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AU MONDE DE LA TOPETTE GÉNÉRALISÉE, INSTITUTIONNELLE ET BIENTÔT OBLIGATOIRE? (notes)

19 juillet 2021

Qui a dit qu’il y avait d’un côté le sport et le dopage et de l’autre – sans rapport – le reste de la vie et les pseudo-vaccinations covidistes.

À moi, il me semble bien que les deux font un tout. C’est le même monde pseudo-sanitaire pris par deux bouts différents. Le gros bout de la lunette ou le petit bout de la lorgnette. Celui du sport en général et plus particulièrement professionnel (encore que l’autre, amateur, n’est pas mal gangrené non plus). Avec ces cobayes d’élite. Ou celui de la masse humaine grouillante et fourmillante. Avec le tout venant des cobayes de base.

Ou du moins peut-on dire que ces deux domaines (sport d’élite et vie quotidienne des quidams anonymes) révèlent au grand jour ce que l’on sentait germer déjà depuis des années dans les milieux de la domination par l’argent et conséquemment du pouvoir médiatique, publicitaire, propagandiste et politique. Celui de la société capitaliste spectaculaire-marchande.

Tout se tient dans une société ou une civilisation, même si tout paraît être fait de bric et de broc ou aller de guingois, pour ne pas dire plus en ces temps de décadence accélérée. Qui ne remarque pas que la finance, l’économie, la politique, le médiatique, tout est en train de se diluer actuellement, et que présentement tout est ouvert pour l’émergence du n’importe quoi ou de son inverse (si l’on peut imaginer un inverse au n’importe quoi).

Qui est pro-mondialiste est covidiste, qui est anti-mondialiste est anti-covidisme. Il n’y a plus vraiment de juste mieux parmi les gens — du moins les personnes qui participent de la nouveauté idéologique ou de sa critique –- au constat de ce qui « éclate » et se trame. Le covidisme pour le dire en quelques mots est cette nouvelle maladie mentale à l’échelle du monde (du moins du monde occidental) qui sous prétexte d’une maladie physique quelconque a décidé de se lancer en grand dans le transhumanisme, c’est-à-dire l’anti-humanisme retors, dictatorial, totalitaire. Graine de scientisme et de technologisme à l’heure où la bio-chimie et la physique électronique ont tout pouvoir (dont pouvoir absolu de nuisance), toutes finances, totale réclame et qu’elle envahit le tout à chacun de gré ou de force. Le vrai néo-fascisme ou néo-stalinisme intégral celui qui était énoncé déjà dès les années cinquante du siècle dernier par les écrivains les plus lucides.

Il s’agit d’une sorte de folie délirante qui entendrait transformer les hommes en sur-hommes, du moins les « élites », les autres étant relégués, esclaves humains ordinaires ; non pas des sur-hommes nietzschéens par delà le Bien et le Mal, de vraie élite tenue par l’union d’une véritable éthique et une véritable esthétique, sûrement pas, mais des néo-barbares distingués, barbares en col blanc, et costard cravate, synthèse de nature et de techniques, humains bricolés par la physique et la chimie. Sorte d’handicapés physiquement, voire mentalement, « bonifiés » par un ensemble de gadgets chimiques et électroniques, et plus précisément géniques.

L’homme bionique, le cyborg de ces nombreux livres de science-fiction des années cinquante-soixante qui décrivaient un temps encore bien improbable. Celui de L’Ère des Biocybs (éditions Fleuve Noir, 1960) par exemple d’un auteur comme Jimmy Guieu qui eut pléthore de lecteurs autrefois *.

Pour illustrer mon propos, je vais citer un article récent paru sur le site irremplaçable et très bien documenté : cyclismedopage.com.

*

Mais avant je voudrais dire quelques mots sur la raison qui me pousse à titrer cette réflexion : « Au monde de la topette généralisée ».

Mon père était d’un tout autre temps et faisait du vélo en amateur fin des années vingt, début des années trente ; il participa même une fois à une course de sélection pour le Premier Pas Dunlop ; c’est là je crois qu’il tomba et déchira son « beau maillot vert Griffon » racontait-il bien plus tard. Mais il laissa tomber la bicyclette la semaine où il cassa deux roues (deux roues en bois à l’époque) sur le vélodrome de la petite cité qui est la mienne. Je précise que le conseil municipal a trouvé bon ces dernières années de faire raser ce vélodrome pour y construire des immeubles — c’est le « complexe seconde guerre mondiale » ici si je puis dire, celui du dégoût des édiles (j’avais commencé à écrire « idylles ») locales pour toute forme de passé.

Mon géniteur donc ne parlait jamais de « dopage » ou de « doping » avant que la forme francisée ne passe dans la langue courante, ou de drogue, mais toujours de « la topette ». La fameuse topette.

La topette (et non pas Zátopek) est un mot qui dans un sens vieilli désigne une fiole généralement longue et étroite ; on trouve dans le Littré : petite fiole de verre blanc ; ce mot est attesté par exemple dans un texte de 1874, ou chez Courteline en 1884. L’ancien-français connaît des mots comme toupin et tupin, le provençal des mots comme : toupin, toupi et toupine qui désigne le petit pot en terre.

Dans le cyclisme la topette est un ustensile qui existe depuis le début des courses, sous la forme d’un petit bidon extra plat, le sauveur du coureur en panne, qui contient quelque produit stimulant, excitant, pour ne pas dire dopant. Il existe l’expression « marcher à la topette » ; j’en vois encore une attestation dans un article daté de 1984 et je rencontre « topette » dans le sens de « dopage » en 1967. Ce mot semble être devenu plus ou moins désuet, sans doute à cause de la prégnance de l’audio-visuel lors des courses de vélo qui réclame de se cacher de nos jours pour malfaire ; ou à cause d’autres méthodes plus discrètes de se « revitaliser » ; finalement le simple bidon est plus discret.

Il faut savoir qu’il a fallu attendre les années soixante pour que l’on commence à lutter (bien doucement) contre le dopage et la topette, étant entendu que la topette en soi n’était pas nécessairement contestable quand elle ne contenait que des excitants plus ou moins naturels comme la caféine. On cite également des coureurs qui auraient fonctionné parfois à l’alcool. Ce qui semble d’ailleurs étonnant, puisque l’alcool, si ce n’est sur le coup, est moins un excitant qu’un frein à l’activité physique. Qui « casse les pattes ».

Le cyclisme a toujours été un sport d’expérimentations de potions magiques, mélanges de médicaments ou de produits toxiques. Et les noms des plus grands drogués de ce sport ont toujours été connus. Les frères Pélissier par exemple entre les deux-guerres. On sait, autre exemple, qu’un coureur comme Fausto Coppi, qui courait encore vers quarante ans, sur la fin marchait à l’éther (!) ce qui devait plus ou moins l’insensibiliser à la douleur. Tout le peloton le savait, il suffisait de le sentir de près. Ce n’est donc pas un hasard s’il a été incapable de résister à la malaria qu’il avait « chopée » en Afrique en compagnie de Raphaël Géminiani (autre grand drogué du peloton, mais lui en réchappa). On dit qu’il connut une erreur de diagnostic et d’atermoiements thérapeutiques, mais il semble plutôt que son corps fut incapable de combattre la maladie.

Je ne précise pas ceci par hasard, mais j’en fais un élément à ajouter au tableau de la folie dopante (qui n’est pas tant différente par ses effets désastreux que les effets secondaires de la dite thérapie génique actuelle, lancée en grand alors même qu’elle a derrière elle une quarantaine d’années d’échecs absolus ou quasi absolus).

En fait, le dopage semble être consubstantiel au cyclisme. Tout y prédisposait.

1 – C’est un sport qui a été lié dès le départ à la réclame et à l’argent ; et pendant des années aux fabricants de bicyclettes et journaux sportifs et autres ; le professionnalisme est très ancien dans le cyclisme tant sur route que sur vélodrome ; les primes (pour animer la course et le spectacle) sont présentes depuis toujours dans toutes les courses d’amateurs.

2 – C’est un sport très exigeant pratiqué depuis toujours pour l’essentiel par des personnes d’origine modeste, populaire, peu ou pas diplômées, et bien souvent comme une échappatoire à leur condition (de paysan, d’ouvrier, d’artisan…). Un milieu de travailleurs manuels et souvent de gens durs à la tâche.

3 – C’est un sport qui est marqué par une forte exploitation de ceux des coureurs qui font le spectacle (payant en vélodrome, très généralement gratuit sur circuit routier). Ces derniers ne sont finalement que des annexes de la mise en spectacle de la publicité (mais aussi depuis un certain nombre d’années des expérimentations bio-chimiques liées au dopage). Il faut savoir que si les vedettes de ce sport sont très bien payés, il n’en va pas toujours de même du tout-venant du peloton, simples coéquipiers et autres gregari, porte-bidons, donneurs de roue et lièvres des vedettes qui ont parfois au mieux l’autorisation de gagner une étape, une course.

« Les forçats de la route » selon l’expression lancée par le journaliste Albert Londres en 1924 suite à un entretien avec les Pélissier justement.

Le dopage. Doper est un mot qui pendant des décennies a été très peu utilisé en français. C’est un mot qui vient de l’anglais « to dope » qui signifie : administrer un narcotique, même sens en français à l’origine, qui est celle probablement du monde du Turf, des paris mutuels, quand on droguait (déjà) les chevaux de course. Se doper : absorber des stimulants.

Absorber sciemment, non sciemment, inconsciemment, inconsidérément, sous « prescription médicale » ? Question en suspend ; un dopé comme Jalabert a toujours déclaré qu’il ne sait pas s’il fut dopé ; « à l’insu de son plein gré » comme dirait l’autre ; pas courageux Jaja le consultant du Tour de France à la télé depuis quelques années (malgré tout!), moins courageux encore que « J’m’ai pas dopé », je veux dire Richard Virenque, qui a fini par avouer. 

Le mot (donc la chose, le fait), le verbe « doper » est attesté dès 1900 et même avant ; on rencontre « doper un cheval » en 1900, « doper » chez Colette en 1910, et « doper » chez Proust De même pour « doping » remplacé depuis par « dopage ».

*

Je prends donc un article au hasard, celui du 4 juillet courant du site cyclisme.dopage.com (il y en a une trimballée de ce type ici) signé : Antoine Vayer – Frédéric Portoleau – #TeamWattthefuck [sic] et j’en donne le début qui donne une description intéresse de ce qu’est devenu l’environnement du Tour de France y compris pour les journalistes sportifs :

Le rapport à l’autorité des organisateurs du Tour de France a évolué. De manière verticale, les ordres sont donnés. En tous points, cela ressemble à un établissement scolaire où la discipline est stricte, psychorigide, même si elle n’a aucun sens. Les journalistes sont infantilisés, parqués derrière des barrières « ganivelles » s’ils sortent de la salle de presse où ils sont masqués. Ils sont surveillés par des membres de l’organisation avec des brassards de plusieurs couleurs, jaune, rouge, comme celles de nos radars, mais distinguant leur rang de pion. Ils n’ont pas encore de sifflet, ni les journalistes de carnet de correspondance, mais c’est tout comme.

Plusieurs entreprises de vigiles assurent la sécurité aux côtés des gendarmes et policiers. Tout le monde doit « badger » son accréditation, partout. L’accueil des sponsors prime avec celui des élus qui paient. Il se dit que les paddocks du matin, où personne ne peut aller près des bus, seront réservés l’an prochain aux VIP. La presse en serait exclue, alors que naguère, c’était un moment privilégié de contact. La presse n’a aucun accès aux hôtels. C’est interdit, sauf en catimini. Le Covid et les pseudos « bulles » sont un excellent prétexte pour que la presse n’ait plus accès à rien, ni aux coureurs, ni au staff des équipes, pratiquement nulle part, sauf sous des conditions ridicules. Le Tour, c’est les télévisions officielles qui ont des accès privilégiés pour inlassablement les mêmes questions, les mêmes réponses brèves, les « bonbons vidéos » sous musique classique. Point. Les télévisions paient cher. Ils faut qu’elles aient un peu à manger.

L’organisation fournit des images, une banque de photographies. Elle met à disposition aussi des articles. Tout doit être sous son contrôle, feutré. Rien ne doit nuire à l’image qu’elle souhaite diffuser, imposer, vendre. Tout est vénal. Les tweets et réseaux sociaux sont surveillés. Leurs auteurs vilipendés si besoin s’ « ils nuisent à l’image du Tour ». Alors évidemment, il existe peu de résistants pour penser et donner les messages concernant le dopage, la tricherie, les mensonges, l’hypocrisie, le manque de liberté, la déshumanisation de l’évènement. Les coureurs sont au dernier échelon. Ce sont eux qui ont le moins le droit de s’exprimer, toujours dans des cadres extrêmement précis, sous le contrôle de leur équipe et de leur « press-officer » en plus de celui de l’organisateur. On les convainc qu’ils ne font pas Le Tour, mais que c’est Le Tour qui les fait, s’ils sont sages. Les résistants, une poignée d’hommes, chez les suiveurs, dans la bulle coureurs, seraient des personnages de maniement difficile. On ne les trouve presque plus. Aucun ne correspondrait de toute façon à l’image habituelle du bon citoyen du Tour respectueux, du qu’en-dira-t-on et de l’ordre établi. On les remarquerait. Mais ces femmes ou ces hommes auraient au moins une qualité essentielle : le courage et l’esprit du cœur. Ils ne se seraient pas soumis à l’injustice et inclinés devant l’inévitable victoire de ceux qui trichent, au moment où un tel comportement constitue encore la règle de ceux qui sont devant, quoiqu’on en dise. C’est admis. Après tout.

Ce qui domine, partout, c’est le manque de courage, le défaut d’opinion, la paresse et la peur de ne pas être conformiste comme on le demande. Ce petit monde risque de voler en éclats si les escroqueries étaient mises à jour, si on en discutait même.

Pourtant, il y avait matière avec les performances.

Ceci m’inspire ces deux ou trois commentaires.

Donc rien ne distingue plus l’entourage du Tour de France du plateau de télévision où déblatèrent des propagandistes feutrés et commentateurs aseptisés. Des gens du non-dit, ou du dit anecdotique pour meubler. D’ailleurs il suffit de se brancher sur quelques minutes d’une retransmission d’étape pour s’en rendre compte, au ton, au creux du discours tout juste remontant lorsque un château, une chapelle, un joli paysage est « raconté » en quelques phrases. Je connais des personnes qui regardent le Tour pour ses paysages. Telle était ma mère qui était généralement indifférente sinon aux coureurs (français en particulier) du moins aux classements et à toute la popote entourant « l’évènement » (comme on dit).

C’est donc du conformisme achevé là où la télévision d’informations générales et politiques en particulier est contrainte encore d’accorder à quelques « dissidents » court droit de passage au milieu d’une meute de crétins ou de haineux, et de salariés collabos du système. Le conformisme va loin puisqu’on continue à mettre au Panthéon du sport éternel, « mythique », « historique », « de légende » des grandes envolées cyclistes du passé tant et plus de personnages dont tout un chacun qui s’intéresse un peu, du moins objectivement, au cyclisme sait qu’il a été ou est encore de la grande famille des dopés. Il est vrai qu’il est bien difficile de parler d’un vainqueur du Tour qui aurait marché à l’eau naturelle et pure comme roche non polluée. On peut même dire que tout exploit y est entaché de suspicion raisonnable de tricherie.

Finalement il y a un côté fou qui fait que tout ce petit monde ou presque se dopant d’une manière ou d’une autre, c’est peut-être quand même le meilleur du moment qui l’emporte. Sauf si ce dernier emploie une technique dopante inconnue des autres. Remarquons comme les résultats ont souvent valeur pour toute une équipe. Quand le leader est le meilleur, ces coéquipiers sont aussi les meilleurs des coéquipiers. Ce qui dévoile immédiatement la triche en cours. On ne sait pas laquelle ou pas encore, mais on sait qu’elle est là bien présente. Et les premiers à s’en rendre compte sont évidemment les autres coureurs.

C’est ce Tour de France où l’EPO (qui ne disait pas encore son nom) fit son apparition avec des moyennes horaires hors du commun. C’est Charly Mottet, le Petit Charly (1 m 64), et Greg LeMond (retardant visiblement d’au moins un nouveau type de dopage) surpris par la rapidité des fins de courses, se regardant tous deux, et se demandant l’un l’autre à quoi marchait une partie du peloton pour finir des courses à une vitesse époustouflante.

Je note que la présence de ceux qui payent (les sponsors et autres mécènes intéressés) n’est pas du même type que celles des simples journaleux relégués derrière des ganivelles * (près des caniveaux?) et avec masque au museau. Pas comme au récent Festival de Connes, où les consignes de protection et de distanciation n’étaient absolument pas appliquées. Vous pensez bien, on n’est pas chez les gueux du côté de « Cannes la Braguette » comme le chantait Ferré autrefois **.

Je note également que séparer, fliquer, passeportir, y est la règle, que l’information y est totalement formatée, normée, réduite à rien ou l’anecdotique gentil, non conflictuel, non source d’une quelconque polémique. Et je note encore que les lavettes du journalisme ou du commentaire sportif s’y éclatent – au conformisme du moment — entre dithyrambes et éloges sur nos valeureux champions, ou en longs développements sur des incidents de course : machin qui tombe ou truc qui s’arrête pour satisfaire à un besoin naturel. On a même plus ces moments heureux où tout le peloton se livrait à quelque facétie.

* ganivelle : nom féminin, régional (Bretagne, Sud-Ouest). Clôture faite de planches ou de piquets de bois (le Robert). Plus spécialement clôture (en piquets et fil de fer, du moins autrefois) qui sépare les spectateurs des coureurs près des arrivées. On trouve dans le Littré : douve pour tonneau, dite aussi rebut, dont la largeur est réduite qui cite un certain Nanquette (probablement Henri Nanquette, directeur de l’École Nationale des Eaux et Forêts entre 1964 et 1880. Ce mot est généralement utilisé au pluriel.

** Faut les voir languir / À Cann’s-la-Braguette / La ville où l’soupir / Joue à la roulette / Faut les voir médire / Ou bien méditer / À Cann’s-la-conn’rie / Chef-lieu d’la pensée / Méditer comment ? / Merditativ’ment. Chanson de 1961. On pourrait ajouter à ce tableau la chanson des VRP (de 1990) où l’on entend : On va à Cannes, / On va à Cannes, / Dans la mer, on va patauger, / Et sur le sable, on ira s’échouer.

*

En 2021, il ne faut plus s’étonner de rien. Les récents champions de la pédale sont en train de battre de nouveaux records qui laissent loin derrière eux les hommes bioniques comme  Indurain, Armstrong, Pantani ou Froome. Mais la liste est en fait considérable quand on sait qu’un coureur comme Jacky Durand a reconnu qu’il était dopé l’année où il a fini dernier du Tour de France.

Nous n’allongerons pas les exemples mais dirons juste quelques mots d’Indurain qui était grand et costaud et qui avait une morphologie de rouleur, ce qui ne l’empêchait pas, bien au-delà des contingences physiques naturelles, de monter plus vite les cols que les petits et légers gabarits de grimpeur. Indurain, l’un des plus célèbres et des plus anciens « asthmatiques » des pelotons (pelotons largement atteints pendant des années du fameux « asthme de l’effort », tarte à la crème du dopage d’une époque, avant de passer à un autre produit).

Je ne vais pas développer ici sur les manières, les techniques d’évaluation de l’effort des cyclistes. Je renvoie ici aussi au site cyclisme-dopage.com qui lui-même renvoie à d’autres sites branchés sur le même sujet, le même problème (dans le cyclisme ou dans les autres sports). Je rappellerai simplement qu’il est des limites physiques (moyennes) qui ont été établies et qui permettent d’affirmer qu’au-dessus de 400/420 watts, on tourne en sur-régime humain.

Watt ? Je recopie ici l’article « watt » du site cyclisme-dopage.com.

Unité de puissance. Un watt est la puissance d’un système énergétique dans lequel est transférée uniformément une énergie de 1 joule pendant 1 seconde.

Frédéric Portoleau et Antoine Vayer ont développé une méthode permettant d’évaluer la puissance développée par les coureurs sur une ascension. Leur méthode tient compte des paramètres suivants :

  • Vitesse relative par rapport au vent
  • Masse corporelle du coureur
  • Masse du vélo et des équipements (bidons, vêtements, etc.)
  • Pourcentage de la route [donc de la configuration des lacets en montagne]
  • Densité de l’air [donc du temps qu’il fait]
  • Surface frontale du coureur et de son vélo
  • Coefficient de pénétration dans l’air
  • Coefficient de roulement des boyaux sur la route [donc de l’état du revêtement de la route]
  • Frottements mécaniques des pièces en rotation (moyeux, pédales, chaîne)
  • Rendement de la chaîne

Pour permettre la comparaison entre coureurs, la puissance est ensuite extrapolée à un coureur type de 70 kg équipé d’un vélo de 8 kg.

Source : Pouvez-vous gagner le Tour ? par Antoine Vayer et Frédéric Portoleau, Livrairie Polar

Sur le Tour de France 2009, Frédéric Portoleau a confronté ces calculs avec des mesures réelles. Cliquez ici pour en savoir plus.

Pour aller plus loin : Pour tout comprendre sur le calcul des watts

Mais, je reprends la suite de l’article déjà cité (celui du 4 juillet courant) :

Pourtant, il y avait matière avec les performances.

Les chiffres magiques de Julian Alaphilippe, plus 500 watts réels pendant trois minutes à plus de 8 watts par kilo, qu’il est le seul de manière ponctuelle à pouvoir pousser. Ce rendement absurde lui a permis de devenir champion du monde dans la Cima Gallisterna en 2020 et de revêtir le maillot irisé qu’il a troqué avec la même surpuissance pour le maillot jaune dans la côte de la Fosse-aux-Loups [cette année]. Au nom de son fils Nino. La belle histoire.

Les chiffres magiques de Mathieu Van der Poel [tout récent vainqueur de l’étape du Ventoux du Tour de France de cette année], plus de 600 watts réels sur une minute, qu’il est le seul de manière répétée à pouvoir pousser, ce qu’il a fait par deux fois dans Mur-de- Bretagne pour prendre le maillot jaune à Loulou. Au nom de son grand-père Poupou. La belle histoire.

Les chiffres magiques de Mark Cavendish, coéquipier de Alaphilippe, 36 ans, considéré comme perdu pour le vélo après une longue dépression et la maladie d’Esptein Barr *, plus de 1500 watts réels sur quelques secondes, avec un braquet monstrueux qui lui ont permis de gagner par deux fois [au sprint], à Fougères et à Châteauroux. Au nom d’Eddy Merckx pour lui ravir son record d’étapes gagnées sur la grande Boucle. La belle histoire.

Les chiffres magiques du Slovène Tadej Pogačar qui a roulé à 50 km/h pendant le contre-la-montre de Laval [du Tour de France de cette année], comme les plus grands rouleurs du monde qui pèsent 15 kilos de plus que lui. Mais dans chacune des trois petites difficultés du parcours il a accéléré pour augmenter sa moyenne et vaincre à 51 km/h en poussant sans doute plus de 460 watts réels et plus de 7 watts par kilo pendant 32 minutes. Au nom de sa fougue et de ses mentors tordus de son équipe UAE. La belle affaire.

Cette étape a usé tous les organismes. Tous ? Non, pas celui d’un seul coureur : Pogastrong.

Lors de la première étape de montagne, on a assisté à un genre de performance qu’on croyait à jamais oubliée, que l’on peut classer entre miraculeuse et mutante. Pogastrong s’est échappé en solitaire et a développé l’équivalent de 442 Watts Etalon sur 49 minutes sans ressentir aucune fatigue contrairement à l’ensemble de ses adversaires. On a référencé tous les exploits similaires en cols radars de Lance Armstrong dans sa carrière. Les chiffres parlent, Pogačar lui est supérieur ! […] Aucun autre coureur du peloton n’aurait pu le suivre, même au sommet de leur forme, ni Roglic, ni Bernal s’il avait été là. Cela confirme le retour aux années Armstrong que nous pressentions, en pire ! Il faut revenir aux pires années noires du cyclisme, 20 ans en arrière, pour retrouver pareille performance.

Je fais grâce de la suite qui décortique les « exploits » de Pogačar, titré : « Pogacar, un nouveau mutant qui sommeille ». « Pogacar est en passe de rejoindre ce club extrêmement fermé, celui des mutants. Il n’aura pas à forcer son talent. Miraculeux, cela suffira ». Et je termine sur ces quelques réflexions d’un ancien coureur cycliste professionnel (de 2007 à 2019) : Romain Feillu (dans un entretien avec Gaspart Bremond in ouest-france.fr du 16/09/2020 :

Ceux qui connaissent le vélo savent bien que ce n’est pas normal. Un garçon comme Wout Van Aert, un puncheur, un sprinteur, est aussi capable de rouler sur des cols pendant plusieurs minutes et faire exploser tous les grimpeurs très loin de l’arrivée et de continuer à rouler. Il y a quelque chose qui ne va pas. Même Chris Froome n’était pas aussi extraordinaire que Wout Van Aert ! Là, on voit bien qu’il y a un truc Il est au top sur tout, et tu sais bien, quand tu fais du vélo, qu’il est impossible de travailler toutes les spécialités et d’être au top physiquement partout. Avec le recul que j’ai, je sais bien que lorsqu’une équipe domine à ce point une course, il y a quelque chose derrière Je me souviens de l’US Postal, de la CSC avec Cancellara et O’Grady dans les cols.

Mais vous n’avez aucune preuve de ce que vous dites.

Oui, c’est vrai, mais par le passé aussi on n’avait aucune preuve contre des équipes qui, au final, avaient joué. Moi, au fond, aujourd’hui, ce que je vois, je le comparerais à un mec qui gagnerait deux fois de suite miraculeusement à la loterie. C’est dingue. Mais en cyclisme, il n’y a pas de hasard, c’est pour ça que je pense qu’il y a anguille sous roche.

[…]

Il y a autre chose qui me fait m’interroger, c’est sur la Slovénie. On sait que c’est un petit pays de deux millions d’habitants, qui n’a pas eu de palmarès immense sur le Tour, et qui arrive tout d’un coup à placer deux coureurs [Pogačar et Roglič] aux deux premières places du Tour [de 2020] !

Ajoutons au duo un troisième extraterrestre slovène vainqueur cette année de deux étapes du Tour : une certain Matej Mohorič.

Le duo slovène Pogačar-Roglič, du moins celui du Tour de France 2020 — dont je n’ai pas vraiment suivi les péripéties et qui s’est couru d’ailleurs en fin de saison à cause de la folie covidiste — me fait penser à cet autre duo de la fin des années quatre-vingt, celui des néerlandais Theunisse et Rooks, deux grimpeurs venant d’un pays plat, les Pays-Bas qui semblaient survoler la montagne.

Gert Jan Theunisse, Prix de la Montagne au Tour de 1889, dans une équipe qui à la même époque (on l’a su en 2013 lorsque a été été rendu public le contenu des carnets de son soigneur d’alors) marchait à la cortisone, la testostérone et au dopage sanguin (substitution de sang pollué par du sang « propre » gardé en réserve).

Steven Rooks, deuxième du Tour 1988 derrière Pedro Delgado, qui lui (Rooks) a reconnu s’être dopé à l’EPO au début des années quatre-vingt-dix.

Mais il y a plein d’autres exemples en ce domaine.

* S’il existe un virus Epstein-Barr, il y a plusieurs maladies qui sont liées à ce virus comme la mononucléose infectieuse, maladie généralement bénigne et qui infecte 80 à 90 % de la population mondiale, et quelques autres beaucoup plus malignes comme le lymphome (ou leucémie) de Burkitt (généralement liée à ce virus et au paludisme) ou le carcinome du nasopharynx (autre forme de cancer). Je ne sais pas ce que cela désigne ici.

***

Sans vouloir remonter plus haut, c’est-à-dire sans doute jusqu’au début du Tour de France, et en simplifiant, on peut dire que chaque décennie a eu son type de dopage, sa mode dopante :

Années cinquante et soixante : le temps des amphétamines. Une douzaine de coureurs cyclistes ont été répertoriés comme morts des suites d’une surconsommation d’amphétamines dans les années cinquante. C’est Jean Malléjac deuxième du Tour de France en 1953 derrière Louison Bobet, qui se trouve très mal en point dans l’ascension du Ventoux en 1955, ce qui entraîne l’exclusion (une première dans le Tour de France) de son soigneur qui était aussi celui de Charly Gaul (prix de la Montagne de ce même Tour, vainqueur du Tour 1958 et vainqueur du Giro 56 et 59). C’est Knud Enemark Jensen un cycliste danois décédé à 23 ans officiellement d’un coup de chaleur en pleine course (il faisait 42°) pendant les Jeux Olympiques de 1960 à Rome alors même que son autopsie révéla l’utilisation de produits dopants, dont des amphétamines, ce que son entraîneur confirma. Mais il faut savoir qu’au début des années soixante personne ne trouvait à redire des publicités vantant les mérites de ce type de produit. C’est Tom Simpson mort en course dans l’ascension du Ventoux au Tour de France 1967 :

Selon le rapport d’autopsie, « la mort […] est due à un collapsus cardiaque imputable à un syndrome d’épuisement dans l’installation duquel ont pu jouer certaines conditions atmosphériques défavorables (chaleur, anoxémie, humidité de l’air), un surmenage intense, l’usage de médicaments du type de ceux découverts sur la victime qui sont des substances dangereuses. À cet égard, les experts toxicologues confirment qu’il a été décelé dans le sang, les urines, le contenu gastrique et les viscères du défunt, une certaine quantité d’amphétamine et de méthylamphétamine, substances qui entrent dans la composition des produits pharmaceutiques retrouvés dans les vêtements de Simpson […]. Les mêmes experts précisent que la dose d’amphétamine absorbée par Simpson n’a pu, à elle seule, déterminer sa mort ; qu’elle a pu, en revanche, l’entraîner à dépasser la limite de ses forces et, par là-même, favoriser l’apparition de certains troubles liés à son épuisement. » (Jean-Pierre de Mondenard : Dopage : L’imposture des performances, Paris, Chiron, juin 2006, 3e éd., 288 p.)

Fin des années cinquante / début des années soixante, du temps de Miroir-Sprint, c’était pour moi celui du Tour de l’Ouest, organisé par le journal Ouest-France (prononcé « oueste-france » ou « ouè’s-france », selon les gens d’ici), celui qui une année passa juste au bout de ma rue dont je n’ai retenu qu’une chose : un énorme Lariflette en carton (sans sa Bichette) personnage « comique » du journal Ouest-France, rivé au sommet d’une voiture ; ou du Tour de France passé à quel distance où je vis Yvette Horner tout sourire et tout doigts agiles jouant de l’accordéon sur le toit d’une voiture ceinte de vitres en polyméthacrylate de méthyle, ou si vous préférez de plexiglas ; ou encore du Championnat de France 1965 à Guichen, près de Rennes, avec la côte de Pont Réan qui dit-on fut montée 24 fois, je ne vis pas l’arrivée j’étais le long du parcours derrière des ganivelles avec mes parents, mais l’entendis narrée : après une dernière échappée infructueuse de Raymond, premier Anglade, deuxième Poulidor, troisième Anquetil qui était satisfait (sa bête noire finissait deuxième).

Première loi anti-dopage en France 1965. Elle a eu quelques effets à ses débuts. Mais elle a montré rapidement ses limites car la pression du peloton et des équipes a toujours été forte et bien évidemment cette lutte a toujours été en retard sur la nouveauté. Si l’on a pu prendre les coureurs utilisant des amphétamines, il n’en a pas été de même d’autres produits plus difficiles à déceler, quand on n’a pas utilisé des produits permettant de les masquer. Où la technique de la poire d’urine non contaminée pour « pisser propre ». On a même connu beaucoup plus récemment, mieux que la poire, le faux pénis, que l’on pouvait acheter dans le commerce.

Années soixante-dix : les temps fort des anabolisants (stéroïdes) qui fut aussi la grande époque des tendinites ; si on peut gonfler les muscles, on ne peut pas gonfler les tendons qui les tiennent, avant quelquefois de lâcher ; mon père, qui était moqueur, avait remarqué que certains coureurs se plaignaient souvent d’être victimes de tendinite, un en particulier : Guimard, si bien qu’il finit par donner comme nom à la tendinite la guimardite.

Années quatre-vingt : testostérone, et comme dit plus haut cortisone et « sang propre » récupéré les mois sans dopage et congelé. La cortisone est un anti-inflammatoire qui amoindrit la douleur dans l’effort, mais qui a un effet négatif en entraînant une fonte musculaire.

Années quatre-vingt-dix : l’EPO, un produit miracle sauf si tout le monde en prend et permet quand même aux meilleurs de gagner, ou le cocktail dénommé « pot belge » ; c’est autour d’un « pot belge » que se passa la soirée de l’équipe de France (avec Virenque et Jalabert en particulier) qui suivit le championnat du monde de cyclisme sur route en Colombie en 1995 ; développement du contrôle de l’effort par des compteurs remplacés de nos jours par des mini-ordinateurs de plus en plus sophistiqués (fréquence cardiaque, taux de glycémie dans le sang, etc.) ; début également des « asthmatiques » du peloton (la majorité du tour de France à une époque, sous le couvert de l’asthme de l’effort!), y compris en haute-montagne ! le plus connu alors était Indurain ; mais cela a perduré au moins jusqu’à Froome.

L’EPO ou érythropoïétine, est à l’état naturel une hormone glycoprotéique (i.e. portant un glucide) qui sous sa forme naturelle se crée dans la moelle osseuse. C’est un facteur de croissance mais aussi un élément qui augmente le nombre de globules rouges dans le sang. Quelquefois utilisé comme produit thérapeutique coûteux (obtenu par la technique de l’ADN recombinant ou recombiné, c’est-à-dire d’une molécule créée en laboratoire à partir de diverses sources, créant des séquences qui n’existent pas dans les organismes vivants), c’est sous sa forme synthétique que l’EPO est utilisé comme produit dopant. L’augmentation du nombre de globules rouges dans le sang favorise l’oxygénation, mais aussi l’hypertension artérielle et une augmentation de la viscosité sanguine, ce qui nécessite un plus grand travail du cœur. À ses débuts, l’usage de l’EPO a entraîné la mort de plusieurs jeunes coureurs du côté du Danemark et des Pays-Bas en particulier. L’autopsie de ces derniers a révélé des cœurs usés avant l’âge, certains semblables à ceux de vieillards.

Années deux mille : encore les transfusions sanguines (avec du sang « propre » ; du temps d’Anquetil, ce dernier se faisait « vidanger » discrètement le sang en clinique en fin de saison) ; 2005 – 2010 grande époque du dopage génétique ; le but modifier cellules et gènes pour augmenter puissance et résistance ; « malheureusement » ce genre de chose se repèrerait facilement dans les analyses.

Années deux-mille-dix : retour des corticoïdes qui depuis 1978 étaient inscrits sur la liste noire des produits dopants par le CIO, mais qui n’ont pu être décelé qu’à partir de 1999, cocaïne (sans doute depuis bien longtemps ; la cocaïne c’est la mort qu’a choisie, si on peut dire, Pantani après qu’il eut arrêté la compétition), compléments nutritionnels douteux genre « cétones » ou ces dernières années d’un produit dénommé Aicar, une sorte de « coupe-faim » ; recours à un médicament anti-tabac à vertu dopante ; stimulations cérébrales électriques intra-crâniennes (avec un casque adéquat).

Plus drôle car inoffensif pour l’organisme humain : vers 2015, premiers cas reconnus de triche par l’usage d’un moteur électrique d’appoint (les premiers essais de vélo à moteur électrique intégré remontent à 1979), ce que certains appellent le dopage mécanique. Le « dopage mécanique » n’est pas neuf, il est même consubstantiel au développement des progrès techniques dans le domaine de la bicyclette (on pourrait dire la même chose des autres sports mécaniques). Fut un temps, par exemple, où des coureurs comme Cancellara, le coureur suisse, utilisait un pédalier « révolutionnaire », hors de prix où les frottement étaient réduits au minimum. « Le “technology doping” peut être mécanique : par exemple, en 2010, le cycliste Fabian Cancellara a révélé utiliser un pédalier optimisé, le “Gold-Race”. Reposant sur un roulement à billes de graphite, il permet de faire tourner la pédale plus facilement, sans frictions – et donc de gagner du temps lors d’une course. Ce procédé discutable est autorisé par l’Union Cycliste Internationale. » (Fabien Soyez dans un article de cyclisme-dopage.com intitulé « Dopage technologique et homme augmenté : une autre idée du sport ? », du vendredi 27 octobre 2017).

Dans le domaine du dopage mécanique légal on pourrait citer à nouveau tous les procédés relevant de l’électronique, et de la communication à distance de l’information visuelle et vocale. Compteurs divers, mini-ordinateurs, contrôles de l’équipe et observation des autres équipes (espionnage) qui va maintenant jusqu’à l’analyse des tactiques de course et des états de fraîcheur des uns et des autres comme le ferait une équipe de football ou de rugby, de soi ou de ses adversaires (vidéo) ou encore ce procédé qui relève presque de la triche que l’on appelle « oreillettes ». Autrefois il n’existait qu’un seul personnage pour indiquer les écarts dans une course sur route, c’était l’ardoisier qui remontait le peloton et les échappés indiquant les écarts. De nos jours, il n’y a plus rien de naturel autrefois les coureurs allaient grandement à l’aventure, maintenant on leur dit de ralentir, d’attendre untel pour le ramener vers l’avant, de ne pas prendre les relais, ou d’attaquer à un moment judicieux alors qu’un adversaire est sur le point de faire la jonction, etc. Si ce n’est pas de la triche c’est pour le moins tout à fait déloyal. Le coureur est devenu un véritable pion. Finies les échappées grandioses, tout est généralement petit à l’exception des « exploits » des coureurs bioniques.

« De plus en plus de sportifs de haut niveau portent ainsi des “trackers” [« traqueurs »], des capteurs et des GPS qui permettent de mesurer et de comparer les données d’un entraînement et celles d’une compétition, ou encore d’évaluer la qualité de leur sommeil. Les entraîneurs (notamment celui d’Usain Bolt [le sprinter]) utilisent aussi des logiciels, comme le programme d’analyse vidéo Dartfish, pour décortiquer les mouvements d’un sportif en particulier, et les comparer avec ceux de l’équipe adverse – bientôt en temps réel. »

(Fabien Soyez, idem)

Et je demeure très très incomplet dans mon égrainage de formes de dopage qui se retrouvent peu différents dans tous les autres sports où il y a de l’argent (et/ou de la gloire, bien éphémère) à glaner.

On arrive même de nos jours à des pratiques dont on ne sait plus dire si elles relèvent de la triche ou du confort. Comme l’écrivait Fabien Soyez dans l’article ci-dessus cité : « Avec le progrès technique, la ligne entre amélioration de la performance et triche est de plus en plus floue – en fait, c’est l’autorité dirigeante du sport concerné qui la définit et tente ensuite de la fixer. Bienvenue dans l’ère de l’ingénierie du sport… ou plutôt, devrions-nous dire, du dopage technologique ».

Et d’évoquer l’exemple (si l’on peut dire) de ce golfeur, Tiger Woods, qui en 1999, contrit de ne pouvoir suivre sa balle partie à deux ou trois cents mètres de distance, a décidé de se faire « améliorer » la vue pour obtenir une vision « sur-humaine ». Depuis plus d’un golfeur et plus d’un sportif de tout domaine l’ont suivi. Cf. par exemple cet article de 2008 : https://www.courrierinternational.com/article/2008/12/22/la-quete-d-une-vision-a-toute-epreuve

Qu’est-ce qui permet de différencier une opération au laser de la cornée qui permet de mieux voir où va atterrir une balle de golf (du moins un certain temps, car on connaît des rechutes « thérapeutiques » en ce domaine) et une prise d’EPO pour augmenter le taux de globules rouges, l’oxygénation du sang ? Dans les deux cas, il y a appoint d’un élément non naturel au corps du sportif, et dans les deux cas il y a volonté d’amélioration artificiellement des performances. D’optimiser artificiellement le corps humain. La première pratique est autorisée mais pas la seconde.

De même pourquoi certains types de chaussures « bondissantes » sont interdites dans le basket, certains types de combinaisons en natation, tandis que des prothèses qui améliorent notablement et donc artificiellement la course sont autorisées pour les handicapés amputés d’une jambe ou portion de jambe, ou deux. Pourquoi les cyclistes sont-ils autorisés à utiliser plusieurs types de vélo pendant une même course ou utilisent-ils des vélos et des casques qui n’ont plus grand-chose à voir avec un vélo « normal » dans les courses contre la montre. La liste des « pourquoi on peut » et des « pourquoi on ne peut pas » sont interminables. Résultats des pressions internes à chaque sport et des tendances dominantes, de compromis particuliers où l’industrie et le profit financier s’en mêlent. En particulier pour tous les sports nécessitant du matériel conséquent

Lisons encore Fabien Soyez : «  Chez les transhumanistes [sic], on imagine même de nouvelles catégories sportives, par exemple une catégorie “100% humains”, une autre “modifiés à 50%”, ou encore une dédiée à tous ceux utilisant des prothèses. “Je ne pense pas que le sport disparaîtra (la demande est trop forte), bien au contraire, il sera d’autant plus diversifié, il y en aura pour tous les goûts”, écrit ainsi Alexandre Maurer, transhumaniste et informaticien sur le forum Transhumanistes.com ».

Qui conclut (Soyez) par : « Voulons-nous voir des athlètes repousser réellement leurs limites (naturelles) ? Ou préférons-nous assister à une bataille d’ingénieurs et de porte-monnaies, et admirer des athlètes presque déshumanisés ? »

On peut même encore « compliquer » la chose en évoquant les transgenres. Étant entendu que les termes de « transhumanisme » et « transgenre » sont des termes faussement anodins. De transhumanisme, j’en ai déjà donné une définition dans un article précédent. Il n’y a rien d’humaniste dans le transhumanisme, bien au contraire, mais aucun des adeptes du transhumanisme n’oserait se dire, se prétendre (!) « surhumain », du moins pas directement ou en public, mais uniquement devant des publics restreints de gens aptes à l’entendre. Un amphithéâtre universitaire ou de grande école par exemple comme le fait le pitoyable Laurent Alexandre. Un chirurgien-urologue, et dit-on « expert en nouvelles technologies », créateur de DNAvision et cofondateur du site Internet Doctissimo.

De Soyez à nouveau :

Les prothèses de jambe permettent quant à elles de courir plus vite, jusqu’à devenir un sportif “augmenté”. On se souvient évidemment du coureur handicapé Oscar Pistorius, et de ses prothèses en fibre de carbone, les « Flex-Foot Cheetah », qui lui conféraient un net avantage sur ses concurrents valides. Même s’il s’agissait dans son cas de pallier un handicap, ses prothèses en fibre de carbone avaient spécialement été conçues pour la course à pied. D’où le débat qui secoue l’athlétisme depuis 2011 : quelle est la frontière entre la réparation et l’augmentation ? Avec ses jambes artificielles, Pistorius était-il finalement un sprinter comme les autres, ou plutôt un super-athlète ?

Verrons-nous un jour un athlète « handicapé » à prothèses courir le cent mètres plus vite qu’un individu non-handicapé ?

***

Le Tour de France (de plus en plus délaissé semble-t-il) ressemble de plus en plus à un spectacle donné à des zombies, prêts à toutes les docilités (et sans doute en partie tout nouveaux thérapie-géniqués ou arn-messagérinés), par des marionnettes à vélo elles-mêmes dociles et dopées. Redonnons la possibilité, comme le souhaite les « transhumanistes », aux docteurs Folamour et Mengele contemporains de doper les sportifs par la « thérapie génique » et autres manipulations génétiques et la boucle, la Grande Boucle cycliste sera close entre les spectateurs-figurants et les acteurs-porte-étendards-publicitaires. Les deux versants d’un monde totalement déshumanisé. Pendant que les « organisateurs » empocheront les bénéfices pécunieux.

On peut même dire que depuis le début de la « vaccination »… les cobayes sportifs commencent à être rejoints par les cobayes du tout venant, dans une même communion bio-techno-spectaculaire. Car, il faut le dire, tout finirait par se confondre en cette époque où le dopage et la thérapie génique et assimilée, modificatrice de l’immunité naturelle (ajoutons encore : la folie transgénique), semblent marcher plus ou moins de concert au royaume des transhumanistes et autres « hygiéniques » sociaux, fous en tout.

C’est dire si le monde médical ne saurait échapper à la folie ambiante ; il faut le dire et le répéter, la Science n’est aucunement neutre ni bonne en soi, idem des techniques. Les individus les plus louches et les plus sordides s’y intéressent grandement, pendant que le menu peuple, qui a bien d’autres chats à fouetter, ne s’y intéresse que, contraint et forcé, le jour où tout lui tombe dessus, venant d’un tout autre monde jusqu’alors ignoré.

Autrefois, au début des années soixante, Mitterrand avait dénoncé en un livre Le Coup d’état permanent qui dénonçait le pouvoir personnel, c’était au temps (1964) de De Gaulle et de la fin de l’Algérie française. Présentement, plus encore depuis la semaine passée, on pourrait invoquer le Coup d’état d’urgence sanitaire permanent, dictatorial et totalitaire et instaurant même officiellement l’apartheid entre immunisés naturels et dés-immunisés trans-naturels et bioniques. Et totalement dépendant de Big-Pharma.

Après la dépossession matérielle (savoirs et savoir-faire) et la dépossession des esprits emprisonnés dans le lacis des media de la domination, de la propagande et du divertissement, voici maintenant la dépossession de son propre corps par une fausse vaccination dont la covid, une sorte de grippe créée artificiellement et criminellement, fut le prétexte voire plus simplement l’amorce ; la dépossession, le viol, dans son propre corps de ce qui relève de son propre système immunitaire et de son patrimoine génétique.

On ne peut maintenant guère aller plus loin, du moins pour tous les innocents, les gens à très courte vue (je ne veux pas perdre mes congés payés … mais ne t’en fait pas, bientôt tu n’auras plus de congés payés quand tu n’auras plus qu’un revenu universel et que tu seras pucé comme un animal de compagnie!) ou les dingos dudit progrès. C’est la forme finale de la démocrassie. La forme achevée de la démon-crassie plus exactement. Le monde de la dictature bio-technologique du transhumanisme (l’anti-humanisme) faussement hygiéniste et réellement euthanasiste, voire génocidaire ; et de la tyrannie de l’apartheid.

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Quelques dernières réflexions en vrac pour aujourd’hui :

On a déjà connu le scandale du sang contaminé. Ce qui finalement n’a pas eu beaucoup de conséquence sur le principal responsable « mais non coupable » Fabius puisqu’il est depuis 2016, et après plusieurs places de ministres, rien de moins que le président breneux du Conseil constitutionnel qui présentement — avec ses potes — se torche tous les jours, page après page, article après article, avec et sur la Constitution.

En sera-t-il de même avec cette corona-folie intégrale ? Et cette corona-folie « vaccinale » avec des techniques qui depuis quarante ans montrent non seulement leurs limites mais leur toxicité.

Que veut-on nous cacher au final : un virus artificiel dont la visée était au départ du domaine de la guerre bactériologique ? Ou quoi ? Qu’est-ce qui a fait virer des personnes comme Raoult subitement ?

Personnellement je pense qu’il faut voir un seul mouvement, une seule action politico- « sanitaire » avec d’une part cette pseudo pandémie et cette pseudo-vaccination. L’une et l’autre sont liées étroitement dans la manipulation des esprits et des corps. Du moins au niveau des pays sous domination directe mondialiste.

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Après les ghettos gazaoui, après les quartiers de non-droit en France, le mondialisme est en train de diviser un peu plus encore, et de créer une population de parias. Notre civilisation s’enfonce un peu plus chaque jour et inexorablement dans le néant. C’est Cioran qui aimerait assister à ce spectacle d’un monde déliquescent partant en morceaux.

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Les expérimentations, ou plus exactement les expérimentateurs aiment les lieux en guerre (comme à l’époque des camps de concentration allemands). les temps troubles et déliquescents, les révolutions. Celle (bourgeoise) de 89 a expérimenté en grand la toute nouvelle guillotine d’usage rapide, importée dit-on d’Italie ; ultime reste de monarchie puisque auparavant seuls les nobles étaient décapités … à la hache. Le couperet fut plus propre, plus moderne, moins du temps des seigneurs de la noblesse et plus du temps des seigneurs de la bourgeoisie, pur produit du « progrès ». Aujourd’hui avec une pseudo-pandémie de grippe, on expérimente en grand un pseudo-vaccin.

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Le domaine de l’ingénierie du sport comme il y a de l’ingénierie technique et de nos jours de l’ingénierie sociale (nouvelle expression pour désigner les techniques de propagande et de publicité audio-visuelles, médiatiques, de manipulation des masses et du viol des foules), a pour avantage, si l’on peut dire, de réunir le dopage chimique et le dopage mécanique (autorisé ou non).

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Je rappelle une information que j’ai déjà lu plusieurs fois mais qui demanderait confirmation (ce ne sont pas les media officiels qui risquent d’en parler) et qui n’a pas fait beaucoup de bruit d’autant que cela ne concerne pour l’instant que les États-Unis (mais il faut toujours se rappeler que tout ce qui émerge là-bas, et généralement dans le pire, ne met que quelques années à venir polluer l’économie, la politique et les esprits de France) et qui est celle-ci :

La Cour Suprême des États-Unis a été sollicitée (déjà!) pour se prononcer sur le statut des personnes piquousées selon la technique de l’ARN messager (et avec la protéine spicule toxique que l’on connaît et du graphène également toxique et d’autres choses encore). Je suppose à la suite de plaintes.

Cette dernière aurait déclaré qu’en droit pur, les personnes qui auront subi cette atteinte corporelle, ce viol de génome (ce génome humain affaibli à demeure) peuvent être considérés légalement comme des objets et des marchandises brevetées.

On sort donc ici des Droits de l’Homme (naturel) pour entrer dans un domaine relevant du Droit de propriété, domaine totalement flou pour l’instant pour ce qui concerne la catégorie des trans-humains ne pouvant être « protégés » que par ce type de droit de propriété et non pas par celui relevant des Droits de l’Homme.

Imaginons la suite — après la période présente où l’on ne peut se retourner que contre l’État, mais pour quels résultats ? — qui consisterait à assimiler la mort d’un piquousé à la panne définitive d’un aspirateur.

Il est mort pendant la garantie d’efficacité de trois mois ou six mois, étant entendu qu’il n’a pas shunté un deuxième, troisième ou ixième « rappel », la famille est dédommagée financièrement (au bout de combien d’années et de frais d’avocat) selon un barème dégressif en rapport avec l’âge et l’état de santé général.

Beaux duels juridiques en perspective entre Big Pharma et les compagnies d’assurances (assurance-vie en particulier qui ne veut pas raquer). D’autant plus comiques que tout ça est imbriqué financièrement dans les mêmes entreprises.

Il est mort au-delà du délai de garantie « sanitaire ». Pleurez-le bien.

Ceci pour être un prémisse à puçage généralisé « sanitaire », « salarial », « bancaire » (argent virtuel) … de tous les humanoïdes avec garanties (payantes) intégrées.

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La mascarade de la Grande Boucle se termine en ce moment même. On apprend, alors qu’elle s’achève, que quatre équipes — dont celles comme par hasard du premier Pogačar, celle du deuxième Vingegaard, et celle d’Alaphilippe et du revenant Cavendish — font un « petit bruit » intrigant, selon les autres coureurs du peloton, comme d’une « chaîne mal réglée » au niveau de leurs roues arrières ; et d’autre part que des coureurs semblent utiliser des mixtures diverses d’après arrivée : pour certains cela serait des produits énergétiques, comme il en traîne déjà depuis plusieurs années dans les courses cyclistes (voir plus haut), pour d’autres des masques-dopage, des caches produits dopants ; ou peut-être quelque produit très dangereux du génie génétique dont ça pourrait être le retour en force (cf. ce qui est rapporté par les media courants eux-mêmes).

Ce qui est amusant est que la suspicion n’effleure jamais les commentateurs de la télé dont les anciens coureurs du Tour tels actuellement que Voeckler et Jaja — celui qui commença sa carrière comme sprinter avant de la finir avec le Grand Prix de la Montagne au Tour de France (sourions!), et qui, comme déjà dit, ne sait pas encore à plus de cinquante ans, s’il fut autrefois dopé, le grotesque…

À propos de triche, Voeckler s’est fendu cette année, lors de la première étape du Tour de France d’une petite délation mesquine :

« C’est du croustillant… Il y a prescription aujourd’hui. Il y a un coureur qui était dans la côte [de Cadoudal], qui a senti qu’il ne parviendra pas à suivre et à terminer dans le premier groupe, qui s’est arrêté sur le bas-côté. Il a enlevé sa roue avant, l’a dégonflée… Et ce coureur a pris le maillot jaune quelques jours plus tard. […] C’est un Français. Il s’agit de Romain Feillu. »

La côte de Cadoudal, en Bretagne était située ce jour-là à moins de trois kilomètres de l’arrivée, or il existe un règlement qui dit que tout coureur qui subit un incident mécanique ou une chute dans les trois kilomètres précédents une arrivée, est crédité du temps du groupe de coureurs avec qui il se trouvait lors de cet incident ou cette chute.

On aimerait que Voeckler soit franc aussi pour lui-même et rappelle qu’il a fini en 2011, un Tour de France quatrième dont, à un moment ou à un autre de leur carrière, le troisième, le cinquième, le sixième, le septième, le huitième, le neuvième ont été pris par la patrouille de la lutte contre le dopage.

Le premier était Cadel Evans, un coureur jamais pris qui s’est déclaré « propre » (mais bien d’autres se déclarèrent « propres », tels Armstrong et Froome en leur temps, Froome dans les fonds du classement du Tour de cette année, revenu après une chute sérieuse il y a un an ou deux) mais ami de plusieurs dopés notables ; le deuxième était Andy Schleck lui non plus jamais pris, qui cette année-là fut deuxième devant son frère Franck qui lui fut pris dopé un jour et écopa d’un an d’interdiction de courir.

From → divers

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