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UNE RÉPONSE FRACASSANTE DE MARIA ZAKHAROVA AUX PROPOS DE MARK RUTTE !

2MSYNERGY GROUP

Dans cette vidéo, nous analysons les réponses de Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Russie, lors de sa conférence de presse du 16 janvier 2025. Zakharova aborde les attaques contre le gazoduc « Turkish Stream », la déclaration de Mark Rutte sur les dépenses militaires de l’UE, et les implications géopolitiques. Une analyse essentielle pour comprendre la position de la Russie sur ces enjeux majeurs.

MIMOSAS ET AJONCS

Par chez moi, le mimosa est là, vraiment en fleur depuis les premiers jours de l’année.

Comme les ajoncs, mais ces derniers le sont, en fleur, depuis le mois d’octobre environ.

AFFAIRE BRICHEL : DERNIERS DÉVELOPPEMENTS

J’allais écrire quelques mots sur l’essentiel, je veux dire : des anomalies manifestes, dans l’affaire Brichel quand je suis tombé sur cette vidéo de Jean-Dominique Michel qui en présente un bon résumé.


N. B. Jean-Dominique Michel évoque le MK-Ultra, projet développé par la CIA après la Seconde guerre mondiale visant à développer des techniques de programmation et de contrôle de l’esprit.

J’y ajoute :

L’Élysée menace une journaliste américaine : que cache Brigitte Macron ? L’une des dernières vidéos de Candace, avec traduction en français par nos cousins de Louisiane :


Et aux dernières nouvelles, j’ai cru comprendre que Candace proposait au couple présidentiel de venir ester en justice contre elle au Tennessee où elle demeure, s’engageant même à prendre en charge les frais occasionnés ! Ridiculisés les Macreux-Trognon.

Et ce court article de 2017 de : algerie360.com

Brigitte macron visitera la fac centrale d’Alger, où elle aurait des souvenirs

1 décembre 2017

Brigitte, l’épouse du président français, Emmanuel Macron, visitera la Faculté centrale d’Alger (Université Benyoucef Benkhedda) où elle aurait des souvenirs.

En effet, Emmanuel Macron effectuera, le 6 décembre prochain, une visite officielle en Algérie dans le cadre de sa tournée en Afrique. Selon nos informations, les autorités algériennes ont été informées de la volonté de la première dame de France de visiter la Fac centrale d’Alger, où elle aurait étudié.

Actuellement, l’on a tout de même remarqué des travaux d’embellissement de l’université en question. Selon nos informations, les travaux ciblent plus particulièrement une salle que Brigitte Macron souhaiterait visiter.

Zine B avec Adherbal

ROUMANIE EXEMPLE À SUIVRE


À voir :
https://x.com/i/status/1878710167841226907

Chez nous on a Macron-escroc et Brichel, autrement dit : le couple infernal Macronescu…

Tiens, au fait :

Qui peut me rappeler comment ont fini Ceauşescu et Madame un certain 25 décembre 1989 ?

L’ENTERREMENT DE LA DÉMOCRATIE EN ROUMANIE

NU MAI STATI IN CASA PE CANAPELE, AVEM NEVOIE DE VOI

NE RESTEZ PLUS À LA MAISON SUR LE CANAPÉ, NOUS AVONS BESOIN DE VOUS

HUMOUR ?

Le pauvre James Woods, un « acteur » étatsunien, aujourd’hui retraité, et hystériquement sioniste, qui fut autrefois connu pour avoir joué le rôle principal dans la mini-série Holocauste (1978), bien évidemment celui de l’hyper-gentil Juif allemand, pas de l’hyper-méchant Boche nazi, a vu son vœu exhaussé :

PAS DE CESSEZ-LE-FEU. PAS DE COMPROMIS. PAS DE PARDON.

Souhait apparu sur Internet au lendemain du 7 octobre 2023.

Le feu a effectivement gagné les collines de Los Angeles et en particulier les habitations des « stars » de Pacific Palisades, et menacent désormais Hollywood, l’usine à rêves.

Et c’est ainsi que les baraques, entre autres, de Laeticia Hallyday, Patrick Bruel, et de ce prophétique James Woods viennent de cramer.

Essentiel de la dernière lettre de Florian Philippot :

2025 commence et un vent de libération souffle fort ! Des dominos mondialistes tombent : démission de Justin Trudeau, le « frère jumeau de Macron » au Canada, du chancelier autrichien qui avait imposé la vaccination covid obligatoire, 1er ministre mondialiste dans la tourmente au Royaume-Uni, élections anticipées en Allemagne, étrange disparition d’Ursula Von der Leyen pour cause de « pneumonie sévère », chute accélérée de Macron !… Battons-nous pour son départ ! Dès le 16 janvier les députés DOIVENT voter la motion de censure contre le gouvernement Bayrou/Valls/Borne pour mettre la pression sur Macron : on les surveille. Patriotes, nous sommes sur le pont depuis les premières heures de 2025, et on ne les lâchera pas : le Système oligarchique craque, il faut l’anéantir et faire triompher la France libre ! Samedi dernier, en manif’ [devant l’ambassade de Roumanie] et dans un froid glacial, nous avons placé 2025 sous le signe de la victoire !

Lundi à Liège, nous Les Patriotes, seul mouvement politique français ayant porté plainte contre Ursula Von der Leyen [et le PDG de Pfizer, Albert Bourla] sur le « Pfizergate » [à la suite de l’initiative de Frédéric Baldan et de nombreux autres], avons été heureux de voir que le dossier avance : une première décision de justice sera rendue le 20 janvier ! Le Frexit est vital : contre la corruption, pour la Paix et pour défendre les intérêts supérieurs du pays. On a rencontré beaucoup de paysans en lutte cette semaine, moi-même dans une action face à l’Élysée lundi : ils nous ont dit à quel point ils veulent la sortie de l’UE pour regagner la souveraineté agricole et alimentaire ! Même chose sur les ZFE [Zone à Faibles Émissions, zone urbaine dont l’accès est réservé aux véhicules dits les moins polluants] : une ségrégation scandaleuse contre des millions d’automobilistes, exigée par une directive européenne…Pour arrêter les ZFE et défendre la liberté : quittons l’UE ! Soyons un pays indépendant, battons-nous sans relâche pour reprendre le contrôle. Stop aux fausses oppositions, vive la Résistance !

Liberté toujours : mardi le patron de Facebook et Instagram a soudainement annoncé qu’il « virait les fact-checkeurs » et restaurait la liberté d’expression contre la censure ! Ça vient si tard mais c’est bien sûr un nouvel effet Trump. La liberté finit toujours par gagner, comme la vérité face à la corruption et au mensonge ! J’ai l’honneur de vous annoncer que juste après le 20 janvier, après le délibéré sur le Pfizergate, nous lancerons la première plainte en France contre Bill Gates !

2025 a commencé fort, dans l’action dès les premières heures : nous n’arrêterons pas avant la victoire tant espérée de la paix, de la liberté, de la vie, de la France libre ! Bienvenue à tous dans le combat !

Les Pauvres à l’église.

Poème de Rimbaud daté de 1871

Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’église
Qu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;

Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.

Aux femmes, c’est bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !
Elles bercent, tordus dans d’étranges pelisses,
Des espèces d’enfants qui pleurent à mourir :

Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés. *

Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote : **
C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
— Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons ;

Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours ;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques
Ces aveugles qu’un chien introduit dans les cours.

Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,

Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
— Et l’oraison fleurit d’expressions choisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,

Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, — ô Jésus ! — les malades du foie
Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.

.

Courte analyse

Au niveau de la versification et de la prosodie.

.

Je répète ici ce que j’ai déjà écrit précédemment dans Petite Iconoclastie (2 janvier 2025) à propos du poème Les Effarés, concernant les alternances de rimes.

Tous les quatrains ont des rimes de la forme : Féminine (avec un « -e », « -es » ou « -ent » final muet) / Masculine / Féminine / Masculine. Et toutes ces rimes reçoivent, entre elles, la même marque de nombre : ou singulier ou pluriel ; y compris sous une forme disons « symbolique » ; j’entends par là que le « s » peut être la marque du pluriel ou simplement de l’orthographe établie ; cf. par exemple : Jésus et pansus.

Et concernant la qualité de ses rimes. Il n’y a pas vraiment d’unité quand on voit que les rimes s’étalent de la non-rime ou sous-rime, ou rime pauvre (voir lignes 1 et 2, voire ligne 3, du tableau ci-dessous) à la rime riche (voir lignes 6, 7 et 8) en passant par la rime normale – ou suffisante (voir lignes 4 et 5).

1Non rimejamais /déformés
2VoyelleJésus /pansus
3Semi-voyelle (ou semi-consonne) + voyelleyeux / pieux ; soie / foie
4Voyelle + consonneéglise / maîtrise ; soupe / groupe ; ribote / chuchote ; carrefours / cours ; stupide / livide ;
5Consonne + voyellebattus / têtus ; noms / fanons ; repoussant / pressant
6Consonne + semi-voyelle (ou semi-consonne) + voyellequartiers / bénitiers
7Consonne + voyelle + consonnecire/sire ; lisses / pelisses ; souffrir/mourir ; épileptiques/antiques
8Semi-voyelle (ou semi-consonne) + voyelle + consonne + voyellemoisies/ choisies

Au niveau prosodique, l’auteur ne déroge pas concernant la syllabation traditionnelle : humili-y-és, les Pau-vres -z-au bon Dieu, el-les ber-cent, étran-ges pelisses, espè-ces d’enfants, regar-dent parader, des gami-nes z-avec leurs chapeaux déformés, une collecti-y-on de vieil-les à fanons, etc.

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Au niveau du lexique.

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Notons la présence, comme à son habitude, de quelques mots « originaux ». Rimbaud aimait utiliser des néologismes développés à partir du latin, dérivés du français, ou termes de français plus coutumier ou régional (ardennais), parfois de l’anglais du moins dans sa correspondance (emprunts plus propres à Verlaine, mais en adéquation avec le Baudelaire traducteur de Poe, également).

Soit ici : puamment (vers 2) ; orrie (vers 3), avec deux « r », pourquoi ? objets en or – aurum en latin – ou dorures (j’ai cru un moment qu’il s’agissait d’un mot dérivé du latin orare, parler, dire oralement, et prier, faire une oraison – en latin d’église – à rapprocher d’oremus), voir l’ancien-français orien ou orrien : doré ; humant (vers 5) avec le sens de : dégageant comme odeur ? ; oremus vers 8, prions, en latin ; ribote (vers 17), terme populaire, excès de table et/ou de boisson ; fanons (vers 20), ici avec le sens de : peaux pendantes sous la gorge, terme généralement employé pour décrire des animaux, mammifères, oiseaux… ; fringalant (vers 23), « fringaler du nez dans des missels antiques » : rechercher avidement, en ayant la fringale religieuse, des versets par l’odeur ? Puisqu’il est question d’aveugles (mais de vrais ou de faux aveugles?), à rapprocher de « fringant », vif, dansant ? 1

Rimbaud nous dit que les pauvres sont parqués aux coins de l’église ; que leur souffle (nauséabond) attiédit puamment ces endroits, que la maîtrise, ça c’est dirigé contre la religion en général (pour les riches comme pour les pauvres), possède vingt gueules gueulant les cantiques (cantiques pieux, quasi redondance ? pour la rime)2 ; que les pauvres finalement heureux, et pourtant humiliés comme des chiens battus, récitent leurs oremus risibles et têtus. « Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire » je suppose qu’il veut dire : l’odeur du pain dont ils manquent, ne fait que sentir ou dégager l’odeur rancie de la cire passée sur les bois de l’église.

Les seins de ces mangeuses de soupe sont crasseux et à l’air. Ou encore ces femmes donnent l’illusion de prier, mais ne prient jamais réellement. Et plus encore regardent parader mauvaisement des fillettes non pauvres. Alors que tous ces pauvres bavent une foi mendiante et stupide. Sous-entendu, ces pauvres sont aussi, indubitablement des pauvres d’esprit. Y compris pour traîner à l’église. (Comme lui-même d’ailleurs finalement en ce temps-là ?)

Notons que « puamment » n’a rien de bien poétique, pas plus que des chanteurs les « gueules gueulant les cantiques ». Ni ces pauvres femmes « leurs seins crasseux dehors ». Dehors répété d’ailleurs un peu plus bas : « Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote ». On a également droit à deux « loin » : « Loin des maigres mauvais et des méchants pansus » et « Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies ».

.

Au niveau sémantique.

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Je me contenterai ici de donner un résumé au plus près du texte :

« Parqués aux coins d[e l]’église que leur souffle attiédit puamment, aux vingt gueules de la maîtrise gueulant les cantiques, heureux, humiliés, les Pauvres tendent leurs oremus [prions, en latin d’église] risibles et têtus. Les femmes [pauvres] bercent, tordus dans d’étranges pelisses, des espèces d’enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, une prière aux yeux et ne priant jamais, regardent parader mauvaisement un groupe de gamines. Dehors [mais le dedans est-il beaucoup plus chaud ou meilleur ?] le froid, la faim, l’homme en ribote. Et après la messe, les maux sans noms ! Et alentour, geint, nasille, chuchote une [triste] collection de vieilles [pauvres?] à fanons (c’est-à-dire : à peaux qui pendent du cou). [Ajoutons-y les] effarés, [les] épileptiques et [les] aveugles.

Et tous [ces pauvres], bavant la foi mendiante et stupide, maigres mauvais [à l’écart] des méchants pansus, [parmi] des senteurs de viande et d’étoffes moisies. Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants [mais à] l’oraison fleurit d’expressions choisies, [tandis que] les [belles] Dames des quartiers distingués, les malades du foie, font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers. »

Est-il utile de longuement préciser que ce texte est quasiment dans sa totalité insensible au sort des pauvres. Et l’on peut se demander pourquoi il écrit « Pauvres » avec une majuscule, qui à elle seule ne saurait aucunement compenser sa dérision. Et son absence apparente de compassion. Qui plus est, il y a même un degré d’écart dans, disons le mépris pour ne pas dire plus (du genre : abjection), concernant les uns (les riches et parvenus) et les autres (les pauvres ères, être sales et faux, pour ne pas dire fourbes (et lâches?) ; et ne l’oublions pas : crétins ; et au final en partie ou totalement satisfaits de leur sort).

Ceci s’accorde assez bien à « la fille des ouvriers d’à côté, / La petite brutale » des « Poètes de sept ans », et à « mes laiderons » de « Mes petites amoureuses »…

Remarquons cependant les rares passages si l’on peut dire positifs ou sensibles :

– « Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir ! / Elles bercent, … » Mais qui donc, ou quoi donc, finalement ? « Des espèces d’enfants » qui sont « tordus dans d’étranges pelisses », et qui plus est « pleurent à mourir » !

– « C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! »

– « Et l’oraison fleurit d’expressions choisies », mais qui n’est pas sans ironie.

Ajoutons encore que Rimbaud, comme d’autres fois, a un goût marqué pour une forme d’écartèlement expressif (tant sur le fond du propos que sur la forme lexicale).

Aussi, tandis que le souffle puant des pauvres attiédit les coins de l’église, le chœur de cette même église ruisselle de dorures. Tandis que la maîtrise gueule des cantiques, les pauvres tendent au bon Dieu leurs oremus. Tandis que les mangeuses de soupe exhibent leurs seins crasseux, un groupe de gamines parade avec leurs chapeaux. Tandis que les aveugles fringalent du nez dans des missels antiques, tous les pauvres bavent la foi mendiante et stupide. Complainte infinie à Jésus, qui rêve en haut, loin des maigres mauvais et des méchants pansus, et des senteurs de viande et d’étoffes moisies, et alors que s’exprime l’oraison fleurit d’expressions choisies, et les mysticités. Et lorsque enfin, les Dames des quartiers distingués, — ô Jésus ! — les malades du foie font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.

Mêlant trivialité ou vulgarité à mot rare ou expression plus précieuse ; richesse à pauvreté ; le laid et la misère au (prétendu) beau, ou distingué ; le recherché (ironique ?) avec le brut ou non ravigoté. Rappelons que viendra un peu plus tard avec Verlaine des curiosa qui n’apportent rien à la poésie, à l’Art.

Dans une anthologie, j’ai trouvé ce poème inscrit au (court) chapitre : De la misère. J’aurais préféré qu’il soit inscrit au chapitre (d’ailleurs absent) : Du sarcasme et du mépris des pauvres et démunis en tout.

Dur de faire du Beau avec des pensées basses ou la moquerie pour ne pas dire le mépris qui se veut lettré, qui plus est. Ce même mépris que l’on rencontre quelques années plus tard dans ses lettres à son entourage. Mais ces fois-ci mépris pour les indigènes africains. Celui d’un vulgaire négociant et accessoirement marchand d’armes allogène. Qui fut même, quelques années auparavant, un temps mercenaire, avant de déserter.

Curieux pour un ancien partisan de la Commune de Paris, mais finalement pas tant que ça puisque cet esprit, prétendument « rebelle », « de gauche » et « supérieur » 3, n’en finit pas de perdurer de nos jours encore. Comme on le voit si bien et le subit à travers le Monde.

Notes :

* « […] ces mangeuses de soupe […] / Regardent parader mauvaisement un groupe / De gamines avec leurs chapeaux déformés ». On ne sait trop s’il faut rattacher « avec leurs chapeaux déformés » à « gamines », comme j’aurais tendance à le penser, ou à « mangeuses de soupe » ; dans ce second cas, il aurait sans doute été ajoutée une virgule entre « gamines » et « avec ».

** Rimbaud aurait peut-être pu trouver plus marqué ou moins neutre que « et puis ». Par exemple : « Dehors, le froid, la faim, surtout l’homme en ribote ».  Ou : « de plus »…

1 – Ou encore de « ragalant ». Ragaler / ringaler est un mot de gallo qui signifie : mettre en désordre, remuer en tous sens, ou sans raison.

2 – Comme on a plus bas « des bancs lisses » pour rimer avec « pelisses ».

3 – Il faudrait mieux dire : provocateur, volontiers agressif, voire bagarreur, invivable il fut, jusqu’à ses derniers jours. J’en reparlerai. Accessoirement « libéré », c’est « le dérèglement de tous les sens », moins dans un quelconque aspect poétique que trivial et décadent sans majuscule. Pour épater le bourgeois ou l’homme de la rue. Y compris sexuellement : il ne déparerait sans doute pas de nos jours parmi les LGBT-XYZ, c’est peut-être pour ça uniquement qu’il plaît chez certains. Et qu’il fut aussi apparemment méprisé au sein du milieu des Communards expatriés à Londres, quand il fit la paire avec Verlaine. Verlaine qui finit par le lâcher comme on le sait. En quête de respectabilité, Rimbaud est mort alors qu’il espérait fonder une famille, mais apparemment pas avec une Noire, alors même qu’il était en ménage, semble-t-il, avec une Africaine. Voilà aussi le personnage.

FAISCEAUX DE CONVERGENCE

C’est André Gide (1869 – 1951) qui écrivit dans son Journal, en 1945 :

« Les « bien-pensants » seuls auront droit à l’expression de leur pensée. Quant aux autres, qu’ils se taisent, ou sinon… c’est sans doute grâce à un totalitarisme anti-nazi que l’on pourra triompher du nazisme ; mais demain c’est contre ce nouveau conformisme qu’il importera de lutter.»

C’est Maurice Bardèche (1907-1998) et quelques autres, dans les années d’après-guerre, qui très lucidement dirent quelque chose comme : « l’antifasciste d’aujourd’hui sera le fasciste de demain ». Ou si l’on préfère : « « l’antifasciste » d’aujourd’hui sera « le fascisme » de demain ». « Aujourd’hui » : disons les années cinquante. « Demain » : on y est à plein, surtout depuis ces derniers temps.

Ce qui est devenu vraiment manifeste, pour nous Français, avec le rejet par l’essentiel de la caste politicarde – gauche, droite et centre confondus – du referendum de 2005 ; puis avec l’arrivée à la tête de l’État du traître à la patrie, parachevé par l’épisode totalitaire covidiste, et tout le reste qui perdure encore. Mais pour combien de temps ?!

Un quatrième de couverture d’un ouvrage de Bardèche qui traîne sur Internet, résume assez bien l’état contemporain des lieux :

« Chacun croit savoir ce qu’est le fascisme et ce qu’est un fasciste. Ces mots font partie des injures les plus usitées mais également les plus dévoyées: le fasciste serait cet être brutal, imbu de sa propre supériorité, prêt à tous les moyens de l’oppression – torture, délation, emprisonnement arbitraire – que nous décrit l’imaginaire collectif ; le fascisme serait le maintien, au besoin par la force et la coercition, de la domination du capital sur le travail, voire de l’homme blanc sur le reste du monde ».

Propos tenus « par ceux-là mêmes qui ont réussi à imposer le capitalisme triomphant en vendant aux peuples la «société des loisirs» […] tout en les enfermant dans le chômage de masse, […], la violence sous tous ses aspects et la surveillance généralisée permise par les nouvelles technologies ».

Je dirais bien que « les plus beaux » exemples de ce « fascisme anti-fasciste » se situent actuellement dans ce qui reste de la civilisation occidentale et dans des contrées comme l’Ukraine, la Palestine, la Syrie.

De ce « néo-fascisme » mondialiste qui emprisonne ou tue au nom des droits de la personne humaine, prêche le progrès, mais avant tout respecte les milliards en argent qui ne sont pourtant que du vent ; et alors donc que les banques sont avec lui.

Et dans cette volonté obstinée d’unifier politiquement, économiquement, culturellement, idéologiquement, l’Europe ; tout en détruisant ses États-Nations pour « le plus grand bien » du Capital.

Volonté qui, quand on y pense, a déjà accouché de deux guerres mondiales. Et qui de nos jours se conjugue à nouveau (pour ne pas dire continuellement) en bellicisme et corruption généralisée, et maintenant aussi en wokisme et transgenrisme de la dégénérescence, ou pour le dire autrement en « mondialo-socialisme ». Dont le « socialisme », par rapport à ce qu’il devrait être – si les mots ont encore un sens – est du même tonneau avarié que, par exemple, le bolchevisme de la société dite « soviétique » par rapport à ce qu’aurait pu être le communisme s’il s’était affranchi du capitalisme d’État bureaucratique et totalitaire.

C’est Pier Paolo Pasolini (1922 – 1975), qui dans des articles parus entre 1973 et 1975, et publiés en livre post mortem en 1976, sous le titre d’Écrits Corsaires (Scritti corsari), écrivit :

« Pour se protéger, la bourgeoisie inventera un antifascisme contre un fascisme qui n’existe plus. »

« Il existe aujourd’hui une forme d’antifascisme archéologique qui est en somme un bon prétexte pour se décerner un brevet d’antifascisme réel. Il s’agit d’un antifascisme facile, qui a pour objet et objectif un fascisme archaïque qui n’existe plus et qui n’existera plus jamais. […] Voilà pourquoi une bonne partie de l’antifascisme d’aujourd’hui ou, du moins, de ce que l’on appelle antifascisme, est soit naïf et stupide, soit « prétextuel » et de mauvaise foi ; en effet, il combat, ou fait semblant de combattre, un phénomène mort et enterré, archéologique, qui ne peut plus faire peur à personne. C’est, en somme, un antifascisme de tout confort et de tout repos. »

« Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé «la société de consommation», définition qui paraît inoffensive et purement indicative. Il n’en est rien. »

« Il ne s’agit plus, comme à l’époque mussolinienne, d’un enrégimentement superficiel, scénographique, mais d’un enrégimentement réel, qui a volé et changé leur âme. Ce qui signifie, en définitive, que cette «civilisation de consommation» est une civilisation dictatoriale. En somme, si le mot de « fascisme » signifie violence du pouvoir, la « société de consommation » a bien réalisé le fascisme. »

« Le fascisme, je tiens à le répéter, n’a pas même, au fond, été capable d’égratigner l’âme du peuple italien, tandis que le nouveau fascisme, grâce aux nouveaux moyens de communication et d’information (surtout, justement, la télévision), l’a non seulement égratignée, mais encore lacérée, violée, souillée à jamais »

On trouve également dans ses Lettres luthériennes, petit traité pédagogique, série d’articles  publiés dans Il Corriere della sera en 1975, puis publiée l’année suivante, cette phrase synthétique : « Le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle anti-fascisme ».

Ici, j’ai l’air de m’écarter un peu du sujet, mais je voudrais évoquer le fait que Pasolini, en 1963 s’était rendu en Palestine à la recherche d’un décor pour tourner son film de 1964 : Il vangelo secondo Matteo, dont le titre en français est : l’Évangile selon saint Matthieu, dans l’espoir de trouver des lieux qui rappelleraient le monde du temps de Jésus.

Il reviendra finalement déçu. Certes, les villages archaïques et misérables du monde arabe et leur mode de vie frugal ne déparaient pas, par contre tout ce qui était sioniste, y compris dans Jérusalem, était trop occidentalisé et industrialisé pour être utilisé dans le film. Il visitera Jérusalem et Bethléem en particulier. Et finalement il se trouvera également incapable de trouver des figurants, parmi les sionistes dont la plupart n’ont rien de sémites, ni même parmi les Palestiniens, mais là j’ignore pour quelle raison.

Cette visite improductive (il tournera finalement son film dans le Sud de l’Italie, avec je ne sais quels figurants) donna lieu à un documentaire : Sopralluoghi in Palestina per Il vangelo secondo Matteo, Repérages en Palestine pour L’Évangile selon saint Matthieu, film qui est sorti en 1965. En un temps où il eut affaire à la Justice à propos de religion ou de mœurs, à cause du fait que le catholicisme était encore la religion d’État (cf. Accords du Latran) et que ses films ne plaisaient pas à la bourgeoisie compassée d’alors. Religion d’État, état qui sera aboli vers le milieu des années quatre-vingt par un nouvel et laborieux accord avec le Vatican.

Petite Iconoclastie.

Ce qui m’amuse lorsque certains évoquent Rimbaud en tant que poète est qu’on en fait un moderniste à tous crins. Or dans certains domaines, il n’a pas, ou peu dérogé. Par exemple, dans celui des oppositions, des alternances entre rimes masculines et rimes féminines, ce qui est sans doute ce que l’on remarque le moins. (Ce qui est présent dans le poème que l’on évoque à suivre)

Tandis que, dans le domaine de ce que l’on remarque le plus, on pourrait évoquer ses rimes souvent communes ou discutables, pour ne pas dire pauvres ou absentes. Ou de chevilles, avec ses nombreux enjambements, rejets, contre-rejets.

Je parle ici de ses vers présentés comme réguliers, non de ses textes les plus tardifs (si l’on peut parler de tardement (sic, cf. Littré) pour quelqu’un mort à la poésie si précocement) sans trop de rimes, ou en prose. Qui ne relèvent plus de la poésie en vers, mais au mieux de la prose poétique.

Prenons un exemple, du recueil de Douai, 1870 : Les Effarés

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
Leurs culs en rond

A genoux, cinq petits, -misère!-
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond…

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l’enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.

Et quand, pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain,

Quand, sous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,

Quand ce trou chaud souffle la vie;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits pleins de givre,
-Qu’ils sont là, tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,

Mais bien bas, -comme une prière…
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,

-Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
-Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…

Je ne développe pas l’analyse de ce poème.

Mais je note seulement que certaines rimes sont insuffisantes : rond/blond, sein/pain ; que « sonne » ne rime pas avec « jaune », ni « tous » (touss) avec « trous ». Ce qui la fiche mal quand, par ailleurs, on rencontre des rimes riches comme : tourne/enfourne, enfumées/parfumées, la vie /ravie, vivre/givre, culotte/tremblotte, voire : prière/lumière.

Ou encore que l’on trouve trois fois le mot « quand ». Et trois fois le mot « trou », mot banal s’il en est, pour ne pas dire trivial ; surtout sous les formes de : trou clair, trou chaud, les trous. Ajoutons-y : culs, culotte et lange. Mais l’on retrouve ici, si je puis dire, ce goût (infantile ?) d’une certaine vulgarité propre à Arthur.

Iconoclaste, voici ce que j’en ai fait de son poème, parmi diverses variantes possibles :

Dans la brume et neige en volume,
Au soupirail bas qui s’allume
Sans nul flonflon,

À genoux cinq petits – misère !
Épient qui a pétri – mystère !
Le lourd pain blond.

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et puis l’enfourne
Donnant, donnant.

Ils écoutent le bon pain cuire
Et le boulanger le produire
En fredonnant.

Ils sont blottis, pas un ne bouge
Du soupirail au souffle rouge
Chaud comme un sein.

Lors, bien après que minuit sonne,
Et qu’il pétille et se façonne,
Sort le pain sain. *

Dessous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Loin des graillons,

Cet antre chaud souffle la vie :
Eux ont leur âme si ravie,
Dans leurs haillons,

Que le spectacle les enivre,
Les pauvres petits pleins de givre
Trop engourdis,

Collant leurs petits museaux roses,
Oubliant aux treillis moroses
Les froids ourdis,

Tant murmurant telle prière,
Accrochés à cette lumière
De ciel rouvert,

Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…

*Ou : pain saint.