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À PROPOS DES 14 MILLIONS D’ALLEMANDS DES MINORITÉS « DE L’EST » EXPULSÉS VERS LES DEUX ALLEMAGNE ENTRE 1945 ET 1948

5 avril 2013

Ceci est la retranscription d’un passage d’une émission entendue hier jeudi 4 avril par un auditeur de Radio Courtoisie, dans Chroniques de la Vieille Europe

Au micro, Philippe Christèle interrogé par Patrick Péhèle :

« Avant d’entrer dans l’actualité je vais prendre un peu de hauteur grâce notamment à un très bon article que j’ai saisi au vol dans la toujours excellente revue Nouvelle Revue d’histoire, n° 65 de mars-avril, puisque vous savez, c’est l’avantage, c’est ce qu’on dit, avec l’histoire, les années passent, l’émotion se dilue un peu, on essaie de parler, de pouvoir parler de choses dont on ne parlait pas avant – eh bien l’émotion n’est pas encore totalement dissipée sur la Seconde Guerre mondiale et sur les drames vécus par les nombreuses populations civiles qui en furent victimes mais une certaine chape de plomb commence à se fissurer concernant le sort des Allemands, et notamment des Allemands de l’Est qui ont été largement persécutés à la fin de la dimension militaire de la Seconde Guerre mondiale. Je parle de cela parce que la dernière fois j’ai eu l’occasion d’évoquer le fait que le premier ministre tchèque avait solennellement adressé ses excuses aux Allemands pour le traitement qu’avaient subi les Allemands des Sudètes dans l’immédiat après-guerre. Eh bien, la Nouvelle Revue d’histoire fait état d’un livre qui s’appelle Les Expulsés; le titre est sobre; il est paru chez Flammarion, son auteur est un Américain qui s’appelle Douglas et il s’agit d’une somme tout à fait impressionnante sur les quelque 14 millions d’Allemands qui ont été expulsés de force entre, grosso modo, 1945 et 1948, dans des conditions absolument inhumaines puisqu’on estime qu’environ 2,2 millions d’entre eux vont mourir:  ce qui en fait le crime absolu de la Seconde Guerre mondiale. Ce qui est intéressant dans ce livre – je ne vais pas me livrer à une sorte de concours d’atrocités, les scènes qui sont décrites sur ces populations qui sont des populations de femmes, d’enfants et de vieillards, puisque, par définition, l’ensemble des pays de langue allemande ou d’habitat allemand ont été vidés de leurs hommes pour remplir les rangs des différentes troupes militaires du conflit – et donc ce qu’ont subi, les anecdotes rapportées sur ces populations sont absolument innommables et font froid dans le dos. Ce qui est intéressant aussi c’est que le livre de Douglas – et à l’évidence notre ami Douglas sait ce qu’il fait – présente comme en miroir des images que nous avons traditionnellement en tête quand nous parlons de persécutions de victimes civiles pendant la Seconde Guerre mondiale – on pense, bien évidemment, aux persécutions dont ont été victimes les populations juives en Europe – eh bien l’auteur présente absolument les mêmes photos, les mêmes descriptions: on voit des photos d’Allemands sur les corps ou sur les habits desquels on a tracé des croix gammées – puisque par définition un Allemand est un Nazi, etc.; on a ces photos absolument atroces d’enfants qui sont squelettiques et qui souffrent de la faim: on voit ces corps décharnés, avec tant les visages que les membres inférieurs gonflés par des œdèmes dus à la faim; on voit ces populations en pleine neige qui sont stockées, qui sont ramassées, qui sont drossées contre des wagons à bestiaux, des populations exclusivement de femmes et d’enfants; on voit des traces de corps dans les fosses communes… Enfin, Il y a là quelque chose d’absolument saisissant et, ce qui est assez saisissant, ce n’est pas tant le crime en lui-même que le fait qu’il soit tu, comme si on ne devait pas parler du malheur des Allemands. Or, il faut savoir qu’à l’époque c’est pas loin de 14 millions d’Allemands – alors les zones, les itinéraires sont décrits, les foyers de populations sont décrits, c’est assez saisissant, c’est très bien documenté – donc ces gens-là ont été bien évidemment « rapatriés » dans des zones qui étaient les zones d’occupation soviétique, américaine, britannique ou française qui étaient donc l’Allemagne qui elle-même était totalement ravagée, qui ont accueilli ces gens qu’il a fallu nourrir, qu’il a fallu presque habiller. On a des statistiques de taux de mortalité qui sont absolument insensés. Je pourrais donner quelques chiffres. Je vais en donner un seul…

P.P. Allez-y…

P.C. Dans le secteur américain, parmi les enfants qui sont nés à l’été 1945, 19 sur 20 sont morts: 5% de survie du fait de la famine principalement. Je vais donner un autre exemple: dans la ville de Berlin, qui était un des principaux centres de regroupement de tous ces réfugiés de l’Est, en août 1945 le nombre de décès quotidiens s’élève à 4.000, contre 150 avant la guerre et – il faut que les gens le sachent parce que ce sont des choses dont on n’a pas idée – les expulsions ont fini par s’arrêter en 1948. Les dernières expulsions c’est fin 1948. Et figurez-vous que le camp de Dachau, dont on parle souvent, a fonctionné comme site d’hébergement pour ce qu’on appelle les Allemands ethniques jusqu’en 1965; jusqu’en 1965 il y avait des gens qui sont arrivés de toute l’Europe et qu’on faisait vivre dans un camp parce qu’on n’arrivait pas à leur trouver de la place dans le pays.  Donc on considère aujourd’hui, statistiquement, que pas loin d’un cinquième ou un quart de la population allemande se compose d’expulsés ou de descendants directs d’expulsés. C’est ce qui donne d’ailleurs la force importante à cette association de réfugiés dirigée par la députée Erika Steinbach, députée CDU dont nous parlions récemment. Et donc, dernière citation: en octobre 1946 une journaliste qui s’appelle Anne McCormick, qui a été la première femme journaliste à remporter le Prix Pulitzer a réalisé une série d’articles pour le New York Times et elle conclut ainsi son reportage: « L’ampleur des déportations et les conditions dans lesquelles elles se déroulent sont sans précédent dans l’histoire. En voyant ces atrocités, nul ne peut douter qu’il s’agisse d’un crime contre l’humanité pour lequel l’histoire exigera un terrible châtiment. »

P.P. Il faut dire que c’est un livre qui, je pense, il y a dix ans n’aurait même pas été publié. Mais on est chez Flammarion, ce qu’on appelle une maison à grande diffusion et ça prouve au moins que  l’Europe commence à prendre en mains son histoire et à dire un peu la vérité.

P.C. Mais il y a encore deux ans, dans les réunions de ce qu’on appelle « le Triangle de Weimar » –  c’est une réunion technique entre la France, la Pologne, l’Allemagne. Et donc, régulièrement ce Triangle – aujourd’hui il traite de sujets plus économiques, plus liés à l’Europe de la défense… mais il y a encore deux ans, la Pologne, à l’époque des frères Kaczyński, avait exigé de l’Allemagne qu’elle exclue de sa délégation Erika Steinbach qui avait le tort de rappeler que les Allemands de Silésie, Poméranie, Prusse orientale avaient été injustement spoliés, si ce n’est froidement massacrés. »

*

Pour clore cette présentation, je voudrais juste dire –une fois de plus –  qu’il ne fait pas bon, qu’il ne fait jamais bon avoir raison avant l’heure…

D’abord Olivier Mathieu comme on sait (1990), puis Radio-Courtoisie comme on lit (2013), et un jour viendra (21??), quand l’heure choisie par ceux qui nous « propagandisent » sera là : France-Culture.  

Quand quelque élu patenté aura reçu l’imprimatur des instances qu’il est de toute éternité interdit de nommer.

Et l’on criera au courage de cet homme.

Et qui osera dire que cette idée fut soufflée au dernier par les premiers et quelques autres plus ou moins inconnus ou marginaux, sera traité illico presto de mauvais esprit.

Et qui contestera cette réalité du passé, sera alors décrété : salaud de raciste anti-allemand.

Et qui sait, on accusera peut-être encore les premiers (Olivier Mathieu, Radio-Courtoisie et ceux qu’elle cite) d’avoir sous-estimé, ou mal présenté le problème, ou noyé le poisson en leur temps.

La preuve de ce que j’avance, elle est là : ceci est une photo représentant le plateau d’une émission de télévision autrefois très prisée : Ciel, Mon Mardi ! du pitoyable Dechavanne-Binot, carpette médiateuse (début d’année 1990)

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Elle représente un moment d’une bagarre provoquée par l’extrême-droite sioniste, raciste, tribale, et sûre d’elle (sûre non seulement d’être impunie, mais encouragée) suite à la demande d’Olivier Mathieu que les présents observent une minute de silence à la mémoire de la bonne dizaine de millions d’allemands – essentiellement des enfants, des femmes et des vieillards des deux sexes –  déportés après-guerre dont un sur cinq environ en est mort.

Simple remarque annexe, vraiment en passant : vous pouvez voir en plein écran qu’un quidam se permet d’être couvert, signe d’impolitesse, et j’ajoute signe religieux déplacé en un lieu profane et de retransmission publique, en « légère » contradiction avec notre principe de laïcité. Mais tout est permis à certains !  

De ce curieux moment de télévision, de cette leçon d’Histoire en direct on peut retenir :

– Que la liberté d’expression est en certaines circonstances un mot vide de sens ;

– Que les sionistes sont des racistes anti-allemands (et anti tout ce qui n’est pas eux d’ailleurs) ;

– Que les officines de la droite extrême franchouillarde marche main dans la main avec la droite extrême sioniste ; ce dont on peut se rendre compte d’une façon éclatante depuis ces dernières années ; ce qui est d’ailleurs dans l’esprit (tordu) du temps puisque Hollande, Moscovici, Fabius, Ayrault, Valls, etc. sont eux aussi des sionistes affirmés et confirmés, au même titre que Sarközy, Copé, etc…  

Que le temps confirme qu’Olivier Mathieu était le seul non « fasciste » de cette soirée, pour employer un mot bateau.

Et enfin, je répète, que ce sera peut-être à lui encore, demain ou après-demain, que l’on fera le reproche d’avoir dénaturé, faussé ou gangrené le propos. Et ainsi retardé l’émergence de la si belle Vérité et Neutralité de l’Histoire. Et « libre » recherche historique.

Pour avoir les propos exacts d’Olivier Mathieu, il suffit de se reporter à son blog dont voici l’adresse et écouter ce qu’il disait il y a plus de vingt ans :   

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http://leblogderobertpioche.wordpress.com/

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From → divers

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