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Amours littéraires avec des jeunes filles mineures, ou littérature mineure: il faut choisir

27 décembre 2019

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Faut-il brûler Chéri de Colette (où Léa de Lonval, qui a  près de cinquante ans, est la maîtresse de Fred Peloux, le fameux « Chéri »)?…

Faut-il brûler La petite Française d’Eric Neuhoff (histoire d’amour entre un journaliste et sa jeune voisine)?

Faut-il brûler Colette Stern de Georges Conchon (personnages, Francis Hémon, trente-sept ans, et Colette Stern, soixante-trois)?

Faut-il brûler L’amant de la Chine du Nord de Marguerite Duras?

Faut-il brûler Aimez-vous Brahms? de Françoise Sagan (Paule a trente-neuf ans, Simon est tout jeune).

Faut-il brûler Mineure de Yann Queffélec? (Michel, 55 ans, et Sibylle, la quinzaine).

Faut-il brûler Une année studieuse d’Anne Wiazemsky?

Faut-il brûler Lolita de Nabokov?

Faut-il brûler Harold et Maude?

Faut-il brûler Une liaison dangereuse de Roland Jaccard (Roland 73 ans, Marie 23 ans) ?

Faut-il brûler Le diable au corps de Radiguet? (Les amours de Marthe Grangier et de François Jaubert, 17 ans).

Faut-il brûler ma grand-mère Marie de Vivier qui fut la dernière maîtresse du grand écrivain belge André Baillon, avec lequel elle avait une différence d’âge de vingt-quatre ans?

Cette séance de photographies a donné lieu à diverses images (voyez la couverture des « Contes érotiques » de David Hamilton).
Les contes érotiques : cahier photographique 1970-1990. Coffret en 2 volumes de David Hamilton. EDITIONS HERME.

Faut-il brûler les Contes érotiques par lesquels David Hamilton démontra qu’il était aussi, ou qu’il aurait pu être, un écrivain?

Faut-il brûler, tant qu’on y est, mes propres romans et tous les livres où j’ai crié « mercis », à la façon de François Villon, aux filles?

Couverture du livre « Je crie à toutes filles mercis ».

Faut-il brûler Françoise Sagan (Un certain sourire), Philippe Roth (La bête qui meurt), Restif de la Bretonne (Sara ou la dernière aventure d’un homme de 45 ans), Hervé Bazin (Le démon de minuit)?

Faut-il brûler Adolphe de Benjamin Constant, Le blé en herbe de Colette, Germinie Lacerteux des frères Goncourt, Creezy de Félicien Marceau, Un amour insensé de Junichirô Tanizaki?

Je n’aime pas également tous ces livres, ou tous ces auteurs, mais: faut-il les brûler?

Faut-il brûler Gabriel Matzneff?

La liste serait infinie…

S’il faut les brûler, alors il faut brûler des dizaines, il faut brûler des centaines de livres et de romans publiés, depuis plusieurs siècles, en France et dans le monde, livres classiques ou romans contemporains mais qui ont tous fait de la différence d’âge, et des histoires d’amour avec des mineurs ou des mineures, l’un des thèmes fondamentaux  de la littérature.

Les histoires d’amour avec des jeunes filles mineures, ou en tout cas beaucoup plus jeunes que leurs amoureux et leurs amants (ou vice-versa dans le cas, par exemple, d’Harold et Maude) sont tout bonnement inséparables de la littérature.

A moins que l’on ne veuille remplacer tout cela par la littérature mineure, ou plus exactement par la non littérature – celle de Flavie Flament et de Vanessa Springora…

From → divers

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