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LE COUP D’ÉTAT PERMANENT

14 janvier 2014

Il y a en France des ministres. On murmure même qu’il y a encore un Premier Ministre. Mais il n’y a plus de gouvernement. Seul l’Innommable ordonne et décide. Certes les ministres sont appelés rituellement à lui fournir assistance et conseils. Mais comme les chérubins de l’Ancien Testament, ils n’occupent qu’un rang modeste dans la hiérarchie des serviteurs élus et ne remplissent leur auguste office qu’après avoir attendu qu’on les sonne.

L’Innommable conçoit, médite, décide, hors des précédents et des jurisprudences, étranger au dialogue. Qui s’en plaindra ? Que lui importent les clubs protestataires, les cellules dispersées de l’opposition ? Que lui importe un Parlement dont la majorité abdique ses devoirs ? Que lui importent les routes sur lesquelles d’autres que lui ont déjà mis leurs pas ?

La politique extérieure de la France n’appartient plus à la Nation mais à un seul Innommable, et pis, à un Innommable seul.

L’Europe abstraite, forme géométrique dessinée sur un papier blanc, c’est la caricature de l’Europe. La véritable Europe a besoin des patries comme un corps vivant de chair et de sang. Ses fondateurs l’ont souhaitée ainsi. Ses fidèles ne l’aimeraient pas à s’abolir dans un atlantisme qui, sous le couvert du « plus grand occident », étouffera ce que la civilisation de l’Europe contient d’irremplaçable.

On dit que c’est la marque du socialisme. Pourquoi pas ? Le socialisme, après tout, n’est peut-être qu’un poujadisme aux dimensions de l’univers.

J’aurais atteint mon but si j’ai contribué à démystifier le phénomène socialiste en montrant comment par un extraordinaire subterfuge le nouveau pouvoir au lieu de consolider l’État le démantèle, comment au lieu de restaurer le respect de la loi il pervertit l’esprit civique, comment au lieu de confier au peuple la maîtrise de son destin il le confisque.

From → divers

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