Aller au contenu principal

MUNICIPALES : LE COUP DE GUEULE DE MICHEL MAFFESOLI CONTRE LES BIEN- PENSANTS

26 mars 2014

Copié-collé du Figaro de ce jour.
Remarque liminaire :
Je ne suis pas en accord total avec le texte qui suit, à propos en particulier du concept de « libéralisme » dont le sens maffesolien ne me semble pas suffisamment expliqué, explicité ou clair (« antiétatisme » équivoque, absence de toute évocation des méfaits immenses du mondialisme chez Maffesoli qui je crois fréquente, drôle d’idée, des officines péri-mondialistes) ; et rien dans ce texte au-dessus du local, si ce n’est uniquement en négatif (pas d’évocation de la nation, de la culture ou de la langue comme ferments d’unité nationale et même supranationale; confusion entre laïc et laïcard) et même déni de valeurs nationales communes et universelles.
Je veux dire de valeurs positives, humanistes et de réel progrès – qui ne peut être qu’une remise en cause du productivisme, de la croissance (tant « économique » qu’humaine), du technologisme utilisé pour le pire plus que pour le meilleur, de la mise à mal de la Nature, de notre Terre, de la Faune, de la Flore, de la Beauté du Monde.
Certes évocation du Rêve des peuples chez Maffesoli, je dirais moi : du Bon Rêve, de la Poésie du Monde et de la Vie; et du Sacré sous toutes ses formes. Dont l’Art non dévoyé, ou les réalisations collectives qui élèvent réellement les hommes et les unissent au-delà de la politique partisane ou des religions. Sans oublier la remise en cause obligée et radicale du totalitarisme de l’Argent, de la dictature du Capital, de l’esclavagisme salarié généralisé…
Je crois connaître un petit peu mon Maffesoli pour voir chez lui derrière le mot « libéralisme », le mot « libertaire ». Personnellement, à la différence de la petite-gauche et autres bobos, et je l’espère comme Maffesoli (mais j’en doute un peu), je n’irai jamais établir quelque lien, quelque union contre-nature entre les deux, sous le vocable assassin de « société libéralo-libertaire » comme l’établissent et l’affirment fièrement les socialos-communos-gauchistes contemporains et assimilés de droite, tous grands adorateurs du Veau d’Or talmudo-mondialiste inique (dégénérescence du terme « international » – pourtant composé de « inter » et de « national » – chez eux également). Tous grands prophètes et grands prêtres du déclin humain généralisé, en tous domaines : écologique, économique, culturel, moral…
Je parle de « libertaire », dans son sens noble, celui de la grande époque, socialement, culturellement, non encore dévoyé par l’« antifascisme » et l’« antiracisme » et non récupéré par la bourgeoisie et petite-bourgeoisie « de gauche » repue, pseudo-anars bobos et autres pantins libertins, drogués, parfois même pédophiles et dégénérés à la Cohn-Bendit.
En cela, moins « libéral » que Maffesoli qui a le « libertarisme » facile et complaisant, je ne vois en rien dans les pseudo-déviants, pseudo-rebelles, pseudo-contestataires, pseudo-dissidents et dans tous les faux en-dehors donnés en spectacle aux veaux, quelque « graine d’ananar » comme disait Ferré dont le slogan était : Amour, Anarchie. Amour, et non pas haine ou dégénérescence humaine. Communion, partage. S’élever et non s’abaisser.
Mais je suis entièrement d’accord – depuis bien longtemps déjà – sur le constat concernant les « votations », et sur les sens à donner à l’abstention politique, à une politique qui serait réellement locale, réellement populaire et réellement démocratique (refonde totale du système électif, proportionnelle intégrale, démocratie directe et la moins représentative possible, la plus partagée, etc.). Pas un mot, un élément d’avancé – malheureusement – au sujet des formes démocratiques au niveau du local dans cet article. Sur une nouvelle et nécessaire Constitution, réellement démocratique et une redéfinition totale des notions, des contenus et des rapports du Législatif, de l’Exécutif et du Judiciaire.
Je suis très en accord également avec le constat qu’il n’existe plus dans notre société de lieu de « communautarisme » ou de « collectivisme » ou de « communisme » local. J’emploie évidemment ces mots dans un sens non intégriste ou non stalinien. Je veux dire que Maffesoli a parfaitement raison d’insister sur la mort presque achevée de tous les organes, de toutes les instances, de tous les lieux qui unissent les hommes. Cela a commencé dès le début de la révolution bourgeoise par l’interdiction des coalitions, des corporations et, pendant près d’un siècle, des grèves.
De nos jours, c’est la mort des partis et syndicats de masse, le dévoiement même du mode associatif sans but lucratif. C’est la mort des Églises chrétiennes. Ou de la conscription. La mort des liens sociaux de proximité, tant à l’usine et au bureau que dans les villages et les quartiers dortoirs. La mise à mal de la solidarité entre les générations. La dispersion, l’éclatement.
La remise en cause même du Temps et des rythmes sociaux communs : la semaine de travail et les périodes de congé à la carte dans nombre d’entreprises ; et après la disparition de la notion de jour et de nuit, de matin et d’après-midi dans les usines vouées au fordisme, taylorisme, stakhanovisme et autres surexploitations des hommes, présentement de la notion même de dimanche et de jour férié. De moments particuliers communs et uniques fédérateurs des hommes dans les familles, les contrées, le local. L’invasion du temps éternel et plat de la consommation marchande béate pour les amorphes.
Et pour finir, la remise en cause d’une manière patente de l’utilité même de se mettre en grève, de manifester ou même de voter : voir ce que la maffia gauche-droite des politiciens et autres députés a fait du Non majoritaire à une Europe du fric. De l’échec assuré, programmé. Qu’attendre d’autre au niveau du Travail, d’un syndicalisme partisan, désunificateur qui ne vit, comme la Presse, les partis et toute la sous-culture ringardo-mondialiste, de la manne publique ? Générosité des donateurs ! Qu’attendre d’autres de bureaucraties (très mal en point) et de leurs apparatchiks ?
Voir comment, enfin, la gauche et la droite, et leurs extrêmes en particulier, traitent la question locale dans son essence régionale ou régionaliste. Le refus jacobin d’existence qui remonte à cette même révolution bourgeoise de 89 (qui fut tant aimée des bolchéviques). Celle qui affirmait : la superstition parle bas-breton. Celle qui extermina des dizaines de milliers de Chouans et Vendéens au nom de la République contre la Monarchie et de l’athéisme contre le christianisme. Et au nom suprême des Droits de l’Homme et du Progrès !!! Curieux athéisme tout nourri d’ailleurs de l’esprit sectaire et d’une religion d’Élus des loges généralement intolérants.
À notre époque, il suffit d’écouter un Jean-Cul Merluchon (pas des mers bretonnes pour deux sous, mais pied-noir) conspuer les Bonnets Rouges, pour se rendre compte que la mentalité de la Terreur est encore vivante et vivace parmi les francs-maçons, en particulier certains hystériques de gauche. Il en va de même des sionistes qui mettent dans le même panier franchouillards et régionalistes. Je rappellerai ce propos hilarant (si, Ruquier a ri, c’était donc drôle) du petit Bedos, je veux dire de Bedos fils, aussi haineux et anti-France et vil que le père, ce français Crémieux ennemi de l’autodérision, déclarant à Dieudonné, mais à distance cathodique respectable seulement : « je te mets cette merguez dans ton gros cul de breton inculte ». Il n’y a évidemment aucun second degré là-dedans. Pour la simple raison qu’on est déjà ici au niveau du Soleil. En plein prêchi-prêcha talmudique.
Bon j’arrête ; lisons :

FIGAROVOX/HUMEUR – L’écrivain Michel Maffesoli considère que l’abstention ou le vote Front National révèlent, en creux, un profond désir des Français pour une autre politique, une autre organisation sociale.
Michel Maffesoli, professeur à la Sorbonne, vient de publier, en collaboration avec Hélène Strohl, Les nouveaux Bien-pensants, (éditions du Moment).
Chateaubriand nous l’a appris: vu le nombre de nécessiteux, il faut être économe de son mépris ! Et pourtant, les réactions aux résultats des dernières élections sont tellement affligeantes, qu’elles ne peuvent que susciter un tel mépris. La classe médiatico-politique est tellement déphasée, l’entre-soi est à tel point développé que ses commentaires harassent l’âme et laissent l’esprit pantois. Si bien que les discussions du café du commerce, à côté, apparaissent comme des sommets de subtilité théorique!
Pour ma part, voilà longtemps que j’ai parlé d’une «transfiguration du politique». Celle faisant glisser la chose publique d’un contrat rationnel à un pacte émotionnel. Et faute de repérer une telle mutation, disais-je, on verrait se développer l’abstention ou, autre cas sur lequel les commentateurs font silence, la non-inscription sur les listes électorales. (les jeunes de 18 à 24 ans, inscrits automatiquement sur les listes électorales, se sont abstenus à 64% ; un ouvrier sur deux n’est pas allé voter! ).
Il ne faut bien sûr, pas juger les abstentionnistes ou les «non-inscrits» comme on l’entend trop souvent, à partir de critères moraux: refus d’engagement, égoïsme individualiste et autres jugements convenus. Il s’agit bien au contraire de cette secessio plebis d’antique mémoire qui s’exprime lorsque le pouvoir politique ne représente plus en rien la puissance populaire. Pour le dire en termes plus familiers: le ras le bol est une autre manière de dire: «cause toujours, tu m’intéresses».
Saturation qui certes concerne le pouvoir en place, mais qui, d’une manière transversale, touche tous les partis «établis». Très précisément en ce qu’ils ne savent plus dire ce qui est vécu par le plus grand nombre. Ils n’expriment plus les préoccupations réelles des peuples, qui au contraire de ce qui est dit vont bien au-delà d’une seule inquiétude pour le pouvoir d’achat et le chômage, mais s’intéressent aussi à l’imaginaire, au rêve, à ce qui enchante ou réenchante le vivre-ensemble. Dès lors, ils ne peuvent plus les représenter. Les éléments de langage et autres langues de bois ne sont plus du tout en pertinence avec l’esprit du temps. Il n’est donc pas étonnant qu’ils soient considérés comme, tout simplement, impertinents!
*
Impertinence particulièrement évidente pour les affidés de la «normalité normopathe» au gouvernement. Rappelons à cet égard la formule du vieux Marx, qui sur ce sujet en savait, d’expérience, un bon bout: «les petits bourgeois n’ont pas de morale, ils se servent de la morale».
Mais cette instrumentalisation de la morale (ils préfèrent dire éthique, ça fait plus moderne) ne fait plus recette. Et très rapidement, on se rend compte que leur fameux «sociétal» (loi sur le mariage pour tous, pseudo lutte contre les discriminations, fausse protection contre leur propre volonté des personnes se livrant à la prostitution, développement des leçons de morale à l’école et propagande sur la parité et autres égalitarismes de genre) tout cela est pure diversion, forfanterie sophistiquée ou simple hypocrisie.
Le vrai sociétal consisterait à prendre acte du fait que le libéralisme au sens d’un anti-étatisme et d’une relativité des valeurs n’est pas une monstruosité, ce qui implique que l’Etat providence et la morale publique ont fait leur temps: la laïcité au sens d’une neutralité rationaliste, la fraternité au sens d’un assistanat généralisé, le républicanisme au sens d’un refus des liens communautaires, toutes ces «évidences de la modernité» ne font plus sens. Ce qui ne signifie pas la fin des valeurs communes, bien au contraire. Mais un bien commun défini situation par situation, dans lequel le lieu fait lien, le terroir fonde l’appartenance. Il faut penser ce localisme (qui n’est pas l’imitation de l’ancien, mais une nouvelle forme d’attachement à la proximité et à la communauté) et agir en conséquence.
C’est faute de prendre en compte le changement de cycle qui s’annonce, c’est quand on refuse de voir qu’un paradigme postmoderne est en gestation que l’on assiste au repliement sur soi et sur un passé nostalgique, dont le F.N. mais également les divers groupuscules d’extrême gauche (ex-trotskystes ou staliniens) sont l’expression. Mais de grâce ne voyons pas dans le vote F. N. la simple manifestation d’une crise économique ou d’un chômage récurrent. Le problème est bien plus profond qu’une mauvaise conjoncture. L’abstention, le phénomène de non inscription, la non-participation aux procédures démocratiques, tout cela peut être compris aussi comme une nouveau «devoir civique».
Ecoutons bien ce que disent les électeurs: «on veut essayer autre chose». Sans dire quoi, sans vouloir savoir quoi, sans programme sérieux, on le leur reproche assez du haut de la sphère technocratico-politique qui se gausse de ce populisme.
*
C’est pourtant une manière de dire, en creux, que le vivre-ensemble ne repose plus sur le contrat social, comme une simple expression rationnelle de l’addition d’un individu rationnel à un autre individu rationnel, au travers de l’institution étatique! La république ne permet plus cette communion, cette expression des émotions collectives, ce sentiment que je ne suis pas seul face au destin, mais que nous affrontons ensemble un destin commun. On le voit bien, les grandes institutions de la république qui permettaient que s’éprouve ce contrat social, qu’il ne soit pas que des mots, mais aussi un sentiment, ne fonctionnent plus: école, partis politiques, syndicats, paroisses, œuvres sociales, autant d’institutions qui ne font plus sens commun.
Être relié aux autres requiert un lien immédiat en un lieu qui devient lien. Peut-être est-ce là la nouvelle expression de la démocratie. Mais justement, les partis «traditionnels» qui n’ont pas d’expression locale particulière, pour qui souvent les élections locales sont un simple tremplin à une onction nationale, trahissent en quelque sorte cette démocratie de proximité.
Dès lors les électeurs s’en désintéressent ou sont prêts à essayer «n’importe quoi d’autre».
Il y a bien une vraie passion pour les affaires de la cité: à condition qu’elle ne soit pas accaparée par une caste politique accompagnée de ses commentateurs journalistiques et pseudo-experts intellectuels. Elle s’exprime de multiples façons, hors des cadres connus. C’est là le terreau d’une revivification d’un politique transfiguré, attentif à la cité dans son entièreté.

From → divers

Commentaires fermés