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DAVID HAMILTON suicidé… mais par qui?… David Hamilton et « le sang de lumière des nymphes »

13 février 2018
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Deux larges extraits des dernières pages de mon livre.

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Le Sang des Nymphes.

A la mémoire de David Hamilton,

et à toutes les nymphes qui lui ont été fidèles.

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Le faux intellectuel occidental moderne ne démontre généralement qu’une seule et unique chose, c’est qu’il ne sait pas le sens des mots. Le faiseur de rap se prétend, sans rire, « compositeur de musique », le faiseur de tags se prétend « peintre », l’illettré se prétend « écrivain », le journaleux se prétend « penseur », la chèvre se prétend « chanteur ». L’abruti capable d’appuyer sur le déclencheur d’un appareil photographique se dit, évidemment, « photographe ». Et le comble, qui est né avec deux bras et deux jambes se dit même « homme ».

Ce n’est rien. C’est le monde moderne. A l’échelle de l’éternité, un pet. L’unique drame est d’être né en Occident, au bout d’environ deux mille ans de modernité. Tout ça, ce n’est qu’un pet mais, grands Dieux, quelle féteur ! Rarissimes les artistes dont l’oeuvre fut plus belle que la réalité. « La beauté est dans le regard », disait David Hamilton à juste titre. Les sages, les grands artistes, les grands hommes ont su qu’ils verraient la dernière fois. Celui qui annonce, parfois d’emblée, qu’il montera un jour au « front de guerre » artistique, esthétique et philosophique pour la dernière fois, celui-là ne recherche pas la victoire banale des médiocres. Il n’y a que les nains pour se croire éternels. Il n’y a que les nains pour se croire ou se vouloir victorieux. Ce que les tout grands ont voulu, c’est la défaite, et le plus grand homme est donc celui de la plus grande défaite. Les artistes, les écrivains, les époques historiques, les hommes politiques et les philosophes dignes de ce nom furent ceux qui eurent conscience qu’ils monteraient à la fête du front de guerre et d’amour, un jour, pour la dernière fois. Peu importe en quelle langue le dire, l’écrire ou le chanter: pour la dernière fois en français, per l’ultima volta en italien, zum letzten mal en allemand.

J’ai d’excellentes raisons pour penser que David Hamilton a su, ressenti, incarné lui aussi, à sa façon, l’amour donjuanesque de la dernière fois.

*

Le 25 novembre 2016, David Hamilton, vous êtes mort. Le 26 novembre 2016, moins de vingt-quatre heures après votre mort, paraissait mon premier article sur le blog « En défense de David Hamilton ». Je vous ai consacré trois ou quatre livres. A Cap d’Agde vous habitiez la résidence Héliopolis, du nom d’une ville solaire où, en un temps solaire, on adorait les divinités liées au Soleil. Le monde, David Hamilton, a connu l’aube, elle a connu son zénith et nous sommes venus, vous et moi, au crépuscule.

Vous aviez la précision et la finesse de Cranach, le talent de peindre les dentelles d’un Degas, l’art du paysage de Gustave Le Gray, vos natures mortes rappelaient Giorgio Morandi, vos nus dépassaient en beauté ceux de Robert Demachy. Vous resterez, David Hamilton, l’un des témoins irremplaçables qui sauront toujours irradier un peu de la grande lumière qui rayonnait jadis sur les civilisations d’Athènes, de Rome et d’Europe.

Heureux les morts qui trouveront au lendemain de leur mort un ami, un pair, un épigone, un frère.

Vous avez bu

nous avons bu la lymphe, le sang des nymphes;

les nymphes des sources et des fontaines, diaphanes, limpides

nous avons bu le sang de lumière des nymphes.

Et eux, que sont-ils? Ils ne sont rien.

Olivier Mathieu.

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Un extrait de la bibliographie de mon prochain livre

CASTELNAU Régis de, Hamilton, Fiona, Sauvage: deux semaines, trois lynchages (Causeur – 1 décembre 2016).

FATTORE Daniel, écrivain, président des écrivains fribourgeois, auteur en 2017 sur son blog littéraire d’un article consacré au Portrait de Dawn Dunlap, et d’un autre consacré à C’est David Hamilton qu’on assassine.

FLEURY Jean-Pierre, Le tombeau de David Hamilton, brochure publiée sous la responsabilité de Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes, 2017. On y trouve un dvd (photographies et films de David Hamilton) dans lequel Jean-Pierre Fleury et Sébastien Guillet ont rassemblé des milliers de photographies de David Hamilton.

HAMILTON David, « Les contes érotiques », cahier photographique 1970-1990. Coffret en 2 volumes. Éditeur Hermé. Parution en décembre 2006. 290 pages.

JACCARD Roland, très nombreuses vidéos sur David Hamilton publiées sur son canal You Tube (et sur le site du journal « Causeur »), au sujet des livres d’Olivier Mathieu Le portrait de Dawn Dunlap et C’est David Hamilton qu’on assassine.

JACCARD Roland, romans: Sugar Babies, Flirt en hiver, Une fille pour l’été et la trilogie: L’âme est un vaste pays, Des femmes disparaissent, L’ombre d’une frange.

LAINE Pascal, L’Irrévolution (roman, Gallimard, prix Médicis 1971); La Dentellière (roman, Gallimard ; réédition Folio – Prix Goncourt 1974); La Femme et ses images (roman, Stock, 1974); Tendres cousines (roman, Gallimard, réédition Folio, 1979), le film Tendres cousines de David Hamilton en a été inspiré; Traité de nudité (essai, Fayard, 2005); L’instant amoureux (texte et photos, Marval, 2006); Nude Attitude (texte et photos, L’Arganier, 2008).

MATHIEU Olivier, Le Portrait de Dawn Dunlap, 2017. Cahier d’illustrations interne en couleurs (photos de David Hamilton).

MATHIEU Olivier (avec une préface de Roland Jaccard), C’est David Hamilton qu’on assassine, Editions des Petits Bonheurs dirigées par Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes, 2017.

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