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Je crie à toutes filles mercis : on en parle déjà

28 octobre 2018
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Après l’écrivain Roland Jaccard  https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Jaccard   sur You Tube,

c’est au tour du grand photographe allemand Max Stolzenberg de publier ce merveilleux article sur mon livre « Je crie à toutes filles mercis« .

http://maxstolzenberg.com/2018/10/28/je-cries-a-toutes-filles-mercis-and-two-other-erotic-novels-of-olivier-mathieu/

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EXTRAIT, choisi par Max Stolzenberg,

DE

« JE CRIE A TOUTES FILLES MERCIS«

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Pourquoi ai-je aimé David Hamilton?
C’était un homme qui, en France et au vingtième siècle, disait de son propre
milieu, celui de la photographie, qu’il ne s’y connaissait aucun ami.
David Hamilton tenait farouchement à son indépendance et n’était membre
d’aucun club, d’aucune association, d’aucune loge, d’aucun mouvement, d’aucun
syndicat, d’aucun parti.
David Hamilton constatait qu’il avait passé chez ses anciens employeurs les
années les plus ennuyeuses de sa vie.
David Hamilton déclarait noir sur blanc que ses éditeurs étaient des incompétents.
David Hamilton, né à Londres, médisait des Anglais.
David Hamilton se gaussait des pseudo-révolutionnaires. Et de la pseudo-avant-
garde artistique.
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David Hamilton, l’homme qui n’aimait pas les femmes.
David Hamilton, l’homme qui aimait, c’est tellement différent, les jeunes filles!
David Hamilton disait: Un pour cent du monde est blond.
Puis il photographiait les filles brunes comme les blondes.
David Hamilton, ami de l’éternité, de la beauté, du classicisme.
David Hamilton était un homme libre.
David Hamilton confiait: «Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours refusé
de me conformer. Je me suis insurgé de façon subtile mais ferme contre la banalité
du monde où j’étais né. Je n’ai jamais accepté la vie telle qu’on me la présentait et
j’ai toujours cherché des horizons meilleurs en fuyant la grisaille de Londres»…
Une toute petite goutte de nectar au milieu des égouts du monde moderne.
Voici ma définition de l’oeuvre de David Hamilton.
Est-il étonnant qu’Olivier Mathieu ait aimé David Hamilton?
Un jour, Roland Jaccard m’a écrit ceci: «David Hamilton vous doit beaucoup».
C’était comme si le compliment me fût venu, d’outre-tombe, de David Hamilton
en personne.

On ne retrouve jamais les jeunes filles, toutes les filles, celles qu’on a eues,
celles qu’on a perdues, celles qu’on n’a jamais eues, qu’en les écrivant.
Voilà, c’est fait.
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Ironie du destin, peut-être les jeunes filles les plus mystérieuses, les plus essentielles,
les plus lacérantes resteront-elles absentes de l’inventaire donjuanesque,
de tout catalogue de Pierre Louÿs, de tout album de David Hamilton, des romans
de Roland Jaccard et de ces Mémoires éphébophiles.

Photographie de Max STOLZENBERG, ami de David Hamilton. Photo empruntée au site http://maxstolzenberg.com/, auquel nous renvoyons

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Ma philosophie de la Jeune Fille a été celle de l’érotisme envisagé comme un
jeu. Dans l’oeuvre photographique de David Hamilton, tout pareillement, il n’y a
pas de sexe. Pas de sexe génital, en tout cas, parce que le sexe génital n’est pas
intéressant. La pénétration, c’est de la boucherie. J’ai préféré que les nymphettes
me prodiguent des fellations. J’ai privilégié le cunnilingus. Vive le monde idyllique
– mille fois plus réel que l’autre – de la pure sensualité hamiltonienne. Il avait
mille fois raison aussi, le personnage du film Emmanuelle qui définissait l’érotisme
comme l’art d’humaniser l’acte sexuel. L’érotisme authentique est le règne des jeux
enfantins, des étreintes saphiques, et de la passion suprême de Humbert Humbert
pour Lolita. David Hamilton ne m’aurait certes pas contredit. Je suis heureux et
fier que mon existence entière ait été inspirée par une sensualité non génitale,
libérée de la pornographie qui est celle de la pénétration.
A toutes les putains, à toutes les coquillardes, à toutes les passantes, à toutes
les jeunes filles de David Hamilton, à toutes les héroïnes de Roland Jaccard, à
toutes les Lolitas de Vladimir Nabokov, aux filles qui m’ont perdu, aux filles qui
m’ont sauvé, à toutes les pures salopes, à toutes les salopes pures, je crie à toutes
filles mercis.
A toutes filles auxquelles un souvenir était dû, mercis!

(extrait de : JE CRIE A TOUTES FILLES MERCIS)

David Hamilton et le photographe allemand Max Stolzenberg, été 2016

From → divers

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