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QUELQUES NOTULES À PROPOS DE LA CHANSONNETTE AUX TEMPS DES TRENTE GLORIEUSES

25 avril 2019

Le tournant des années 50 – 60, époque de profusion des 45 tours, et de la TSF (bien plus que de la télé), est une curieuse époque : si certains continuent la tradition de la chanson française, d’autres tombent dans la reprise et l’adaptation de chansons généralement nord-américaines (mais aussi de pays latins). Époque charnière.

Parmi la nouvelle génération, il en fut un comme Hervé Forneri, dit Dick Rivers, que l’on pourrait classer au premier abord comme tout en rupture, quelqu’un singeant dès quinze-seize ans, la chanson et la musique de variétés de nos dits « libérateurs », reprenant des titres anglo-saxons, généralement des « standards » comme on disait, nord-américains.

I

Je viens d’écrire : « Le tournant des années 50 – 60 […] Époque charnière ». On devrait même dire : époque qui fit le grand écart entre maintien difficile de traditions et relâchement dans l’acculturation d’importation (sans oublier l’opposition ville / campagne bien marquée). En voici une illustration parfaite avec l’extrait de ce film totalement oublié du temps encore des vieux cinoches :

1963, avec les Chats Sauvages après le départ de Dick Rivers remplacé par Michel Simonet alias Mike Shannon (qui chante encore de nos jours) voici une séquence du film Le Roi du village réalisé par Henri Gruel (ici dans sa version franco-italienne titrée : Bikini pericolosi ( Bikinis dangereux).

II

1962 Yéyé « Oh, dis le moi… »

Le petit train de la Tour de Mare, à Fréjus, est une attraction touristique qui a connu une fin tragique le dimanche 19 avril 1964. Le train s’est « emballé et il a déraillé, entraînant la mort d’une passagère et blessant 24 passagers, dont plusieurs très sérieusement.

Jeunesse et insouciance. Le pays se reconstruisait. En approfondissant un peu, du moins au niveau des paroles, de ces paroles légères, qui font rimer « amour » avec « toujours », on pourrait retrouver un petit fond de chanson populaire d’inspiration française.

III

Comme on pourrait retrouver un goût tout autant pour les rythmes lents de la romance sentimentale, la ballade (pour lui on dira que c’est « country ») que pour le dit rock.

A – « Tout l’amour que j’ai pour toi«  (qui est la reprise de Passion Flower) chanson lancée en France par le turco-israélite David Arugete dit Dario Moreno (les pseudonymes à consonances hispaniques étaient également prisés) et reprise par plusieurs autres, telle Iolanda Gigliotti calabro-égyptienne et chrétienne, Miss Égypte 1954, plus connue sous le nom de Dalida, comme ici dans un style burlesque en 1959 :

Cette chanson semble avoir son pendant dans les débuts de Dick Rivers, qui est : « L’amour que j’ai pour toi » (reprise de « Love of a man  » chanté par Gene Vincent ; paroles françaises : dit-on de Michel Morlanne), « slow » des sur-pat’ * ou autres surboums ou boums de l’été 1962. Du temps de « Dick Rivers et Les Chats Sauvages » (mai 1961 – été 1962).

* mot oublié que l’on retrouve dans le titre d’un 33 tours de 1959 : Surpat’ chez Léo Ferré par Jean Cardon et son orchestre, en concurrence avec Dansons chez Léo Ferré ; Jean Cardon étant alors l’accordéoniste qui accompagnait Ferré ; surpat’ étant évidemment la contraction de : surprise-partie.

B – « Il suffit de passer le pont » est une chanson du deuxième album de Georges Brassens sorti en 1953 :

En 1976, Dick Rivers sort un album dont l’un des titres est « Faire un pont (Country Roads) » Le voici la chantant en « crooner » « très propre sur lui » et à dentelles (mode masculine des années soixante-dix avec les chemises à fleurs) :

 

From → divers

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