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POUR LE SECOND ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE ROLAND JACCARD

Olivier Mathieu et ses amours d’enfance

Le 7 octobre 2020 sur le blog de Roland Jaccard: https://leblogderolandjaccard.com/2020/10/07/olivier-mathieu-et-ses-amours-denfance/

Olivier Mathieu était né pour tout gâcher. Et il a tout gâché. Avec une énergie inépuisable et un instinct très sûr de tout ce qu’il convenait de ne pas faire. Était-ce pour préserver ce génie qui lui est propre et qui ne ressemble à aucun autre ? Un génie qui ne sera jamais reconnu, comme si les dieux lui avaient infligé un châtiment dont il ne se relèverait jamais. Le destin vous joue parfois des tours bizarres : il vous comble de dons pour mieux vous en montrer l’inanité. Il vous précipite dans un suicide existentiel d’où ne surnagent que quelques souvenirs d’enfance. Des éclairs qui vous protègent de la mort prête à vous avaler. Ces éclairs ont des prénoms : Véronique et Corinne. Ce sont elles qui illuminent : « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs» , tout comme Albertine chez Proust, Proust auquel Olivier Mathieu a emboîté le pas avec, au bout du chemin, une qualité d’émotion, une ferveur, qui vous donnent un sacré coup de blues. Que de précipices faut-il avoir frôlé pour atteindre un tel degré de perfection ! Comme si Olivier Mathieu avait sacrifié sa vie, ses amours, ses ambitions pour retrouver le temps perdu, un temps à jamais gravé dans sa mémoire sans doute parce qu’il est parvenu à esquiver les tentations de la chair pour aimer comme un éternel enfant.

Certains ont décrit à juste titre Olivier Mathieu comme le dernier des romantiques. Il a aimé, il a haï. Il a été aimé, il a été haï. Il en a ri, il en a pleuré. Mais les seules jouissances de son âme furent celles que lui procurèrent Véronique et Corinne. Il ne les a jamais possédées. Ce sont elles pourtant, ces adolescentes d’un siècle déjà éteint, qui illuminent son âme à l’heure du crépuscule. C’est à elles qu’il s’adresse dans un ultime élan du cœur. C’est à elles qu’il doit de pouvoir rembobiner le film de sa vie en songeant que non tout n’était pas définitivement perdu. Par un tour de magie auquel personne ne s’attendait et dans un genre périlleux entre tous, celui des amours enfuies, il nous livre un chef d’œuvre. Et je pèse mes mots. Tout était perdu. Tout est retrouvé. La magie de l’écriture n’est pas un vain mot. Olivier Mathieu en connaît le prix. Le reste importe peu.

Roland Jaccard

Quand Roland Jaccard a annoncé son suicide dans le livre d’Olivier Mathieu “Ma petite bande de jeunes filles en fleurs” (éditeur: Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie; numéro ISBN: 978-2-9571545-2-4), paru environ un an avant la mort de Roland Jaccard.

Aucun des amis de Roland Jaccard, bien qu’il leur ait été largement offert, n’a jamais remercié; et n’a jamais publié une recension sur ce livre.

A signaler que dans le texte précédent, Roland Jaccard écrit : “Certains ont décrit à juste titre Olivier Mathieu comme le dernier des romantiques.”

La phrase est une claire allusion à Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie, auteur d’une biographie d’environ 400 pages, “Olivier Mathieu, le dernier des romantiques”. Un livre qu’avait recensé Michel Marmin, dans Eléments, à l’époque de la parution du livre de Jean-Pierre Fleury.

Olivier Mathieu

Le suicide? Après l’été…

Ils sont nombreux ceux qui pensent que je suis déjà mort. Je me garderai bien de leur donner tort. Ils se demandent pourquoi je ne me suis pas suicidé, moi l’apologiste de la mort volontaire. Je me pose la même question. La vieillesse me fait horreur: elle est réservée aux lâches. Il se trouve que j’en suis un, moi qui n’ai cessé de rabâcher que nul n’est tenu de subir les affronts de l’âge. La dernière fille que j’ai tenue dans mes bras – c’était pendant le confinement – avait vingt ans. Ce qui me troublait le plus, c’était son look d’étudiante des années soixante. Back to the past: j’étais encore à Sciences Po et je venais de la draguer dans un cinéma qui projetait Les nymphettes. Dans ma chambre, il y avait des posters de David Hamilton et, pendant que nous faisions l’amour, Adamo chantait: Tombe la neige. La neige ne cessait pas de tomber. Jusqu’à ce que Hervé Vilard fredonne: Capri, c’est fini. Avec Chloé, puisque tel était son prénom, le mirage s’évanouit au bout de trois semaines. Je n’ai jamais su pourquoi elle avala quarante comprimés de Rivotril. Elle disparut ensuite de ma vie, prétextant que j’étais toxique. Il ne me restait plus qu’ à revoir le film d’Agnès Varda: Chloé de cinq à sept. Il arrive que nos vies ressemblent à un mauvais film. La mienne tournait au cauchemar. Je ne quittais plus mon lit. Et je sanglotais en écoutant ma playlist des années soixante. Oui, j’étais déjà mort. J’étais trop lâche pour me jeter par la fenêtre, même si de pauvres petites femmes l’avaient fait avant moi. Et il ne me restait plus de Rivotril. Pour passer le temps, je flirtais vaguement avec Léa, une Eurasienne, que les vieux ne dégoûtaient pas, et avec Sabine, une Belge, qui prétendait que j’avais un truc. Je n’ai jamais su lequel. Mais ma décision était prise: après l’été, je mettrai un terme à mes tergiversations. Ainsi, je témoignerai une certaine fidélité à mon père, suicidé à quatre-vingts ans, ainsi qu’à mon grand-père. C’est ce que j’appelle avoir l’esprit de famille, moi qui n’en ai jamais eu. Il ne me restait plus qu’à me procurer une fiole de Nembutal et des antivomitifs. Ainsi, je passerai encore un dernier été jouissif à jouer au tennis de table à Pully-Plage avec de vieux potes. Je proposerai même à Matzneff dans de sales draps depuis la parution du livre de Vanessa Springora sur le consentement de me rejoindre. Voire à Marie dont je soupçonnais qu’elle devait avoir la nostalgie de la chambre 612 du Lausanne-Palace. Mais l’un prétexta qu’il était dans un si mauvais état, au physique comme au moral, qu’il ne s’imaginait pas voyager seul. Quant à Marie, craignant de raviver de vieilles blessures, je m’abstins de l’inviter. Après tout, face à une mort prochaine, rien de tel que la solitude! Par un pur hasard, mon ami Olivier Mathieu m’envoya le calendrier David Hamilton de l’année 1972. J’y retrouvai toutes mes petites amoureuses, notamment celle du mois de mai. Elle aussi avait choisi de mourir dans la fleur de l’âge: elle s’était jetée sous un train. Étais-je déjà «toxique» dans ma jeunesse? Toujours est-il que je ne pouvais plus entendre Christophe chanter Aline ou Hervé Vilard me dire: Capri, c’est fini sans être secoué par des crises de larmes. Peut-être avais-je hérité de ma mère, une pure Viennoise, un peu trop de sentimentalité et pas suffisamment de cruauté. À moins que ce ne soit l’inverse. Guillermo de la Mora est un ami mexicain. Je sais que je peux compter sur lui. Il me remettra deux fioles de Dolethal, un Pentobarbital très concentré. Ensuite, ce sera à moi de jouer! Il m’assure que j’ai des lecteurs fanatiques dans l’Unterground mexicain. Ainsi, ne serai-je peut-être pas totalement oublié… Vivre dans l’esprit d’autrui, c’est quand même l’ambition de tout écrivain… Mais moins que de gagner un tournoi de tennis de table…

Roland Jaccard.

Bibliographie.

Livres suggérés à toute personne pouvant encore démontrer, en 2022, ne serait-ce qu’une once de curiosité intellectuelle.

FLEURY Jean-Pierre, Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique (biographie).

JACCARD Roland, préface à C’est David Hamilton qu’on assassine, d’Olivier Mathieu, 2017. Le texte de cette préface sera ensuite réutilisé par Roland Jaccard dans son livre Penseurs et tueurs, aux éditions Pierre-Guillaume De Roux.

JACCARD Roland, recension du livre C’est David Hamilton qu’on assassine, d’Olivier Mathieu, dans Le service littéraire numéro 116. Avril 2018.

JACCARD Roland, recension du livre Je crie à toutes filles mercis, d’Olivier Mathieu, dans Le service littéraire numéro 126. Mars 2019. Article également repris sur le site suisse “Bon pour la tête”.

JACCARD Roland, articles parus sur le blog de Roland Jaccard au sujet des livres d’Olivier Mathieu, par exemple Je crie à toutes filles mercis (2018), Dans le ciel (2019), Mon coeur sur l’échiquier (2020).

JACCARD Roland, article paru dans Causeur (février 2018), et aussi sur le blog de Roland Jaccard, au sujet de David Hamilton et du Portrait de Dawn Dunlap d’Olivier Mathieu.

JACCARD Roland, nombreux articles au sujet d’Olivier Mathieu, ou de ses livres, sur le site suisse “Bon pour la tête”.

JACCARD Roland, très nombreuses vidéos entre 2017 et 2020 sur ses deux chaînes You Tube, au sujet d’un grand nombre de livres d’Olivier Mathieu, par exemple Les jeunes filles ont l’âge de mon exil.

MATHIEU Olivier, C’est David Hamilton qu’on assassine, 2017 (préface de Roland Jaccard).

MATHIEU Olivier, troisième édition de Les jeunes filles ont l’âge de mon exil, dédiée à Roland Jaccard, 2018 (première édition 2010, deuxième édition 2016).

MATHIEU Olivier, Je crie à toutes filles mercis, mémoires, 2018.

MATHIEU Olivier, Dans le ciel (2019) et Mon cœur sur l’échiquier (2020), romans.

À QUAND LA MORT (politique) DE ROLLAND ?

L’idéologie la plus folle à l’état pur ou plutôt impur. Voici ce que vient d’éructer la maire « socialiste » de Nantes johanna rolland:

« L’été que nous venons de vivre a été le ➕ chaud jamais mesuré dans le monde. Alors, ma responsabilité [sic] c’est de tout faire pour contribuer à lutter contre le réchauffement climatique et protéger les Nantais.

A #Nantes, nous faisons de la bifurcation [resic !] écologique une priorité ! »

Remplacez « été le plus chaud » par « patrie du socialisme » du temps du totalitarisme stalinien et vous avez tout réuni : mensonge éhonté, propagande, déliquescence politique, illusoire et… déclin social …

J’ai passé une bonne partie de ma vie à Nantes à partir de mes vingt ans, et je l’ai quittée vraiment sans regret. Et finalement soulagé. J’ai vu, année après année, la ville se défigurer et se cosmopolitiser. « Venez à Nantes, c’est une ville où il fait bon vivre » était autrefois un slogan. Avec « L’effet Côte Ouest », autre slogan creux.

On a vu et subi « l’effet côte ouest » dans son apothéose avec l’incendie criminel de la cathédrale qui a détruit toutes les grandes orgues.

On a même appris ensuite que celui qui en était l’auteur avait été ressorti de l’hôpital psychiatrique. On ne met plus trop en prison les allogènes. Et dans le cas présent, un demandeur d’asile débouté ; ça serait « raciste ».

Ce qui lui a permis alors d’aller assassiner tranquillement en Vendée voisine, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, un prêtre, le supérieur provincial de la congrégation des Missionnaires montfortains, la personne qui l’avait hébergé ! Doux illuminé, comme les irresponsables du clergé nantais qui avaient eu la bêtise de confier les clefs de la cathédrale à ce joyeux drille ! Par « antiracisme ».

Mais pour en revenir à la rolland, c’est un Nantais, Alain Avello qui résume bien la situation :

« Maire Ubu dans ses œuvres :

L’été a été froid et humide, mais pour elle c’est « le plus chaud enregistré au monde » (?)…

Sa ville rivalise désormais, niveau sécurité, avec le Bronx, mais il faut la végétaliser et recueillir l’eau de pluie… »

Jusqu’au jour où Nantes aura définitivement l’aspect de Roncevaux ; et l’on verra alors si rolland, de l’arrière-garde de l’empire mondialiste, connaît la chanson. « Car Roland sent que la mort est prochaine : / Par les oreilles lui sort la cervelle. »

Petit retour sur l’article d’hier.

J’y écrivais que la « potesse à marcon », la dénommée avenel, avait trouvé un nouveau boulot pour développer la suite de ses talents de rectrice de l’Académie de Versailles : deux morts quand même sur la conscience, ou plutôt sur l’inconscience car la conscience, comme la compassion et l’empathie sont totalement bannies du vocabulaire et de la vie de tout ce milieu d’incompétents, corrompus, maffieux, diplômés ou non, qui se serrent les coudes, pourtant convaincus de leur excellence (et en attendant, c’est nous les cons vaincus).

« Pour la forme, écrit le site E&R, Attal et Bornstein se sont énervés contre le rectorat, mais le haut fonctionnaire macroniste a été exfiltré [sic] dans la maison d’en face, chez Ionis, le puissant groupe privé qui prospère sur la ruine de l’école publique. La totale ! » [cf. https://www.challenges.fr/grandes-ecoles/enseignement-superieur-prive-charline-avenel-la-rectrice-de-versailles-rejoint-le-groupe-ionis_861997 ]

Donc, c’est bien dans le domaine éducatif que l’avenel va continuer à sévir avec l’appui du pervers narcissique et sociopathe trop connu.

Moi, ce que je lui souhaite à l’avenel, c’est qu’elle finisse dans la venelle, enfin si vous préférez dans l’égout, rejetée de là encore. Dans le privé friqué, on s’embarrasse bien moins de quelqu’une, fût-elle énarque, que dans le public.

BFM-TV que l’on ne saurait soupçonner de « complotisme » (comme on dit) et de quelque esprit impertinent d’antimondio-euro-macroniste, a obtenu des documents originaux. Et en a révélé le contenu. Ce qui est presque étonnant…

Il faut savoir que Nicolas, le jeune de quinze ans qui s’est suicidé, a subi un harcèlement pratiquement toute l’année scolaire 2022 et qu’il a fini par se pendre à son domicile juste après la rentrée scolaire 2023. Voyant sans doute que rien n’avait changé après les vacances.

Entre temps, suite déjà à une tentative de suicide de Nicolas, ses parents avaient écrit au proviseur du lycée, un gros incompétent sans doute : « Il est incompréhensible que vous puissiez laisser un adolescent subir une telle violence verbale et psychologique dans votre établissement sans réagir d’une quelconque manière, aussi allons-nous déposer plainte et vous considérer comme responsable si une catastrophe devait arriver à notre fils. »

Mais comme l’écrit E&R  » La catastrophe est arrivée. Le proviseur avait considéré, après des « entretiens » avec les élèves harceleurs et Nicolas, que « la situation était en phase de résolution ». » !

Il est bien dommage que ce Nicolas n’est pas changé, ou pu changer d’établissement.

En attendant quid des harceleurs mineurs ? Quid du proviseur? Et quid de la rectrice ? Ils devraient tous être inculpés. Quid de la justice minuscule ? Rien bien sûr, comme il se doit, en notre république bananière !

Oui, quid de cette ex-rectrice, car cette dernière est non seulement coresponsable (et on ne nous fera pas le coup de dire qu’elle n’était pas au courant) mais est un être lâche et abject.

On a obtenu quelques précisions sur la teneur de la lettre que le rectorat (sans majuscule) a osé envoyer aux parents en réponse à un courrier qu’ils avaient envoyé à la suite du suicide de leur fils.

Il se confirme bien qu’avenel menaçait les parents d’une plainte en leur demandant « d’adopter une attitude constructive et respectueuse » ! Elle y parlait d’un « supposé harcèlement » Et « menaçait même les parents d’une « plainte en dénonciation calomnieuse », en rappelant que ça pouvait leur valoir « 5 ans de prison et 45 000 euros d’amende » ! » (E&R).

Je trouve que cette histoire est à l’image de toute la macronerie et assimilés, dont toutes les fausses oppositions parlementaires. Et de tout ce qu’elles nous font subir par ailleurs.

Rappelons que cette même rectrice (rectrice de complaisance) était déjà aux commandes dans la triste affaire du pauvre irresponsable Paty. Paty, par ailleurs doux illuminé, que sa hiérarchie a été incapable de recadrer et de changer d’affectation pour enterrer les effets potentiellement assassins, comme on l’a vu, de son charlisme imbécile.

La conclusion, je la laisse à E&R : « Les harceleurs, eux, courent toujours. Mais avec une justice dirigée par Dupond-Moretti, l’avocat qui a terrorisé les enfants d’Outreau victimes de viol pour neutraliser leurs témoignages, rien d’étonnant. »

Dernière précision : on nous dit que la venelle avait été pressentie, pendant l’épisode Le Graët, pour reprendre la direction de la Fédération Française de Foute. Quel monde ! Moi qui croyais que les dirigeants des fédérations sportives étaient élus par leurs pairs…

RÉCLAMES

Montage avec Banania d’avant-guerre (la seconde) et Jean Mineur pour les années cinquante encore :


À la télé en noir et blanc entre 1964 et 1967 :


Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. L’autre campagne était celle du thon : le thon, c’est bon !

Et aujourd’hui :

Alors, laquelle préférez-vous : la « raciste » (il paraît) mais joyeuse, la naïve mais optimiste très Trente Glorieuses, ou la maladive, individualiste et sans retenue actuelle ?

EN VRAC, HUMOUR? ET TRAVERS

De Katya Kopylova : « La surface de la Lune est seulement deux fois plus grande que celle de la Russie. »

Plus précisément, la Lune qui est environ quatre fois plus petite que la Terre, a une superficie de près de 38 millions de km², et la Russie une superficie d’un peu plus de 17 millions de km². Soit nettement plus que la ZZE (Zone Économique Exclusive) de la France qui, avec ses possessions d’Outre-Mer, est d’un peu plus de 10 millions de km².

Mais comme le dit encore Katya Kopylova : « Pendant que les Ukrainiens essaient de prendre un village, les Africains ont déjà pris quatre pays aux Français. » Ou plus exactement repris, avec du côté du Sahel : Mali, Burkina-Faso, Niger … et le dernier en date : le Congo Brazzaville.

Cela dit, les Étatsuniens seraient en embuscade, ce qui ne serait pas mieux pour les Africains.

*

De François Asselineau

Nous sommes dirigés par une bande de drogués, de menteurs et d’escrocs, pour lesquels le principe de vérité n’existe pas.

Macron détruit l’image de la France dans le monde.

Il y est puissamment aidé par le RN,LR,PS,NUPES et PCF QUI REFUSENT DE LANCER SA DESTITUTION ART.68 !

*

JUSQU’À LA DERNIÈRE FEMME UKRAINIENNE ENCEINTE

Du matériel militaire pour les femmes enceintes a été présenté en Ukraine.

La folie des dirigeants de Kiev ne connaît pas de limites : à partir du 1er octobre, les frontières seront fermées à toutes les femmes ukrainiennes astreintes au service militaire et la grossesse ne deviendra apparemment pas un motif valable d’ajournement du service.

Étant donné que Kiev a appelé à la mobilisation des malades mentaux et des handicapés mentaux [et des éclopés et des vieux, et bientôt des gamins de 15 ou 16 ans], les commissaires militaires auraient dû commencer par les fous de Bankova. [la rue Bankova est une rue centrale et partiellement piétonne de Kiev]

TARKOV

T.me/russosphere

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De divers adresses sur telegram

Jusqu’à quand les États-Unis aideront-ils l’Ukraine ? Réponse d’un professeur américain :

Les Américains auront l’impression qu’ils «n’aident pas suffisamment l’Ukraine» jusqu’à ce qu’ils «sentent une explosion nucléaire sur leur visage», a déclaré Max Abrams, professeur de sciences politiques à la Northeastern University.

*

LA BLAGUE DU MATIN

L’Ukraine a l’intention d’exclure la Fédération de Russie du marché mondial de l’uranium.💬« La Russie contrôle toujours une part importante du marché mondial de l’uranium. Cela ralentit la question de l’imposition de sanctions, car de nombreuses entreprises ont des contrats avec les Russes pour la fourniture d’uranium », a déclaré le ministre ukrainien de l’Energie, German Galushchenko.

Le ministre a déclaré que l’Ukraine s’efforçait constamment de déloger la Russie de ce marché et d’augmenter sa production nationale d’uranium. Selon Galushchenko, la production d’uranium pour l’Ukraine est un élément important de la sécurité nationale.

L’Ukraine doit d’abord apprendre à exister de manière indépendante, et ensuite seulement réfléchir à la manière de déplacer la Russie de quelque part.

TARKOV
T.me/russosphere

*

Il y a peu, à la Fête de l’Huma (qui n’a plus grand-chose à voir avec l’Humanité) le chef des Clowns Français, je veux parler de roussel le chefaillon du PCF – celui qui a appelé à voter macron en 2022 comme l’a fait son pote ex-secrétaire de la CGT martinez – a invité qui donc ? édouard philippe ! Vous me direz l’année d’avant c’était pécresse !

Pour, en douce et en privé, magouiller, et en public, discutailler devant une salle d’amorphes qui ne s’est réveillée que lorsqu’un jeune a pris le micro des mains d’un philippe mou pour dire qu’il n’avait rien à foutre là, lui qui était premier ministre quand il y a eu la répression des Gilets Jaunes (une vingtaine ou plus de personnes éborgnées sciemment par des policiers délinquants, sans parler du reste).

Des huées se sont alors élevées, non pas pour dénoncer la présence de philippe, mais contre l’intervention du jeune (qui y croit encore). Tandis que le service d’ordre des Clowns se mettaient à plusieurs violemment sur le dos du jeune (encore idéaliste et naïf).

Que dire de plus ? Ceci que je viens de lire de la part de l’avocat Régis de Castelnau (qui fut longtemps l’avocat de la CGT) :

« Coucou les amis magistrats @SMagistrature, c’est bon, vous êtes allés faire les marioles en violant votre devoir de réserve à la fête de l’Huma, vous allez peut-être pouvoir vous remettre au boulot. La rectrice de l’académie de Versailles, Charline Avenel copine de promo de Macron, nommée par lui grâce à un passe-droit, vient d’ajouter une autre probable infraction à son palmarès. Sous sa responsabilité, le rectorat avait déjà refusé de protéger Samuel Paty menacé de mort avec les conséquences que l’on sait. Toujours sous sa responsabilité, voilà qu’il a envoyé chier (il n’y a pas d’autre mot) les malheureux parents d’un ado victime de harcèlement scolaire et qui s’est suicidé.

Dites, amis magistrats,@USM_magistrats vous vous rappelez l’article 223 –6 du Code pénal ? «Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende. Sera puni des mêmes peines quiconque S’ABSTIENT VOLONTAIREMENT DE PORTER À UNE PERSONNE EN PÉRIL l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours. »

On en est à deux morts, ça mériterait peut-être une petite procédure ?

Comment dites-vous ? C’est la copine de votre cher Macron, celui que vous avez fait élire, alors c’est pas touche, c’est ça ?

Ah c’est vrai, j’oubliais. »

J’ajoute encore que depuis, pour se faire oublier sans doute, la ci-devant avenel aurait trouvé (« on » lui aura trouvé) un autre poste « à irresponsabilité » le 13 juiller dernier, à IONIS. J’ignore s’il s’agit du domaine de l’Internet ou du domaine annexe de l’enseignement supérieur privé Ionis Education Group. Sans « É » à Education et sans « e » à Group, bien évidemment !

*

Dans un article du 9 septembre voici ce que j’écrivais à propos de rugby : «  J’en ai eu un sentiment de honte, comme le jour où j’ai appris que le capitaine du quinze de France, antoine dupont, Dupont-la-joie, appelait publiquement dans un document collectif à voter macron « pour faire rempart contre le fascisme ». »

Voilà que j’apprends maintenant que le minot, que le minus – qui joue peut-être bien au rugby mais qui n’a pas vraiment la tête de quelqu’un d’intellectuellement fini ; on ne lui demande pas ça et donc de se taire sur tout autre sujet – a récidivé en protestant contre la récupération par Valeurs Actuelles des huées et des sifflets contre macron, l’autre jour au stade.

« … alors qu’il se fait récupérer en permanence, ajoute un anonyme sur Internet, et en premier lieu de manière très putassière par Macron qu’il a d’ailleurs contribué à faire réélire ! […] Non mais à un moment si tous les gens qui sifflent Macron au stade sont de trop faut le dire, et moi je ne souhaite pas imposer ma présence nauséabonde à tout prix ! Après si les Bleus du rugby jouent leurs matchs à huis-clos que voulez-vous que je vous dise ! »

PIERRE VASSILIU

Pas vraiment yé-yé des années soixante…

Vieux souvenirs « d’entr’entendu » * :

ARMAND (1962)


LA FEMME DU SERGENT (1962)


*

Dans la tradition des fausses rimes :

MA COUSINE (1964)


MON COUSIN (1968)


*d’entr’aperçu, « d’entreperçu » par les oreilles, lorsque j’étais tout gamin.

Un exemple de la dégueulasserie du milieu macroniste.

Il y a quelque temps, un adolescent de Poissy qui était harcelé au lycée a fini par se suicider. Ce qui montre encore un (mauvais) exemple de l’incurie de la dite Éducation Nationale.

Ses parents ont écrit au Rectorat. J’ignore le contenu de la lettre, mais l’on suppose qu’ils devaient mettre en cause le milieu éducatif qui n’avait pas fait son boulot d’alerte.

Finalement, le Rectorat a répondu en avril 2023, non pas pour compatir, mais « tout simplement » en menaçant la famille d’une plainte !

On a fini par savoir que la rectrice est une certaine charline evenel qui n’est pas n’importe qui, mais tout simplement une copine d’ENA de marcon qui, pour qu’elle soit nommée rectrice en 2018, avait même changé, en parfait autocrate, les règles d’attribution des postes de recteurs !

Comme ça fait un peu de remous et de la mauvaise pub, une ‘enquête interne’ va conclure que c’est un petit employé qui a pris sur lui d’envoyer cette lettre. Alors qu’il semble évident que la rectrice était nécessairement au courant de la teneur d’un tel courrier et que c’est même elle qui l’a signé ou fait signer.

Ce n’est pas connaître comment fonctionne (en bien ou en mal) l’administration.

Quel milieu de salopards !

MARCON (DES ESSAIS) DANS LA DÉBINE TOTALE ?

D’après diverses réactions sur X (ex Twitter)

Détesté par une large majorité de Français qui subit la déliquescence et le détournement autoritaire de la fonction présidentielle,

Méprisé par les chefs d’État du monde entier (dernièrement le Maroc : Maroc/Marcon, ça pourrait prêter à confusion, le Mar-oc fait bien de garder ses distances avec le Mar-con),

Sifflé et hué en « mondiovision », par une bonne partie d’un stade de 80.000 spectateurs,

Le poudré cocaïné à la zèle-en-ski, sans aucun amour-propre, a récemment été noyer son chagrin dans les vestiaires de l’équipe uruguayenne de rugby.

marcon levant le coude. Le regard des autres en dit long… Il nous fait HONTE partout tout le temps… (je précise : la source Huffpost est mondialiste, non financée par Poutine).

Première question que l’on se pose : Pourquoi les vestiaires, et les vestiaires des Uruguayens ? Et non pas des Français ?

La réponse semble assez évidente :

Et d’une. Plus de dialogue avec la Russie, la Chine, la Guinée ; même le Maroc refuse « son » aide… L’emmerdeur ne sait plus qui aller emmerder. Du côté uruguayen on ne le connaissait pas trop, mais maintenant c’est fait et comment ? Belle image encore de la France !

Et de deux. « J’imagine que l’équipe de France le connaît trop bien pour l’admettre dans son vestiaire. L’amant déchu va éponger son émoi en fêtant avec les perdants… » (un anonyme) Il faut dire qu’à la différence des fouteux, les rugbymen ne sont pas des manchots et ne se laissent pas tripoter comme ça, même dans les placages. Qu’ils soient Uruguayens ou Français … transgenres, dragues-couines et tripoteurs, c’est pas le genre de la maison.

Deuxième question : encore de la bibine ? Rappelons-nous cette soirée en boîte, en je ne sais plus quel pays africain, il y a quelque temps, où, les yeux perdus, il levait déjà le coude.

Et la 4ème mi-temps n’était déjà pas mal :

Le roi de la picole et de la chnouff dans l’indignité pestilentielle. Les reflets d’une ombre…

« Il noie son chagrin dans la picole, commente un autre anonyme, il n’a plus de poudre blanche magique, ou est en désintoxication ?! Même les médecins de l’Élysée sont nuls, il y a quelques substances qui peuvent le remettre sur le droit chemin, mais c’est peine perdue. »

Il paraît que ce sont les siffleurs qui ont humilité la France… Mais pas l’immature, le pervers et sociopathe narcissique. Un autre anonyme commente ainsi : « ce type est fantastique dans l’art de passer et d’être pris pour une serpillière.. à croire qu’il vit à « 40 piges » son adolescence… »

La troisième question que l’on pose, au final, est la suivante : LA MISE EN BIÈRE, C’EST POUR BIENTÔT ?!

À LA RACINE DE LA BRUTALITÉ OCCIDENTALE – POURQUOI LE RESTE DU MONDE NE VEUT PLUS DE NOUS *

par NICOPOL


mercredi 13 septembre 2023

L’Occident au banc des accusés

C’est une excellente interview du politologue russe Timofei Bordachev, directeur du Club de discussion international Valdaï (1), que vient de traduire en français le non moins excellent site Dedefensa.org, sous le titre « Incompatibilité des BRICS et de l’Occident-Poussif« . La traduction se base sur une version anglaise, publiée le 31 août sur le site Scobricksinsight.com (2) sous le titre « BRICS cannot develop along the path of the West« , d’une interview donnée en russe par Bordachev et publiée sur le site expert.ru. 

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette interview, au-delà de l’analyse de la tendance actuelle des pays non-occidentaux à se regrouper dans des plateformes de coopérations indépendantes, c’est que le politologue slave va au fond des critiques que de plus en plus de pays dans le monde commencent à exprimer ouvertement envers l’Occident. Critiques qui ne se limitent pas à des considérations géopolitiques, économiques ou militaires, mais révèlent un véritable conflit philosophique, et même spirituel, dans la conception du monde, de la vie et de l’humanité. Conflit qui n’est pas nouveau mais remonte à cette période charnière de l’histoire de la pensée à laquelle l’idéologie occidentale s’est radicalement séparée de la vision traditionnelle que partageaient alors les civilisations humaines, et qui subsiste encore largement dans le reste du monde.

Voyons ce que Bordachev nous dit à ce sujet :

« La civilisation occidentale est une civilisation de lutte, où les contradictions sont résolues par les conflits. Toute alternative pour l’Occident est la base d’un affrontement. La structure pyramidale de la pensée inhérente à la philosophie politique occidentale depuis l’époque de l’historien grec Thucydide n’implique pas la coopération d’alternatives, mais seulement une relation verticale »

Plus loin :

« Les pays occidentaux perçoivent tout changement dans l’ordre mondial qu’ils ont créé (…) comme une agression, comme un défi à leurs intérêts. Comme base fondamentale du conflit et de la lutte. »

Et enfin :

« Les BRICS ne peuvent pas se développer sur le chemin de l’Occident, car toutes les institutions de l’Occident sont intégrées verticalement, elles sont toutes axées sur le leadership, toutes sont basées sur le principe d’un “leader et d’une tribu” (…) je ne vois pas la possibilité du fonctionnement des institutions occidentales en dehors des pays de l’Occident libéral. « 

Le grief est très clair, et très tranchant : le reste du monde considère comme désormais insupportable la façon qu’ont les Occidentaux de concevoir les rapports géopolitiques, leur arrogance, leur posture de supériorité verticale en vertu de laquelle on ne ‘‘coopère’’ jamais vraiment mais on s’efforce de dominer et de soumettre les autres. Une posture qui n’est pas seulement contextuelle et opportuniste (parce que nous [sic] en avions jusqu’à présent les moyens), mais révèle une vraie vision du monde et des choses – une « philosophie politique » qui n’est que la manifestation à l’échelle des relations internationales de « la » philosophie occidentale dans son ensemble ; un marqueur « civilisationnel » indissociable du « chemin » pris par l’Occident, et que les autres pays ne veulent désormais plus suivre…

Avant l’ ‘‘Occident’’

Les premières civilisations humaines avaient une pensée fondamentalement horizontale, sans principes verticaux et transcendantaux. Il n’existe qu’une seule dimension immanente, la « Nature » (Physis pour les Grecs), dont tout ce qui existe fait partie, du caillou aux dieux. Toute la dynamique du devenir se place sur ce plan horizontal, sans principe surplombant permettant de hiérarchiser les forces en présence et de fixer des critères absolus du « Bien » et du « Mal ». L’existence est faite d’oppositions, bien entendu, mais il s’agit d’oppositions entre principes horizontalement opposés, entre contraires dynamiquement reliés : corps et esprit, individu et société, guerre et paix, liberté et justice, sont certes en tension permanente, mais comme la tension de deux pôles complémentaires et interdépendants, et non comme la lutte verticale d’un principe prétendument ‘‘supérieur’’ contre un principe ‘‘inférieur’’. Aucun de ces pôles n’étant supérieur à l’autre, aucun n’a vocation à dominer ou éliminer son antagoniste, sans lequel il ne pourrait du reste exister : ces deux pôles en quelque sorte ‘‘extrêmes’’ doivent en permanence s’équilibrer, s’harmoniser, et c’est dans cette harmonie des contraires que réside non seulement la Sérénité individuelle mais aussi la Paix sociale

Cette conception « moniste » des choses [pour faire simple : conception du Monde selon laquelle l’Univers est régi par un principe unique d’équilibre, dont tout se développe, tant au niveau matériel qu’au niveau idéel] se retrouve bien entendu dans la pensée orientale : indouisme (Vishnu / Shiva), bouddhisme, taoïsme (Yin / Yang), shintoïsme… Mais aussi dans la mythologie grecque (Apollon / Dionysos), chez Homère et dans les philosophies pré-socratiques (en particulier Héraclite, équivalent et contemporain du Bouddha et de Lao Tseu) et stoïciennes. Sans être autant conceptualisée, on découvre aussi une telle vision harmonique et cosmique dans les religions égyptiennes, mésopotamiennes et précolombiennes, tant et si bien qu’on peut considérer qu’il s’agit d’une sorte de « fonds originel » de la civilisation.

Mais si cette pensée moniste originelle, comme on l’a dit, s’est globalement maintenue dans le reste du monde, elle a hélas, mille fois hélas, quasiment complètement disparu d’Occident, pour être remplacée par une pensée beaucoup moins sympathique, le Dualisme…

L’origine idéologique de la brutalité occidentale

Dans la pensée dualiste émerge un Principe vertical, transcendant, surplombant la Nature – littéralement, sur-naturel ou méta-physique. Du haut de ce Principe, on peut juger comme « Bonnes » ou « Mauvaises » les choses de la Nature et de l’homme, les hiérarchiser, décider de celles qui doivent subsister et de celles qui doivent être éliminées. Sans possibilité d’équilibrage par l’extrême opposé, le principe victorieux cherche à s’imposer totalement, de façon illimitée, dans son propre extrémisme. Le partisan de la pensée dualiste ne recherche pas le compromis, l’harmonisation des points de vue, l’équilibre des contraires : il revendique sa domination sans limite, la soumission intégrale des autres à ses intérêts – ou bien, lorsque cela n’est pas possible, leur destruction. Pas d’‘‘adversaire’’ avec lequel chercher une entente plus ou moins cordiale, seulement des ‘‘ennemis’’ à soumettre ou éliminer totalement : le dualisme, comme le montre l’histoire de l’Occident, est la matrice de l’extrémisme et du totalitarisme

Cette conception dualiste, verticale, des choses, apparaîtra parallèlement chez Platon, avec ses Idées métaphysiques, et dans la religion vétérotestamentaire, avec ce Dieu transcendant (désormais affublé d’un « D » majuscule), Créateur et législateur du Bien et du Mal (3). Dans les deux cas, comme y fait allusion Bordachev, est à l’œuvre une logique d’ordre tribal, archaïque, pré-civilisée : au sein du peuple hébreu, comme cela a été amplement commenté (l’Ancien Testament n’étant qu’une proclamation belliqueuse de la supériorité du « Peuple élu » sur les autres nations), mais aussi, selon la fameuse thèse de Karl Popper dans La Société ouverte et ses Ennemis, chez Platon, aristocrate déchu à l’époque de la démocratie de Périclès. Logique tribale de domination et de soumission de l’ « Autre », logique hiérarchique, profondément inégalitaire et belliqueuse, en opposition radicale avec la résolution harmonieuse des oppositions telle que le conçoit la pensée moniste.

« Prêtre » abrahamique ou « Philosophe » platonicien en appellent certes à des sources métaphysiques différentes, mais en pratique revendiquent en leur nom le même droit absolu à diriger les sociétés et les esprits. C’est la fusion de ces deux pensées dualistes qui donnera naissance à ce qu’on appelle très largement « la philosophie occidentale », ce mélange de platonisme et de christianisme dans un premier temps (Saint Augustin, Descartes…), avant que ce dernier ne soit remplacé à l’époque des « Lumières » par une forme d’idéalisme certes théoriquement non-religieux, voire matérialiste, mais en pratique tout aussi brutal et totalitaire dans sa prétention à régenter les affaires humaines et « purifier » l’humanité – ce sinistre fantasme de l’ « Homme nouveau » cher aux Encyclopédistes et aux Révolutionnaires de tous poils, toujours à l’origine des plus grands massacres commis par l’homme envers ses semblables…

De Platon au carpet bombing

« Toute l’histoire de la philosophie n’est qu’une suite de notes de bas de page aux dialogues de Platon », disait le philosophe Whitehead – en cela, bien entendu, il voulait parler de la philosophie occidentale. Et de fait, depuis Platon et Saint-Augustin, le dualisme métaphysique domine de façon hégémonique la pensée occidentale, ne laissant subsister que quelques rares témoins de cette belle pensée païenne, non-dualiste, de l’harmonie des contraires (Giordano Bruno, Montaigne **, Spinoza, La Métrie, Nietzsche, George Sorel, Bataille, Camus…). Héritiers d’Homère et d’Héraclite qui vont se retrouver immanquablement ostracisés, censurés, embastillés, parfois même brûlés par les Grands Prêtres de l’Idéalisme [sic] – les Inquisiteurs de la Renaissance, les Voltaire, Diderot, Sartre et consorts, et aujourd’hui tous les Torquemada de la « bien-pensance » ou du « wokisme », autres noms de cette « Pensée unique » qui est à la philosophie ce que le Parti unique est à la Démocratie et le Dieu unique à la spiritualité… 

A l’époque contemporaine, ce dualisme mortifère trouve son expression la plus brutale et destructrice dans la prétention des élites américaines à diriger unilatéralement le reste du monde pour leur seul profit. Les États-Unis ont été fondés par des Puritains anglo-saxons se revendiquant comme le « nouveau Peuple élu », voyant dans les immenses territoires du continent nord-américain la nouvelle « Terre promise » de la Bible – et s’arrogeant, comme les Hébreux, le droit d’en nettoyer ethniquement les pauvres occupants originaux. C’est à ces Pères fondateurs, cumulant le pire du Monothéisme abrahamique et des Lumières, que l’on doit cette funeste doctrine de l’ « Exceptionnalisme » et de la « Destinée manifeste », au nom de laquelle les Américains s’arrogent tous les droits, partout dans le monde, tout en refusant catégoriquement la moindre réciprocité (« deux poids, deux mesures » caractéristique de la mentalité tribale selon laquelle l’ « autre » est moins digne que son propre groupe). D’où ce système vertical, « pyramidal », mis en place au fur et à mesure de la montée en puissance des USA, avec une série d’ « institutions » mondiales supposément multilatérales mais consacrant en fait la domination totale d’un seul pays, et même d’un seul petit groupe d’intérêts à l’intérieur de ce pays (toujours cette logique tribale du « clan », du « club », du petit nombre d’ « happy fews » s’attribuant tous les privilèges tout en réduisant les autres à la soumission)…

D’où aussi cette brutalité sans limite lorsque le groupe dominant anglo-saxons perçoit une velléité de rébellion chez l’un de ses vassaux, cette utilisation sans vergogne de moyens de soumission et de destruction que le reste du monde considère à juste titre comme ‘‘inhumain’’ (mais dans la logique tribale, l’autre n’est justement pas considéré comme véritablement humain) : bombes atomiques, napalm, agent orange, munitions à uranium appauvri et bombes à fragmentation, et tous ces carpet bombing meurtriers qui précèdent systématiquement l’arrivée triomphale des GIs, de la Liberté et des Droits de l’homme…

Quitter le chemin mortifère de l’Occident

Cette conception dualiste du monde est profondément névrosée, malsaine, violente et sadique. Elle ne conçoit que des rapports de domination, de soumission et d’humiliation. Cette incapacité pathologique de l’Occident à envisager une relation mutuellement bénéfique, dans laquelle chacun reste libre tout en étant interdépendant de l’autre, imprègne tout notre espace mental, qu’il s‘agisse des rapports géopolitiques ou entre sexes, classes sociales et générations. Une vision anthropologique profondément sombre, pessimiste, angoissante et mortifère, une « anthropologie noire » dont parle JC Michéa à propos de Hobbes – celui pour qui « l’homme est un loup pour l’homme » – et de laquelle rien de beau, rien d’harmonieux, rien de paisible ne pourra jamais durablement naître. 

Nos institutions reflètent notre idéologie, comme nous l’enseigne Montesquieu dans L’Esprit des Lois. Les institutions mondiales mises en place par l’Occident sont à l’image de cette mentalité morbide. « La structure pyramidale de la pensée inhérente à la philosophie politique occidentale … n’implique pas la coopération d’alternatives, mais seulement une relation verticale », résume parfaitement Timofei Bordachev ; les relations entre pays y sont basées « sur le principe d’un leader et d’une tribu” (cette dimension tribale de la pensée dualiste hégémonique dont nous parlions ci-dessus…) et débouchent non pas sur la « résolution » harmonieuse des « contradictions », mais sur la guerre permanente, économique ou militaire, visant à la soumission ou à la destruction de l’autre.

Or, c’est bien cette approche verticale, brutale et agressive, des relations internationales que les autres pays du Monde ne supportent désormais plus. Et dont, à l’image désormais de la Russie et de la Chine, elles ont enfin les moyens, économiques et militaires, de s’émanciper durablement pour construire un contre-modèle plus horizontal, multilatéral et coopératif. Un contre-modèle qu’il ne faut bien sûr pas idéaliser et qui recèle son lot de contradictions, mais qui reconnaît dans l’opposition naturelle des intérêts la nécessité du dialogue, du compromis et de l’harmonisation des antagonismes…

Lorsque Bordachev dit ne pas voir « la possibilité du fonctionnement des institutions occidentales en dehors des pays de l’Occident libéral », ce qu’il veut dire, c’est que l’idéologie occidentale est incompatible avec le reste du monde et doit en être extirpée. Lorsqu’il dit que « les BRICS ne peuvent pas se développer sur le chemin de l’Occident », il veut vraiment dire qu’il est temps pour eux de définir un autre modèle conforme à leur nature profonde, non-dualiste, un modèle suffisamment fort pour s’émanciper et se protéger de ce monde occidental en pleine autodestruction économique, sociale et morale. Je partage et m’associe entièrement à cette aspiration. Je me réjouis de voir de nouvelles alliances se former dans le reste du monde, entre pays latino-américains, slaves, africains et asiatiques (4). Je me réjouis d’y voir promu un modèle de relations reposant sur l’équilibre, la multipolarité, le bénéfice mutuel de relations certes parfois conflictuelles mais fondamentalement complémentaires et coopératives.

J’espère de tous mes vœux que les peuples occidentaux pourront un jour se libérer à leur tour de cette idéologie dualiste mortifère, et retrouver cette belle pensée traditionnelle de l’équilibre et de l’harmonie des contraires…

Nicopol

(1) Un think-thank plutôt proche de Poutine qui organise un forum annuel très couru, consacré à la place de la Russie dans le monde

(2) Consacré à l’actualité des pays-membres des BRICS et de l’Organisation de Coopération de Shangaï

(3) Notons qu’une école dualiste existe aussi au sein de l’Indouisme mais est toujours restée minoritaire

(4) J’avoue que la question des pays musulmans (en particulier Turcs, Iraniens et Arabes) me tracasse un peu. D’un côté, ils représentent des alliés de poids dans le camp ‘‘anti-impéraliste’’, ne serait-ce que pour leurs immenses réserves énergétiques. De l’autre côté, l’Islam est une religion dualiste, peut-être même la plus dualiste des trois Monothéismes. Je me réjouis certes d’un côté de voir les musulmans d’Iran, de Turquie et maintenant d’Arabie Saoudite se rapprocher de la Russie plutôt que des USA. Mais je m’inquiète du fait qu’il s’agisse d’une tactique contingente au service d’une soif de conquête verticale, et non d’un véritable esprit d’entraide horizontale…

* (jpf) De la maffia mondialiste qu’on est les premiers à subir, nous aussi. Qui n’en a rien affaire de nous. Quant à « brutalité » je ne sais pas si c’est un bon terme, quand on voit les niveaux de barbarie que cela peut ou a pu atteindre.

**(jpf) Montaigne n’était pas spécialement partisan de l’harmonie des contraires ; n’aimant pas du tout les « mérancholieus » (les mélancoliques) ; et trouvant très bien qu’un capitaine fasse pendre un groupe de soldats adverses qui s’étaient « trop bien » défendus et lui avaient donné du fil à retordre. Mesquin, « brutal » et peu humaniste.

Pensée du jour

Ovules complaisants (sic) et spermatozoïdes sadiques : la pire des punitions, c’est de naître…

Et d’être.