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LA RUSSIE EST TOUT À FAIT APTE À CONSTRUIRE SES PROPRES MISTRAL.

20 mars 2014

© RIA Novosti. Alexei Danichev

MOSCOU, 20 mars – RIA Novosti

Les constructeurs navals russes pourraient construire eux-mêmes des porte-hélicoptères si la France ne livrait pas ses deux Mistral à la Russie, a déclaré une source du Groupe unifié de construction navale russe (OSK), le coordinateur du projet pour la partie russe, écrit jeudi le quotidien Izvestia.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré que le contrat signé en 2011 pour la livraison de deux porte-hélicoptères Mistral pourrait être rompu si la Russie ne changeait pas sa politique en Ukraine. Selon les prévisions de la marine, les navires devaient être mis en service en 2015. L’arcasse [charpente horizontale qui lie les estains à l’étambot] du premier navire, fabriquée au chantier naval Baltiïski de Saint-Pétersbourg a été remise à la compagnie française DCNS pour construire les autres parties. En octobre 2013, le bâtiment a été mis à l’eau pour des essais et en automne 2014 il devrait être transmis à la marine russe. L’arcasse du second navire devrait arriver sur les chantiers navals français en juin. [à Saint-Nazaire]

« Si les partenaires français renonçaient à tenir leurs engagements, nous pourrions construire nous-mêmes ce navire – nous avons déjà reçu la majeure partie des documents sur le Mistral.

Si les Français rompaient le contrat et refusaient de nous rendre l’argent alors ils perdraient leurs droits sur ces documents. Nous pourrions donc construire ces navires par nos propres moyens, si la marine était toujours intéressée par ce projet », explique une source de l’OSK.
Selon les représentants du secteur, la création d’un bâtiment de débarquement de même type ne poserait pas de problème pour la construction navale russe, même en l’absence de plans.

« La conception demandera près de deux ans, le Mistral n’a rien de complexe – c’est une barge avec un moteur et un dock pour les hélicoptères et les chars. Après l’approbation du projet, la construction nécessitera près de 18 mois », ont déclaré les représentants de l’OSK.

Le contrat pour la construction des deux Mistrals s’élève à 1,2 milliard d’euros. La Russie a déjà versé près de la moitié de cette somme.

La source explique que le coût de construction de navires de guerre était calculé selon la formule classique – 1 milliard de roubles (20 millions d’euros) pour 1 000 tonnes de tirant d’eau. De cette manière, un porte-avion de même classe que le Mistral avec un tirant d’eau de 21 000 tonnes coûterait à la Russie près de 400 millions d’euros. 20 à 25% de cette somme sera dépensée pour la conception.

Si l’un des navires était remis à la marine sans être terminé, il serait possible d’achever sa construction en Russie. Cependant, le scénario d’un changement de prestataire n’apporterait rien de bon selon le vice-amiral à la retraite Vladimir Zakharov.

« Celui qui commence la construction d’un navire doit forcément la mener à terme. Il est facile de construire la coque, alors que faire d’un navire un tout est la tâche la plus difficile. S’ils ne voulaient pas le terminer, il faudrait rompre le contrat, qu’ils paient une pénalité et reprennent ce qu’ils ont fait », a déclaré Vladimir Zakharov.

Plus tôt, les représentants des chantiers navals Baltiïski avaient déclaré que l’un des objectifs de ce projet international visait à maîtriser les technologies militaires étrangères. Ils ne sont plus de cet avis.

« Le Mistral est un bâtiment construit selon des règles civiles : c’est un simple ferry pour le transport de voitures. Ce n’est pas sérieux d’obtenir de nouvelles technologies en construisant de tels navires pour un pays qui, lui, construit des porte-avions nucléaires », a déclaré le représentant des chantiers Baltiïski.

From → divers

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