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La révolution des bourgeois (comme disait Desproges) : plus de deux siècles de stagnation pour ne pas dire de régression populaire

14 juillet 2019

14 juillet 1789 : RIEN (Journal de Louis XVI).

Par contre :

2 et 17 mars 1791, Décret d’Allarde, dit Loi d’Allarde, qui renouvelle l’édit de Turgot de 1776 supprimant les corporations et libéralisant les prix des grains. À l’époque, le roi avait dû renvoyer Turgot et rapporter la loi qui inévitablement avait entraîné baisse des salaires et augmentation du prix du pain et donc de nombreuses émeutes populaires.

14 et 17 juin 1791, Loi Le Chapelier (un avocat breton, comme quoi… voir plus bas) qui généralise les interdits : interdiction de tous les groupements professionnels et donc des corporations des métiers, interdiction des organisations ouvrières en général, interdiction du compagnonnage, interdiction des rassemblements paysans et ouvriers, donc, de fait, des grèves et autres coalitions, des syndicats, des mutuelles, des coopératives. C’est-y pas beau ? « Classes laborieuses… classes dangereuses », pour reprendre une partie du titre de l’ouvrage de Louis Chevalier.

Remarquons que devant la déliquescence syndicale collabo contemporaine, la loi Le Chapelier (Chapeau!) serait de nos jours inutile, contre-productive.

Et tandis que l’on nous serine encore avec (pour ne parler que d’eux) les abbés à dentelles :

– Sieyès, probable franc-maçon, consul provisoire, président du Sénat conservateur, comte de l’Empire, académicien jusqu’en 1815, cet ennemi des privilèges (mais pas tous, la preuve…) qui était opposé à la démocratie directe rousseauiste, et partisan du suffrage censitaire (dans une curieuse adéquation selon laquelle richesse = intelligence) ; un lointain précurseur donc de ceux qui nous dirigent encore actuellement et exècrent Populo, Gilets Jaunes et partisans du RIC ;

– Grégoire, franc-maçon assuré, évêque constitutionnel, membre de l’Institut, comte de l’Empire, certes partisan de l’abolition de l’esclavage, et partisan du suffrage universel (masculin, s’entend !), mais auteur du « Rapport [à la Convention] sur la Nécessité et les Moyens d’anéantir les Patois et d’universaliser l’Usage de la Langue française » (1794), c’est-à-dire toutes les langues multiséculaires des provinces (ce mot-même de « province » étant honni).

Il reprenait là l’idée de Barère d’une langue non pas commune, mais unique (prémices même de l’esprit mondialiste), dans son « Rapport sur les idiomes » (de la même année) où l’on trouve cette perle bien connue : « le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ». Comme si une langue était en soi révolutionnaire ou réactionnaire…

Grégoire est auteur lui aussi de perles idéologiques et de basse propagande, fruits de ses préjugés, révélant sa propre étroitesse d’esprit, telles que : « Il faut éclairer l’ignorance qui ne connaît pas et la pauvreté qui n’a pas les moyens de connaître. » Tout tient dans le « il faut éclairer » ; maxime parfaitement applicable aux media étatiques et oligarchiques dominants présents. « La pédagogie », diraient les piètres pédagogues et derniers représentants dudit socialisme. La « pédagogie » réifiante.

En résumé de son Rapport on peut dire qu’il tient en une thèse, une adéquation simpliste et fausse, une dialectique de patronage opposant La Langue, le français qui « a conquis l’estime de l’Europe » (je pense que l’on ne peut plus le dire de nos jours, à l’heure de la dictature de l’Union Européenne), représentant, dit-il : ordre, clarté, modernité, révolution, techniques, arts, « liberté, égalité, fraternité », etc. ; et, les langues, les patois, les sous-langues, représentant : désordre, confusion, passé, Ancien-Régime, superstition, religion, féodalité, etc.

Aussi, en ce jour d’hui est fêté plus de deux siècles après, moins la suppression des privilèges de l’Ancien-régime que les privilèges bourgeois magnifiés du présent régime capitaliste et marchand :

Liberté totale de la Finance exploiteuse de la masse humaine standardisée, de la maffia vampire et sanguinaire qui nous « gouverne », liberté totale de la marchandise et pour le reste : l’interdit. Voir par exemple, l’état de délabrement et de régression constante de la liberté d’opinion et d’expression, la prégnance de l’idéologie totalitaire mondialiste. Voir, les lois macroniennes passées ou en cours qui s’apparentent à la loi stalino-socialiste Fabius-Gayssot (pourtant non constitutionnelle puisque imposant un dogme historique).

Égalité tout à fait formelle devant la Loi et Justice des « deux poids, deux mesures » ; ou alors, nivellement égalitariste vers le bas du plus grand nombre.

Fraternité cachée au sein des loges francs-maçonnes, « groupes de discussion » oligarchiques internationaux, impérialistes, et autres maffias encore plus discrètes.

From → divers

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