Aller au contenu principal

Vincent Reynouard, embastillé à bas bruit

17 décembre 2022

Source : Association Entre la plume et l’enclume

plumenclume.com

Vincent Reynouard, dissident politique et historien révisionniste, a été arrêté en Écosse le 10 novembre et incarcéré, en vertu d’une requête en extradition de la France où il est sous le coup de condamnations à de la prison pour délit d’opinion.

On aurait tort de croire que seuls les révisionnistes sont menacés, les lois Pleven (1972) et Perben (2004) répriment en effet toute « haine »[1] discriminatoire, notion impondérable et perverse, puisque relevant du sentiment intime, illustration de la décadence du droit, lequel tend de nouveau à se dissoudre dans la morale, après une parenthèse de deux siècles.

Qui d’ailleurs dans nos milieux ne s’autocensure pas, bien en dehors de tout discours révisionniste ?

Bien sûr, et pour l’heure, Reynouard est sous la juridiction britannique, mais il ne faut pas se faire d’illusions sur la qualité de celle-ci, quand on voit comment elle peut martyriser l’Australien Julian Assange, depuis douze ans, sur injonction américaine… Le droit britannique ne connaît pas le délit d’opinion reproché à Vincent Reynouard, ce qui devrait justifier un refus d’extradition. Voire… Peut-être l’ordre moral mondialiste, qui dénature tout, l’emportera-t-il.

Quant à la grande presse, elle ignore l’emprisonnement du Français.

Indifférence et lâcheté ordinaire en France

Les dissidents soviétiques avaient connu une vague de soutiens médiatiques dans tout l’Occident. Rien de semblable aujourd’hui chez nous. Les dissidents contemporains de l’ex-monde libre ne peuvent plus compter sur quelque soutien que ce soit de la part de la grand presse, assujettie au nouvel ordre moral anti-discriminatoire et antifasciste. [ou prétendu tel]

Une crainte révérencielle couvre l’idéologie à laquelle sacrifient, à l’instar de prêtres, tous les acteurs de notre système politique et social, par conditionnement passionnel (à gauche), légèreté ou lâcheté (à droite). Certes, on proclame qu’il n’y a plus de délit d’opinion, mais un ordre moral se fonde toujours sur un impératif catégorique qui rejette la malignité (pour la sauvegarde du Bien). Il ne suffit pas de nommer une opinion délit, au nom d’une nouvelle pudibonderie, pour en changer la nature.

Peu importe ce que l’on pense des idées et thèses de Vincent Reynouard, qui a déjà fait 9 mois d’embastillement en 2010-2011 après avoir été extradé par la Belgique ; peu importe ce que l’on pense des idées et thèses d’Hervé Ryssen qui vient tout juste d’être libéré après avoir séjourné de longs mois à la prison de Fleury-Mérogis ; peu importe ce que l’on a pu penser des idées d’Alain Guionnet qui passa un an sous les verrous français en 1992-1993.

Objectivement, ce qui doit être considéré, c’est qu’ils ont été emprisonnés dans notre pays pour des délits d’opinion. Nous devons protester, même si l’on réfute l’opinion en cause.

Le réveil du courage, c’est pour quand ?

D’aucuns, à droite, appellent au courage, saine ambition à condition qu’elle ne se cantonne pas dans l’abstraction et l’indistinct cotonneux. Par ailleurs, il ne faut pas non plus compter sur l’ultragauche [sic, « prétendue extrême-gauche » serait plus juste comme terme] d’aujourd’hui qui, derrière une logorrhée marxiste, partage le même fonds idéologique que le mondialisme capitaliste, savoir le nouvel ordre moral précité. Jean-Claude Michéa a bien montré la connivence culturelle entre ces soi-disant révolutionnaires et le capitalisme triomphant. Aussi les discours anticapitalistes à la Mélenchon, rentier et bouffon du régime, ne trompent que des naïfs. Tout comme les « black blocs » se plaisent à briser les vitrines des agences bancaires où M. et Mme Michu ont leur épargne sur livret, les mélenchonistes semblent globalement indifférents à la Banque, aux Rothschild ou à Bernard Arnault.

Il nous faut nous mobiliser contre le délit d’opinion et donc pour l’abrogation des lois Pleven, Fabius-Gayssot et Perben. Cette lutte est justifiée, car sinon nous y passerons tous un jour ou l’autre, sauf à se taire. Le général de gendarmerie Jean-Philippe Reiland, à la tête de l’OCLCH, qui s’occupe du cas de Reynouard, a déclaré : « Malgré les difficultés juridiques … le bureau ne lâchera pas les idéologues qui propagent la haine. » [2]

La lutte contre le délit d’opinion en Europe

Il en va de même dans tout l’espace européen, puisque le Conseil de l’Europe (46 États), qui garantit la castration politique de l’Europe, notamment avec la Convention de sauvegarde des droits de l’homme [sic], souples et modelables à souhait pour imposer l’ordre moral anti-discriminatoire et antifasciste. [sic]

Je préfère, au prêchi-prêcha bien-pensant de la Convention, le précepte de Montesquieu : « Les paroles ne forment point un corps de délit ; elles ne restent que dans l’idée (…) Quelquefois le silence exprime plus que tous les discours. Il n’y a rien de plus équivoque que tout cela. » [3]

On emprisonne à bas-bruit dans toute l’Europe pour délit d’opinion, particulièrement en Allemagne, dans les geôles de laquelle est à nouveau enfermée Ursula Haverbeck (94 ans). Aussi, en France comme dans toute l’Europe, Amnesty International s’est-elle toujours refusée à s’occuper des nouveaux immoralistes…

Il est de bon ton d’invoquer Soljenitsyne, mais encore faudrait-il en avoir le cœur.

Libérez-les, libérez Reynouard !

Éric Delcroix, avocat

Notes

[1] Le service de police à la manœuvre est l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine.

[2] Cité par Jeune Nation, n° 1351, 1/12/22.

[3] De l’esprit des lois, Genève 1745 (mis à l’index en 1751), chapitre XII.

***

(jpf) Soljenitsyne soutenu et encouragé de loin ça ne coûtait rien, à une époque où il était de bon ton d’enfoncer le régime soviétique ; et laissé tomber quand il a commencé à défendre et dire haut et fort des « mauvaises idées » dites « conservatrices » et développer des critiques contre non seulement le régime de l’Est, mais également le régime de l’Ouest.

Jean-Claude Michéa (né en 1950) de tradition de gauche (père résistant communiste, lui-même membre du PCF jusque dans les années soixante-dix) se définit de nos jours par rapport à la mouvance du socialisme libertaire, ou encore comme « anarchiste conservateur ». Critique acerbe de la gauche dite progressiste, et connaisseur de l’œuvre de George Orwell. Aujourd’hui retraité de l’éducation nationale (ex professeur de philosophie) il tente à vivre, loin des grandes villes, en auto-suffisance.

Il a écrit plusieurs ouvrages, citons par exemple : Orwell éducateur, et Les Mystères de la gauche : de l’idéal des Lumières au triomphe du capitalisme absolu.

From → divers

Commentaires fermés