DE DUR MATIN MUTANT MUTIN. (Sonnet amplifié)
I
Au si tard matin, tristes souvenirs s’égaillent
En cheveux insensés, l’esprit de nuit perdu.
Mon faible lutin – à chanter d’un trait l’air du
« Reviens-y, mon ami » – m’y a mis la pagaille.
*
Que sont ces esprits, qui nocturnement m’assaillent
En ces lieux recréés, désuets, très assidus,
Lisières sans but, ces mondes à moi si dus,
Dédales ou déserts, vacuités qui tressaillent ?
II
Éthers, ils ont noms : un pas sur la mer, tendu…
Falaise, envol… et vol frivole – ouf ! attendu…
Rochers escaladés… arbres des bois sans taille…
*
Menhirs et dolmens, moulins et châteaux pendus,
Phares anciens, blockhaus brisés, riens épandus…
Pont, val, mont… tour, mur, grue… en ordre de bataille…
III
À terre, âpres dons : frontière-Artémis fondue
Entre champs et cités… dérive morfondue,
Seul aux chemins sans but… univers de grisaille…
*
Mondes confondus… un clair contenu, pondu
Goutte à goutte, à pitié… à quoi ont répondu,
Étriqués, mêles-ciels à fleuves sans cisaille.
IV
Abris sans surnoms : logis biscornus, fendus,
Pentus, tout rapiécés… brisés, non défendus
Sont ces dossiers mulons au béton qui défaille…
*
Aux noirs des Enfers : caves et couloirs tondus
De jours, alambiqués… de suaire à fronton du,*
Passages sous la mer… grotte étouffe à la faille…
* du : noir, en breton ; cf. l’allemand «dunkel » et l’anglais « dark », sombre.
(à suivre)
Commentaires fermés