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CUBA, EMPIRE DU MAL ET TDF : RADIO PIRATE, TERRORISME ET RÉSEAU SOCIAL.

26 mai 2014

Ceci est la synthèse de quatre articles de José Fort parus ces jours derniers dans « L’Humanité » (les 8, 9 et 15 mai courants) et les condensés d’un article du « Guardian » (traduction Égalité et Réconciliation) et d’un autre du site « Le Grand Soir » (repris en partie par É. & R.) parus courants mai également. Le tout assorti d’ajouts divers et de quelques réflexions de mon cru.
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On savait le gouvernement français capable d’interdire le survol de l’Hexagone à l’avion présidentiel bolivien à la demande de Washington fantasmant sur la présence à bord d’Edward Snowden. Cette fois, on apprend qu’une radio anti-gouvernementale cubaine « Radio República », porte-voix d’un groupe établi à Miami, le «Directoire Démocratique Cubain», financé par la « Fondation Nationale pour la Démocratie » (NED), un organisme qui a pris le relais de la CIA, émet depuis le sol français.

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Plus précisément depuis le centre émetteur de radio en ondes courtes d’Issoudun dans l’Indre, géré par TDF. Et pour être très précis non pas à Issoudun même, mais à cinq kilomètres d’Issoudun, dans la petite commune de Saint-Aoustrille qui possède également un poste source électrique.

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Ce trafic des ondes a lieu dans la discrétion la plus absolue. Le député André Chassaigne vient d’interpeller le ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filipetti sur « la légalité de l’émission d’une radio étrangère à partir d’un émetteur TDF ». En attendant la réponse, il n’est pas interdit ou plutôt il est recommandé de se poser quelques questions.

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Le « Directoire Démocratique Cubain » et sa radio « República » ?

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Cette organisation basée à Miami regroupe des éléments violemment hostiles au gouvernement de La Havane qui vont jusqu’à commettre des actes terroristes sur le sol cubain. Objectifs : campagne de propagande notamment à l’aide de la radio « Republica », actions subversives et de déstabilisation. Le financement de ce groupe est assuré par la Fondation Nationale pour la Démocratie (NED).

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La « Fondation Nationale pour la Démocratie », autrement dit la NED, c’est quoi ?

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Cette « respectable » fondation a pris le relais de la CIA à l’instigation de Ronald Reagan en 1982. Son financement est voté par le Congrès. Elle se veut un outil moins voyant que la CIA en poursuivant les actions secrètes sous un paravent de « coopération » avec le même objectif : déstabiliser les « gouvernement non amis » par le financement des oppositions comme en Ukraine actuellement. Les fonds sont gérés par un conseil d’administration où sont représentés le Parti Républicain, le Parti Démocrate, la Chambre de Commerce des États-Unis et le syndicat AFL-CIO. La fondation entretient des relations avec des institutions dans le monde entier. En France, avec la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Robert-Schuman.

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La Fondation Jean-Jaurès, quoi-t-est-ce ?

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Une succursale du Parti dit Socialiste « reconnue d’utilité publique » qui a pour but (sic, mazette !) de « favoriser l’étude du mouvement ouvrier et du socialisme international, de promouvoir les idéaux démocratiques et humanistes par le débat d’idées et la recherche, de contribuer à la connaissance de l’homme et de son environnement, de mener des actions de coopération économique, culturelle et politique concourant à l’essor du pluralisme et de la démocratie dans le monde » (article 1er des statuts). Du joli ronflant qui masque du probablement plus trivial.

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Elle a été présidée de 1992 à 2013 par le frère-trois-points Pierre Mauroy ; elle est présentement aux mains de Henri Nallet celui qui, entre autres choses, en 1991 en tant que Garde des Sceaux, a mis des bâtons dans les roues de la carriole du Juge Thierry Jean-Pierre, lors de l’instruction de l’Affaire Urba (financement occulte du PS) ; tandis que son directeur général depuis 2000, directeur d’études chez Havas, l’officine bien connue spécialisée dans la publicité dont la propagande politique, est un certain Gilles Finchelstein également connu pour avoir contribué à introduire les idées « libérales » au sein du PS. Ce dernier est également membre du « laboratoire d’idées » (généralement mauvaises pour les peuples, les idées) Le Siècle. Mais quel politicard ou publiciste ne l’est pas encore ?

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Et la Fondation Robert-Schumann ?

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Cette fondation est également un « think tank » en engliche, ce qui ne veut pas dire un « tank de la pensée » (pourtant !) mais un « laboratoire d’idées », eh, oui ! bien évidemment pro-européen à la sauce capitaliste et même ultralibérale. Cette fondation a été reconnue comme la précédente, « d’utilité publique » en 1992, par la « petite gauche » socialotte. Elle tire son nom du ministre des affaires étrangères franchouillard qui proposa en 1950 la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, ancêtre de l’Union Européenne.

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Et l’AFL-CIO au fait ?

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L’AFL-CIO est la vieille centrale syndicale bureaucratique étatsunienne fondée en 1955 de la fusion de l’American Federation of Labour (fédération de métiers créée en 1886, ayant monopole à l’embauche et longtemps « apolitique ») et du Congress of Industrial Organisations (une scission née en 1935 de la volonté de développer le syndicalisme chez les ouvriers non qualifiés). En 1955, avec plus de 15 millions d’adhérents, elle regroupait un quart des ouvriers et employés américains.

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De nos jours elle est en totale perte de vitesse comme la plupart des syndicats « occidentaux » d’ailleurs, en France en particulier. Le déclin de l’influence du mouvement syndical aux États-Unis est patent. En 1955, 35% des salariés sont syndiqués, 19,5 % en 1984, moins de 15% en 2000, à peine 12,5% (et même seulement 8 % dans le secteur des services) en 2005. Chute accélérée et mort programmée ! Certains secteurs d’activité et entreprises sont des déserts syndicaux, de grosses entreprises ou grandes chaînes de distribution par exemple.

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En 2005, l’AFL-CIO subit la scission des syndicats moins bureaucratiques et moins modérés. Il faut dire que la tradition syndicale américaine repose essentiellement sur la collaboration avec le patronat et le lobbying comme on dit, l’action en tant que groupe de pression auprès des élus. La quitta, en autres, pour former un autre groupement, ce qui l’amputa finalement d’un quart de ses membres, l’International Brotherhood of Teamsters (Fraternité internationale des conducteurs, généralement appelée Teamsters). Ces derniers dénonçaient l’inertie syndicale et son bureaucratisme comme cause de son déclin. Mais, il ne faut pas se leurrer sur le « radicalisme » ou le « socialisme », ou la « gauchitude » comme aurait pu dire Ségolène, d’un tel syndicalisme « contestataire ». L’actuel président des Teamsters, un dénommé Hoffa, a pris la suite de son père à la tête du syndicat. Son père était connu pour ses collusions avec la mafia de Chicago ; d’ailleurs, il disparut en 1975 assassiné, dit-on, par un maffieux dénommé Provenzano, sans doute un lointain cousin de l’ancien parrain éponyme qui fut il n’y a pas si longtemps « capo di tutti capi » de Cosa Nostra, la maffia sicilienne.
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Qu’est-ce que le centre TDF d’Issoudun ?

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Techniquement parlant.

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Il a été créé avant la Seconde Guerre Mondiale et a pris un réel essor dans les années 1950. Surveillé de très près par les gouvernements, il assurait la diffusion de Radio France International, particulièrement en direction de l’Europe de l’Est. RFI, Radio France International se tournant vers le satellite et la modulation de fréquence ainsi que la fin de l’URSS ont modifié les objectifs de TDF à la recherche de nouveaux clients.
Anciennement « Télédiffusion de France », TDF est la marque légale de l’entreprise depuis 2004. Principaux clients : les chaînes de télévision, les stations de radios, les opérateurs de téléphonie mobile.

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Financièrement parlant.

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Là, c’est déjà moins franchement franchouillard.

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L’actionnariat se présente ainsi : Texas Pacific Group, aujourd’hui TPG Capital (42%), Caisse des Dépôt et Consignations (24%), Ardian (ex Axa, 18%), Charterhouse Capital Partners (14%), divers (2%).

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TPG Capital, c’est quoi, c’est qui ?

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Il s’agit du plus important fonds d’investissement nord-américain né en 1992. Il gère environ 30 milliards de dollars. Parmi ses principaux conseillers figure, comme c’est bizarre et quelle coïncidence ! Bernard Attali (frère jumeau de Jacques, le juif errant séfarade, scribouillard plagiaire et cosmopolite des hôtels mondialisés) qui a occupé des fonctions allant de la Datar à la Cour des Comptes, de la Deutsche Bank au GAN, de Bankers Trust France à Air France… Chez TPG Capital, il a le titre de « senior advisor », conseiller spécial pour la France. Enfin TPG Capital est un « partenaire » de choix de la NED.

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Mais encore ?

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L’actionnaire principal de TDF a un passé sulfureux. C’est ainsi que dans l‘Express/l’Expansion daté du 1er novembre 2006, Franck Dedieu livrait des informations surprenantes. Voici ce qu’il écrivait :

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« Des fonds d’investissement particulièrement portés sur les technologies de pointe françaises agiraient en poissons pilotes pour les services de renseignements américains (…) Tout commence en 2000, quand le fonds Texas Pacific Group (TPG) dépose 559 millions d’euros sur la table pour entrer au capital du leader mondial de la carte à puce, Gemplus, et en devenir le premier actionnaire.  » Avec 26 % du capital, TPG se montrait très insistant pour obtenir le maximum de postes au conseil d’administration, quitte à nommer des « indépendants » en fait très proches de lui « , se souvient Thierry Dassault, à l’époque administrateur de la société.

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Le renvoi du président Marc Lassus et son remplacement par un Américain sèmeront sérieusement le doute sur les arrière-pensées de TPG. Transfert de l’équipe dirigeante et des laboratoires de recherche aux Etats-Unis ? Les salariés s’inquiètent mais, après tout, jusque-là, rien de bien surprenant. Une information sur Alex Mandel, le nouveau PDG, adoubé en 2002 par les actionnaires américains, va mettre le feu aux poudres : l’homme siégeait au conseil d’administration d’In-Q-Tel, un fonds technologique au service exclusif… de la CIA et du renseignement américain. Un détail qui ne figurait pas sur son CV.  » Le cabinet de chasseurs de têtes a fait circuler une ancienne version « , se défend Goeff Fink, administrateur de Gemplus, représentant du fonds TPG (…) L’apparition des initiales TPG dans un dossier suffit à faire réagir les autorités françaises. Son arrivée au capital de l’opérateur européen de satellites de télécommunications Eutelsat, en 2004, suscite immédiatement une note du Quai d’Orsay et du ministère de la Défense sur  » la menace américaine « .  » Comme par hasard, Eutelsat s’apprêtait à passer un accord avec le futur système de navigation par satellite Galileo, le concurrent européen du GPS américain ». »
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Comment expliquer qu’une radio installée à Miami à quelques encablures des côtes cubaines utilise, puisse utiliser des installations françaises éloignées de plusieurs milliers de kilomètres ?

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Techniquement, parce que la puissance des structures de TDF Issoudun permet d’arroser en ondes courtes le monde entier, contournant ainsi les brouillages éventuels. Or, la Fondation Nationale pour la Démocratie (sic), vitrine discrète donc (enfin, de moins en moins discrète) de la CIA, ayant constaté des difficultés de réception de « Radio República » a demandé à son partenaire TPG Capital d’intervenir comme actionnaire principal auprès de TDF pour ouvrir un espace à la radio anti-gouvernementale, pour ne pas dire « radio terroriste ». Bref, du « partenariat » avec l’actionnaire principal.

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Légalement parlant, c’est une autre paire de manches. En effet, tous les contrats signés par TDF sont nécessairement soumis pour approbation aux instances gouvernementales. Autrement dit, la responsabilité de la diffusion de la radio anti-cubaine depuis Issoudun repose exclusivement sur TDF et les autorités françaises. Un accord entre la NED, des autorités françaises et la radio a donc obligatoirement été signé. Mais par qui ? Le « senior advisor » Attila, pardon Attali ? Un haut fonctionnaire ? Un ministre ?

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Question subsidiaire : est-il possible de refuser un service à ses amis ?

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Une affaire qui tombe mal.

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Lion* la brocante, plus connu sous le nom de Laurent Fabius a effectué, il y a peu, un court séjour à La Havane annonçant un renforcement des relations franco-cubaines. Le ministre (sic) français (sic) des Affaires étrangères n’a pas fait le déplacement pour la beauté de l’île, encore moins pour témoigner à Cuba de sa solidarité face au blocus yankee. Il y est allé, pour accélérer la signature de nouveaux contrats craignant, à juste titre, d’arriver trop tard pour un éventuel partage du gâteau avec le passage de pouvoir prévisible à la mort des deux Castro. Mais la révélation sur l’émission d’une radio étrangère depuis la France vers la Grande Ile ne risque-t-elle pas de gâter l’avenir ?

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Et puis, ce contrat pour le moins douteux serait-il unique ?

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Depuis la question du député, personne ne pipe mot à la direction de l’entreprise, au ministère de tutelle, rue de Valois à Paris, encore moins du côté de l’actionnaire principal de TDF, TPG Capital. TDF est un outil technique de la CIA en direction de Cuba et l’on est en droit de se demander si le « service » ne s’étend pas à d’autres régions du monde. Dans ces conditions, l’affaire de la radio anti-cubaine ne serait-il qu’une maille d’un ensemble qu’il serait urgent de détricoter ?

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Or, la mise à disposition d’un faisceau d’ondes courtes de l’émetteur d’Issoudun de TDF à une radio anti-cubaine par l’intermédiaire de TPG Capital semble être un élément – et un seul – du dispositif mis à la disposition de la CIA sur le territoire national par les autorités françaises. Selon les informations de « L’Humanité », d’autres ondes courtes du centre d’Issoudun sont réservées aux officines de la CIA pour diffusion d’émissions pirates à destination de plusieurs régions du monde. Dans le cas de « Radio República », il s’agit d’une violation de la souveraineté de l’Etat cubain et du droit défini dans la constitution de l’Union internationale de Télécommunication (UIT). Les autres marchés seraient aussi sulfureux. Et bien évidemment, une atteinte « collabo » à l’intégrité de l’État français gangréné par la CIA.
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En attendant, TDF soutient les agissements de la NED, rejeton de la CIA qui finance le « Directoire Démocratique Cubain » et donc « Radio República », dans le même temps où TDF « organisme français » est détenu à 42% par le plus que douteux groupe américain TPG Capital. Tout s’explique finalement.

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« Démocratique » n’est qu’un mot, ici aussi totalement vide de sens. Aussi incongru que « socialiste » pour les ennemis du peuple de la « petite gauche » franchouillarde… du Grand Capital.

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Toutes ces officines cubaines de Floride sont tenus par des manipulés, dont un nombre certain et presque total ne sont pas de vrais démocrates anticastristes mais des éléments de l’extrême-droite ou de la pègre héritière des instances corrompues du pseudo-État des prédécesseurs de Castro et compagnie, du genre tontons-macoutes totalement inféodés et soutenus par la « démocrassie » amerloque qui entretient la misère et la soumission des peuples ; et en premier lieu des bantoustans des îles qui la jouxte. L’élection, la prédestination ne sont-elles pas au cœur de la mentalité des prédateurs gringos ? L’élection protestante ou talmudique. Cette « « aristocratie » » des médiocres, des décadents, des destructeurs du Monde.

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Tout dernièrement encore, le 6 mai 2014, les autorités cubaines ont annoncé l’arrestation de quatre cubains de Miami qui se trouvaient à Cuba en vue de préparer des attentats terroristes dans l’île. Les quatre « ont reconnu qu’ils avaient l’intention d’attaquer des installations militaires dans le but de promouvoir des actions violentes ». Quatre autres individus de Floride, connus comme étant des « terroristes notoires » seraient également dans le collimateur des autorités cubaines pour la même affaire.

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Pourtant, dès 1997, Cuba a proposé aux Etats-Unis une collaboration discrète dans la lutte contre le terrorisme. L’écrivain colombien tout récemment décédé Gabriel García Márquez, qui entretenait des relations amicales à la fois avec Fidel Castro et Bill Clinton, avait servi de messager. Le gouvernement de l’île avait ainsi invité deux fonctionnaires du FBI à La Havane pour leur remettre un dossier concernant les agissements criminels de certaines organisations basées en Floride. Les services de renseignements cubains avaient alors envoyé plusieurs de leurs agents en Floride, mais au lieu de neutraliser les responsables des actes terroristes, le gouvernement des Etats-Unis décida de procéder à l’arrestation de cinq agents cubains en 1998 et de les condamner à des peines de prison extrêmement lourdes, allant de 15 ans de réclusion à deux peines de prison à vie, au cours d’un procès dénoncé par de nombreuses organisations internationales. Trois sont encore en prison.

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Dans le même temps, pour justifier sa politique, Washington n’hésite pas à classer Cuba dans la liste des pays promoteurs du terrorisme international, au prétexte fallacieux que des membres de l’organisation séparatiste basque ETA et de la guérilla colombienne des FARC ont trouvé refuge à Cuba. L’Espagne et la Colombie poussant également dans ce sens, du moins c’est ce qui se dit.

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Il faut savoir quand même, que depuis 1959, Cuba a été victime d’une intense campagne de terrorisme orchestrée depuis les Etats-Unis par la CIA et les exilés cubains. Soit près de 7 000 attentats qui ont coûté la vie à 3 478 personnes et ont infligé des séquelles permanentes à 2 099 autres. Simples cubains ou non cubains d’ailleurs. En particulier dans les années 1990, suite à l’effondrement de l’Union soviétique et l’ouverture de Cuba au tourisme, il y a eu une recrudescence des attentats terroristes contre les hôtels de La Havane, perpétrés par l’extrême droite cubaine de Miami. Les auteurs de ces actes terroristes se trouvent toujours à Miami où ils jouissent d’une totale impunité. Un exemple en est un certain Luis Posada Carriles, ancien policier sous la dictature de Batista ; devenu agent de la CIA après 1959 il a participé à l’invasion heureusement ratée de la Baie des Cochons et est responsable de plus d’une centaine d’assassinats, dont l’attentat du 6 octobre 1976 contre l’avion civil de « Cubana de Aviación » qui a coûté la vie à 73 personnes dont toute l’équipe d’escrime junior cubaine qui venait de remporter les jeux panaméricains. Il ne s’en cache d’ailleurs pas dans la presse et dans une autobiographie intitulée Los caminos del guerrero. Des archives déclassifiées du FBI et de la CIA de même montreraient son implication dans le terrorisme contre Cuba.
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Nous ne quitterons pas la Grande Île sans évoquer une récente affaire cubaine qui ne semble pas avoir fait beaucoup de bruit dans les media de France et de Navarre. Ce qui suit provient d’une enquête approfondie d’Associated Press.

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Tout part du paravent (de moins en moins paravent) l’USAID (United States Agency for International Development**) officine connue pour superviser des milliards de dollars en aide humanitaire ou prétendue aide humanitaire (désintéressée) ou même prétendue aide tout court. Et d’un programme en son sein. Son but était rien de moins que de lancer sur l’île de Cuba un réseau, un pseudo réseau social (comme la plupart des réseaux sociaux d’importance sur Internet) contournant la censure et reposant sur un système le plus simple possible et le moins coûteux possible de messagerie « texte », dans l’espoir qu’il puisse servir à manipuler les abonnés et organiser des « foules intelligentes » (smart mobs) contestataires susceptibles de déclencher un « printemps cubain ».

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Ce « projet » débuta vers 2009 puis se concrétisa en juillet 2010 à Barcelone. À sa tête se trouvait un agent de la CIA mais payé par l’USAID. Celui-ci recruta toute une équipe de « bricolos » en messagerie venant de Costa-Rica, Nicaragua, Washington et Denver. C’était l’ensemble « Creative Associates ». Au début il était centré sur la compagnie d’un certain Bernheim. Mais celui-ci se révélant limité pour construire « une version réduite de Tweeter », il se tourna vers un certain James Eberhard, PDG de Mobile Accord INC, une société basée à Denver. Eberhard fut ainsi un des pionniers dans l’utilisation des messages textes pour les donations durant les catastrophes naturelles et a ainsi levé des millions de dollars après le tremblement de terre en Haïti en janvier 2010.

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Le plan consistait donc à développer un Twitter cubain, réduit à l’essentiel, utilisant les messages textes des téléphones portables pour contourner le strict contrôle de l’information par le gouvernement cubain et sa mainmise sur l’Internet. Comme un pied de nez à Twitter qui signifie « gazouillis » en anglais, les initiateurs du « beau » projet l’appelèrent ZunZuneo, onomatopée qui à Cuba désigne le cri des colibris.

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Dans un premier temps, il était prévu de mettre en place une base d’abonnés à travers des contenus anodins et ne prêtant pas à la controverse politique (sujets sportifs, musicaux, informations sur les ouragans…). Il était prévu que lorsque la base atteindrait les centaines de milliers, alors l’opérateur jouerait le provocateur en introduisant des contenus politiques visant à pousser les cubains à agir collectivement dans le but bien évidemment de mettre à mal le pouvoir à Cuba. Ou comme le dit tout en nuance un document de l’USAID : « renégocier l’équilibre du pouvoir entre l’État et la société ».

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Toute cette histoire commença concrètement par le détournement d’un demi-million de numéros de téléphones portables cubains auprès d’une taupe, un ingénieur cubain. L’entreprise (illégale même aux États-Unis, mais rassurez-vous, seulement parce que non connue des élus) nécessita le recours à plusieurs agents gringos devenus pseudo-entrepreneurs à Cuba dans le domaine du développement du téléphone portable.

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Pour cacher le réseau au gouvernement cubain, ils créèrent un système byzantin fait de sociétés écrans. Ils décidèrent d’avoir une compagnie basée au Royaume-Uni et de monter une société en Espagne pour le fonctionnement opérationnel de ZunZuneo. Une autre société, séparée, appelée MovilChat, fut créée dans les îles Caïmans, un paradis fiscal bien connu, avec un compte dans la banque de l’île, NT Butterfield & Son, pour payer les factures. Et ils recrutèrent des dirigeants insoupçonnables, qui ne furent pas, dit-on, au courant des liens de la société avec le gouvernement américain. Manipulation des uns et des autres.

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Par un recours judicieux à un bas prix, à une inondation de messages venant de divers pays, principalement de la sphère hispanique américaine, les cubains eurent l’illusion d’échanger entre eux et avec le monde extérieur. Comme sur Internet et les réseaux finalement, où une bonne part des amis ou pseudo-amis n’ont jamais été sollicités et vous tombent dessus ; enfin pas sur moi, toujours.

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Il fut testé en grandeur réelle dès le début de l’opération par l’envoi d’un demi-million de textos aux numéros des abonnés piratés afin de vérifier les réactions du gouvernement. Il n’y en eut apparemment pas, ou alors elles se firent très discrètes. Le moment choisit fut celui des semaines qui précédèrent la venue, le 20 septembre 2009, sur la Place de la Révolution à La Havane, d’un rockeur colombien vivant à Miami, un certain Juanes ; le concert s’appelait « Paix sans frontière », musique destinée selon le rocker à « détourner la haine en amour ». La foule s’y fit nombreuse, comme lors de la venue du pape Jean-Paul II en 1998.

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ZunZuneo connut deux bonds, l’un à 20 000 abonnés, un autre à 40 000, mais ne put franchir ce cap pour des raisons sans doute techniques ou de capacité financière des cubains bien que ces derniers fissent fructifier, en toute innocence, le réseau localement par le bouche à oreille.

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À la même époque, le département d’État, sous la secrétaire Hillary Rodham Clinton, considérait les réseaux sociaux comme un important outil diplomatique. Lors d’un discours en 2011 à l’université George Washington, Clinton déclara que les États-Unis aidaient les peuples « à contourner les filtres dans les environnements oppressant l’Internet ». Elle déclara par exemple, qu’en Tunisie, les gens ont utilisé la technologie « pour s’organiser et partager leurs griefs à l’égard du pouvoir, qui comme nous le savons, aidèrent à la prolifération d’un mouvement qui mena au changement révolutionnaire ». Sic. Avec peu d’années de recul, nous pouvons déjà juger du type de révolution, l’important étant d’éliminer un régime en inadéquation avec le modèle impérial totalitaire dénommé par ironie sans doute : démocratie. En fait, peu importe la forme de l’État. Un bon État est un état servile d’un pays qui se laisse dépouiller ; pour le reste…

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Vers le milieu de l’année 2012, les utilisateurs cubains commencèrent à se plaindre du fait que le service fonctionnait de manière sporadique. Les textos étaient limités à un par jour. Puis plus rien du tout. Zunzuneo devint muet et disparut de manière aussi mystérieuse qu’il était apparu. Que lui arriva-t-il ? Échec technique ? Échec financier ? Censure de la Grande Île ? On l’ignore encore.

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Mais ce qui est établi est que les abonnés ne furent jamais conscients que Zunzuneo avait été une création du gouvernement américain et que des entrepreneurs américains intermédiaires rassemblaient leurs données privées dans l’espoir de les utiliser à des fins politiques. À des fins de manipulation des masses et de déstabilisation. De même, aucune ligne de dépense ne figurait au budget d’USAID concernant ZunZuneo ; l’argent que Creative Associates dépensa était publiquement assigné pour un projet non-spécifié… au Pakistan.

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Des organismes officiels apparemment humanitaires, para-officiels ou même d’un certain nombre d’ONG « indépendantes », on sait trop ce qu’il en est de nos jours à la suite de divers scandales. Nombre d’ONG sont devenues des sortes de produits OGM du prétendu humanitaire prétendument désintéressé. Les États en guerre n’ont pas toujours tort de s’en méfier ou de les expulser comme agents ennemis.

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Les amerloques, leurs dirigeants du moins ont un goût toujours très prononcé et très pathologique pour le mensonge et le chaos mondial. Ce n’est pas très chrétien, mais parfaitement hypocrite pour un pays où l’on jure sur la Bible. Quelle vile bassesse et esprit insensé et malade. Le secret, le mystère, l’esprit tordu sont même devenus le mode quasi « normal » de fonctionnement de la gouvernance de l’Empire. Un exemple indirect en est le mode de fonctionnement de ces vassaux au sein de l’Union Européenne. Et en particulier avec le fameux « traité transatlantique » à venir ; et qui ne viendra jamais j’espère. Ceci a pris une ampleur certaine depuis la chute de l’empire soviétique et plus encore depuis une certain nombre de lois liberticides mises en place grâce au gros mensonge mondial, mondialiste, spectaculaire des plus hautes sphères de l’État, cette énorme ordurerie du Onze Septembre. Ordurerie yankee, ou plus exactement yankosioniste. Catimini et ignominie sataniques pour ne pas dire satanistes.

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J’aime à dire et à répéter – « j’aime »… mais je préfèrerais évidemment que cela n’existe pas – que depuis la chute du Mur de Berlin, le Monde, nos contrées dites occidentales pour le moins, ont sombré dans une fusion des pires aspects, esclavagistes et liberticides, de l’Ouest et de l’Est du temps dit de la Guerre Froide, qui est en train de renaître d’ailleurs de la faute des occidentaux.

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En l’occurrence ici, dans le délire de la propagande, du mensonge et du secret. Et en certains cas, de la manipulation quasi invisible des masses. Et en particulier, de celles qui s’imaginent se libérer. Et qui plus est, toutes seules comme des grandes !

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* tel était le nom originel, ou du moins précédent de cette famille juive mosellane bien connue de « brocanteurs sédentaires ».

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** cette officine « indépendante », mais de fait totalement contrôlée par les hautes sphères gouvernementales, a été créée en 1961 ; son signe peut être lu comme « US aid », c’est-à-dire « aide des États-Unis » ; il est curieux de constater qu’une partie des lettres de ce sigle semblent reproduit – hasard ou volonté de confusion ? – dans le nom si connu et si médiatique d’Aids, Sida en français, mais aussi « aides » au pluriel en anglais.

From → divers

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