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David Hamilton: un doigt d’honneur souriant à l’épouvantable bêtise humaine!

7 mai 2018
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Il faut être très bête, il faut être très inexpérimenté, il faut être très partial, il faut être très moderne pour ignorer que l’homme réputé le plus « méchant » peut démontrer des trésors de sensibilité; Villon le poète était un assassin.

Il faut être très bête, il faut être très inexpérimenté, il faut être très partial, il faut être très moderne pour ignorer de quel côté se trouvèrent, dans l’Histoire, les plus vrais et les plus grands, les plus sympathiques des anarchistes.

Il faut être très bête, il faut être très inexpérimenté, il faut être très partial, il faut être très moderne pour ignorer que l’homme réputé le plus « gentil » peut être une parfaite crapule.

Il y a deux sortes de gens qui me font rigoler, en ce qui concerne David Hamilton.

Ceux qui croient aux fables grotesques déversées à son sujet.

Et puis les dames ménopausées atteintes de sensiblerie, et qui croient qu’il était kitch ou éthéré.

David Hamilton était un poète, un grand poète, un immense poète, un être d’une extraordinaire sensibilité. Dans le même temps, il traitait de « putains » beaucoup de photographes; et il envoyait se faire voir les mémères de quarante ans aux jupes à mi-cuisse.

David Hamilton parlait clair.

Il n’est en rien réductible à ses photographies de jeunes filles. Ses photographies de jeunes filles aux chapeaux de paille dans des jardins d’été ne sont qu’une partie, une infime partie de son œuvre. Ce n’est ni de sa faute, ni de la mienne, si son œuvre et sa personne sont méconnues, ou si presque personne n’en a une vision complète et totale.

Ce n’est pas de ma faute si aucun éditeur, en France, n’a le courage et le bon goût de me demander d’écrire une vraie biographie de David Hamilton.

Chez les grands, les sentiments sont purs. Et l’expression de leurs sentiments est pure et directe. Ils ont en eux un mélange détonant de violence et de tendresse, et ce mélange ne peut étonner que les abrutis sans expérience et sans aucune connaissance psychologique. René Benjamin, par exemple, a expliqué merveilleusement tout cela dans plus d’un de ses livres.

Voici une photo rarissime, prise à Ramatuelle pendant l’été de 1973, en compagnie de Mona. Vous ne l’avez sans doute jamais vue.

Eté 1973, Ramatuelle. David Hamilton et Mona. Photographie rare / blog « En défense de David Hamilton »

Il faut être très bête, il faut être très inexpérimenté, il faut être très partial, il faut être très moderne pour ignorer que l’homme le plus distingué du monde peut faire un doigt d’honneur.

David Hamilton, pendant toute sa vie a fait un doigt d’honneur à la laideur, à l’absence de poésie, à la médiocrité, au conformisme. Et c’est ce qu’il fait encore, je le crois, dans les domaines de la mort.

La connerie humaine mérite un droit d’honneur. Nous nous joignons à François Villon, à Rabelais, à Pierre l’Arétin, à Pierre Louÿs, à Céline et à ses récits de cunnilingus, à Alphonse Boudard, à Frédéric Dard, à tous les grands écrivains érotiques et salaces, et à David Hamilton, pour répéter ce doigt d’honneur à toute médiocrité, à toute pruderie bigotte, à tout conformisme, à tout mensonge, à tout lieu commun, à toute laideur.

Si tu rencontres un de tes pairs, salue-le comme il convient.

Si tu rencontres un connard, rends-lui un hommage… majeur!

La vraie vulgarité est l’apanage des aristocrates de l’esprit.

Si un vulgaire fait un doigt d’honneur, il reste vulgaire.

Un aristocrate est toujours un aristocrate, en tout.

Ah! Sourire!

Un sourire!Un doigt d’honneur souriant, face à la plèbe!

Sensible. Anti-conformiste. Rebelle. Lucide. Voilà ce qu’était David Hamilton.

Olivier Mathieu

PS La photo de David Hamilton n’est pas même une photo « cachée ». Elle a été publiée en 1974 dans un magazine international.

From → divers

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