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L’essentiel de la dernière en date lettre hebdomadaire de Florian Philippot

Une déflagration : c’est bien ce que provoque le calamiteux accord commercial États-Unis/UE signé par Ursula Von der Leyen ! En Allemagne, en Italie, en Irlande, notamment, les appels à sortir de l’Union européenne se multiplient depuis cette démonstration grandeur nature que l’UE est une catastrophe pour notre industrie, notre agriculture, l’énergie,… En France la prise de conscience est là, en témoigne notre pétition nationale pour le Frexit lancée dans la foulée de cet accord : elle bat tous les records.

En outre, l’édition 2025 des Assises de la Souveraineté d’Arras le 13/09 s’annonce ultra prometteuse : pensez à vous inscrire ! Les Patriotes se battent pour une France libérée de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, de l’OMS, de tout ce qui détruit notre pays, notre liberté, notre santé, notre prospérité, notre sécurité, notre identité, la paix, l’avenir. Au moment où nombre de Français se rallient à cette cause, à cet espoir énorme, nous intensifions le combat!

Et d’ailleurs la macronie le voit et nous attaque ! En quelques jours à peine, j’ai été publiquement invectivé sur les réseaux sociaux par la présidente de l’Assemblée Nationale Yaël Braun-Pivet car je demande le respect du peuple souverain, puis par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard car je défends nos agriculteurs, dont les troupeaux sont honteusement abattus afin de laisser la place aux produits étrangers (Mercosur, etc.) et aux viandes de synthèse de Bill Gates.

Que le Système l’entende bien : c’est sans effet sur moi, je ne me tairai pas, on ne se taira pas, bien au contraire ! Les Patriotes sont un grand mouvement de libération nationale, anti-oligarchique, dans le rassemblement et l’action concrète. Et cela vaut aussi face à leur projet de vaccination grippe-covid obligatoire : nous organiserons la désobéissance collective s’il le faut ! Surtout au moment où Kennedy Jr vient de bannir l’ARNm. On ne lâchera rien, avec vous, ensemble !

Nous avons jeté un pavé dans la mare cette semaine en posant cette question pas anecdotique du tout : qui paie les extravagantes actions judiciaires du couple Macron dans « l’affaire Brigitte », en France et aux États-Unis où le cabinet d’avocats choisi pratique des tarifs exorbitants ? Le couple sur ses deniers personnels, ou nous, les contribuables ? À votre avis… On lance le sujet car dans le même temps les mêmes, avec Bayrou, exigent des Français qu’ils « se serrent la ceinture » comme jamais. On ne se laissera pas faire !

Notre combat de libération unit toutes les générations car il parle un langage clair, celui de la liberté, la vérité, la paix, l’amour du pays ! Bienvenue à tous dans le combat !

Du Front National à La Victoire, en passant par toute la « presse libre » : bombe atomique, source de bienfaits, extraordinaire découverte, révolution cosmique dont les premiers principes ont été trouvés en France ?

Article d’Olivier Mathieu publié le 2/8/2025 sur leblogdunbonarien

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Nous sommes le 8 / 8 / 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich. En France, où la presse clame avoir retrouvé sa liberté, le journal « L’Epoque » titre (ici, en première page): « Bombe atomique, révolution cosmique ». Journal L’Epoque, première page, mercredi 8 août 1945.

Nous sommes ici le 9 / 8 / 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich. En France, où la presse clame avoir retrouvé sa liberté, le journal « Le Franc-Tireur » (sous-titre: « A l’avant-garde de la République »), journal gaulliste orné à la « une » par une croix de Lorraine, titre (en première page): « Plus rien de vivant à Hiroshima ». Journal Le Franc-Tireur, première page, jeudi 9 août 1945.

Les deux sous-marins que Trump a (ou aurait) envoyés « dans des zones appropriées » ne représentent pas, en vérité, une menace particulière ou nouvelle pour la sécurité de la Russie. Il est extrêmement rare que les forces armées américaines parlent du déploiement et de la position de leurs sous-marins, chose bien compréhensible étant donné leur mission de dissuasion nucléaire. Les propos de Trump représentent donc une « montée en puissance rhétorique » contre Moscou, mais pas forcément militaire, puisque les États-Unis ont en permanence des sous-marins nucléaires susceptibles de frapper la Russie. D’ailleurs, toute la flotte sous-marine américaine est à propulsion nucléaire, donc tous les sous-marins américains sont nucléaires, y compris s’ils ne sont pas tous capables de lancer des missiles nucléaires.

Première page du journal « Front National » (7/8/1945), suite au refus opposé par le Japon à l’ultimatum américain. Journal Front National, première page, mardi 7 août 1945.
C’est une évidence qui a été soulignée, par exemple, par l’ancien général de l’armée de l’air et actuel vice-président de la Douma, Leonid Ivlev. Ce dernier a ajouté, à juste titre, que la Russie est pleinement consciente de telles manœuvres militaires américaines. Viktor Vodolatsky, député du parlement russe, a quant à lui qualifié d’inutile toute tentative d’intimidation à l’égard la Russie, et a souligné l’importance de la flotte de sous-marins nucléaires russes.

Nous sommes le 8 / 8 / 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich. En France, où la presse clame avoir retrouvé sa liberté, y compris dans les titres des journaux (ici, le « Midi Libre », journal gaulliste orné d’une croix de Lorraine), le journal « Le Midi Libre » titre (ici, en première page): « La bombe atomique, instrument de guerre, sera peut-être une source de bienfaits ». Journal Midi Libre, première page, mercredi 8 août 1945.

Il n’est pas clair où les sous-marins (probablement de classe Ohio, avec 24 missiles balistiques intercontinentaux Trident II 5) seraient « envoyés ». La plupart des Américains ont des connaissances tellement élémentaires de la géographie en général, et de la géographie européenne en particulier, que Trump, quand il parle de ce genre de choses, ne sait probablement pas de quoi il cause. Rappelons que le premier jour de sa deuxième présidence, Trump a confondu l’Espagne avec un pays des BRICS (Chine, Russie, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie,Iran, Émirats arabes unis et Indonésie) et que rien n’indique que Trump sache indiquer l’Espagne sur une mappemonde. Espérons au moins pour lui qu’il sache où est l’Ohio.

Dans ces jours de 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich, les villes d’Hiroshima et Nagasaki sont atomiquement bombardées. En France, dans la presse de 1945, les journalistes évoquent « la bombe atomique, une révolution » et Louis de Broglie parle de cette « extraordinaire découverte ». Les Canadiens, eux, annoncent que, suite à la première bombe atomique sur le Japon, ils participeront à l’invasion de ce pays. Première page de la Dépêche de Paris, 8/8/1945. La deuxième bombe atomique – cette extraordinaire découverte? – tombera le lendemain sur le Japon.

Trump, répétons-le, parle de sous-marins envoyés dans des « régions appropriées », ce qui n’a aucun sens. Viktor Vodolatsky a en outre noté qu’aucune réponse officielle n’était nécessaire car, a-t-il dit, « tout le monde sait » que Trump change d’avis comme de chemise. Les actions de Trump sont « stupides et irresponsables », a dit le politologue Sergei Markov, accusant le président des États-Unis d’avoir perdu le sens des réalités.

Dans ces jours de 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich, et tandis que les villes d’Hiroshima et Nagasaki sont atomiquement bombardées, en France, dans la grande presse de 1945, les journalistes évoquent ici le « moyen », trouvé par les « Alliés », de « libérer » l’énergie atomique. Ici: première page du « Midi Libre », 7/8/1945.

Très intéressante, cependant, l’opinion d’un expert militaire russe, Yuri Fyodorov, qui a noté ce qui suit: « Si les sous-marins étaient placés près de Chypre, leurs missiles nucléaires pourraient atteindre la Russie centrale en seulement 10 minutes ». En effet, rien ne dit que les sous-marins nucléaires se trouvent forcément dans les mers septentrionales. L’un des deux pourrait en effet se trouver dans la Méditerranée (ou dans l’une de ses subdivisions), plus difficilement dans la mer Noire. La mission classique des sous-marins de ce type est de se cacher au plus profond des océans, en attendant un éventuel ordre de mise à feu de ses missiles nucléaires. Il n’y a donc aucune raison de les « envoyer » où que ce soit. Ils sont déjà aux aguets.

Quelques mois après Hiroshima et Nagasaki, en France le journal « La Victoire » constate, à la « une » (novembre 1945) que Truman (USA) et Attlee (Angleterre) se mettent d’accord sur le problème atomique.

A la « une » du journal L’Humanité (10-11 / 8 / 1945), quelques jours après Hiroshima et Nagasaki, Frédéric Joliot-Curie explique aux lecteurs que c’est en France que les « premiers principes de réalisation ont été trouvés ».

La Russie aurait alors dix minutes – dix très courtes minutes – pour activer d’éventuelles défenses ou pour donner l’ordre à des systèmes semi-automatiques ou automatiques (la « main morte ») de répondre à l’attaque subie.

Dans le journal « LE POPULAIRE » du 8/8/1945 (directeur politique: Léon Blum, organe du parti SFIO), à la une, « atomique » est mis entre guillemets et la bombe de ce nom est définie comme une « révolution scientifique ».

L’ AVENIR NATIONAL (9-10-1945), à la « une », quelques mois après les bombes atomiques américaines sur Hiroshima et Nagasaki.

IRRÉGULIER SONNET.

Entendre le silence,
Voir l’invisible et l’indicible
Quand chaque mot se lance
Entrechoquant notre écritoire.

L’or bleu, l’eau, l’ombre aimante,
Chacun – perdu – cherche sa cible
Lorsqu’un remords aimante
Un souvenir rédhibitoire.

Toute impression subtile
Sert tant de sursauts éphémères
Aux restes polymères.

Qu’est-ce alors que ce style :
Tempérament, un vieux remède,
La réclame qui m’aide ?

le 31 juillet.

Livres de Jean-Pierre Fleury

UNE PARTIE DE MES LIVRES EST DISPONIBLE, EN VENTE SUR CE SITE :

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Voir également :

L’essentiel de la dernière lettre de Florian Philippot

L’accord commercial de lundi entre les États-Unis et l’Union européenne provoque un électrochoc chez les Français ! Chacun peut voir le fiasco européiste : 15% de droits de douane mais 0% dans l’autre sens, obligation d’acheter des masses de pétrole, de gaz et d’armes aux États-Unis, etc.

Fiasco d’autant plus criant que le Royaume-Uni, redevenu indépendant grâce au Brexit, vient de conclure un accord bien plus favorable…C’est parfaitement logique : un pays connaît ses intérêts, ce qui le rend beaucoup plus fort dans les négociations qu’un gros machin comme l’UE, constitué de 27 pays aux intérêts divergents, et corrompu par les lobbys…

La France souveraine, libre, défendra bien plus efficacement son commerce, son industrie, son agriculture ! Tous les mensonges européistes tombent sous nos yeux : « l’Europe nous rend plus forts », « l’Europe c’est la paix », etc. Plus que jamais, Les Patriotes se battent pour le Frexit : sortons de l’UE ! Cette affaire nous donne 100 fois raison. Ce combat sera au cœur des Assises d’Arras le 13/09. Nous ne lâcherons rien !

Il y a dans l’air un parfum de rébellion face à ces mensonges ! Cette semaine, et c’est un record absolu, on a franchi le cap des 250 000 signatures pour la pétition nationale contre la vaccination obligatoire grippe-covid, projet inadmissible. Une marée humaine se lève ! Chacun comprend mieux pourquoi, en début d’année, Ursula Von der Leyen a acheté des centaines de millions de nouvelles doses… Et chacun est révolté car, dans le même temps, le gouvernement Bayrou veut moins bien rembourser les cancers et faire 5,5 milliards d’euros d’économie sur le dos des malades…Ces projets honteux doivent tomber : on se bat. La vaccination obligatoire ne passera pas : la résistance est là, et Les Patriotes organiseront avec vous la désobéissance collective s’il le faut ! Je sais que je peux compter sur chacun d’entre vous. 

Soutien total aux paysans français victimes en ce moment même d’abattages massifs de leurs troupeaux, dans le but non avoué de « laisser la place » aux produits venus du Mercosur et aux « viandes de synthèse » sorties des laboratoires de Bill Gates. L’horreur mondialiste ! Un vrai motif d’optimisme néanmoins : la filière « insectes et larves pour l’alimentation humaine » s’est effondrée en France, faute de demande. La preuve que la résistance, ça marche ! Les Patriotes se battent : nous allons remettre, ensemble, notre pays à l’endroit ! Libérer la France éternelle et la sauver !

On vit un moment historique : seules les convictions sincères feront gagner la paix, la liberté, la vérité, la France ! Elles nous animent ! Bienvenue à tous dans le combat !

114 avocats portent plainte à la CPI contre le gouvernement pour «complicité du génocide en cours à Gaza»

RT en français du 29 juillet 2025

Dans une requête au procureur de la Cour pénale internationale, des avocats français ont signé un document argumenté à charge de 56 pages contre Emmanuel Macron, François Bayrou, et plusieurs ministres et députés, qu’ils accusent de complicité de « génocide » dans l’enclave de Gaza.

S’appuyant sur la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, 114 avocats ont déposé, au nom de l’association « Pour la justice au Proche-Orient », une requête adressée au procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Le document de 56 pages, partagé par le site d’information Blast dans la journée du 28 juillet, met en cause le président français Emmanuel Macron, son chef du gouvernement François Bayrou, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le ministre des Armées Sébastien Lecornu, ainsi que les 19 députés de la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale.

L’objet de cette saisine est de présenter « un choix de déclarations et d’actions des membres de l’exécutif français » qui pourraient être qualifiées « de complicité par voie d’aide et d’encouragement dans les crimes commis par les forces de défense israéliennes contre des civils palestiniens au sein du Territoire palestinien occupé ».

La liste des accusés risque de s’allonger

Les avocats plaignants affirment « démontrer » dans leur saisine « un rôle déterminant dans l’apport d’un soutien à Israël sous diverses formes ; et que cet appui a eu un effet substantiel sur la perpétration des crimes en question » de la part d’Emmanuel Macron et de l’exécutif français, plus généralement.

Ils pointent aussi la fait que le gouvernement avait connaissance de leur participation aux crimes israéliens et que cette « connaissance des conséquences de leurs actes ou de leur conduite établit la mens rea [signifiant esprit coupable en latin, c’est un élément essentiel d’une infraction pénale, représentant l’état d’esprit du criminel] au moment du crime requise pour la responsabilité personnelle en cas de complicité par aide et/ou encouragement ».

Après avoir énuméré les rôles présumés des membres du gouvernement et des députés de la commission des affaires européennes dans ce qu’il qualifie de facilitation du génocide à Gaza, les auteurs de la plainte n’excluent pas une « saisine ultérieure concernant d’autres ministres, élus du Parlement, voire des élus locaux (maires, présidents de départements, etc.), dirigeants de médias publics ou privés, dirigeants de groupes de lobbying déclarés ou non déclarés, et dirigeants d’associations ayant justifié, encouragé ou prêté assistance à la commission des crimes dans le Territoire palestinien occupé par l’armée israélienne ».

Le lobby pro-israélien Elnet dans le collimateur des avocats

Considéré comme un acteur majeur de la propagande et de la désinformation au profit du gouvernement de Benjamin Netanyahou, le lobby pro-israélien Elnet est pointé pour ses attaques contre la Cour pénale internationale, le jour même où elle a délivré un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien et son ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, le 21 novembre 2024. Le même organisme s’en était aussi pris au secrétaire général des Nations unies lors d’un rassemblement où le ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau, et le ministre français des Outres-Mers, Manuel Valls, étaient présents. Le lobby est accusé d’être un instrument de l’État israélien pour influencer directement le sommet de l’exécutif français.

DÉCLARATION DE B’TSELEM, UNE ONG ISRAÉLIENNE

Le texte qui suit (en traduction) est une déclaration de B’TSELEM, une organisation des droits humains israélienne. Comme le dit (Régis de Castelnau) : « L’honneur des israéliens, mais si minoritaires, si isolés, poussés au désespoir. Car ils savent bien que c’est trop tard. Que le crime est consommé. Que rien ne sera accepté, rien ne sera pardonné, rien ne sera oublié. Jamais. La « légitimité » d’Israël est anéantie. Il ne restera à ces « justes » là, que le chagrin. »

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NOTRE GÉNOCIDE.

Israël commet un génocide à Gaza. Ça paraît inconcevable. Mais c’est la vérité.

Israël mène une action délibérée et coordonnée pour détruire les Palestiniens de la bande de Gaza.

Les déclarations explicites des responsables israéliens, combinées à une politique constante d’attaques destructrices et autres pratiques d’annihilation, prouvent sans l’ombre d’un doute que la cible d’Israël est l’ensemble de la population de Gaza.

Des villes entières rasées ; des infrastructures médicales, éducatives, religieuses et culturelles systématiquement détruites ; deux millions de Palestiniens déplacés de force dans le but de les expulser de Gaza ; et, bien sûr, une famine et des massacres de masse : tout cela constitue une tentative explicite de détruire la population de Gaza et d’imposer des conditions de vie si catastrophiques que la société palestinienne ne peut plus y survivre.

C’est la définition exacte du génocide.

Le rapport que nous publions aujourd’hui est un avertissement : l’idéologie qui anime le régime israélien ne se limite pas à Gaza. [Le rapport “Our Genocide.” https://btselem.org/publications/2 ]

Le même régime, la même armée, les mêmes dirigeants et les mêmes commandants mettent en œuvre des pratiques extrêmement violentes contre les Palestiniens en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et en Israël. Nous constatons déjà que les pratiques israéliennes à Gaza se propagent à d’autres régions – à une échelle différente, mais guidées par la même logique. En Cisjordanie, cela prend la forme de frappes aériennes, de démolition de camps de réfugiés, d’expulsions massives et de destruction délibérée de l’économie et de la société palestiniennes.

Aucun Palestinien vivant sous le régime génocidaire israélien n’est en sécurité.

Rien ne justifie le génocide – ni la « légitime défense », ni la « sécurité », ni les actes odieux commis par le Hamas le 7 octobre 2023, qui ont suscité une profonde peur existentielle chez les Israéliens.

La communauté internationale a non seulement failli à son devoir de mettre fin aux atrocités, mais les dirigeants occidentaux, en particulier les États-Unis et l’Europe, en portent également la responsabilité en apportant un soutien qui permet à Israël de commettre ses actes de destruction. Il est du devoir de la communauté internationale de mettre fin au génocide perpétré par Israël à Gaza.

Sur les réseaux sociaux, nous voyons des images de personnes ensevelies sous des bâtiments bombardés, de camps de personnes déplacées en feu, d’enfants affamés, de personnes manquant désespérément d’eau, et d’hôpitaux incapables de soigner les blessés et les malades.

En tant qu’organisation de défense des droits humains, il est de notre devoir et de notre responsabilité de dire la vérité :

un génocide est en cours, ici et maintenant.

C’est notre génocide, et nous devons y mettre fin. 

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Source : https://x.com/btselem/status/1949787167628382251

Hergé et le « Tintinel » de Jean-Pierre Fleury

Article d’Olivier Mathieu déjà paru le 21 juin 2025 sur leblogdunbonarien.

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Dans plusieurs de mes romans, tout comme dans mes mémoires, j’ai évoqué mes souvenirs de Hergé et notamment nos rencontres à Bruxelles, dès 1969, puis les années suivantes aux Grandes Terres de Marly-le-Roi.

Voici un petit échantillon de lettres.

Visite à Bruxelles (1969) ; notre correspondance avait commencé en 1967.

Une carte de Hergé pour moi (années 1970)

Une lettre de Hergé à moi

Voeux de Hergé (années 1970)

Pour mon anniversaire (14 octobre)

Lettre de Hergé (1970)

Je renvoie donc mes lecteurs à mes ouvrages sur papier, quand ils sont encore disponibles (quand ils sont épuisés, ils sont parfois disponibles sous forme de PDF).

Il y a quelques années, Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université, a publié l’un de ses meilleurs livres, un ouvrage consacré à « Tintinel » et dont je conseille vivement la lecture.

Le livre de Jean-Pierre Fleury est disponible, sur papier, pour tous ceux qui souhaitent l’acquérir: soit parce qu’ils s’intéressent à Hergé, soit parce qu’ils s’intéressent à Tintin, soit encore parce qu’ils s’intéressent aux souvenirs que le dessinateur (ami de ma grand-mère et de ma mère depuis des dizaines d’années) m’a laissés.

Pour acquérir le « Tintinel » de Jean-Pierre Fleury, cliquez sur : vinted.fr/items/4982450232-tintin-herge-jean-pierre-fleury-melanges-tintinel-etude-sur-tintin?msockid=32a88e22ad9a639624889830ac0a622c

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LA RÉ-ÉDUCATION D’ERNEST GILLES À L’ABC DÉMOCRATIQUE DU BIEN CONTRE LE MAL

Article d’Olivier Mathieu, du 27/07/2025

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Un document absolument historique.

Article paru dans le magazine YANK, juillet 1945, magazine officiel des GI et de l’armée américaine pendant la seconde guerre mondiale. Article signé par l’un de ses meilleurs journalistes.

Voici quelques-unes des plus belles couvertures du magazine Yank, journal officiel de l’armée américaine, « écrit par des GI pour des GI », et représentant par conséquent, sur ses couvertures ainsi que dans les pages du magazine, la vie, les attitudes, l’esprit, le sens esthétique et la vision du monde des GI.

Une couverture du magazine Yank, magazine officiel de l’armée américaine, écrit par des GI pour les GI
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Voici un article paru dans Yank.

Je cite, mot à mot, intégralement, ce passionnant article. Avant de le traduire. Et de le commenter (ou de commencer à le commenter). L’auteur, Debs Myers, ici indiqué comme Pfc. (Private First Class), était un important journaliste américain (décédé en 1971). Et son article est paru dans le magazine Yank, le magazine officiel de l’armée américaine (ici, en juillet 1945, donc deux mois après la chute du Troisième Reich et quelques jours avant Hiroshima et Nagazaki).
Premier paragraphe.

Traduction de ce premier paragraphe. L’enseignement du Bien et du Mal.

Ceux des abonnés de ce blog, qui connaissent mieux l’anglais que moi, peuvent me corriger en cas d’erreur:

« AIX-LA-CHAPELLE ALLEMAGNE – La rééducation de l’Allemagne a commencé à Aix-la-Chapelle. Des garçons et des filles, qui n’ont connu d’autre dirigeant qu’Hitler, pas de loi sauf la loi nazie, sortent des caves et des rues détruites pour entendre l’étrange nouvel enseignement que les Allemands ne sont pas nés pour gouverner le monde.
Cette ville historique à la frontière belge est la première dans laquelle l’autorisation des Alliés a été donnée de rouvrir les écoles. Par cette décision Aix-la-Chapelle devient un laboratoire qui aidera à façonner la nouvelle Allemagne issue des ruines héritées de Hitler. La guerre des bombes et des balles qui faisaient rage si violemment sur la première ville allemande capturée par les Américains a cédé la place à une nouvelle guerre des idées.
L’effort pour dénazifier les jeunes Allemands est une expérience que le monde entier observera. Les principes qui feront leurs preuves à Aix-la-Chapelle seront appliqués à d’autres régions d’Allemagne.
Des enfants qui ont été gavés à la cuillère, par la propagande en chemise brune, de la supériorité allemande, vont apprendre pour la première fois qu’ils ont de la chance, dans ces circonstances, d’avoir une part quelconque dans le monde, sans le diriger.
On va leur enseigner, de la manière la plus simple, les concepts démocratiques du bien et du mal». 

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Mon commentaire du premier paragraphe.
Le terme de ré-éducation, qui sert aussi de titre général à cet article, est absolument fondamental. L’auteur expose donc que des enfants de moins de 12 ans n’avaient encore jamais connu d’autre dirigeant, dans leur pays, qu’Adolf Hitler. Ce qui est d’ailleurs non seulement exact mais aussi plus que logique, puisqu’Adolf Hitler aura conservé le pouvoir pendant douze ans, dit-on souvent. En vérité, moins.
Ainsi, tout pareillement, les enfants américains de 12 ans, eux aussi, en 1945, n’avaient connu d’autre président que Roosevelt (qui est resté au pouvoir 12 ans, 1 mois et 8 jours). Roosevelt a été au pouvoir davantage que Hitler (10 ans, 8 mois et 28 jours).
L’auteur explique – dans le magazine officiel de l’armée américaine – que la première ville allemande capturée par les Américains sous « la guerre des bombes » (les bombes anglo-américaines) devenait le laboratoire d’une nouvelle pédagogie destinée à enseigner à ces enfants (s’ils ne les avaient pas déjà compris, sortant de « caves et de rues détruites ») les « concepts démocratiques du bien et du mal ».
Je comprends d’autant mieux, pour ma part, cette image de « caves et de rues détruites » que ma propre mère, à cette époque, se rendit un jour dans la cave de la maison paternelle et, en en sortant, trouva ladite maison rasée au sol.
Mais passons au deuxième paragraphe.

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Deuxième paragraphe.

Traduction du deuxième paragraphe.

« Aujourd’hui, les gens entendent pour la première fois les véritables raisons de la misère qui s’est emparée de l’Allemagne. Les enfants écoutent en silence. Il n’y a aucun moyen de savoir dans quelle mesure ils croient à cette nouvelle doctrine surprenante. Ces garçons et ces filles, portant de nouveaux livres, choisissent de se frayer un chemin à travers les décombres, jusqu’à leurs écoles, après avoir vu en quelques mois leurs maisons, leurs villes et leur gouvernement tomber en ruines. Ils ont vu passer la population d’Aix-la-Chapelle de 165 000 à 19 000 habitants. Ils semblent accepter que tout est éphémère. C’est ici, dans l’ancienne Aix-la-Chapelle, là où se trouvent les ossements de l’empereur Charlemagne, mort il y a plus plus de 1 000 ans, que Hitler est venu en 1932, avec des promesses fanfaronnes au sujet d’un nouvel empire allemand.
Hitler a dit: « Donnez-moi cinq ans et vous ne reconnaîtrez pas l’Allemagne ».

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Commentaire du deuxième paragraphe. Entre Colloque Lippmann et MK-Ultra.
Fort intéressante, dans ce deuxième paragraphe, la mention du fait que les enfants écoutent en silence (en général, supposé-je, les enfants dans les écoles écoutent ce qu’on leur dit en gardant le silence). Je ne suis jamais allé à l’école mais je suppose qu’aller à l’école en traversant une ville en ruines, notamment quand on a moins de douze ans, une ville passée en quelques années de 165 000 à 19 000 habitants (une statistique que note au passage l’auteur américain de cet article), pour entendre des enseignants triés sur le volet leur dire les « véritables raisons » de leur misère, n’est pas facile.
En tout cas, l’auteur de l’article ne devait pas manquer de croire posséder une certaine culture, puisqu’il prétendait catégoriquement (dans cet article de juillet 1945) que les « ossements » de Charlemagne se trouvaient à Aix-la-Chapelle.  La chose n’est certainement pas aussi simple que ce qu’affirmait Yank. Notamment, il est aujourd’hui prouvé que la théorie selon laquelle Charlemagne serait enterré dans l’atrium de la cathédrale d’Aix-la-Chapelle est une théorie fausse. Personne ne sait plus où se trouvent les restes de Charlemagne. Ou encore, ils se trouvaient dans les 85% de la ville d’Aix-la-Chapelle qui ont été détruits par les bombardiers américains. Yank, qui disait savoir les « véritables raisons » de la misère des enfants allemands de 1945, se trompait en tout cas au sujet de Charlemagne. Il est sans doute vaguement cocasse que les Américains, tout en se chargeant de l’éducation des enfants allemands d’Aix, ne sussent rien (ou fort peu) de Charlemagne.
A noter, aussi, la phrase : « Il n’y a aucun moyen de savoir dans quelle mesure ils croient à cette nouvelle doctrine surprenante ». Voilà les limites d’une telle ré-éducation de masse, observée par le monde entier, et dont les principes seraient ensuite – selon l’auteur de l’article – appliqués à toute l’Allemagne. Comment diable, en effet – cruel dilemme – savoir si ces enfants de moins de douze ans croyaient ce qu’ils entendaient?
Si « MK-Ultra » fut un projet (alors secret) de la CIA visant à développer des techniques de programmation de l’esprit, approuvé le 13 avril 1953 par Allen Dulles,  directeur de l’agence, chacun sait que les États-Unis travaillaient sur les techniques de manipulation mentale depuis le début du vingtième siècle, et il suffit de renvoyer au Colloque Lippmann de Paris (1938) et aux Conférences Macy (dès 1942 au moins, à New York).
Qui sait s’il y avait un lien, direct ou indirect, et lequel, entre les expériences américaines de manipulation mentale, et ce passionnant projet de ré-éducation des enfants de moins de douze ans dans les écoles d’Aix-la-Chapelle puis de toute l’Allemagne (en tout cas, de la partie de l’Allemagne occupée par les Américains)?

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Troisième paragraphe. 90 millions de « nazis », un fantasme.

Traduction du troisième paragraphe.

« Maintenant les gens considèrent avec tristesse les ruines de leur ville, qui est détruite à 85 %, et regardent avec respect les canons alliés. Et ils disent que jamais ils n’ont jamais été nazis, et qu’ils ne croyaient pas vraiment en Hitler. Et les enfants ? Eh bien, disent les gens d’Aix-la-Chapelle, leurs propres enfants étaient des enfants bien, mais les enfants du voisin étaient susceptibles d’être un problème. Vous savez comment c’est, expliquent-ils, une mauvaise idée est susceptible de s’enraciner profondément chez l’enfant, c’est-à-dire chez l’enfant d’un voisin, quand il y avait une influence dans sa maison. C’est une chose remarquable à Aix-la-Chapelle et en Allemagne. Les nazis vivent toujours dans la maison d’à côté, ou dans la ville voisine. À la fin de la guerre, 90 000 000 nazis avaient changé de rue. Les enfants allemands sourient et, parfois, ils font le V de la victoire lorsqu’ils demandent « Chocolat, Oncle». Les nazis ? Oh, oui, ils se souviennent d’avoir entendu parler des nazis, mais ils ne se souviennent pas d’en avoir connu un seul. Pourtant, les garçons plus âgés ont été imprégnés pendant des années de rituels nazis. On leur a enseigné que les Allemands étaient supérieurs à tous les autres peuples ; que la guerre était bonne et glorieuse ; que devenir un SS était la plus grande ambition d’un garçon. Ils y ont cru; ils ont rugi leur amour du Führer en chantant des chants de marche nazis rauques ; ils ont craché sur les démocraties et sur Franklin Roosevelt. Ils étaient fiers d’inciter les gens ».

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Commentaire.
Ma foi, je crois probable que tout civil, au spectacle de sa ville détruite à 85% (une autre statistique, un autre aveu que donnait ici, apparemment sans grandes préoccupations humanitaires, l’auteur de cet article paru dans un magazine officiel de l’armée américaine), ressente de la tristesse.
Pour le reste, la logique du journaliste auteur de ces lignes m’échappe quelque peu, parfois. Il commence en effet par dire que les Allemands désignaient comme « nazis » leurs propres voisins. Trois lignes plus loin, il dit qu’ils n’en « connaissaient pas un seul ». S’ils n’en connaissaient pas un seul, comment faisaient-ils pour désigner leurs voisins comme « nazis »?
Autre donnée statistique, il y aurait eu (toujours selon l’auteur du magazine Yank) 90 millions de « nazis » en 1945. Chose totalement douteuse, si l’on veut bien songer qu’en 1933 il y avait 65 millions d’Allemands (selon le recensement alors effectué).
A moins que l’auteur de Yank n’ait considéré aussi comme « nazis » les fameux quatorze millions de civils allemands vivant en dehors des frontières de l’Allemagne, déportés par Staline (de 1945 à 1947) vers l’ancien Reich? A lire à ce sujet: Les Expulsés, de R. M. Douglas, Flammarion, 510 pages.
A l’évidence, il n’y avait pas 90 millions de « nazis » en Allemagne en 1945, à moins de considérer aussi comme tels les innombrables Allemands qui n’avaient jamais été membres du NSDAP, et jusqu’aux enfants de zéro à douze ans d’Aix-la-Chapelle (et du reste du pays).
90 millions de « nazis » était un fantasme bien connu des Américains de l’époque, en général, ou de ce journaliste de Yank en particulier. Sans doute cette grande « plume » de Yank avait-elle subi une éducation en ce sens. Aurait-elle eu besoin de quelque profitable ré-éducation?

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Quatrième paragraphe. Des « citoyens décents »?

Traduction (quatrième paragraphe). 

« Si le temps et la formation peuvent un jour faire des citoyens décents de ces garçons allemands entre 12 et 16 ans, c’est là une supposition, et les autorités du gouvernement militaire ne sont pas trop optimistes. Maintenant, comme leurs parents, ces enfants regardent les Alliés et disent – pour la plupart d’entre eux – que les Alliés sont forts et que les Alliés sont bons. Quand ils le disent, ils ressemblent à quelqu’un qui réciterait un poème sans le comprendre. La seule chose qu’ils comprennent avec certitude, ce sont les armes des Alliés. La rééducation de l’Allemagne a commencé avec les bombes alliées et les canons alliés.
Il n’y a presque pas eu de vandalisme de la part de jeunes Allemands à Aix-la-Chapelle depuis la chute de la ville le 20 octobre 1944. Quand un jeune Allemand lance une pierre sur un soldat allié, ou trace un slogan sur un mur, le gouvernement militaire sévit durement. Les jeunes Allemands l’ont compris rapidement, les Alliés ne plaisantent pas. Avec les plus jeunes enfants allemands, de 11 ans et plus jeunes encore, les perspectives sont plus optimistes. Les nazis avaient trop de choses à faire, pendant ces deux dernières années, pour s’inquiéter beaucoup de l’endoctrinement. Et donc, il y a des indications qu’il sera possible de remodeler la pensée des enfants, à ces âges. Jusqu’à présent, les écoles d’Aix-la-Chapelle ont été rouvertes à seulement 750 enfants âgés de 6 à 10 ans, concernant les quatre premiers niveaux scolaires ».

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Commentaire du quatrième paragraphe.
Certes, il y a beaucoup à commenter, ici. On apprend, sous la plume du journaliste de Yank, que les autorités militaires américaines, qui se chargeaient donc de l’éducation (pardon, de la ré-éducation: c’est le titre général de l’article) des enfants allemands, « n’étaient pas optimistes ».
Ici, le programme américain de ré-éducation était à ses débuts (l’article est de juillet 1945) mais, d’emblée, les autorités militaires « n’étaient pas optimistes » quant à la possibilité de faire, de ces enfants, des citoyens « décents ».
Or, quel est le programme pédagogique que l’on peut juger avant seulement qu’il ait vraiment commencé?… Comment peut-on dire que des enfants ne comprennent rien d’autre que les « armes alliées »? Ce programme éducatif (pardon, ré-éducatif), qui avait pour mission (comme l’auteur s’en flattait au début de son article) d’enseigner les concepts du « Bien » et du « Mal » – ce n’est point là, à l’évidence, un mince enseignement – avait lieu sous la menace, implicite ou explicite, des « armes alliées »?
Citons: « La seule chose qu’ils comprennent avec certitude, ce sont les armes des Alliés. La rééducation de l’Allemagne a commencé avec les bombes alliées et les canons alliés »… Enseigne-t-on donc le « Bien » sous la menace des armes?… Par ailleurs, que signifie au juste « sévir durement » contre un enfant si jeune (tiens, les Palestiniens n’ont rien inventé!) qui lance une pierre ou écrit un slogan sur un mur?
Ou encore, comment concevoir ou décrire qu’il ait fallu « remodeler la pensée » (sic) d’enfants de moins de douze ans dont l’auteur de Yank en personne reconnaissait que, depuis deux ans, « les nazis avaient eu trop de choses à faire » pour pouvoir s’en occuper? Sous prétexte de lutter contre un « endoctrinement » (endoctrinement qui, de l’aveu de Yank, n’avait pas eu lieu pendant les deux années précédentes), faut-il répondre par un « remodelage de la pensée »?

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Cinquième paragraphe. Ernest Gilles.

Traduction (cinquième paragraphe)

« Quatre classes seront ouvertes plus tard, on ne sait pas quand. Cela dépend, entre autres choses, de l’efficacité de la dénazification des jeunes étudiants.
L’équipe pédagogique est composée de deux hommes et de 24 femmes. Tous ont été soigneusement sélectionnés par des fonctionnaires de l’Intelligence. Leurs travaux seront encadrés et vérifiés. Aucun de ces enseignants, selon les enquêteurs, n’était lié au parti nazi. Parmi les élèves qui retournent sur les bancs de l’école, Ernest Gilles a été choisi par ses professeurs comme typique quant à sa formation et son environnement. Il a 10 ans. Il vit avec sa mère dans une maison qui a été bombardée, mais partiellement réparée. Ernest n’avait ni frères ni sœurs. Son père, un simple soldat de l’armée allemande en Italie, n’a pas donné de ses nouvelles depuis huit mois. Au cours des attaques aériennes alliées les plus intenses, et pendant les combats, Ernest vivait avec 33 autres personnes dans une cave. Il ne se souvient pas d’une époque de sa vie où il n’y ait pas eu de guerre. Ernest, mince et grand pour son âge, a été interrogé par l’intermédiaire d’un interprète. Comme ses camarades de classe, il ne se souvient pas avoir connu de nazis. »

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Commentaire
A la lecture de l’article de Yank (Yank qui était, rappelons-le inlassablement, le magazine officiel de l’armée américaine), on apprend donc que les enseignants de l’Allemagne d’après la seconde guerre mondiale étaient embauchés et surveillés par des fonctionnaires de l’Intelligence (l’Intelligence américaine; Intelligence comme CIA: j’ai dit plus haut deux mots du projet de la Central Intelligence Agency (CIA) visant à développer, justement, les techniques de contrôle et de la programmation de l’esprit).
Le plus étonnant, le plus absolument sidérant est sans doute une « interview » d’un enfant de dix ans, fils unique, orphelin de père, qui venait de passer plusieurs mois ou plusieurs années enfermé dans une cave, et habitait dans une maison « partiellement réparée » (sic), puis que l’on « interrogeait » avec l’aide d’un « interprète » et dont l’identité – Ernest Gilles – était rendue publique dans un magazine américain à grand, voire très grand tirage. Ernest Gilles était en quelque sorte le cobaye représentatif de l’expérience de la « ré-éducation » menée par une « équipe pédagogique »? Un enfant de dix ans?… Ne pourrait-on discuter quelque détail d’une telle déontologie (?) éducative?…

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Sixième paragraphe. L’incroyable interrogatoire d’Ernest Gilles.

Les questions et les réponses.
Question: Que veux-tu devenir quand tu seras grand ?
Réponse: Un peintre. Je veux peindre des rivières.
Q. Pourquoi ne veux-tu pas être soldat ?
R. Les soldats se font tirer dessus par d’autres soldats.
Q. Sais-tu ce qui est arrivé à Hitler ?
R. J’ai entendu dire qu’il s’est empoisonné. Selon beaucoup de personnes, il n’est plus vivant. Mais certains disent qu’il s’est caché.
Q. Admirais-tu Hitler ?
R. Je ne suis pas nazi.
Q. D’accord, mais admirais-tu et aimais-tu Hitler ?
R. Ma maison a disparu et mon père est mort.
Q. Sais-tu qui était Roosevelt ?
R. Roosevelt était le Führer américain, il est mort.
Q. Sais-tu qui a pris la place de Roosevelt ?

R. Personne n’a pris sa place, c’était le Führer.
Q. N’y a-t-il pas quelqu’un qui fait le travail de Roosevelt ?
R. Oui, le fort général Eisenhower.
Q. As-tu une idée de comment vivent les garçons américains?
R. Non.
Q. Connais-tu le nom de la capitale des États-Unis?
R. New York.
Q. Etais-tu heureux à la fin de la guerre ?
R. J’étais content de ne pas avoir à retourner à la cave.
Q. Savais-tu que les armées allemandes ont été vaincues – qu’elles se sont toutes rendues ?
R. Les Américains ont beaucoup d’armes et beaucoup de juifs.
Q. Veux-tu continuer à vivre à Aix-la-Chapelle ?
R. Les bombes ont laissé Aix-la-Chapelle sale.
Les gens disent qu’il y a des chocolats et des voitures à moteur à New York.
Q. Quelqu’un t’a-t-il parlé de la démocratie ?
R. Les enseignants en parlent.
Q. Ce que tu entends dire sur la démocratie t’intéresse-t-il ?
R. Ça n’a pas l’air aussi amusant que de chanter.
Quand Ernest dit au revoir, il fait claquer ses talons. »

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Commentaire de ce paragraphe.
Rien ne permet de dire qu’Ernest Gilles ait vraiment fait claquer ses talons, ou que ses réponses, telles que présentées par Yank, aient toutes correspondu à la réalité de ce qu’il a dit. Rien ne permet de dire que le journaliste ait toujours cité ses propos réels. Certaines des réponses d’Ernest sont fort étranges. Pourquoi répondre, par exemple, quand on lui demande s’il continuera à habiter à Aix-la-Chapelle: « Les gens disent qu’il y a des chocolats et des voitures à moteur à New York »?…
Ernest Gilles avait pourtant compris beaucoup de choses quand il disait, au sujet d’Adolf Hitler: « Mais certains disent qu’il s’est caché ». En effet, on sait aujourd’hui, en 2025, ce que le petit Ernest Gilles ne pouvait pas vraiment savoir en 1945, c’est-à-dire que les Américains et les Soviétiques se chargeraient, pendant plusieurs décennies, de mentir sciemment à la presse en engageant celle-ci à publier des délires complets sur Adolf Hitler réfugié en Amérique du sud ou ailleurs.
Mais surtout, il n’est pas besoin de dire que certaines des réponses d’Ernest Gilles – un enfant de dix ans – sont poignantes, par exemple quand il dit: « Ma maison a disparu et mon père est mort« . Ou encore: « J’étais content de ne pas avoir à retourner à la cave. »
Qui sait ce qu’est devenu le malheureux petit Ernest Gilles?
Ernest Gilles avait dix ans en 1945. Il pourrait avoir, aujourd’hui, 90 ans.
Oui, qui sait ce qu’est devenu le malheureux petit Ernest Gilles, orphelin de père, ayant passé une partie de son enfance dans une cave sous les bombes américaines, puis ayant fait partie du programme de ré-éducation idéologique mis en place à Aix-la-Chapelle et soumis à un interrogatoire par un journaliste du magazine officiel de l’armée américaine.
Qui sait aussi ce qu’aura pensé Ernest Gilles, quelques semaines plus tard, alors qu’il n’en était encore qu’au début de ce nouvel enseignement destiné à lui expliquer le « Bien » et le « Mal », qui sait ce qu’il aura pensé lors des bombardements atomiques américains sur le Japon?

Berlin en 1945

Cologne en 1945, avant le début du programme éducatif destiné à donner aux jeunes générations un ABC de principes démocratiques.

Et en France… L’église Saint-Vincent, ou plus exactement cette ancienne église catholique de style gothique, située à Rouen, a été presque entièrement détruite par un bombardement anglo-américain en mai 1944. Photo extraite de la presse de l’époque. Un objectif militaire stratégique?
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L’ABC démocratique.

Photo (illustrant cet article de Yank, magazine officiel de l’armée américaine, numéro de juillet 1945).
Il s’agit de la première rencontre entre l’enseignante et ses élèves, mais déjà en présence des photographes de presse.
« A german school teacher, carefully, selectioned by the AMG, conducts the firts lesson in an Aachen classroom, giving her pupils some democratic ABC. »
Une institutrice allemande, soigneusement sélectionnée par l’AMG, donne le premier cours dans une salle de classe à Aix-la-Chapelle, enseignant à ses élèves un ABC démocratique.

Pour qui l’ignore, AMG signifie Allied Military Government for occupied territories  (« gouvernement militaire allié (des territoires occupés) », d’où il ressort que l’enseignement du Bien et du Mal, à la base de l’ABC démocratique, était dispensé sous la supervision de l’Allied Military Government for occupied territories.
Combien de temps faudrait-il pour qu’Ernest Gilles, rééduqué, ait enfin l’esprit remodelé comme il faut?

Une couverture du magazine Yank, magazine officiel de l’armée américaine, écrit par des GI pour les GI et illustrant la vision du monde et le sens esthétique, inégalables, des GI.

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LA FIN DU MACRONISME, C’EST POUR QUAND ?

Ce matin du 25 juillet, suite au dernier coup de comm’ du sociopathe élyséen, bon résumé de la situation de la part d’Alain Beyrand sur Pressibus.

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Que ce soit à gauche (ci-dessous

Manuel Bompard le 20 décembre 2024, lien) ou à droite (il y a trois jours, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, article), la fin du macronisme est régulièrement annoncée. Nous-mêmes y avons cru en janvier 2025 avec notre « Chronique journalière de la fin du macronisme » (P.-S. 94). La lourde défaite des Macronistes aux élections législatives de juillet 2024 aurait dû provoquer le départ du couple Macron, mais ceux qui l’ont installé au pouvoir ont maintenu leur soutien, refusant le verdict des urnes. Depuis, à coups d’expédients médiatiques (les Jeux Olympiques, Notre-Dame, le Panthéon, etc.), de rodomontades politiques (la menace russe, etc.) et de coups tordus indirects divers (Marine Le Pen inéligible, demande à Trump de faire taire Candace Owens, Fil 1), les Macron se maintiennent au pouvoir.

Le dernier coup tordu pourrait venir d’hier soir : pour invisibiliser les commentaires de plus en plus nombreux sur ce qui devient l’affaire Candace Owens, Emmanuel Macron a ranimé une vieille promesse que l’on croyait enterrée. Il a déclaré vouloir reconnaître, en septembre, l’État de Palestine. Et immédiatement, tous les médias en ont fait leur sujet principal. Remarquons qu’il agit de sa propre initiative, car une telle décision aurait dû être prise après consultation des chefs de partis parlementaires. Il se comporte comme un roi tout-puissant. Certes, c’est une bonne chose pour les Palestiniens, mais ce peuple actuellement affamé aurait préféré que Macron condamne leurs bourreaux depuis longtemps. C’est d’ailleurs ce que vient de faire le premier congrès juif anti-sioniste (qui préfère la solution à un seul État, article). [voir plus bas note 2]

Les caricatures hors de France se multiplient. Ici sur le site craiyon.com, lien.

C’est surtout la marque d’une politique à très court terme visant à maintenir les Macron au pouvoir durant quelques mois supplémentaires. La gauche [du moins ladite gauche non-sioniste] doit rester sage jusqu’en septembre si elle veut que la Palestine soit reconnue. Marine Le Pen doit également rester sage si elle veut que son appel soit traité avant les élections de 2027. Natacha Rey n’a pas du tout gagné son procès en appel, tant que la Cour de cassation ne s’est pas prononcée, ce qui prendra de longs mois. Candace Owens doit rester inaudible pour que seule l’annonce de son procès soit retenue et celui-ci ne sera traité que dans plusieurs longs mois. Se maintenir au pouvoir quelques mois de plus…

Tout cela reste fragile. Incidemment, dans le dossier des Macron publié hier par Candace, on apprend que (point 246, page 107) : « A la suite des accusations et insinuations fausses et diffamatoires publiées par les défendeurs, les relations des Macron avec d’autres membres du gouvernement, des alliés politiques potentiels et d’autres personnes ont été compromises« . C’est enfin un signe que le personnel politique français n’est pas complètement dupe de la situation. Il y a toutefois là un désolant manque de courage car, sauf par M. Philippot et M. Asselineau (P.-S. 94ab2) [voir plus bas note 1], ces interrogations n’ont pas été rendues publiques. Mais il suffirait de peu de choses pour que ce « mur de verre » soit franchi. Aujourd’hui en France, un homme politique ne peut avoir un avenir que s’il s’oppose le plus fermement possible à Macron. S’interroger publiquement sur le genre de la première dame marquerait l’opinion publique. Quel mal y a-t-il à s’interroger ? L’omerta qui règne depuis quatre ans et demi dans les mondes politique et médiatique doit cesser, c’est une urgence démocratique.

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On y arrive, les premiers hommes politiques à parler de l’affaire se manifestent enfin. Ce ne sont pas les plus médiatiques, mais il faut un début et leur audience n’en est pas moins importante. Certains les cataloguent à l’extrême droite, mais leur parcours montre qu’ils sont plus à gauche que le Rassemblement National. Ils sont surtout souverainistes. Il s’agit de François Asselineau et Florian Philippot.

Tous deux s’interrogent sur l’attitude de l’Élysée face à cette affaire, tous deux sont impressionnés par la volonté de Candace et par ses échanges épistolaires avec l’Élysée. Ils s’alarment de l’image complètement dégradée de la France que cela diffuse dans le monde, ils réclament la destitution au plus vite d’Emmanuel Macron. Ils s’alarment de la passivité de nos parlementaires et du silence de nos médias, alors que les Français sont de plus en plus informés de la réalité cachée.

Tout cela est raconté dans une vidéo de 9 mn 52, présentée par une étrange Candace Owens à la voix masculine, qui, à la fin, retrouve un timbre féminin pour commenter la dernière lettre qu’elle a reçue des Macron (extrait de l’/Episode Candace 2/).

F. ASSELINEAU ET F. PHILIPPOT S’EXPRIMENT SUR L’AFFAIRE BRIGITTE MACRON / CANDACE OWENS, par NE-LOUPE-PAS

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Le premier congrès juif anti-sioniste publie une déclaration historique depuis Vienne

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C’est aussi l’occasion de rappeler le caractère eschatologique du sionisme, et la nécessité d’une solution à un seul État

Icaros 21 juillet 2025

Les futurs historiens en prendront sans doute note: Vienne, la ville où Theodor Herzl a publié en 1896 son livre Der Judenstaat (en français : L’État des Juifs), a accueilli le mois dernier le premier congrès juif anti-sioniste.

La conférence a réuni des orateurs comme Stephen Kapos (survivant juif des camps nazis), Prof. Ilan Pappé (auteur et historien israélien), Yakov Rabkin (auteur et historien spécialisé dans le sionisme), Prof. Haim Bresheeth-Žabner (descendant de survivants des camps nazis, auteur du best-seller Introduction à l’Holocauste), ou encore Francesca Albanese (rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens).

La conférence s’est conclue par une déclaration qui rejette la prétention du sionisme à représenter le judaïsme, et condamne l’exploitation du judaïsme comme prétexte pour justifier les exactions commises contre la population indigène de Palestine. [dont des Palestiniens juifs non-sionistes de vieille implantation]

Le texte est marquant dans la mesure où il rejette la soi-disant solution à deux États, et appelle au contraire à l’établissement d’un seul État démocratique et multiconfessionnel.

«Nous rejetons catégoriquement l’affirmation selon laquelle Israël agit au nom des Juifs, ou que tous les Juifs soutiennent ses actes criminels. Nous appelons les Juifs du monde entier à s’élever contre l’État sioniste – à refuser sa légitimité et à exiger l’arrêt immédiat de ses actions criminelles et abjectes. […]

«Israël et le sionisme sont illégaux et immoraux tout en prétendant agir au nom des Juifs – mettant dès lors tous les Juifs en danger. Cette prétention que les Juifs soutiennent intrinsèquement Israël et son État abject constitue un véritable antisémitisme. […]

«En honorant l’héritage juif et les principes mêmes du judaïsme, nous encourageons les Juifs de conscience du monde entier à se tenir aux côtés des Palestiniens dans le rejet de l’idéologie raciste du sionisme et de sa suprématie inhérente. […]

« Unissons-nous et mettons tout en œuvre pour bâtir un avenir d’égalité, de justice et de dignité pour tous les habitants de la Palestine – une terre où la coexistence et le respect mutuel pourront à nouveau s’épanouir.»

Solution à un État

La solution à un État est une proposition de résolution du conflit au Proche-Orient qui, par opposition à l’obsolète solution à deux États avancée par les accords d’Oslo, préconise l’établissement d’un seul État démocratique et multiconfessionnel, du Jourdain à la Méditerranée.

L’approche est controversée, car elle rejette toute dimension ethno-suprémaciste; elle est donc décriée aussi bien par les fanatiques musulmans partisans d’un «État islamique» que par les fondamentalistes sionistes qui réclament le maintien strict d’un «État juif».

De nombreux orateurs présents au congrès juif anti-sioniste de Vienne ont souligné que la solution à un seul État est désormais imposée par la réalité sur le terrain, dans la mesure où le contrôle et la présence israéliennes au-delà des frontières de 1967 rendent toute alternative impossible.

En effet, il a été souligné que l’État israélien est désormais souverain de facto sur l’ensemble de la Palestine, du fleuve à la mer; il y contrôle les frontières, l’espace aérien, les ressources naturelles, l’impôt, la monnaie, les droits de construction, etc.

En conséquence, une «annexion» des «territoires palestiniens» ne relèverait à ce stade que d’une simple formalité, qui n’est pas mise en œuvre tout simplement pour entretenir la prétention démocratique; au lieu d’annexer Gaza et la Cisjordanie, les juristes israéliens les déclarent terra nullius (une locution latine signifiant «territoire de personne», ou «terre inhabitée»), ce qui permet d’y exercer toutes les prérogatives régaliennes, de priver leurs populations de tous droits civiques, et de continuer à faire semblant d’être une démocratie.

En d’autres termes: ce que de nombreux orateurs ont souligné lors de la conférence, c’est que les Arabes de Gaza et de Cisjordanie sont assimilables juridiquement et politiquement aux autres populations indigènes d’autres entreprises coloniales passées; la soi-disant «autorité palestinienne» est l’équivalente israélienne du bureau des affaires indiennes dans les États-Unis du XIXe siècle, et le conflit israélo-palestinien n’est plus un conflit territorial, mais plutôt un combat pour l’obtention de droits civiques par la population autochtone.

A n’en pas douter, si le conflit israélo-palestinien était reformulé de la sorte dans la conscience publique, c’est-à-dire si les organisations palestiniennes autorisées à s’exprimer par devant le monde commençaient à revendiquer des droit civiques en Israël (plutôt qu’une série de corridors territoriaux au milieu des colonies israéliennes), tout projet ethno-suprémaciste au Proche-Orient serait condamné.

Pour comprendre à quel point cette proposition est antinomique du sionisme, il convient d’en examiner l’idéologie sous-jacente; en effet, contrairement à ce qu’on peut croire, le sionisme n’a pas pour principal objectif d’offrir une terre d’accueil aux Juifs du monde (auquel cas un État binational démocratique serait convenable). Son objectif essentiel est en effet d’accélérer la survenance des temps messianiques; il s’assimile donc à ce qu’on pourrait qualifier d’un culte de la fin des temps.

Moses Hess

Moses Hess était un philosophe socialiste juif et allemand, et père fondateur à la fois du sionisme et du communisme; il est responsable de la conversion d’Engels au communisme, et il a été le mentor de Karl Marx à qui il a apporté la compréhension des problèmes économiques et sociaux de son époque.

Son livre, Rome et Jérusalem, publié trente-trois ans avant le Judenstaat de Theodor Herzl, a été qualifié par ce dernier comme l’ouvrage fondateur du nationalisme juif; il a même écrit que s’il avait lu Rome et Jérusalem plus tôt, il aurait trouvé superflu de publier son propre livre.

Vladimir Ze’ev Jabotinsky a décrit Hess dans The Jewish Legion in the World War comme l’une des personnes ayant rendu possible la déclaration Balfour, avec Herzl, Walter Rothschild et Leon Pinsker.

Pour comprendre les tenants et aboutissants philosophiques et moraux du sionisme, il convient donc d’étudier Rome et Jérusalem avant tout autre ouvrage. Le fait que ce livre soit si méconnu relève d’ailleurs peut-être d’une offuscation délibérée, tant l’ambition qui y est décrite est limpide.

Ce qui est étonnant dans Rome et Jérusalem, c’est la dimension qu’y revêt l’aspect eschatologique.

En effet, Moses Hess était un socialiste et un matérialiste; il conspue dans ses différents écrits les Juifs religieux hassidiques, dont il considère qu’ils vivent enfoncés dans un obscurantisme moyenâgeux; il se revendique de l’héritage des Lumières, et célèbre la révolution française, Napoléon et le Risorgimento. Ancré aux idées de l’Haskala, il jette les bases du «nationalisme juif» – c’est-à-dire qu’il est le premier à qualifier le judaïsme en termes d’appartenance ethnique et nationale, plutôt que religieuse.

Or c’est précisément ce qui rend étonnante la dimension eschatologique de son propos; en effet, on pourrait s’attendre à ce qu’un intellectuel de gauche, qui érige la raison en vertu suprême, rejette des prophéties et des superstitions de l’âge de bronze. Grâce à Moses Hess, on comprend donc que la croyance eschatologique est fondatrice du sionisme dès ses premiers balbutiements, même s’il est en effet à la base laïque, matérialiste et socialiste.

Le livre Rome et Jérusalem est tellement imprégné de l’idée messianique, et les notions d’une fin des temps et d’un nouvel âge en constituent un propos si essentiel, qu’il est difficile d’en sélectionner un passage pour l’illustrer. Le paragraphe suivant condense tout de même cette idée:

« [L’âge mûr du monde social] commencera, selon notre religion historique, avec l’ère messianique. C’est l’époque où la nation juive et toutes les autres nations historiques renaîtront à une vie nouvelle, l’époque de la «résurrection des morts», de «la venue du Seigneur», de la «nouvelle Jérusalem» et de toutes les autres expressions symboliques dont le sens n’est plus à démontrer.

« L’ère messianique est l’époque actuelle, qui a commencé à germer avec les enseignements de Spinoza, et qui est finalement entrée dans l’histoire avec la grande Révolution française. Avec la Révolution française a commencé la régénération des nations qui n’avaient acquis leur religion historique nationale que sous l’influence du judaïsme. »

Ce que cette citation rappelle, c’est que l’eschatologie hébraïque est en effet, contrairement à l’eschatologie chrétienne centrée sur la spiritualité et l’au-delà, essentiellement terrestre, politique et collective; elle vise une rédemption concrète dans le monde temporel. Ce «monde à venir» prévoit que le peuple juif revienne en Palestine et devienne une nation de prêtres, guidant les survivants des nations qui sont tenus d’observer les sept lois noachiques.

Or c’est précisément dans ce contexte que Moses Hess envisage le retour des Juifs en Palestine; comme la première étape d’une promesse millénaire, qui doit culminer par la subjugation des nations et l’établissement d’une paix mondiale sous le règne du Messie, un roi humain et conquérant.

Autrement dit, le sionisme dès ses premiers fondements est philosophiquement et intrinsèquement une théologie de la fin des temps. L’objectif de vouloir accélérer l’eschaton [sic, dérivé de : eschatologie] n’est donc pas, comme on le croit souvent, l’apanage de l’extrême-droite israélienne.

C’est d’ailleurs la raison principale pour laquelle la grande majorité des Juifs orthodoxes (Haredim) rejetaient (et rejettent toujours) le sionisme; ils citent les trois serments que Dieu aurait imposés après la destruction du Second Temple, et considèrent que de tenter de forcer la venue du Messie est un pêché grave; pour eux, seul Dieu décide du moment de la rédemption, et toute tentative humaine d’y parvenir est considérée comme une usurpation.

C’est également la raison pour laquelle l’idée d’un seul État multiconfessionnel s’étendant du Jourdain à la Méditerranée est mutuellement exclusive du sionisme; car, à défaut d’un génocide des Arabes, les Juifs y constitueraient une minorité; or la suprématie est imposée par la superstition elle-même; sans «État juif», pas de temps messianiques possibles.

On comprend dès lors pourquoi la déclaration du premier congrès juif anti-sioniste est si remarquable; en recommandant de renoncer à la solution à deux États, elle sape non seulement le suprémacisme juif en Palestine, mais aussi le fondement philosophique et idéologique même du sionisme.

Sionisme et antisémitisme

Tout le monde connaît la tendance des militants sionistes à qualifier d’antisémite toute critique de leurs positions; cet argument est bien entendu irrecevable, comme le démontre la conférence internationale en titre, et comme le prouve également le fait que les Juifs les plus pratiquants et les plus orthodoxes sont les premiers à rejeter cette idéologie.

La vérité est que la majorité des sionistes dans le monde ne sont pas juifs, et que beaucoup de Juifs ne sont pas sionistes; il ne saurait donc y avoir d’amalgame entre les deux.

Cette tentative d’amalgame représente de surcroît une inversion: en confondant une religion millénaire avec une doctrine suprémaciste et nationaliste moderne, ces militants se rendent eux-mêmes coupables d’antisémitisme. En cherchant à faire porter le chapeau des exactions et du colonialisme israéliens à l’ensemble des Juifs, ils se servent des Juifs comme de boucliers humains idéologiques.

Malheureusement, il ne s’agit pas là de la seule façon dont les partisans sionistes démontrent leur antisémitisme. Comme explicité pour le cas de Moses Hess, les pères fondateurs sionistes ont historiquement manifesté un immense dédain vis-à-vis de leurs coreligionnaires, et ont été jusqu’à parfois encourager leur persécution pour accélérer leur projet colonial en Palestine; le documentaire israélien Theodor Herzl and the Anti-Semitic Side of Zionism en fait l’étonnante démonstration.

La vérité, aussi controversée soit-elle, apparaît donc au grand jour: en se servant du judaïsme comme prétexte et comme bouclier, les sionistes sont les plus grands ennemis du judaïsme; non seulement ils font le lit de l’antisémitisme, non seulement ils profitent de l’antisémitisme, mais ils sont souvent antisémites eux-mêmes.

[antisémites dans le sens 1- que le terme lui-même d’antisémitisme est très loin de recouvrir la réalité communautaire sioniste, seulement marginalement sémite, et même pas juive en partie, 2- qu’ils sont partisans du judéo-talmudisme le plus raciste qui soit, et 3- cerise sur le gâteau, que leur racisme malade s’exerce en premier lieu à l’encontre des vrais sémites que sont les arabes]

Malheureusement, il ne s’agit-là que de la pointe émergée de l’iceberg. En poursuivant la recherche, on découvre une vérité autrement plus sombre, bien que congruente avec ce qui précède: celle de l’étroite collaboration entre certains dirigeants sionistes des années 1930 et le régime nazi.

En 1933, alors que l’Allemagne nazie était confrontée à un boycott mondial, la Fédération sioniste a commis l’impensable, et convenu avec le régime allemand d’une politique qui devait d’une part servir à peupler la Palestine de Juifs, et d’autre part à permettre aux nazis de contourner le boycott auquel ils étaient sujets.

Cet accord, appelé l’accord Haavara, a facilité l’expulsion des Juifs allemands et la confiscation de leurs biens; à leur arrivée en Palestine, cette richesse spoliée pouvait être récupérée sous forme de biens industriels allemands. Il a permis l’émigration sous la contrainte de dizaines de milliers de Juifs vers la Palestine, et la reconstruction militaire allemande.

Au-delà de l’accord Haavara, le livre 51 Documents de Leni Brenner démontre, de façon irréfutable et irréfutée, l’étroite collaboration entre les dirigeants sionistes et l’Allemagne nazie. Le livre de Antony Sutton Wall Street and the Rise of Hitler permet, de façon moins explicite mais non moins évidente, de comprendre dans quelle mesure certains intérêts financiers occidentaux ont permis à Hitler d’exercer le règne de terreur qu’on lui connaît.

Ainsi, la citation de Hobbes selon laquelle «l’origine de toute société se trouve dans la crainte mutuelle de tous ses membres» prend tout son sens; pour créer une nation artificielle, il faut artificiellement encourager, voire susciter, une crainte mutuelle.

Guerre à Gaza: quelle suite?

Alors que Trump parle de déportation de masse des Palestiniens vers la Libye, et que le régime israélien envisage quant à lui un camp de concentration géant, les massacres se poursuivent dans la bande de Gaza.

Une question se pose d’emblée: comment expliquer que le gouvernement israélien fasse si peu pour sauvegarder les apparences? Par exemple, pourquoi ne fait-il pas plus pour empêcher la publication, sur les réseaux sociaux, des exactions commises par ses propres soldats? Et pourquoi bombarder de façon si éhontée et si ouverte les hôpitaux, les écoles et les centres de distribution de nourriture?

Le dépeuplement ne paraît pas être la seule explication: avec 60’000 morts palestiniens [sans doute bien plus] depuis le début des massacres en octobre 2023, le gouvernement israélien a tué quelque 3% des 2 millions d’habitants de la bande de Gaza, soit moins que le taux de remplacement démographique annuel de ces dernières décennies. Vu les moyens dont dispose l’armée israélienne, et l’absence notoire de scrupules de la part de ses dirigeants [et d’un bon nombre de ses exécutants], il semble que le gouvernement israélien soit prêt à payer, proportionnellement, un très fort prix en termes d’image.

Le propos qui précède ne devrait surtout pas être interprété comme une tentative de minimiser les crimes du régime, ou de relativiser la souffrance incontestable de la population palestinienne; il s’agit seulement de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette guerre. Or il est incontestable que l’image du gouvernement israélien souffre plus, en proportion, que celle d’autres pays qui ont commis des exactions similaires ou pires. [la rançon de l’exploitation de ladite Shoah et de l’histoire officielle, patentée, concernant les camps de concentration]

Les dirigeants israéliens allégueront bien sûr que cette différence de perception constitue la preuve de «l’antisémitisme des nations». La vérité est que le régime israélien n’a lui-même aucun intérêt à amadouer l’opinion publique internationale, au contraire.

Vu ce qui précède, on comprend en effet que son objectif est non seulement d’entretenir le faux amalgame entre judaïsme et sionisme, mais également de susciter la vindicte mondiale contre les Juifs; cela s’inscrit dans une continuité historique, alimente un narratif de persécution, et contribue au mal-être des Juifs de la diaspora dans leurs nations respectives. Il s’agit d’un objectif stratégique que les planificateurs sionistes poursuivent depuis plus d’un siècle.

Pire que tout: le script eschatologique en cours d’exécution prévoit que le monde entier doit, à la fin, se retourner contre Israël et ses habitants; selon les fanatiques obnubilés d’eschatologie, c’est le dernier épisode avant la venue du Messie.

Heureusement, le congrès juif anti-sioniste qui vient de se tenir contrecarre en partie cet objectif, en réfutant le faux amalgame entre sionisme et judaïsme, et en entravant, on l’espère, la nouvelle persécution que des Juifs innocents, en Israël et ailleurs, seraient amenés, à dessein, à subir dans le futur.