Aller au contenu principal

VIEUX SLOGANS

1 février 2013

En farfouillant dans de vieilles photos – vieilles par rapport à moi, je veux dire d’un temps où j’étais encore relativement jeune – tout en cherchant tout autre chose, je suis tombé sur les deux photographies suivantes que j’avais totalement oubliées (c’était ma période « noir et blanc »).

Il s’agit des photographies de deux séries d’inscriptions qui se trouvaient à suivre sur un mur anonyme d’une ville française de l’ouest, prises au mois d’août 1980, inscriptions disparues depuis, d’usure ou de réfection.

DG01

 *** DG02

La première, déjà bien abîmée, dit : DE GAULLE = GUERRE…  [la faucille et le marteau] = PAIX.  La seconde dit : PAIX EN ALGÉRIE…  PC. Ces inscriptions dataient donc alors des années cinquante ou du tout début des années soixante. D’autres du même genre courant des années quatre-vingts existaient encore sur une place pas très loin du vélodrome de cette même ville.  

Il me souvient, de même, d’avoir vu sur les murs d’un remblai d’une cité maritime atlantique, mais là en lettres énormes, blanches et/ou rouges (le souvenir est ancien), courant encore des années soixante-dix, et peut-être un peu plus tard, des slogans que je n’ai pas eu le réflexe de photographier – ils étaient là depuis si longtemps que je ne les remarquais même plus à chaque fois que je les croisais – slogans qui invitaient les soldats des bases militaires américaines à rentrer chez eux, des : US GO HOME qui devaient être visibles des navires passant dans le chenal pour rejoindre le port, également signés de la faucille et du marteau et de PC ou PCF. 

Il est amusant de rappeler que celui qui a politiquement clos comme on sait (bien ou mal : c’est un autre sujet) la guerre d’Algérie (par les accords d’Évian en 1962) et qui a dit aux américains de rentrer chez eux était dans les deux cas ce même De Gaulle décrié par le Parti dit Communiste.  

La France quitta à l’initiative de De Gaulle le commandement de l’OTAN alors que ce dernier avait exigé que la France ait autant de poids dans ce commandement que les USA, ce que ces derniers ne pouvaient accepter. Il fit donc fermer du jour au lendemain les bases américaines en 1966 et expulsa tout son personnel. Grand bien nous fit. L’année suivante il prit également ses distances avec les colons d’Israël et se rapprocha des palestiniens de souche. Autre grand bien nous fit et fit alors aux indigènes de Palestine.  

Et l’année suivante ce fut Mai 68 qui politiquement (je réserve mon opinion sur le reste : mœurs, etc.) fut une vaste mascarade révolutionnaire – enthousiasme et illusions juvéniles que je ne renierai jamais mais que je pondère de réflexions à froid – où la plupart des officines étudiantes et/ou gauchistes des groupuscules d’attardés des marxismes-léninismes des révolutions bourgeoises autoritaires  étaient pratiquement toutes dirigées par des apprentis intellectuels juifs (ce n’est pas une élucubration mais un fait d’histoire vérifiable par chacun, eux-mêmes sont les premiers à le reconnaître) qui pour un bon nombre (comme tant et plus de goyim « révolutionnaires ») ne tardèrent pas, acné « révolutionnaire » passée, à virer qui socialistes qui droitistes, qui cadres, qui politicards, qui petits profs, etc. ; une bonne part virant même sionistes, c’est-à-dire extrême-droitistes. Le plus cocasse ou aberrant est qu’un certain nombre de ces sionistes se prétendent encore de gauche. Le parti stalinien n’avait peut-être pas tout à fait tort d’y voir un carnaval, une pantomime, une mascarade bourgeoise.

Je n’ai jamais cru aux hasards de l’Histoire. Mais ici, c’est un autre sujet.

Et, en attendant,  je constate que de nos jours un socialiste président de la République déclare (je ne me lasse pas de répéter cette phrase car elle est immonde) : « Israël est une grande démocratie, c’est pour cela qu’elle a beaucoup d’ennemis. » Et je rappelle également, pour qui ne saurait pas ou n’aurait pas fait attention, que la France a réintégré le commandement de l’OTAN ceci – sauf erreur, et sans débat – sous le « règne » du nabot du Sinaï. Mesure qui ne semble pas déplaire à la petite gauche, la gauche américaine de tous ces prétendus socialistes qui sont socialistes comme étaient ouvriers leurs aînés du temps de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) et autres épigones ; ces Guy Mollet et Mendès-France, etc., cul-et-chemise avec tous les colonialismes (tradition déjà ancienne en ce milieu prétendument de gauche, dès le XIXe siècle).  

Personnellement je suis viscéralement anticolonialiste, et j’ajoute aussi bien vis-à-vis de l’Europe à l’extérieur que de l’extérieur dans l’Europe.  Je suis partisan des différences qui sont la vie même, contre un pseudo métissage qui n’est qu’une manière d’uniformiser la marchandise salariale – l’uniformisation par le bas, la dite démocratie (représentative) et la décadence qui sont le summum d’une société totalitaire et de régression. Que ce soit au niveau des civilisations, des cultures ou de la nature (flore, faune), c’est la différence qui anime la vie, qui seule – plus encore – la rend possible. 

Bon, achevons en rappelant aussi qu’en ce temps pas si lointain, celui de ma jeunesse, on avait encore des slogans (bons ou mauvais, c’est bien sûr une autre histoire) et des slogans de taille, on appelait également un chat un chat, et un salaud un salaud, et dans le même temps il existait encore un semblant de vie réellement sociale, de solidarités diverses.  Je me souviens de manifs où l’on gueulait allégrement : Charlot, au poteau ! ou : Bidule, Machin, Truc, le peuple aura ta peau.  Je crois que ce sont eux qui, présentement, ont la peau du peuple.   

On avait même parfois des graffiti politiques dans les vespasiennes, aujourd’hui, on a même plus de vespasiennes, mais du Decaux dont personne n’a rien à faire, d’où le retour au temps béni des pissotières improvisées dans les ruelles ; c’est le progrès dit-on. Il y avait aussi un semblant de lutte sociale et un endémisme de la révolte.  Et l’on ignorait les tags qui sont nuls, laids, ne présentent aucun intérêt d’aucune sorte, comme si la rue était offerte aux débiles et autres handicapés du ciboulot.

Il y a très peu j’ai vu derrière chez moi… un petit bois, non, une inscription d’ordre politique non signée voulant semble-t-il, dire quelque chose, extrême surprise pour moi ; elle énonçait toute de noir vêtue, d’une graphie agréable et sans faute d’orthographe, mais le texte est simple : POUR FAIRE DU FRIC, IL FAUT DU FLIC.  Elle vaut ce qu’elle vaut, mais je n’en ai pas d’autre à vous faire partager. Que je traduirais à ma manière de la façon suivante : la société capitaliste est une société répressive. Le bon sens même.

En attendant, comme disait Axelos, cette situation risque de durer longtemps.  Mille ans peut-être.  Le temps d’un Reich, finalement !

From → divers

Commentaires fermés