Rappel des quatre poules (avec entre parenthèse le classement au niveau mondial de chaque pays au début de la compétition):
Poule A :
France (3)
Nouvelle-Zélande (4)
Italie (13)
Uruguay (17)
Namibie (21)
*
Poule B :
Irlande (1)
Afrique du Sud (2)
Écosse (5)
Tonga (15)
Roumanie (19)
*
Poule C :
Fidji (7)
Australie (9)
Pays de Galles (10)
Géorgie (11)
Portugal (16)
*
Poule D :
Argentine (6)
Angleterre (8)
Samoa (12)
Japon (14)
Chili (22)
Je ne connais pas toutes les subtilités du classement, mais je suppose que si les 18e et 20e actuels, les États-Unis et l’Espagne, sont absents, c’est parce qu’ils sont remontés dans le classement après que les poules ont été établies. Quand les actuels 21e et 22e se trouvaient encore parmi les 20 premiers.
Ironie du temps, les États-Unis (18e) sont absents comme le sont le Canada (23e) et la Russie qui est 24e ou 25e (ma source n’est pas vraiment sûre à ce niveau).
*
Loin de représenter toutes les parties de la croûte terrestre, les pays présents (je devrais dire les nations, car le Royaume-Uni par exemple comporte officiellement trois nations, sans parler de la France par exemple qui en comporte un nombre certain, bien qu’elles ne soient pas reconnues officiellement : Alsace, Pays Basque, Catalogne, Corse, Bretagne, etc.) viennent de trois régions du Monde seulement :
– l’Europe : 9 pays, dont 7 de l’Europe de l’Ouest,
– L’Océanie/Asie : 6 pays, dont 5 d’Océanie,
– L’Afrique du Sud/l’Amérique du Sud : 5, dont 3 d’Amérique du Sud.
Soit à parité, 10 pays de l’hémisphère Nord et 10 de l’hémisphère Sud. Avec une sur- représentation de l’hémisphère Sud qui est beaucoup moins peuplé que l’hémisphère Nord.
*
Ces pays relèvent de quatre domaines linguistiques :
– le domaine anglophone : 11 sur 20. Celui du Royaume-Uni et de l’Irlande (4), qui est aussi celui de langues celtiques (gaélique irlandais, écossais, brittonique gallois et cornique) ; et celui d’anciennes colonies royaumuniennes : 2 au Sud de l’Afrique, en concurrence avec l’afrikaans néerlandais, et 5 en Océanie ;
– le domaine latin : 7 sur 20. De langue espagnole (3), française, italienne, portugaise et roumaine.
– le domaine géorgien, où l’on parle au moins quatre langues caucasiennes, sans compter les dialectes, dont le géorgien proprement dit ; langue agglutinante, dont les plus anciennes attestations écrites remontent à la fin du IVe siècle et que certains linguistes rapprocheraient du sumérien antique ;
– le domaine japonais : la langue japonaise est également une langue agglutinante. Et de haute antiquité, elle aussi.
*
Au point de vue religieux, 19 pays sur 20 sont de tradition chrétienne. Je parle de tradition ; en terme de croyance ou de pratique, ici ou là, c’est autre chose.
– 10 pays sont très majoritairement de tradition protestante, anglicane avant tout ;
– 7 pays sont de tradition catholique : les pays latins moins la Roumanie, et plus l’Irlande (à une très large majorité) ;
– 2 pays sont de tradition orthodoxe : la Géorgie et la Roumanie ;
– 1 pays, le Japon est de tradition shintoïste polythéiste et animiste, marqué de syncrétisme accueillant des pratiques de diverses religions comme le bouddhisme.
*
Le plus remarquable est sans doute les écarts considérables de populations entre les pays présents à cette Coupe du Monde.
| Nombre d’habitants environ | |
| JAPON | 125 millions |
| *** | *** |
| FRANCE | 68 millions |
| AFRIQUE DU SUD | 61 millions |
| ITALIE | 59 millions |
| ANGLETERRE | 56 millions |
| ARGENTINE | 46 millions |
| *** | *** |
| AUSTRALIE | 26,5 millions |
| CHILI | 19 millions |
| ROUMANIE | 19 millions |
| PORTUGAL | 10 millions |
| *** | *** |
| IRLANDE (avec Irlande du Nord) | 7 millions |
| ÉCOSSE | 5,5 millions |
| NOUVELLE-ZÉLANDE | 5 millions |
| GÉORGIE | 4 millions |
| URUGUAY | 3,4 millions |
| PAYS DE GALLES | 3 millions |
| NAMIBIE | 2,6 millions |
| *** | *** |
| FIDJI | 900.000 |
| SAMOA | – de 200.000 |
| TONGA | 105.000 |
À un bout de la chaîne rugbystique : 125 millions d’habitants, à l’autre bout : 105.000, soit 1190 fois moins.
Aussi convient-t-il de relativiser certains exploits ou affirmer d’autres, véritables.
*
Certes, la place de la soule, pardon du rugby n’est pas la même dans les divers pays. Bien implanté, par exemple, au Royaume-Uni ou en France, encore que beaucoup moins que le ballon-au-pied (… le calcio, la tatane …), il est le premier sport masculin (quoique les filles s’y mettent depuis quelques années) de petits pays, et ceci pour un certain nombre depuis ses origines. Tandis qu’il est de développement plus ou moins récent dans d’autres. Et que la valeur sportive de telle ou telle équipe est quelque chose de continuellement fluctuant, en mieux en pire, selon le talent non seulement des joueurs mais des sélectionneurs, des entraîneurs, des tactiques sportives développées.
Sans oublier cet autre problème que la place du professionnalisme n’est pas le même selon les pays. Et que la transition ne s’est pas réalisée partout de la même manière, plus ou moins facilement ou difficultueusement ; ni pour les mêmes salaires.
Certaines équipes sont encore constituées ici, au moins en partie, d’amateurs. Quant à leurs joueurs professionnels, ils peuvent jouer dans d’autres pays, et pas toujours parmi l’élite. C’est le cas en France, avec la présence de joueurs géorgiens, portugais ou fidjiens, par exemple. Ce qui n’existait pas avant le professionnalisme, plus exactement le professionnalisme officiel.
Donc relativisons ou affirmons certains « exploits ». Sans prendre en considération ce qui relève de l’invérifiable, du moins officiellement, je veux parler du dopage qui sévit ici comme ailleurs dans les autres sports.
*
Quand la France bat, lors du match d’ouverture, les All Blacks de Nouvelle-Zélande 27 à 13, c’est une sorte d’exploit dans la mesure où les Français ne les ont pas battus souvent, mais c’est moins un exploit quand on voit que la Nouvelle-Zélande n’est pas aussi impériale qu’autrefois, surtout ces derniers temps. Et quand l’exploit finit par se répéter au fil des années.
Ce qui est quand même le plus surprenant, et ceci depuis les origines, c’est qu’un aussi petit pays ait pu ou puisse encore damer le pion à des pays autrement peuplés que lui. 5 millions d’habitants contre 68 millions, c’est un rapport de 1 à 13,6.
On pourrait dire la même chose du Pays de Galles (3 millions d’habitants) ou de l’Écosse (5,5 millions) qui ont déjà gagné plusieurs fois le Tournoi des Cinq, puis des Six Nations. 39 fois vainqueurs, dont douze grands chelems, pour le Pays de Galles. 22 fois vainqueurs, dont trois grands chelems, pour l’Écosse.
C’est, dans cette Coupe du Monde, la victoire du Pays de Galles face à l’Australie : 40 à 6. Pays de Galles et Australie dans un rapport de 1 à 8,8 en terme d’habitants. En soi c’est une sorte d’exploit, sauf que depuis quelque temps, comme pour la Nouvelle-Zélande, l’Australie a subi quelques revers. Et quelle ne devrait pas passer, cette année, le cap des qualifications, battue pour l’instant par le Pays de Galles et par les Fidji 15 à 22. Fidji, moins d’un million d’habitants, Australie plus de 26 millions, dans un rapport de 1 à plus de 29.
Avant son dernier match qualificatif, le Pays de Galles est déjà qualifié avec trois victoires, en ayant battu celui qui sera probablement le second qualifié de sa poule : les Fidji. Ici le rapport entre Fidji et Pays de Galles est de 3,3 seulement.
*
Il y a quelques jours, les supporteurs de l’équipe de France ont crié à l’exploit après sa victoire 96 à 0 contre la Namibie. D’abord il faut savoir que c’est plus ou moins l’équipe de France type qui a affronté ce Petit Poucet. Et que le rapport de population entre la Namibie et la France est de 1 à 26.
Et beaucoup ne se sont pas avisés de remarquer qu’un autre Petit Poucet de la compétition, l’Uruguay venait de très bien se défendre contre une équipe de France formée de plusieurs remplaçants (ce qui est inquiétant concernant la qualité des remplaçants) par 12 contre 27. Ici le rapport est de 1 à 20.
Uruguay qui lui-même a battu la Namibie 36 à 26. Comme la France donc, mais aussi la Nouvelle-Zélande (71 à 3), et l’Italie (52 à 8).
*
Pas facile d’établir des correspondances qui sont nécessairement figée à des moments différents avec une réalité différente (mais cependant où le temps qu’il fait, joue de moins en moins avec les stades actuels) et qui ne tiennent pas compte de l’aspect diachronique d’une compétition où les joueurs s’usent, se blessent, sont sanctionnés, où les joueurs tournent, où les tactiques peuvent changer selon l’adversaire.
Il n’y a pas toujours de logique. Ainsi, on a du mal à comprendre qu’après que l’Italie a battu la Namibie 52 à 8, que la Nouvelle-Zélande a battu la Namibie 71 à 3, la Nouvelle-Zélande a battu l’Italie 96 à 17. Un relâchement des Néo-zélandais avec la Namibie, sans forcer leur talent ; une tournée des effectifs avec des remplaçants ? Une fatigue de l’équipe italienne face aux néo-zélandais ? Ou obligation de marquer le coup et de prendre au sérieux les Italiens qui avaient déjà gagné deux matches ?
*
Mais peut-être que le véritable exploit est venu des Irlandais qui ont battu l‘équipe championne du Monde sortante : l’Afrique du Sud, 13 à 8, dans un match fermé.
Tout en précisant que cette édition, qui se tient dans l’hémisphère Nord, semble moins favorable aux quatre principales équipes « traditionnelles » de l’hémisphère Sud. Question de saison, à l’envers pour eux ? Ou tout relatif déclin ? Tandis que celle des Fidji (7e), ne cesse de progresser vers le haut.
Poule A, la France (3e au classement mondial) bat la Nouvelle-Zélande (4e « seulement » en ce moment) ; poule B, l’Irlande (1ère) bat l’Afrique du Sud (2e) ; poule C le Pays de Galles (10e) bat l’Australie (9e) ; poule D, l’Angleterre (8e) bat l’Argentine (6e)…
De Donbass Insider
🇷🇺 C’est aujourd’hui le jour de la réunification des nouvelles régions avec la Russie.
« Il y a un an, lors de référendums, leurs habitants ont pris la décision fatidique de rejoindre leur patrie. Ce choix est devenu le symbole non seulement du rétablissement de la justice historique, mais aussi de l’unité du peuple russe, de sa volonté colossale et de son altruisme.
L’opération militaire spéciale se poursuivra jusqu’à la destruction complète du régime nazi de Kiev et la libération des territoires russes de l’ennemi.
La victoire sera pour nous.
Et il y aura d’autres nouvelles régions au sein de la Russie.
Joyeuses fêtes !
Dmitri Medvedev »
La manière de compter les points au rugby, du moins de nos jours, car il y a eu des variations dans le temps, en vue de privilégier l’essai (qui est quand même le but premier du jeu) sur les coups de pied, pourrait être illustrée par ces vers bien connus de Verlaine :
Et pour cela préfère l’Impair.
Plus vague et plus soluble dans l’air …
Car à la base on a les multiples de trois, les multiples de cinq et les multiples de sept.
Puis, les autres combinaisons possibles par addition des multiples de trois, cinq et sept. Soit donc aussi, entre autres, les multiples de huit (3+5) mais également de onze (3+3+5), de treize (3+3+7) …
Toutes les marques potentielles jusqu’à 100 :
| Pénalités/ drops | Essais non-transformés | Essais transformés | Combinaisons de marques autres, absentes des colonnes précédentes |
| 3 | |||
| 5 | |||
| 6 | |||
| 7 | |||
| 8 | |||
| 9 | |||
| 10 | |||
| 11 | |||
| 12 | |||
| 13 | |||
| 14 | |||
| 15 | 15 | ||
| 16 | |||
| 17 | |||
| 18 | |||
| 19 | |||
| 20 | |||
| 21 | 21 | ||
| 22 | |||
| 23 | |||
| 24 | |||
| 25 | |||
| 26 | |||
| 27 | |||
| 28 | |||
| 29 | |||
| 30 | 30 | ||
| 31 | |||
| 32 | |||
| 33 | |||
| 34 | |||
| 35 | 35 | ||
| 36 | |||
| 37 | |||
| 38 | |||
| 39 | |||
| 40 | |||
| 41 | |||
| 42 | 42 | ||
| 43 | |||
| 44 | |||
| 45 | 45 | ||
| 46 | |||
| 47 | |||
| 48 | |||
| 49 | |||
| 50 | |||
| 51 | |||
| 52 | |||
| 53 | |||
| 54 | |||
| 55 | |||
| 56 | |||
| 57 | |||
| 58 | |||
| 59 | |||
| 60 | 60 | ||
| 61 | |||
| 62 | |||
| 63 | 63 | ||
| 64 | |||
| 65 | |||
| 66 | |||
| 67 | |||
| 68 | |||
| 69 | |||
| 70 | 70 | ||
| 71 | |||
| 72 | |||
| 73 | |||
| 74 | |||
| 75 | 75 | ||
| 76 | |||
| 77 | |||
| 78 | |||
| 79 | |||
| 80 | |||
| 81 | |||
| 82 | |||
| 83 | |||
| 84 | 84 | ||
| 85 | |||
| 86 | |||
| 87 | |||
| 88 | |||
| 89 | |||
| 90 | 90 | ||
| 91 | |||
| 92 | |||
| 93 | |||
| 94 | |||
| 95 | |||
| 96 | |||
| 97 | |||
| 98 | |||
| 99 | |||
| 100 |
Ce qui fait que lorsque l’on joue au rugby, on ne joue jamais au 421. Toutes les marques, tous les nombres sont possibles de 0 à 100, et au-delà… sauf 1, 2 et 4. Qui sont, par contre, des marques des plus habituelles à la balle-au-pied.
Certes, certaines marques sont plus bien plus rares que d’autres, mais il serait intéressant, pour qui s’intéresse aux probabilités, de répertorier les scores finaux des matches pour voir quels sont ceux qui sont les plus courants, sur une saison, dans une division donnée ; ou par exemple au niveau international, comme dans cette Coupe du Monde.
Quatrain matinal, mais peu matineux
C’est encor le matin :
La nuit a fui …
Mâtin pas très mutin ;
Mais, ouvrons l’huis !
Amin Maalouf a été élu secrétaire perpétuel de l’Académie française, hier, jeudi 28 septembre, et succède ainsi à Hélène Carrère d’Encausse.
Le journal “Le Monde” écrit qu’Amin Maalouf est “apprécié de tous ou presque” (des noms! des noms!) “dans l’institution du quai Conti”, Il a remporté l’élection par 24 voix contre 8 à un autre auteur, M. Jean-Christophe Rufin.
Mais qu’y a-t-il de vraiment intéressant ici? A mon humble avis, autre chose. Ces deux messieurs (Maalouf et Rufin) ont tous deux obtenu un prix Goncourt.
*
Chacun sait (ou devrait savoir) que les frères Goncourt avaient décidé qu’après leur mort, leurs biens seraient vendus, leur capital placé et les intérêts de cette somme utilisés par l’Académie Goncourt pour rémunérer dix auteurs au moyen d’une rente à vie, permettant ainsi à dix académiciens de vivre de leur plume, et pour décerner un prix annuel de 5 000 “francs or” de l’époque.
Rien à redire sur le fait que la plupart des lauréats du Goncourt tombent, en 2023, dans l’oubli (dont la plupart n’auraient sans doute jamais dû sortir, diront les mauvaises langues). Peu importe, au fond, que la plupart des prix aillent aux auteurs de chez Galligrasseuil. Chacun sait que les jurés, eux aussi auteurs, sont liés à leurs maisons d’édition.
Toute cette comédie n’abuse donc que les gogos. Les mots “prix Goncourt”, offerts à l’auteur et à la maison d’édition les plus habiles et les plus corrects politiquement, obtiennent leur prix et les mots “Prix Goncourt” font grosse impression sur Madame Michu, au rayon culturel des supermarchés. Tout le monde sait cela.
*
Parlons de l’essentiel. Les frères Goncourt. Je me suis toujours demandé si quelqu’un, aujourd’hui, les a lus. Je suis allé jusqu’à me demander si les gens qui obtiennent le Goncourt, voire les membres de l’Académie Goncourt, ont lu les Goncourt…
Parce que voilà, ils ont laissé l’expression d’une pensée qui (pour qui a lu leur journal ou leurs romans) ne serait pas toujours facilement publiable, de nos jours, en 2023.
Qui pourrait publier sans avoir beaucoup d’ennuis, en 2023, des phrases comme celle qui suit? “Ces mégères révolutionnaires, qui pissent à con béant sur les cadavres des gens qu’elles ont égorgés” (E. et J. de Goncourt, Journal, 1885, page 429). Parler de “mégères” et de “cons béants” ne pourrait-il pas heurter la sensibilité féministe de notre époque?
Les Goncourt employaient des gros mots (“emmerdant”, par exemple).
Les Goncourt parlaient de “chier”. Je cite: “Ce roublard sadique et méchant, se faisant chier dans la bouche, accusant sataniquement ses maîtresses de lui voler ses montres”… (Goncourt, Journal,1866, page 276).
Ils parlaient volontiers de sexe, de sperme, de fellations, de fouteries.
“Il lui jette un de ces baisers où l’on jette son âme. La femme vient le soir dans sa chambre et commence par le sucer. Ce furent une fouterie de délices, puis des larmes, puis des lettres, puis plus rien” (Goncourt, Journal,1860, page 709).
Voilà des choses qui pourraient choquer cette époque asexuelle, celle de 2023. Autre exemple: “Le phallus, ce rien dans la vie du sage, cette simple machine à pisser et à jouir” (Goncourt, Journal,1860, page 831).
Les Goncourt parlaient d’érections et de masturbations. Je cite: “Son frère ayant − le mot scientifique m’échappe − ayant une érection perpétuelle, c’était elle qui lui versait de l’eau froide sur la verge” (Goncourt, Journal, 1894, page 678). Ou: “Il y a au milieu une danse d’almées sous l’érection d’un phallus monumental et la pièce se termine par une branlade presque nature” (E. et J. de Goncourt, Journal, 1877, page 1189).
Prenons Rimbaud (dont Macron voulait envoyer les restes mortels au Panthéon): “Darzens nous apprend que Rimbaud est maintenant établi marchand à Aden et que dans des lettres qu’il lui écrivait, il parlait de son passé comme d’une énorme fumisterie” (Goncourt, Journal,1891, page 32).
Les Goncourt n’avaient pas d’illusions sur la grande presse “dégoûtamment putain” de leur époque: “Cette presse du Figaro, du Gaulois; cette presse sans une révolte, sans une indignation, sans un écœurement contre le néant de la pièce de Zola, cette presse bienveillante, bonasse, dégoûtamment putain, quand on pense à ce qu’elle a été pour Renée Mauperin, tout incomplète qu’était la pièce… Goncourt, Journal,1887, page 649).
Les Goncourt parlaient de “putanisme du gouvernement”. Je cite : “Fould, à qui je parle de cela aujourd’hui, m’a dit: « C’est Mocquard qui a empêché l’ordre, ou le préfet de police, que Villemessant a dans sa manche… » et About ajoute: « Vous n’avez pas idée de ce que c’est que le gouvernement. Le putanisme y règne » (Goncourt, Journal,1860, page 699).
Les Goncourt n’étaient pas très… académiques: “C’est Masson qui amène toute cette petite racaille académique!” (Goncourt, Journal, 1887, page 641).
Les Goncourt n’aimaient pas leur époque : “Les générations contemporaines ne s’insurrectionnent que pour la satisfaction d’intérêts matériels tout bruts (…) la ripaille et la gogaille ont seules, aujourd’hui, la puissance de leur faire donner héroïquement leur sang” (Goncourt, Journal, 1871, page 755).
Les Goncourt écrivaient : “Étant donné l’intelligence du suffrage universel, si nous ne nous livrions pas à des malversations électorales, nous serions des dupes, des foutues bêtes” (Goncourt, Journal,1881, page 137).
Les Goncourt se permettaient de parler de “tarés” : “L’humanité n’est bonne, n’est bienveillante, n’est indulgente que pour les bâtards, les tarés, les pas-grand-chose moralement” (Goncourt, Journal, 1874, page 965).
Les Goncourt parlaient de “coucheries” avec des femmes “moresques” : “Mes coucheries avec des femmes moresques en Afrique” (Goncourt, Journal,1889, page 1000).
Et que dire de ce qu’écrivaient les Goncourt au sujet des Juifs? Exemple (horresco referens): “Je n’ai pas de chance. C’est un jour de juiverie. Il y a à dîner l’affreux Reinach, le ménage Straus; mais ils me font bonne mine, et Mme Straus, qui est une femme d’esprit, est même très aimable avec moi” (Goncourt, Journal,1896, p. 941).
Continuons, je cite: “C’est curieux dans ce pays catholique, les juifs et les protestants tout à fait omnipotents, et les catholiques à l’état de parias!” (Goncourt, Journal, 1894, page 620).
Je cite, toujours: “Chez le juif près duquel on achète, il se passe une chose curieuse: aussitôt que vos achats se ralentissent, l’amabilité baveuse du youtre se renfrogne et devient poliment glaciale” (Goncourt, Journal, 1891, page 111).
Et je cite encore: “Enfin, voici Meyer, et toute la youtrerie de se jeter au-devant de lui pour le féliciter” (Goncourt, Journal, 1886, page 568).
Voilà donc deux écrivains d’autrefois qui ont écrit des choses qui seraient aujourd’hui complètement impubliables, des choses porteuses de scandale, mais ce qui étonne est que l’on attribue toujours aujourd’hui, au nom de Jules et d’Edmond (dont on serait fort curieux de savoir l’avis sur ce qu’est devenue l’Académie fondée à leur demande), un “prix Goncourt” à des auteurs contemporains, comme MM. les auteurs Maalouf et Rufin, qui acceptent le prix (et les ventes, qui chaque année montent en flèche, de leurs œuvrettes) mais sans jamais protester contre tout ce qu’ont pu écrire (voir les quelques exemples cités ici par nos soins) les frères Goncourt.
Les Goncourt reprochaient encore à la vie littéraire parisienne de se résumer à “des cancans extravagants faits par les potiniers de lettres sur les uns et les autres” (Goncourt, Journal,1890, page 1184).
Que diraient-ils en observant la dispute pour rire de MM. Maalouf et Rufin afin que l’un d’eux puisse siéger en tant que secrétaire “perpétuel”?…
Les frères Goncourt se moquaient des petitesses politiques du monde parisianiste pseudo-littéraire: “C’est autour de moi un susurrement à voix basse de gens qui se demandent et se promettent des places pour les amis” (Goncourt, Journal,1878, page 1234).
Et après cela, on donne le prix Goncourt à des auteurs comme les sieurs Maalouf et Rufin? Qu’ont à voir Maalouf et Rufin avec les frères Goncourt?
Les prix Goncourt Maalouf et Rufin ont-ils lu les propos des frères Goncourt? S’ils acceptent le prix, faut-ils croire qu’ils cautionnent de tels propos? Et s’ils ne les cautionnent pas, pourquoi accepter ce prix? Ne vaudrait-il pas mieux alors refuser le prix Goncourt ou, pour ses membres, en démissionner (comme l’avait fait Bernard Clavel)?
On lit aujourd’hui dans “Le Monde” qu’Amin Maalouf, encore lui, est “un homme passe-frontières, hanté par l’incompréhension qui peut séparer l’Occident de l’Orient”, qui ne “déteste rien tant que les « crispations identitaires » et le communautarisme”.
La seule et simple vérité est que le prix Goncourt, comme à peu près tout le reste, n’a plus rien de littéraire depuis des dizaines et des dizaines d’années. En 1999, même le magazine Lire écrivait ce que tout le monde sait: « Le prix Goncourt couronne rarement le meilleur roman de l’année ».
Conclusion, un prix qui ne couronne pas le meilleur roman de l’année, et qui continue à porter le nom de deux écrivains, Jules et Edmond de Goncourt, que visiblement personne n’a lus. Deux écrivains que, déjà en 1936, le fameux critique littéraire Albert Thibaudet accusait de misogynie.
Comment donc M. Maalouf, l’antiraciste bien connu et dont “Le Monde” d’aujourd’hui salue longuement l’antiracisme, a-t-il pu accepter le prix “Goncourt”? J’imagine, mais c’est certainement utopie, qu’il va renoncer à son prix Goncourt et surtout reverser ses droits d’auteur à quelque association ou à quelque ligue de vertu…
Olivier Mathieu.
« Les esprits dogmatiques, absolus et étroits, enclins à l’infaillibilité, affirment ou nient résolument, ils ne savent ni douter, ni ignorer, et leur ascendant s’exerce souverainement sur la majorité moutonnière, qui suit docilement, croit aveuglement, admire de confiance et d’autant plus qu’elle comprend moins.
L’art médical ne produit guère de ces esprits naturellement portés au doute et à l’examen ; ils ne forment en tout temps qu’une minorité. »
Ces constats, au combien juste, sur la grégarité débile des masses et sur la grégarité également imbécile des « savants » ou jugés tels, et en l’occurrence des médecins, on peut parfaitement l’appliquer au temps présent et à ce catastrophique épisode covidiste.
Ces quelques lignes sont extraites de l’un des livres que le Docteur Joseph-Michel Guardia, un médecin hispano-français né, aux Baléares, Josep Miquel Guàrdia Bagur (1830 – 1897), a consacré à son art. Il est cité dans la préface du premier volume que le Docteur Cabanès a consacré aux Indiscrétions de l’Histoire (Albin Michel, 1907).

Une moustache « à la Dali » avant l’heure. Une moustache « à la Cabanès », devrait-on dire.
Le Docteur Augustin Cabanès (1862 – 1928), l’un des premiers historiens de la médecine, est un auteur prolifique qui aimait agrémenter ses ouvrages de nombreuses anecdotes et de nombreux petits faits de société et de mœurs (bonnes ou mauvaises) passées, jusque là peu évoqués ou rejetés, négligés.
Énonçant, non sans justesse, que « les menus faits », « les bagatelles dédaignées par la grande Histoire » sont pourtant parfois fort éclairants pour bien comprendre telle ou telle époque et ses préoccupations finalement essentielles.
Pour donner un exemple contemporain : il n’est pas anecdotique de constater qu’un zèle-en-ski ou qu’un marcon soient accros à la cocaïne. Pantins englués dans le totalitarisme colonial mondialiste en phase terminale. Et d’autant moins anecdotique que la cocaïne est de toute évidence étranger à Poutine et à Lavrov, par exemple. Hommes mesurés, lucides et qui voient loin.
La cocaïne est un révélateur de la décadence, plus générale et en tous domaines, occidentale. Du haut en bas de la société, d’une civilisation occidentale vacillante
Augustin Cabanès, c’est également cet auteur qui rappelait l’existence, en plus des cinq sens classiques (le goût, l’odorat, l’ouï, le toucher, la vue) d’un « sixième sens (sens génésique) ». Génésique : qui ressortit à la reproduction sexuée, ou plus généralement à la sexualité.
Il m’est arrivé d’écrire que ce qui relevait du sexe, en tant qu’instinct animal ou dans sa forme sublimée d’amour dit platonique, était un sixième sens à lui tout seul, me croyant un peu original ; alors même, je l’ai découvert il y a peu, que ce Docteur Cabanès en avait fait sujet d’une partie de l’un de ses nombreux livres. Comme quoi !
Ce sixième sens a tout à voir avec les cinq autres, comme les cinq autres, mais dans un autre contexte, ont tout à voir avec l’amour des Arts. À sens naturels, amour naturel des Arts. À sens dévoyés, amour dévoyé des arts, eux-mêmes étant également dévoyés. Du non-art.
De nos jours qui décortique tout, certains évoquent l’existence de beaucoup plus de cinq sens, ou d’aspect singuliers ou particuliers de certains sens. Et il est convenu, dans certains milieux scientifiques, d’affubler l’Homme d’au moins deux autres sens : celui, inconscient, de ce qui relève de l’équilibre et qui se tient dans l’oreille interne ; et celui, très largement involontaire de la perception de notre corps et de ses activités, lié en particulier, pas seulement, au système nerveux.
Mais pour ces deux derniers sens on ne fait que subir, et non agir. D’une manière spontanée *, on ne choisit pas d’avoir mal, ou de perdre l’équilibre (sensations du corps), mais on peut fermer les yeux, s’approcher d’une bonne odeur ou s’écarter d’un bruit intempestif, du moins d’une manière générale, quand l’environnement ne l’empêche pas.
Et en attendant, on ne peut que s’incliner devant notre réalité charnelle, faite essentiellement de vide à l’échelle atomique, mais qui empêche pourtant toute fusion, toute symbiose, toute synthèse physico-chimique entre deux êtres humains complémentaires. Toute alchimie dont les réactifs ne nous sont pas donnés.
Notre sixième sens est très limité, au final.
*J’exclus ici ce qui relève de la volonté de souffrir qui prend de multiples formes, y compris jusque dans le sport. Qui est un autre sujet, psycho-social, et non pas physiologique.
La langue russe ne se prononce pas toujours comme elle est écrite.
Россия (Rossiya), Russie, par exemple se prononce ràssiya, donc bien avec un « s » géminé, mais par contre avec un « à » à la place du « o ».
Dans le chant des Bateliers on a : зй ухнем (zy ouc’hnem) qui veut dire quelque chose comme : « eh allons-y » ou « han allons-y » et qui se prononce : èy ouc’hiyèm.
Le х que j’ai écrit c’h, comme en breton, est l’équivalent du « j » de l’espagnol (la jota) et du « ch » allemand de « Bach ».
On peut voir qu’il n’est plus question de « zy » (ou ziy) mais de « èy », ni de « ouc’hnem » mais de « ouc’hiyèm », le « n » ne se prononce pas et le « e » comme bien souvent est un « yè », et même ici un « iyè » en deux syllabes.
Le russe palatalise à tour de bras ses voyelles, et ses consonnes à l’occasion.
Dans ce même chant on rencontre : волга, волга, мать-река (volga, volga, mat’-reka), qui veut dire : « Volga, Volga, mère-rivière » en français, et qui se prononce : volga, volga, mayt-rika.
Le « t' » que j’ai retranscrit « yt » est un « t » prononcé en arrière, au niveau du palais. Quant au « e » de « reka », il est prononcé « i ».
Dernier exemple : тяни канат (tyani kanat) qui veut dire : « tire la corde », est prononcé : tini kanat. Je viens de dire que la langue russe palatalise, mais là c’est le phénomène inverse avec un « ya » qui est réduit à un simple « i ».
Cela dit, le russe semble avoir quand même une forte prédilection pour le yod.
https://t.me/donbassinsider/41971
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Les Bateliers de la Volga … les haleurs de barges et péniches faisant remonter le fleuve aux navires à contre-courant, un tout autre monde (enraciné dans sa terre) que la thalassocratie coloniale anglo-saxonne.
chant traditionnel orchestré par Mili Balakirev
Leonid Kharitonov et les Chœurs de l’Armée Rouge
En illustration : tableau Les Bateliers de la Volga d’Ilia Répine (vers 1873), représentant un attelage de haleurs et des haleuses car il y avait également des femmes à faire ce dur métier le long de la Volga et de bien d’autres cours d’eau slaves, ou encore sur le Danube roumain.
Recyclage d’après guerre. Peut-on dire que l’Armée allemande a été réellement vaincue en 1945 ?
De la même manière que des politiciens actifs sous le Troisième Reich ont pris, dès les années cinquante pour certains, la tête d’organismes européens préfigurant l’actuelle « Union européenne », des officiers de l’armée « vaincue » se sont retrouvés à la tête d’organismes relevant de l’Otan.
D’après InfoDefenseFRANCE, par Erwan Castel, Alawata
Ainsi, le Président du Comité militaire de l’OTAN fut
– de 1961 à 1964 : 🔸Adolf Heusinger, Chef des opérations de l’état-major de la Wehrmacht (l’armée du IIIᵉ Reich à partir du 21 mai 1935 et jusqu’à sa dissolution officielle en août 1946);
– de 1971 à 1974 : 🔸Johann Steinhof, As de la Luftwaffe (armée de l’air) sur le front de l’Est. Militaire allemand, as de la Seconde Guerre mondiale. Il est considéré par beaucoup comme un des plus efficaces chefs de la Luftwaffe.
Et le Commandant de l’OTAN en Europe centrale fut
– de 1957 à 1963 : 🔸Hans Speidel, Chef d’état-major du groupe d’armées «V» de Rommel. (officier dont la carrière se déroule dans l’armée de terre allemande au service des régimes politiques qui se succèdent alors: Empire allemand, république de Weimar, Troisième Reich ;
– en 1967 et 1968 : 🔸Johann von Kleimanseg, Officier d’état-major général au sein du haut commandement de la Wehrmacht ;
– de 1973 à 1975 : 🔸Ernst Ferber, Inspecteur du haut commandement de la Wehrmacht ;
– de 1975 à 1977 : 🔸Karl Schnell, Officier d’état-major général dans le corps de chars de la Wehrmacht ;
– de 1977 à 1979 : 🔸Franz-Josef Schultze, Officier de la Luftwaffe, croix de chevalier ;
– de 1979 à 1983 : Ferdinand von Saenger und Etterlin, Adjudant du haut commandement de la Wehrmacht.
Plus près de nous, il n’y en avait plus à recycler de la « grande époque » de la guerre.
Et de nos jours l’armée allemande est à nouveau là, comme si de rien, comme si rien ne s’était passé il y a quatre-vingts ans, avec une caste politicarde invariablement anti-russe et belliciste. Comme en Pologne d’ailleurs, pour en rester à cet autre exemple « remarquable ».
À soutenir un néo-bandérisme ukrainien russophobe délirant et mortifère. Comme si tous les massacres bandéristes d’avant guerre, de guerre et même d’après guerre, à l’encontre de Polonais, Hongrois, Roumains, Gitans, Juifs, etc. n’avaient jamais existé. Et comme s’il fallait faire payer à la Russie sa Victoire de 1945.
L’Histoire européenne béguait douloureusement et dangereusement.
RUSSOSPHÈRE – En défense de la Russie
À ce jour, les estimations approximatives des pertes des forces armées ukrainiennes lors de la «contre-offensive» s’élèvent à environ 77.000 hommes,
[Sans compter les blessés et autres éclopés (très nombreux vu l’efficacité des champs de mines et la manière désastreuse dont est envoyée à la boucherie l’infanterie, pour ménager les blindés, sans fin ni trêve), tout en sachant que le rapport « habituel » de trois blessés pour un mort, pourrait être ici de 2 pour 1 seulement, vu le nombre important de blessés abandonnés sur le champ qui finissent par y mourir]
1.750 unités de véhicules blindés et près de 1.000 unités d’artillerie de campagne, y compris des canons automoteurs. Il est difficile de prédire quand ils s’essouffleront. Mais tôt ou tard, cela arrivera.
[Sachant que le recrutement est de plus en plus délirant : vieux, quasi gamins, certains malades mentaux ou personnes handicapées, et l’on parle des femmes également, voire de femmes enceintes, loin du front on espère pour elles, cf. un précédent article]
[Les pertes humaines russes, d’après ce que l’on peut en savoir, seraient dans un rapport 1 pour 10, voire maintenant 1 pour 12 ; soit au plus, de 8000 hommes tués depuis le début de cette curieuse offensive statique, ou plus exactement qui ne bouge que dans le détail, pour gagner ou perdre et regagner et reperdre sans fin des surfaces insignifiantes de terrain, ou des ruines de petits villages, comme en 14 dans la guerre de tranchées.
Offensive contre-productive et suicidaire qui a commencé début juin ; quand on sait de plus qu’il y a un nombre certain de désertions et des groupes plus ou moins importants de soldats ukrainiens lucides qui se rendent.]
Parallèlement, les Forces armées russes équipent en équipements offensifs le personnel formé dans les centres de formation. L’absence d’opérations offensives majeures de la part de la Fédération de Russie signifie que les troupes russes n’ont pas subi de pertes significatives en chars et en véhicules blindés.
Cela peut signifier que tout indique que l’armée russe finira par lancer sa propre offensive.
[Le plus rapidement possible serait le mieux pour arrêter tout ce carnage entre Slaves. « Carnacerie » en ancien-français.
Mot malheureusement totalement approprié, puisque « carnage » est un mot de la famille de « carne », chair, viande, pulpe en ancien-français ; et mauvaise viande, viande dure, pas fraîche (au propre et au figuré) en argot ou français familier et populaire. De l’ancien-français : « car / carne / char / charne », chair, viande, pulpe.
Du latin caro/carnis, chair, viande, pulpe. À rapprocher également de cruor, sang rouge, noir, qui coule ; force vitale ; meurtre, carnage. Racine consonantique de base des mots latins : C-R-.
Cf. l’espagnol, l’italien, le portugais, le roumain : « carne », chair, viande, pulpe. Le catalan « carn », chair, viande. Les romanches : « charn », « carn », « tgarn », « tgern », viande.
Voir encore le grec ancien : κρέας (ou κρέως) / κρέατος, chair (particulièrement chair que l’on mange), viande, corps. Et κείρω, dévaster, couvrir de débris ; tondre, raser, rogner, ronger ; moissonner, couper, effeuiller, déboiser… qui est en rapport avec l’idée de détruire, couper et donc au final de consommer de la viande. Ou encore κορος qui possède deux ou trois homonymes dont l’un a le sens d’ordure, d’immondice. De ce qui reste d’une destruction, d’un carnage. Racine consonantique de base des mots grecs : K-R-.
Le petit lexicographe. ]