LEONARD DAVID HAMILTON (15 avril 1933)

LEONARD-ART
Il a saisi, du bout du doigt et d’un clin d’œil,
L’instant secret en quelques traits d’éternité ;
Et du passé a composé, dans l’unité,
Ce temps surpris et dont la vie a fait son deuil.
Nature morte en brin de vent du bon accueil,
La belle infante aux tours promus à vérité,
Les pas sautés sur la lagune, ont hérité
D’un peintre-ci, d’un peintre-là pour son recueil.
De pur hasard dans l’entrelacs des destinées,
En conférant aux aléas des matinées
Le poids des ans, il enchâssa l’âme vermeille.
Ce nostalgique – Ô l’inactuel ! – cristal précieux
Qui tient son rang au reposoir du coin des cieux
En délicieux Bel-Art des dieux qui t’émerveille.
Bel enfant de quinze ans, dru comme père et mère,*
Aimable comme un Ange ou deux,
Que le fils de celui qui sera ton beau-père,
Se pourra dire un homme heureux. …
Quand pour me faire voir ton aimable visage,
Tu te baissas sur un genou,
Si je n’avais été, des hommes, le plus sage
J’en aurais été le plus fou. …
Ton visage est divin, et ta taille est divine,
Enfin, tout ton corps est divin ;
Et si l’on doit juger de l’esprit à la mine,
Tu dois en avoir du plus fin.
Tous tes trésors cachés, tous tes trésors visibles
Sont dignes des désirs d’un Roi ;
Et les grands de la Cour seront des insensibles
S’ils ne courent les champs pour toi. …
Ses yeux seront bien pis que les duels en France ;
Et quiconque les pocheraient **
Pour affaiblir un peu leur trop grande puissance,
Peut-être vous obligerait. ***
Tous aimables qu’ils sont, vous en mourrez sans doute ;
Pas un de vous n’échappera,
O ! trois fois bienheureux ceux qui ne verront goutte
Tant que leur règne durera.
In Les Œuvres de Monsieur Scarron (Rouen – Paris – M.DC.LIX.) ; À Mademoiselle du Lude – stances burlesques ; extraits.
Notes –
* – « Il se dit des petits oiseaux assez forts pour s’envoler du nid. Ces moineaux sont drus comme père et mère. Par extension. ♦ Bel enfant de quinze ans dru comme père et mère, SCARRON, dans RICHELET ». Littré
** – Ici, peut-être plus avec le sens (ancien) de « mettre en sac » (en poche) que de « meurtrir et faire enfler ».
*** – Lier par un devoir, mettre dans une certaine dépendance morale… Imposer comme chose dont on ne peut se dégager. Être l’obligé de quelqu’un : être sous sa coupe.


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