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Pourquoi nos souvenirs sont-ils si éloignés de la réalité? — article recopié de MSN.COM

5 mai 2018

source :

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/une-bonne-partie-de-vos-souvenirs-sont-faux/ar-AAwMdvy?li=BBoJvSH&ocid=mailsignout

Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d’autres, spécialistes du sujet, leur répondent.

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La question du jour : «Pourquoi nos souvenirs sont-ils si éloignés de la réalité?»

La réponse de Fabian van den Berg neuroscientifique et psychologue [dont la devise est : « An alleged scientific discovery has no merit unless it can be explained to a barmaid. » Une découverte scientifique alléguée n’a aucun mérite sauf si elle peut être expliquée à une serveuse ; ce qui n’est pas très gentil pour les serveuses]:

La mémoire est un mécanisme bien étrange. Pour commencer, les faits et les aptitudes relèvent d’un type de mémoire différent de celui des souvenirs que nous avons des événements que nous vivons. Il est donc parfaitement normal que vous soyez capable de me dire ce que signifie ADN et de me donner les cent premières décimales du nombre pi [si ces connaissances correspondent à votre secteur d’activité, ndlr], et pourtant d’oublier ou de vous tromper à propos de ce que vous avez fait le mois dernier.

Quant au décalage entre votre souvenir et la trace écrite d’un événement, il n’y a rien de très étrange à cela non plus. En fait, cela arrive à presque tout le monde. La différence, c’est que la plupart des gens ne gardent pas de trace écrite des événements; il n’est donc pas possible d’effectuer une comparaison ou de vérifier les souvenirs en question.

Le souvenir est un tableau

Un souvenir n’est pas une représentation parfaite d’un événement. Ce n’est pas une photo ou un film de nos vies. Lorsque nous «encodons» quelque chose, nous emmagasinons les principaux aspects, ceux qui se démarquent et nous semblent importants. Le choix de ces aspects dépend également de nous, de nos expériences passées et de nos connaissances, et varie en fonction des personnes.

Si vous avez besoin de vous souvenir de la position des pièces sur un échiquier, vous essaierez sans doute de vous souvenir de leur position exacte. Un champion d’échecs, quant à lui, mémorisera également la façon dont les pièces sont placées les unes par rapport aux autres. Son souvenir sera plus précis, car il aura enregistré des aspects plus saillants du jeu d’échecs. Pourquoi cela? Car la position relative des pièces sur le plateau de jeu est importante, et le champion le sait.

Ces pièces importantes forment le squelette des concepts mémorisés. Lorsque nous nous souvenons de quelque chose, nous reconstituons le souvenir dans son intégralité à partir de ce squelette, en comblant les vides. Pas comme un film ou une image, mais plutôt comme un tableau. En l’absence de l’original, nous sommes obligés de peindre à nouveau le tableau, dont nous mémorisons à nouveau des aspects importants… et ainsi de suite.

Tellement d’erreurs dans nos souvenirs

Le problème, c’est que des erreurs font leur apparition, nous devons combler les trous et le processus n’est pas parfait. Vous oublierez sans doute des détails importants, que vous devrez «deviner» ou «extrapoler» à partir de ce que vous savez maintenant. Au fil du temps, ces détails se superposent les uns aux autres, des éléments sont ajoutés, modifiés, supprimés. Si vous vous entretenez avec une personne ayant vécu le même événement, il est probable que vous vous approprierez une partie de son souvenir.

Mais ce changement se fait progressivement et, en l’absence de l’original, nous ne sommes pas en mesure de nous en rendre compte. Il n’existe pas de négatif du souvenir initial, pas de référence pour corriger les erreurs que nous commettons. Des erreurs qui s’accumulent et finissent par créer un souvenir bien loin de la réalité. Ce dont vous vous rendrez compte si vous en avez conservé une trace écrite.

Nos souvenirs sont imparfaits, j’en ai bien peur, et nous n’en sommes même pas conscients. Et je pense pouvoir dire sans crainte que la plupart des choses dont nous nous souvenons sont fausses. Pas étonnant, donc, que les récits de témoins oculaires soient considérés comme de très mauvaises preuves…

*** fin de l’article ***

    En conclusion, à trop vouloir prouver, on ne prouve plus rien… N’est-ce pas Flavie Flament ? N’est-ce pas gourou Muriel Salmona, « psychiatre-psychotraumatologue » (sic), présidente de l‘association « Mémoire Traumatique et Victimologie » ? N’est-ce pas gourou David Gourion ? Niveaux psychologique, psycho-sociologique, sociologique : l’ensemble des approches est concerné. Oui, ceci se joue également collectivement, par effet de mimétisme, goût de l’extraordinaire, esprit grégaire au sein même des communautés humaines et des peuples. D’où l’existence de rumeurs infondées, de mythes tenaces ou savamment entretenus pour raisons diverses ; par soucis religieux, idéologiques et/ou politiques de tous temps, tous lieux ou du moment.

     D’où la nécessité première et légitime d’avoir toujours à l’esprit la prégnance invisible ou trop visible des mensonges dominants et de la manipulation médiatico-spectaculaire comme système totalitaire de domination prêt à tout. Ce que les dominateurs collabos de l’Empire mondialiste (heureusement chancelant) nomment : complotisme, conspirationnisme, qui ne sont que simples reflets de leur propre réalité complotiste et conspirationniste prête à toutes les barbaries.

Ainsi est-il extrêmement difficile de faire accepter certaines vérités basées sur la Raison et l’analyse des faits, témoignages (toujours aléatoires et propres à chaque individu), documents d’époque, mœurs et coutumes des temps passés, des lieux autres. La base même des contes, légendes et mythologies, ou poétisation des faits historiques en épopées diverses, ou encore des grandes figures ou grands faits collectifs constitutifs des nations.

     Doute cartésien, scepticisme pascalien devraient d’ailleurs être constamment appliqués à tous les domaines des sociétés; et en tout premier lieu dans celui de l’histoire ancienne ou plus encore contemporaine ; et à ce qui se joue au présent, comme au Moyen-Orient. L’Histoire sérieuse n’est faite que d’approximations affirmées et non cachées, approches diverses et rapprochements progressifs, révisions perpétuelles ; dégagements, gangue après gangue, des idéologies passées et originelles, des préjugés vulgaires ou pseudo-scientifiques qui ont présidé à leur naissance et à leur maintien.

    Quelques exemples « collectifs » du côté « amerloque » :

— Le complot qui a présidé à l’assassinat de Kennedy dont il serait trop long de parler ici ;

— Les « marches sur la Lune » de quelques cow-boys, les quelques pas de rien du tout propres aux studios hollywoodiens ; pas plus ni moins éloignées de la réalité que le monde magique de Tintin ;

— Les chutes mortifères grotesques de trois tours d’armature métallique provoquées par deux avions y entrant comme dans du beurre, suivies de deux incendies à la fois minuscules et ridicules ; la troisième tour tombant d’ailleurs « toute seule » par la simple opération du Saint-Esprit (probablement par bombinettes atomiques déjà en place) ; toutes trois chutant « tout droit » et en si peu d’instants, à l’image similaire d’immeubles abattus par charges explosives savamment placées ;

    Et du côté français (je suis ici Franck Ferrand qui dans son livre L’Histoire Secrète a compilé quelques exemples intéressants, parmi eux ) :

— Le fait qu’Alésia ne se situerait pas en Bourgogne mais dans le Jura ; ne serait pas l’Alise-Sainte-Reine du mont Auxois, affaire montée de toute pièce par Napoléon III, avec même à l’époque de l’Empire, étalage de fausses découvertes et faux restes archéologiques ; mais sans doute l’oppidum de Chaux-des-Crotenay surplombant la plaine de Syam ; cf. ici les travaux d’André Berthier;

— Jeanne d’Arc, 1/ ou plutôt Jeannette Dart, ou plus communément La Pucelle, 2/ qui n’était pas d’origine lorraine, mais barroise (vosgienne) 3/ dont le père était doyen de Domremy ce qui en faisait, entre autres, le percepteur de la cité, 4/ qui n’a jamais été bergère, 5/ qui était lettrée, 6/ qui n’a pas entendu des voix, mais prétendit avoir eu des visions, 7/ qui n’avait pas pour but de « bouter les anglois » hors de France mais apparemment de réintroduire fermement le lignage français sur le trône de France, 8/ a été manipulée par Yolande d’Aragon, reine de Sicile, belle-mère de Charles VII et son entourage, 9/ puis abandonnée à son sort, œuvre achevée, sans aucun état d’âme. Cf. ici les travaux de Philippe Erlanger;

N.B. Jeanne d’Arc eût comme compagnon d’armes Gilles de Rais (ou de Retz), promu maréchal de France le 17 juillet 1429, jour du sacre royal de Charles VII à Reims, futur Barbe Bleue de la légende en compagnie d’Henri VIII d’Angleterre, puis du conte de Perrault, et dont l’histoire est elle-même controversée de nos jours encore;

— À compter de 1658, Corneille ou plutôt, tel qu’on peut logiquement le penser, l' »Atelier Corneille », c’est-à-dire Pierre Corneille, Thomas Corneille et quelques autres versificateurs ou prosateurs de théâtre moins connus, est l’auteur de l’essentiel des pièces dites de Molière ; à quelques lignes ou vers près, courtes scènes de transition ou ajouts de quelques passages comiques ; ou rares travaux collectifs reconnus;

C’est alors qu’il atteignait trente-six ans que, comme par miracle, Molière et avec lui le répertoire propre de l’Illustre Théâtre, changent du tout au tout et passent, pour le dire en raccourci du Barbouillé à Sganarelle, des farces de foire aux comédies tout à la fois de caractères, de mœurs et de situations;

Déjà un premier passage quelques années auparavant, pour six mois au Jeu de Paume de Rouen, avait vu toute la troupe se rendre chez le notaire de Pierre Corneille, et Poquelin se métamorphoser en Moliere sans accent ; ce pseudonyme que Molière s’est toujours refusé à expliciter, même auprès de ses amis, mais qui semble venir d’un vieux verbe « molierer » signifiant « légitimer », pourrait donc avoir le sens de : Légitime, que l’on pourrait mettre en parallèle avec l’expression de l’édition d’alors : « avec privilège du Roy » ; ici il ne s’agirait pas d’un privilège royal mais d’un arrangement qui ferait de Molière et de sa troupe les acteurs privilégiés, légitimes des pièces de Corneille;

La place des représentations du théâtre de Corneille, reconnu et dramatique, devint alors très important dans le répertoire de la troupe que Molière dirigeait ; et qui lui ôtait d’ailleurs le temps de composer lui-même des pièces, comme il en était de même des autres directeurs de troupe, et comme il en fut de même très probablement de Shakespeare, plus haut dans le siècle (mais c’est ici encore un autre sujet).

Cf sur ce sujet les articles de Pierre Louÿs parus en 1919 dans Le Temps et Comoedia, le livre de Henry Poulaille Corneille sous le masque de Molière (1957) ou près de nous les ouvrages de Denis Boissier.

J.-P. F.

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