macronien. Ah que les nouveaux gardiens de l’ordre moral macronien ils vont avoir du boulot! D’abord, ils devront être polyglottes. Supposons que je (il s’agit évidemment ici du je philosophique) m’adresse à une femme, dans la rue, en chinois, en hébreu ou plus simplement en italien, pour lui dire quelque chose que pourrait réprouver la morale macronisto-macronienne. Va-t-il donc falloir que les cohortes des nouveaux gardiens de l’ordre moral macronisto-macronien sachent plusieurs langues?

On souhaite énormément de courage aux nouveaux gardiens de l’ordre moral macronien. Ah que les nouveaux gardiens de l’ordre moral macronien ils vont avoir du boulot! C’est bon pour les chiffres du chômage ça coco! Du bon pognon dans les caisses de l’Etat! Mieux que les contraventions! D’abord, ils devront être très psychologues. Supposons que je (il s’agit évidemment ici du je philosophique) lance un regard à une femme, dans la rue, et que ce regard puisse être considéré (qui en décidera?) comme grivois ou obscène – et donc, un regard que pourrait réprouver la morale macronisto-macronienne. Va-t-il donc falloir que les cohortes des nouveaux gardiens de l’ordre moral macronisto-macronien sachent interpréter les regards? Diantre, interpréter un regard, ne voilà-t-il pas quelque chose d’éminemment délicat et subjectif?… Va-t-il falloir procéder à l’uniformisation des regards, ou en tout cas à l’uniformisation de la lecture qui en sera faite? Les nouveaux gardiens de l’ordre moral macronien seront-ils donc capables d’interpréter et de juger de la même façon, dans toute la France, un regard, un geste, un mot?

En tout cas, on leur demandera un « jugement » immédiat (sans appel?) puisque leur boulot consistera à « verbaliser immédiatement« , et à demander au délinquant de cracher illico presto au bassinet.

 Et si un enfant de huit ans insulte (au moins aux yeux des mirifiques psychologues des cohortes des gardiens de l’ordre moral macronisto-macronien) une dame? Et si cet enfant n’a pas d’argent? La prison?

Et si un clochard insolvable adresse un regard suspect (au moins suspect aux yeux des formidables psychanalystes des cohortes des gardiens de l’ordre moral macronisto-macronien) à une dame? Et si ce clochard n’a pas d’argent? On dresse la potence?

On va donc, on se dirigerait donc vers une société, on est dans une société qui a élu M’sieur Macron président de la République, dont le programme de candidat promettait entre autres la création de milliers de postes de policiers. Ah ben ouais, ça va tout changer, la France est en marche mon coco!

Une société où des milliers, des dizaines de milliers de policiers (après quelle formation?) seraient donc habilités par l’Etat à verbaliser immédiatement, et à faire cracher tout de suite – et sans autre forme de procès – des amendes à des gens coupables (coupables selon les cohortes des gardiens de l’ordre moral macronisto-macronien) d’une phrase ou d’un regard non conformes à la morale des temps macronisto-macroniens…

Que sait, que saura un tel fonctionnaire de police des rapports préalables éventuels qui existent, dans un quartier, entre un monsieur (ou une dame) X qui interpelle une femme (ou un monsieur) Y ? Et si d’aventure un monsieur insultait sa femme, ou l’épouse son époux? On n’aura plus le droit de s’insulter dans la rue?

Peu importe, les cohortes des gardiens de l’ordre moral macronisto-macronien se passeront probablement de le savoir. Ils auront carte blanche pour verbaliser immédiatement, « pour un montant dissuasif ». (Dissuasif, Madame Michu, ça rigole pas!)

Et si d’aventure une dame appréciait (!) un regard coquin ou un compliment un peu osé? Est-ce qu’on lui demandera seulement son avis, à la dame? Ou alors, est-ce que les fières cohortes de l’ordre moral macronisto-macronien, leur p’tit carnet de contraventions à la main, se rueront joyeusement sur le délinquant, le voyou, le coupable que ces fins limiers auront désigné et auquel ils enjoindront catégoriquement de sortir immédiatement son carnet de chèques pour régler un montant dissuasif?

Si je dis à une dame, M’sieur: « Tiens voilà du boudin, de l’Eugène Boudin », ça va chercher dans les combien, M’sieur?

Olivier Mathieu.

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ajouts de J.-P. F.

Tiens, voilà du boudin très généré et très tolérant.

C’est la lutteu, finaleu… !

Et le délit d’incitation ou d’exhibition sexiste sur la voie publique, dans les lieux publics et les lieux de culte, c’est pour quand ?

From → divers

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