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La Butte Rouge

3 avril 2013

À Simon de la Brosse, le montmartrois, acteur de cinéma, poète et peintre né un 9 octobre 1965 et Balance ascendant Scorpion, mort suicidé à 32 ans.

Il n’y a pas grand-chose à ajouter à cette chanson de 1922 ; musique (comme souvent avec ce parolier) de Georges Krier (1872-1946), paroles de Gaston Mardochée Brunswick dit Montéhus (1872-1952).  L’essentiel est dit.

La chanson joue sur le fait que Paris possède plusieurs buttes célèbres pour sa vie nocturne, ses artistes, et que sa butte à lui, celle de la chanson, la Butte Rouge l’est pour une toute autre raison.  Il est raconté que cette butte serait une butte champenoise qui connut une jolie charpie, comme en tant d’autres endroits pendant la boucherie de Quatorze.  Pour moi, c’est n’importe quelle butte guerrière et imbécile.

*

Sur cett’ butt’-là ‘ y avait pas d’gigolettes
Pas de marlous, ni de beaux muscadins.
Ah ! c’était loin du Moulin d’la Galette,
Et de Panam’ qu’est le roi des pat’lins.
C’qu’elle en a bu du beau sang cette terre,
Sang d’ouvriers et sang de paysans,
Car les bandits qui sont cause des guerres
N’en meur’nt jamais, on n’ tu’ qu’les innocents !

La Butt’ Rouge, c’est son nom, le baptêm’ s’fit un matin
Où tous ceux qui montaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui ‘ y a des vign’s, il y pouss’ du raisin,
Qui boira d’ce vin-là, boira le sang des copains.

Sur cett’ butt’-là on n’y f’sait pas la noce
Comme à Montmartre où l’champagn’ coule à flots,
Mais les pauv’s gars qu’avaient laissé des gosses
Y f’saient entendr’ de terribles sanglots …
C’qu’elle en a bu des larmes cette terre,
Larm’s d’ouvriers, larmes de paysans
Car les bandits qui sont cause des guerres
Ne pleur’nt jamais, car ce sont des tyrans !

La Butt’ Rouge, c’est son nom, le baptêm’ s’fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui ‘ y a des vign’s, il y pouss’ du raisin,
Qui boit de ce vin-là, boit les larm’s des copains.

Sur cett’ butt’-là, on y r’fait des vendanges,
On y entend des cris et des chansons :
Filles et gars doucement qui échangent
Des mots d’amour qui donnent le frisson.
Peuv’nt-ils songer, dans leurs folles étreintes,
Qu’à cet endroit où s’échang’nt leurs baisers,
J’ai entendu la nuit monter des plaintes
Et j’y ai vu des gars au crân’ brisé !

La Butt’ Rouge, c’est son nom, le baptême s’fit un matin
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin.
Aujourd’hui ‘ y a des vign’s, il y pouss’ du raisin,
Mais moi j’y vois des croix portant l’nom des copains …

*

Version malheureusement écourtée de Francis Marty-Diaz (ma préférée), interprète dont je ne sais rien sauf qu’il chantait déjà à la fin du XIXe siècle et était une vedette reconnue de music-hall (comme on disait alors) puisqu’il avait été choisi avec trois autres pour chanter la Marseillaise en 1924 dans une cérémonie officielle  (cf. Le Gaulois, du samedi 12 juillet 1924) :

https://www.youtube.com/watch?v=CKhlqxLu8RU

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Version complète de Marc Ogeret (version gnangnan comme toujours chez cet interprète au registre de voix très limité) :

https://www.youtube.com/watch?v=NOc_6SZPZiQ

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On notera de petites variantes entre les deux versions (mots différents, notes en plus ou en moins).

From → divers

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