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Gainsbard et Bigourg

8 septembre 2023

Quand Gainsbarre aimait à dire (et généralement dans le genre agressif) que la chanson à la différence de la musique classique, de la peinture, de l’architecture, ou de la littérature ne nécessitait pas de posséder un bagage important, un métier considérable, juste un peu de savoir-faire, ce qui énervait plus d’un, dont des chanteurs auteurs-compositeurs connus ou non, c’est de lui-même, de son « art » à lui dont il parlait.

« Art » fait de beaucoup de fumisterie, d’effets de mode, d’air du temps. Comme celui de faire des références à l’anglais à tout propos, voir hors de propos. D’esbroufe et de plagiats des classique à l’occasion. Plagiat c’est-à-dire la reprise note pour note de l’ensemble, ou au moins de l’ossature principale d’une mélodie, en en simplifiant l’harmonie si nécessaire, ou en ajoutant une note secondaire par-ci par-là. En la ralentissant, ou l’accélérant, éventuellement. Ce qui va au-delà d’une simple « à la manière de… ». Ou d’une simple réminiscence ou citation.

Autrefois, disons jusqu’au XIXe, il circulait un très grand nombre de chansons populaires qui étaient écrites « sur l’air de… », un air bien connu plus ou moins ancien, d’une chanson ou d’une mélodie plus classique du passé. Personne ne s’en chagrinait, personne n’en était choqué.

Mais ici, Gainsbarre a fait dans le mesquin : recours à quelque mélodie classique plus ou moins connue, relevant du domaine public (pas de problèmes de droits d’auteur) et surtout, nulle part sur ses disques il n’inscrivait que la mélodie n’était pas de lui. Ni vu, ni connu, juste « modernisée », ripolinée par l’électronique, les adeptes de la musique et de la chanson de variétés sont des incultes, n’est-ce pas ?!

Et plus le temps passait et plus il se mit en spectacle dans une provoc malsaine pseudo-rebelle, trouvant drôle, par exemple, de brûler une grosse coupure pour allumer sa cigarette à la téloche. De la dérision diront certains, moi je dirai (sans condition) du dérisoire.

Et plus il fit dans la provoc « chantée » (murmurée) hypocritement aguichante, perverse, cynique, complaisante pour le dégénéré, rejoignant l’égout.

Sans un soupçon de poésie ou de pensée, propre autrefois à ladite chanson à texte, ou « rive gauche ».

Il faut dire qu’il avait commencé par faire de la peinture, avant de la lâcher, de détruire pratiquement toute sa production, car il n’était pas facile d’y nourrir son homme et il avait bien compris que la chanson, dans les années cinquante, était encore un domaine très porteur, voire très lucratif. Et moins fatigant. Et ne nécessitant pas d’achat de toiles et de couleurs. D’ailleurs, comment aurait-il pu continuer à peindre, lui qui fut atteint de la tremblote alcoolique.

C’est Bigard qui aimait répéter quelque chose comme : dans le comique j’ai pris ce qui restait, le vulgaire. On pourrait dire la même chose de Gainsgarre qui a pris, du moins à compter des années soixante (ou plus tard dans le cinéma), ce qui restait : le sexe et au final ses « distorsions ».

Pour finir épave. Véritable déchet humain, sans aucun amour-propre.

From → divers

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