Aller au contenu principal

DAVID HAMILTON ET LA « GENTRY »

29 septembre 2019

David Hamilton a fréquenté, ou tout au moins croisé toutes sortes de milieux. Celui des arts – photographie, peinture, cinéma… – et de la mode ; celui des contrées et plages méditerranéennes ou des palaces dudit « beau monde », voire de dirigeants de certains pays, ou encore de mécènes (plus ou moins intéressés ou intéressants).

Mais très généralement en marginal, solitaire, distant ; et par certains de ses comportements «  so british » à l’ancienne, non sans humour, mais également très détaché -apparemment – des contingences et de notre époque.

Parmi ses rencontres on pourrait citer des personnalités de ses escapades pacifiques et asiatiques (par exemple à l’île Maurice ou au Japon). Plus près de nous, il lui est arrivé de côtoyer la « gentilerie » comme on disait en ancien-français, autrement dit la noblesse, du moins le temps d’y prendre quelques photographies comme celle qui est ci-dessous.

Cela dit moins la noblesse officielle qui peuple encore les pages, même modernisées, de la revue « high people » comme Point de vue (ex Point de vue – Images du monde), que celle de sa tendance « en marge » et « artiste ». Un peu déviante et ayant la tête dans le passé de ses imposantes demeures de plus en plus difficiles à entretenir.

On me souffle d’ailleurs dans l’oreillette que « David Hamilton aimait beaucoup les aristocrates et il disait toujours que certains enfants d’aristocrates pouvaient être des merveilles de beauté ». Tiens, rien que pour cela, il était déjà coupable, de facto, et condamnable à mort par les chantres moisis du progressisme dans la décadence.

Voici donc une photographie que David Hamilton a prise semble-t-il vers la fin de la décennie 70, celle des satins et des soies et des « fanfreluches » à dentelles, tant pour les hommes que pour les femmes. Il nous souvient d’en avoir porté.

Le personnage masculin est l’aristocrate Dado Ruspoli, autrement dit Don Alessandro Ruspoli, 9° Principe di Cerveteri, né à Rome, le 9 décembre 1924 au Palazzo Ruspoli et mort dans cette même ville, le 11 janvier 2005. Son père Francesco Ruspoli, huitième prince de Cerveteri, poète dit-on, a combattu durant les deux guerres mondiales. Quant à sa mère, Claudia dei Conti Matarazzo, morte alors qu’il avait neuf ans, elle était l’héritière de l’une des grandes fortunes du Brésil.

Ruspoli, connu des milieux mondains principalement dans les années cinquante-soixante comme play-boy, original et quelque peu dandy, fut ami, dit-on, de Brigitte Bardot, Truman Capote, Salvador Dalí, Roman Polanski, Roger Vadim, etc. On trouve écrit dans The Rake – the modern voice of classic elegance de novembre 2016 : « Prince Alessandro ‘Dado’ Ruspoli was a hedonist of epic proportions, with an ego as large as his sphere of social influence ». Le prince Alessandro Dado Ruspoli était un hédoniste aux proportions épiques, avec un ego aussi grand que sa sphère d’influence sociale.

Il apparut plusieurs fois au cinéma et même au théâtre. Il est dit également qu’il aurait inspiré Federico Fellini pour sa Dolce Vita. On cite sa participation, finalement tardive, à des films tels que:

– Identificazione di una donna (1982) d’Antonioni,

La Casa del sorriso (1988) de Ferreri,

Le Parrain III (1990) de Coppola,

Faccione (1991) de De Sica fils,

Just say know (2002) de Tao Ruspoli, l’un de ses enfants, un film documentaire,

Il Regista che venne dal futuro (sorti en 2007) de Ferreri, où il joue son propre rôle,

à la série télévisée  américaine de Lucas : The Young Indiana Jones Chronicles (1993) et à la pièce de théâtre Il Giardino dei ciliegi – La Cerisaie de Tchekhov (1992).

Le personnage féminin est Debra (ou Debby ou encore Deborah) Berger qui est née le 17 mars 1957, fille de l’acteur autrichien de cinéma et de théâtre William Berger (1928 – 1993) qui a fait toute sa carrière en Italie. Elle est la demi-sœur de l’actrice Katia Berger. Quant à elle, s’il faut en croire les fiches de cinéma d’Internet, elle a tourné uniquement entre 1973 et 1988 dans une petite vingtaine de films et feuilletons télévisés, américains, français, italiens  ; généralement avec des réalisateurs peu connus, si l’on excepte Marcel Carné (dans La Merveilleuse Visite en 1974) et Otto Preminger (dans Rosebud en 1975) ; et parmi lesquels on trouve deux ou trois films érotiques. Sa carrière semble n’avoir été guère plus longue et guère plus touffue que celle (puisque l’on parle de David Hamilton) de Dawn Dunlap.

Dado Ruspoli a été marié trois fois. Une première fois en 1947 avec Francesca dei Baroni Blanc, décédée en 1962 à l’âge de 41 ans. Une deuxième fois en 1964 avec Nancy de Girard de Charbonnières, une artiste peintre née en 1929 avec qui il eut un fils Francesco né en 1967. Ils divorcèrent j’ignore en quelle année. Une troisième fois en 1993, avec Theresa Genest dont il eut deux enfants : Mathilda Mélusine (en 1994) et Théodore Alexandre (en 1997).

Mais entre temps, dans les années soixante-dix au moins et peut-être quatre-vingt, il vécut en concubinage avec Debra Berger ; de cette dernière, il eut deux enfants : Tao (né en Asie en 1975) et Bartolomeo (né en 1976).

Nancy Ruspoli – Nudo disteso- Tecnica mista su carta ricicleta 100 X150 cm – 1999.

From → divers

Commentaires fermés