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AJOUT À L’ARTICLE D’HIER

18 janvier 2021

Dans le même genre d’avenir à gerber… car c’est de moins en moins la conspiration du silence… et tout finit par se dire…

J’oubliais d’évoquer une information qui revient quelquefois, mais sans faire encore beaucoup de bruit, juste en entrefilet, selon laquelle des études auraient été lancées au sein de l’armée française pour mettre en place et développer un « soldat augmenté », sic. Une espèce de soldat dopé.

J’ignore tout des détails mais il s’agit très probablement d’un humain bidouillé par la physique et la chimie, et plus précisément par la génétique sans oublier l’apport de l’électronique au niveau de nano-particules, ou plus encore.

Il est bien connu qu’un certain nombre desdits « savants » sont des fous dangereux. Des maniaques mégalomanes. Les bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki doivent tout à de prétendus savants, technologistes fous dangereux qui se sont pris pour de nouveaux dieux. Dieux du Mal absolu.

Il en est de même de nos jours aussi bien (ou aussi mal) avec la manipulation biogénique et la manipulation électronique qu’avec la manipulation de la physique atomique. Notre époque est devenue moins celle des -ismes que des -iques. Et des hic ! Moins celle de la chimie que de l’alchimie destructrice, totalitaire et mortifère d’un autre temps que l’on croyait révolu.

Une véritable thérapie génique est moins le but que le profit capitalisme, plus ou moins lié à un eugénisme destructeur ou à une ogéhèmisation rentable de notre espèce, des « ressources humaines » comme dirait l’autre.

Et pour ce qui est du « soldat augmenté », ce serait une sorte de zombi encore de chair et de sang, mais en partie robotisé pour résister à la souffrance, au sommeil, qui sait commandable à distance, etc. Un petit superman, ou superdupont ; monde fou qui commence à rejoindre les scènes de certains romans, certaines fictions propres en particulier à la fin du XIXe et début du XXe.

Moins les descriptions idéelles et anodines de L’Ève Future d’un Auguste Mathias de Villiers de l’Isle-Adam (curieux mélange d’un esprit conservateur et moderniste), encore tout nimbée de spiritisme et magnétisme très XVIIIe siècle – non sans l’apport de l’électricité, du phonographe, des lampes à incandescences et autres ampoules électriques – que celles cruelles et destructrices de L’Île du docteur Moreau d’un Herbert George Wells, socialiste, eugéniste, partisan de la robotique en des temps très balbutiants en ce domaine, qui déclara bizarrement vers la fin de sa vie : « Nous sommes en retard de cent ans sur nos inventions. Cet écart ne fera que croître. » Que voulait-il dire exactement ? C’est à méditer comme la fin de son roman dont voici un extrait (dans une traduction de H. Davray) :

Il me fallut agir avec la plus extrême circonspection pour éviter qu’on ne me crût atteint d’aliénation mentale. J’étais hanté par des souvenirs de la Loi, des deux marins morts, des embuscades dans les ténèbres, du cadavre dans le fourré de roseaux. Enfin, si peu naturel que cela puisse paraître, avec mon retour à l’humanité, je retrouvai, au lieu de cette confiance et de cette sympathie que je m’attendais à éprouver de nouveau, une aggravation de l’incertitude et de la crainte que j’avais sans cesse ressenties pendant mon séjour dans l’île. Personne ne voulait me croire, et j’apparaissais aussi étrange aux hommes que je l’avais été aux hommes-animaux, ayant sans doute gardé quelque chose de la sauvagerie naturelle de mes compagnons.

On prétend que la peur est une maladie ; quoi qu’il en soit, je peux certifier que, depuis plusieurs années maintenant, une inquiétude perpétuelle habite mon esprit, pareille à celle qu’un lionceau à demi dompté pourrait ressentir. Mon trouble prend une forme des plus étranges. Je ne pouvais me persuader que les hommes et les femmes que je rencontrais n’étaient pas aussi un autre genre, passablement humain, de monstres, d’animaux à demi formés selon l’apparence extérieure d’une âme humaine, et que bientôt ils allaient revenir à l’animalité première, et laisser voir tour à tour telle ou telle marque de bestialité atavique. Mais j’ai confié mon cas à un homme étrangement intelligent, un spécialiste des maladies mentales, qui avait connu Moreau et qui parut, à demi, ajouter foi à mes récits — et cela me fut un grand soulagement.

Je n’ose espérer que la terreur de cette île me quittera jamais entièrement, encore que la plupart du temps elle ne soit, tout au fond de mon esprit, rien qu’un nuage éloigné, un souvenir, un timide soupçon ; mais il est des moments où ce petit nuage s’étend et grandit jusqu’à obscurcir tout le ciel. Si, alors, je regarde mes semblables autour de moi, mes craintes me reprennent. Je vois des faces âpres et animées, d’autres ternes et dangereuses, d’autres fuyantes et menteuses, sans qu’aucune possède la calme autorité d’une âme raisonnable. J’ai l’impression que l’animal va reparaître tout à coup sous ces visages, que bientôt la dégradation des monstres de l’Île va se manifester de nouveau sur une plus grande échelle. Je sais que c’est là une illusion, que ces apparences d’hommes et de femmes qui m’entourent sont en réalité de véritables humains, qu’ils restent jusqu’au bout des créatures parfaitement raisonnables, pleines de désirs bienveillants et de tendre sollicitude, émancipées de la tyrannie de l’instinct et nullement soumises à quelque fantastique Loi — en un mot, des êtres absolument différents des monstres humanisés. Et pourtant, je ne puis m’empêcher de les fuir, de fuir leurs regards curieux, leurs questions et leur aide, et il me tarde de me retrouver loin d’eux et seul.

From → divers

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