TOUT EST DIT
J’ai lu hier : encore un connard de surfeur grièvement blessé par un requin à la Réunion qui allait titiller cet animal à proximité d’une réserve naturelle. Malheureusement pour le demeuré, les requins n’en ont rien à cirer des humains et ils ne savent pas lire, ils défendent fort justement leur peau. Rien à foutre, pas plus que les poissons au large de la centrale nucléaire de Flamanville où il est écrit : Pêche Interdite (véridique !).
Cet abruti de surfeur est le même genre de type qui route en 4×4 ou en moto « verte » sur les sentiers de montagne, les dunes « protégées », les petits chemins des bois et des forêts, qui balance ses bouteilles de mauvaise bière de beauf dans la nature, qui prend la mer dans son voilier de taré qu’il sait à peine manœuvrer et quand bien même les autochtones restent au port et qu’on annonce une tempête, ou se lance néophyte en haute montagne ou en dehors des pistes skiables, alors qu’on prévoit un orage ou des avalanches, et finit en toute logique par dévisser ou emporté par un torrent prévu de neige.
Son sort d’abruti qui ne sait même plus ce qu’est la nature et la vraie vie terrestre, qui sort de sa ville en ignorant et en conquérant, en matamore inculte et irrespectueux, m’est totalement indifférent. Par contre, celui des requins m’intéresse nettement plus. Comme celui du sous-sol (après le charbon, le pétrole et j’en passe, voilà le gaz de schiste…) ou de la couche d’ozone et autres couches atmosphériques, polluées par exemple, par les avions prioritairement utilisés par la classe internationale des apatrides, ou plus exactement des élus au-dessus des patries qui nous engluent dans la décrépitude du Veau d’Or et du technologisme.
Par contre (en cela et en bien d’autres choses, je suis totalement en accord avec Robert Pioche), ce qui me gêne c’est la réaction de ceux qui (du haut en bas de l’échelle sociale) verraient bien une Terre sans aucun autre animal nuisible que l’homme, entièrement goudronnée et bétonnée ; sans flore, fruits et légumes ; si ce n’est d’utilitaires produits artificiels. Avec une masse humaine dépossédée de tout l’essentiel, je veux dire des moyens de survivre et de se reproduire. Mentalité de chasseur pour le plaisir, de prédateur et de progressiste à la sauce capitaliste privée ou étatique, amerloque ou stalinienne, ou capitalo-communiste à la chinoise. Mentalité de crétin. Retour en arrière de plusieurs siècles.
Il en va de même par exemple, avec le tourisme « nautique », les croisières pour la masse d’abrutis friqués (enfin, même plus tous de nos jours, loin s’en faut) en des H.L.M. des mers hideuses et interchangeables, comme tout ce qui sort des mains de l’homme depuis le début de la dictature bourgeoise, et surtout à chaque fois qu’une activité quelconque devient un produit de masse et se démocratise.
L’homme est le plus taré des animaux !!! L’intelligence du mal et du moche ; la masse humaine consommatrice est une calamité ; ceux qui dirigent sont des salauds, des cyniques et des abrutis ; tout à la fois… La bourgeoisie maffieuse (le fric, le commerce, la destruction) est une ordurerie et le populo esclave est con comme une bite, sans révolte, amorphe (électeur!!!). Voire satisfait du « progrès » !!! Et généralement quand il se bat c’est sur des objectifs sans intérêt (pour remplacer un tyran ou une tyrannie par un autre ou une autre ; ou pour faire appliquer la loi… qu’il n’a jamais votée), sur des éléments accessoires, sur les effets mais non, au grand jamais, sur les causes. Et après nous, le déluge biblique…
Ainsi, alors que la seule préoccupations des vénitiens devrait être : comment isoler et protéger Venise de la prochaine et prévue remontée des eaux, de la pollution récurrente, de la proximité d’usines, du mauvais goût, de l’exploitation touristique, et de la connerie humaine surtout contre laquelle il est toujours et constamment nécessaire de se gendarmer ; autrement dit : de la lente dérive de Venise vers sa mort programmée ; donc en élevant le débat, je dirais d’une manière aristocratique et non bourgeoise et populacière ; Tecnomania, la mauvaise sorcière des minables, de leur folie des grandeurs, pavoise avant de sombrer devant les assauts attendus de la bonne fée Badanà, celle qui fait suffoquer, rendre haletant, à bout de souffle surtout à cause de la chaleur (la chaleur du réchauffement climatique), celle qui traite le mal par le mal.
Badanà est non seulement un mot du dialecte vénitien, mais (tel est mon vœu du moins) l’amante de Patrimonio la mâle déité du vrai et seul progrès, celui qui se nourrit à la sève et au meilleur du passé pour avancer précautionneusement vers l’avenir. Un monde sans passé et sans poésie n’a pas d’avenir. Ce sont les poètes et autres artistes qui ont créé les langues, l’écriture, le sacré, l’essence des civilisations antiques. Certains étaient chasseurs-pêcheurs-cueilleurs, d’autres furent bergers, certains autres encore agriculteurs auscultant la nature, la nommant, analysant le parcours des astres. Je n’y vois pas beaucoup de guerriers ni de commerçants. Les pyramides et les ziggourats, les mégalithes magiques, plus près de nous les tombes étrusques ou les cathédrales sont les monuments les plus inutiles et insensés qui soient, les moins utilitaristes. De nos tristes jours sans romantisme aucun, les robots si peu roboratifs et les savants bornés, pour l’essentiel ne créent rien… que du malheur, du laid, du nuisible. Et plus encore de la pacotille, volontairement, pour faire du pognon. Du non-art et de l’anti-art. Un monde en plastoche pour des ombres humaines !!!
Lisez en attendant (sans attendre, plus exactement) cet article d’Olivier Mathieu consacré à la décrépitude pécuniaire, technologiste et partant bourgeoise) de la vieille cité lagunaire.
Ô bonne fée, avant qu’ils ne finissent de la détruire (patrimoine de l’humanité !!! quel grotesque !!! aussi grotesque que des jeux olympiques sous la protection de l’armée) et ne te détruise avec, avant de totalement finir décor hollywoodien, disneylandien, misère ! fasse que Venise soit à tout jamais engloutie, nouvelle Ys, dans les eaux de la décrépitude.
Voir Venise sans pigeons et sans chats et qui sait sans rats !!! maisons tremblotantes, monuments de plus en plus de guingois, assises palustres détruites par l’incommensurable imbécilité humaine… Voir Venise s’enfoncer dans la lagune, envahie définitivement par la mer, sur un air d’opéra italien de préférence… Mort, fini, enterré l’opéra, lui aussi…
Voir Venise et puis… plus rien.
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