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MAFFESOLI : J’EN PRENDS, J’EN LAISSE

2 février 2022

Articulet de France Soir du 1er février.

« Une époque s’achève, une autre est en gestation » Michel Maffesoli

« La transfiguration du politique » est réédité en poche aux éditions du Cerf, trente ans après sa première parution, récompensée à l’époque par l’Académie française. Inauguré par une préface inédite, l’ouvrage de Michel Maffesoli décrivait et analysait « la tribalisation du monde postmoderne ».

« Nous vivons une époque crépusculaire », affirme le sociologue qui constate que, plus que jamais, « les grandes valeurs modernes ont fait leur temps ». Davantage chez le peuple, qui fait « sécession », explore des « libertés interstitielles », et ruse pour façonner de nouveaux modes de vie à l’écart des mythes finissants, que chez « la caste », qui s’y accroche encore « la caste », parfois au prix d’une violence bureaucratique, aux penchants totalitaires, et dessine un affrontement inéluctable : « les combats d’arrière-garde sont les plus sanglants », rappelle le professeur émérite à la Sorbonne.

Est-on pour autant vraiment entré dans « L’ère des soulèvements » ? C’était le titre de son dernier livre, objet d’un entretien il y a quelques mois (voir : Michel Maffesoli : « Il y a une telle déconnexion entre le peuple et les élites… »). Dans « le Roseau d’or » – celui de l’Apocalypse, titre de la préface à cette quatrième édition de « la Transfiguration du politique », Michel Maffesoli réitère son propos d’il y a trente ans et y dépeint les échos puissants qu’il trouve aujourd’hui.


C’est avec une douce férocité, une cinglante urbanité qu’il pourfend ceux qui, experts, technocrates, « pseudo-intelligentsia », n’ont pas compris que « le climat est à l’effervescence. À la révolte des masses. Et rien ni personne n’en sortira indemne. » 

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(JPF)

Si le discours de Maffesoli (qui détonne dans le monde universitaire figé et a quelques accents libertaires) est relativement intéressant, il faut également savoir que le personnage est nettement plus ambigu car il fréquente assidument des officines pas si innocentes de « think tank », laboratoires d’idées destructrices pour ne pas dire totalitaires, tribus des z-élites qui n’ont rien de révolutionnaires.

Et je crois qu’il se trompe en évoquant un peu trop le tribalisme (pour ne pas dire en partie le communautarisme) et pas assez le souverainisme qui justement défend bec et ongle le Droit je dirais humain ou plus exactement humaniste et « les grandes valeurs modernes » contre le mondialisme qui a totalement lâché (n’en déplaise à Maffesoli) « les grandes valeurs modernes » sous le couvert, de plus en plus visible, des Devoirs, c’est-à-dire du totalitarisme dont on peut trouver les accents les plus affirmés dans la société totalitaire « capitalo-communiste » chinoise.

Et dont les divers  « passes » sont en gestation ou encore chaotiques comme le passe sanitaire, le passe vaccinal ou qui sait, à venir, le passe écologique ou le passe social (bons points et mauvais points) etc.

La technique et le goût immodéré des hommes pour les jouets informatiques, sont de formidables moyens d’enfermer l’espèce humaine dans un esclavage électronique ou bio-électronique.

Le seul problème à régler : les mondialistes, malgré une censure plus ou moins développée, n’arrivent pas à éliminer les « mal-pensants » et « mal-agissants » et autres complotistes et conspirationnistes d’Internet. Surtout lorsqu’ils se fédèrent sur des sites libres. En fait, on n’est que dans une différence de degré en ce domaine entre la Chine et les « pays occidentaux » pourris, gangrenés, corrompus par les mondialistes. Un exemple : Telegram qui est interdit, invisible en Chine et que le gouvernement des salopards « « gaucho-écolos » » allemands voudraient interdire !

Et si on allait moins vers une société néo-tribale que vers une cassure radicale entre deux mondes et l’émergence d’une véritable société parallèle, plus ou moins loin du spectacle dominant du monde dominant ?

En attendant, le gros point en suspens est celui de la violence légitime non-étatique (autrement dénommée : légitime défense). Et de la vie côte-à-côte pour ne pas dire imbriquée des Résistants rationnels éveillés et des moutons irrationnels, consommateurs amorphes et souvent intolérants, totalement complices volontaires ou involontaires du mondialisme tant occidental qu’oriental. Quelque chose s’est brisé dans nombre de familles, de cercles amicaux, d’associations des plus diverses. Dans les liens sociaux. Où en est la solidarité humaine ?


From → divers

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