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SUR L’UKRAINE ET AILLEURS

23 février 2022

Paragraphes extraits d’un article de Thierry Meissan intitulé « Washington sonne l’hallali, tandis que ses alliés se retirent » — Réseau Voltaire | Paris (France) — 22 février 2022 — https://www.voltairenet.org/article215757.html

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Sur le devant de la scène, les États-Unis, qui refusent toujours de respecter le droit international et particulièrement la Charte des Nations unies, ont apporté des réponses dilatoires à la proposition russe de Traité garantissant la paix et font monter la tension en Ukraine. Ils ont fait monter la tension en accusant la Russie de préparer une guerre. En coulisses, Washington prépare de nouveaux théâtres d’affrontement en Transnistrie et au Moyen-Orient.

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Transnistrie

[(JPF) La Transnistrie, ou république moldave du Dniestr est une minuscule frange de territoire moldave originel, mais l’une des plus industrialisées, située sur la rive gauche du Dniestr, entre la Moldavie (ou Moldova) et l’Ukraine, « zone tampon » peuplée très majoritairement de russophones dont les habitants se sont séparés unilatéralement de la Moldavie.]

Les États-Unis poursuivent le plan de la Rand Corporation et tentent d’organiser un conflit en Transnistrie. Le blocus de cette petite République indépendante, mais non reconnue, ne fonctionne pas. Malgré les gardes frontières ukrainiens mis en place par le Haut représentant de l’Union européenne, Josep Borell, la frontière moldave reste toujours ouverte. La présidente Maia Sandu, qui milite pour l’entrée de son pays dans l’Union européenne ne veut surtout pas de guerre en Transnistrie. Elle entend remplacer le contingent russe de Tiraspol par une force civile de l’OSCE et ne renonce pas à récupérer la Transnistrie.

Le samedi 12 février, les autorités transnistriennes ont demandé au chargé d’affaires US de veiller à stopper l’envoi d’armes US par des États tiers, à la Moldavie. Elles ont souligné que ces transferts menaçaient la paix et contredisaient l’esprit des accords internationaux.

Mercredi 16 février, une délégation transnistrienne s’est rendue à Moscou pour chercher de l’aide. Elle a fait valoir que l’ouverture de la frontière moldave ne tiendrait plus longtemps : l’armée moldave, encadrée par des officiers du Pentagone et de l’Union européenne se déploie dans la zone neutre, en violation des engagements internationaux.

Vendredi 18 février, une rencontre moldavo-transnistrienne (« 1+1 ») s’est tenue à Tiraspol dans les bureaux de l’OSCE. Les négociations n’ont porté que sur des détails. Il n’est plus possible de sortir avec un véhicule de Transnistrie : sa plaque minéralogique porte des symboles de la sécession. Chaque conducteur doit donc changer sa plaque à la frontière. Identiquement, il n’est plus possible d’entrer en Transnistrie avec des médicaments, même de première urgence. ceci, sans la moindre explication. Tous les médicaments sont saisis par les douanes moldaves en présence de fonctionnaires de l’Union européenne goguenards.

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De manière inattendue, le secrétaire d’État Antony Blinken s’est rendu au Conseil de sécurité des Nations unies, le 17 février. Il accusa la Russie de « violations persistantes » des Accords de Minsk, alors que c’est Kiev qui les rejette. Il assura intervenir pour défendre « l’ordre international fondé sur des règles qui préservent la stabilité dans le monde », c’est-à-dire pas le Droit international, mais le droit des Occidentaux. Il révéla alors le plan caché du Kremlin : « La Russie envisage de fabriquer un prétexte pour son attaque. Il pourrait s’agir d’un événement violent dont la Russie fera porter le blâme à l’Ukraine, ou d’une accusation aberrante que la Russie portera contre le gouvernement ukrainien. Nous ne savons pas exactement la forme que cela prendra. Il pourrait s’agir d’un soi-disant attentat à la bombe « terroriste » à l’intérieur de la Russie, de la prétendue découverte d’un charnier, d’une frappe de drones mise en scène contre des civils ou d’une fausse — voire véritable — attaque à l’aide d’armes chimiques. Il est possible que la Russie qualifie cet événement de nettoyage ethnique ou de génocide, et fasse peu de cas d’un concept que nous ne prenons pas à la légère au sein de cette instance, et que je ne prends pas à la légère du fait du passé de ma famille ».

Le philosophe [sic!] Leo Strauss enseigna à ses élèves les plus proches de créer une dictature mondiale pour se protéger d’une nouvelle Shoa. Il forma les principaux leaders du Projet pour un Nouveau siècle américain.

Par cette incidence, Antony Blinken faisait référence à son beau-père, Samuel Pisar, qui l’éleva à Paris. Celui-ci était un survivant de la « Solution finale de la question juive ». Mais il n’en conçut aucune haine, qu’une conscience aiguë du Mal. Il devint conseiller du président Kennedy, puis avocat international des plus grandes sociétés. Il était révolté par les propos du professeur Leo Strauss qui affirmait indispensable pour le Peuple juif d’instaurer lui-même une dictature mondiale pour échapper à une « nouvelle Shoa ». Sûrement, Samuel Pisar serait atterré devant l’évolution de son beau-fils et du groupe qu’il a formé avec son adjointe Victoria Nuland et avec le conseiller national de sécurité, Jacob Sullivan.

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Refusant de prendre parti dans ce conflit, Israël a renoncé à installer un « Dôme de fer » (défense anti-roquettes) pour le compte de Kiev contre le Donbass.

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Le 18 février, le président Biden s’adressait aux parlementaires US et à sa vice-présidente partis représenter leur pays à la Conférence sur la Sécurité de Munich. Puis il convoquait une nouvelle fois ses principaux alliés transatlantiques en vidéo-conférence. Il se félicita d’avoir retardé l’attaque russe et accusa Moscou de persister dans ses plans. Il affirma que tous les Alliés étaient prêts et que la Russie, si elle passait à l’action, verrait ce qu’elle verrait.

Le président Poutine lui a répondu en commandant une démonstration des forces nucléaires de la Fédération. Plusieurs missiles de portées différentes ont été tirés depuis le sol, un sous-marin, des navires de surface et des avions. Ils étaient chargés conventionnellement et ont tous atteint leur cible en présence d’observateurs étrangers, dont un officier US.

Les États-Unis font monter la tension en parole, la Russie en actes. À ce sujet, répétons encore une fois que les armées US ne sont pas capables de livrer une guerre de haute intensité. Si elles parviennent sans problème à détruire des pays du Tiers-monde après les avoir placés sous embargo pendant au moins une décennie, elles ne sont pas du tout prévues pour se confronter à une armée moderne. Ses principaux alliés (Royaume-Uni, France et Turquie) sont dans le même état. À titre d’exemple, le 16 février, un rapport a été présenté à Paris à la Commission de la défense nationale et des forces armées sur le délabrement de l’armée française. Les députés ont observé que compte tenu de l’état des matériels, l’armée de l’Air ne pourrait pas résister plus de cinq jours aux forces russes. Il est donc bien clair pour tous les protagonistes que l’Otan n’est absolument pas en mesure de livrer une guerre à la Russie et à la Chine. [Et présentement, c’est tant mieux]

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Un affrontement est toujours possible en Ukraine, ou demain en Transnistrie ou au Moyen-Orient. Mais il ne répond pas à la question initiale, posée le 17 décembre 2021 par le Kremlin : comment les États-Unis peuvent-ils se mettre en conformité avec le Droit international et le respect de la parole donnée ?

Pour la première fois, deux grands médias allemands, Der Spiegel et Die Welt , ont montré que c’est la Russie qui a raison quant à l’interdiction d’extension de l’Otan au delà de l’Allemagne de l’Est. Citant un expert réputé de la question, le professeur adjoint Joshua Shifrinson de l’université de Boston, ces médias ont révélé l’existence d’un document daté du 6 mars 1991 juste sorti des archives secrètes du Royaume-Uni. Le représentant de l’Allemagne y déclare « Nous ne pouvons pas proposer à la Pologne et aux autres pays d’adhérer à l’Otan » et celui des États-Unis y souligne que l’Alliance ne devait pas s’étendre vers l’Est, que ce soit de manière « formelle ou informelle ». Comme si cela ne suffisait pas, l’ancien secrétaire d’Etat allemand à la Défense et ancien vice-président de l’OSCE, Willy Wimmer, a donné une interview à Russia Today, immédiatement traduite en anglais et diffusée aux USA avant de l’être en Allemagne. Il y témoigne avoir participé aux négociations sur la réunification allemande et avoir lui-même rédigé le Protocole additionnel interdisant aux forces de l’Otan de stationner, une fois la réunification opérée, sur le territoire de l’ancienne Allemagne de l’Est.

Une question se pose donc : pourquoi l’administration Biden qui n’est pas soutenue par ses alliés poursuit-elle et amplifie-t-elle ses accusations contre la Russie au risque de provoquer une déflagration ? Peut-être l’enquête en cours aux États-Unis du procureur spécial John Durnham sur l’affaire des écoutes de la Maison-Blanche précipite-t-elle les choses. Selon Fox News, le procureur soupçonne Hillary Clinton d’avoir espionné le président Donald Trump à la Maison-Blanche et à son domicile en interceptant toutes ses données de navigation internet. Cette opération aurait été organisée par son conseiller de politique étrangère, « Jake » Sullivan, actuel conseiller national de Sécurité. C’est sur la base de ces données illégalement interceptées et manipulées que le Congrès avait ouvert une procédure de destitution, le RussiaGate.

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(JPF) Certains ont dû remarquer que sur toutes les questions je cite généralement plus d’articles de sites dits de droite que dits de gauche ; ce n’est pas par penchant politique, parti pris, ostracisme, mais tout simplement parce qu’il faut reconnaître que la gauche n’a plus beaucoup d’analystes sérieux, et frôle l’indigence conceptuelle, quand tout simplement ladite gauche (modérée ou extrême) n’est plus qu’engluée dans l’idéologie mondialiste à la botte imbécile, pour ne pas dire criminelle — « antifa », « wokiste », covodiste, crédit-socialiste et compagnie — de la « gauche » américaine dite « démocrate » qui, depuis Clinton est apparue ouvertement comme un repaire de suprématistes* yankees, bellicistes pervers et inhumains, pour ne pas dire de totalitaristes démoniaques de l’État profond (finances, armement, big pharma, GAFAM, etc) prêt à tout. Y compris les pires des dictatures.

* Voulant différencier le suprématisme idéologie politique du suprématisme mouvement d’« art moderne », il m’est arrivé d’écrire « suprémacisme » pour le suprématisme politique ; mais cette forme est un anglicisme (supremacy, supremacism, supremacist).

From → divers

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