Poème de Rimbaud daté de 1871
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d’église
Qu’attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux
Vers le chœur ruisselant d’orrie et la maîtrise
Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ;
Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire,
Heureux, humiliés comme des chiens battus,
Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire,
Tendent leurs oremus risibles et têtus.
Aux femmes, c’est bien bon de faire des bancs lisses,
Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir !
Elles bercent, tordus dans d’étranges pelisses,
Des espèces d’enfants qui pleurent à mourir :
Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe,
Une prière aux yeux et ne priant jamais,
Regardent parader mauvaisement un groupe
De gamines avec leurs chapeaux déformés. *
Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote : **
C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms !
— Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote
Une collection de vieilles à fanons ;
Ces effarés y sont et ces épileptiques
Dont on se détournait hier aux carrefours ;
Et, fringalant du nez dans des missels antiques
Ces aveugles qu’un chien introduit dans les cours.
Et tous, bavant la foi mendiante et stupide,
Récitent la complainte infinie à Jésus
Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide,
Loin des maigres mauvais et des méchants pansus,
Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies,
Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ;
— Et l’oraison fleurit d’expressions choisies,
Et les mysticités prennent des tons pressants,
Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie
Banals, sourires verts, les Dames des quartiers
Distingués, — ô Jésus ! — les malades du foie
Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Courte analyse
Au niveau de la versification et de la prosodie.
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Je répète ici ce que j’ai déjà écrit précédemment dans Petite Iconoclastie (2 janvier 2025) à propos du poème Les Effarés, concernant les alternances de rimes.
Tous les quatrains ont des rimes de la forme : Féminine (avec un « -e », « -es » ou « -ent » final muet) / Masculine / Féminine / Masculine. Et toutes ces rimes reçoivent, entre elles, la même marque de nombre : ou singulier ou pluriel ; y compris sous une forme disons « symbolique » ; j’entends par là que le « s » peut être la marque du pluriel ou simplement de l’orthographe établie ; cf. par exemple : Jésus et pansus.
Et concernant la qualité de ses rimes. Il n’y a pas vraiment d’unité quand on voit que les rimes s’étalent de la non-rime ou sous-rime, ou rime pauvre (voir lignes 1 et 2, voire ligne 3, du tableau ci-dessous) à la rime riche (voir lignes 6, 7 et 8) en passant par la rime normale – ou suffisante (voir lignes 4 et 5).
| 1 | Non rime | jamais /déformés |
| 2 | Voyelle | Jésus /pansus |
| 3 | Semi-voyelle (ou semi-consonne) + voyelle | yeux / pieux ; soie / foie |
| 4 | Voyelle + consonne | église / maîtrise ; soupe / groupe ; ribote / chuchote ; carrefours / cours ; stupide / livide ; |
| 5 | Consonne + voyelle | battus / têtus ; noms / fanons ; repoussant / pressant |
| 6 | Consonne + semi-voyelle (ou semi-consonne) + voyelle | quartiers / bénitiers |
| 7 | Consonne + voyelle + consonne | cire/sire ; lisses / pelisses ; souffrir/mourir ; épileptiques/antiques |
| 8 | Semi-voyelle (ou semi-consonne) + voyelle + consonne + voyelle | moisies/ choisies |
Au niveau prosodique, l’auteur ne déroge pas concernant la syllabation traditionnelle : humili-y-és, les Pau-vres -z-au bon Dieu, el-les ber-cent, étran-ges pelisses, espè-ces d’enfants, regar-dent parader, des gami-nes z-avec leurs chapeaux déformés, une collecti-y-on de vieil-les à fanons, etc.
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Au niveau du lexique.
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Notons la présence, comme à son habitude, de quelques mots « originaux ». Rimbaud aimait utiliser des néologismes développés à partir du latin, dérivés du français, ou termes de français plus coutumier ou régional (ardennais), parfois de l’anglais du moins dans sa correspondance (emprunts plus propres à Verlaine, mais en adéquation avec le Baudelaire traducteur de Poe, également).
Soit ici : puamment (vers 2) ; orrie (vers 3), avec deux « r », pourquoi ? objets en or – aurum en latin – ou dorures (j’ai cru un moment qu’il s’agissait d’un mot dérivé du latin orare, parler, dire oralement, et prier, faire une oraison – en latin d’église – à rapprocher d’oremus), voir l’ancien-français orien ou orrien : doré ; humant (vers 5) avec le sens de : dégageant comme odeur ? ; oremus vers 8, prions, en latin ; ribote (vers 17), terme populaire, excès de table et/ou de boisson ; fanons (vers 20), ici avec le sens de : peaux pendantes sous la gorge, terme généralement employé pour décrire des animaux, mammifères, oiseaux… ; fringalant (vers 23), « fringaler du nez dans des missels antiques » : rechercher avidement, en ayant la fringale religieuse, des versets par l’odeur ? Puisqu’il est question d’aveugles (mais de vrais ou de faux aveugles?), à rapprocher de « fringant », vif, dansant ? 1
Rimbaud nous dit que les pauvres sont parqués aux coins de l’église ; que leur souffle (nauséabond) attiédit puamment ces endroits, que la maîtrise, ça c’est dirigé contre la religion en général (pour les riches comme pour les pauvres), possède vingt gueules gueulant les cantiques (cantiques pieux, quasi redondance ? pour la rime)2 ; que les pauvres finalement heureux, et pourtant humiliés comme des chiens battus, récitent leurs oremus risibles et têtus. « Comme un parfum de pain humant l’odeur de cire » je suppose qu’il veut dire : l’odeur du pain dont ils manquent, ne fait que sentir ou dégager l’odeur rancie de la cire passée sur les bois de l’église.
Les seins de ces mangeuses de soupe sont crasseux et à l’air. Ou encore ces femmes donnent l’illusion de prier, mais ne prient jamais réellement. Et plus encore regardent parader mauvaisement des fillettes non pauvres. Alors que tous ces pauvres bavent une foi mendiante et stupide. Sous-entendu, ces pauvres sont aussi, indubitablement des pauvres d’esprit. Y compris pour traîner à l’église. (Comme lui-même d’ailleurs finalement en ce temps-là ?)
Notons que « puamment » n’a rien de bien poétique, pas plus que des chanteurs les « gueules gueulant les cantiques ». Ni ces pauvres femmes « leurs seins crasseux dehors ». Dehors répété d’ailleurs un peu plus bas : « Dehors, le froid, la faim, l’homme en ribote ». On a également droit à deux « loin » : « Loin des maigres mauvais et des méchants pansus » et « Loin des senteurs de viande et d’étoffes moisies ».
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Au niveau sémantique.
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Je me contenterai ici de donner un résumé au plus près du texte :
« Parqués aux coins d[e l]’église que leur souffle attiédit puamment, aux vingt gueules de la maîtrise gueulant les cantiques, heureux, humiliés, les Pauvres tendent leurs oremus [prions, en latin d’église] risibles et têtus. Les femmes [pauvres] bercent, tordus dans d’étranges pelisses, des espèces d’enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, une prière aux yeux et ne priant jamais, regardent parader mauvaisement un groupe de gamines. Dehors [mais le dedans est-il beaucoup plus chaud ou meilleur ?] le froid, la faim, l’homme en ribote. Et après la messe, les maux sans noms ! Et alentour, geint, nasille, chuchote une [triste] collection de vieilles [pauvres?] à fanons (c’est-à-dire : à peaux qui pendent du cou). [Ajoutons-y les] effarés, [les] épileptiques et [les] aveugles.
Et tous [ces pauvres], bavant la foi mendiante et stupide, maigres mauvais [à l’écart] des méchants pansus, [parmi] des senteurs de viande et d’étoffes moisies. Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants [mais à] l’oraison fleurit d’expressions choisies, [tandis que] les [belles] Dames des quartiers distingués, les malades du foie, font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers. »
Est-il utile de longuement préciser que ce texte est quasiment dans sa totalité insensible au sort des pauvres. Et l’on peut se demander pourquoi il écrit « Pauvres » avec une majuscule, qui à elle seule ne saurait aucunement compenser sa dérision. Et son absence apparente de compassion. Qui plus est, il y a même un degré d’écart dans, disons le mépris pour ne pas dire plus (du genre : abjection), concernant les uns (les riches et parvenus) et les autres (les pauvres ères, être sales et faux, pour ne pas dire fourbes (et lâches?) ; et ne l’oublions pas : crétins ; et au final en partie ou totalement satisfaits de leur sort).
Ceci s’accorde assez bien à « la fille des ouvriers d’à côté, / La petite brutale » des « Poètes de sept ans », et à « mes laiderons » de « Mes petites amoureuses »…
Remarquons cependant les rares passages si l’on peut dire positifs ou sensibles :
– « Après les six jours noirs où Dieu les fait souffrir ! / Elles bercent, … » Mais qui donc, ou quoi donc, finalement ? « Des espèces d’enfants » qui sont « tordus dans d’étranges pelisses », et qui plus est « pleurent à mourir » !
– « C’est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! »
– « Et l’oraison fleurit d’expressions choisies », mais qui n’est pas sans ironie.
Ajoutons encore que Rimbaud, comme d’autres fois, a un goût marqué pour une forme d’écartèlement expressif (tant sur le fond du propos que sur la forme lexicale).
Aussi, tandis que le souffle puant des pauvres attiédit les coins de l’église, le chœur de cette même église ruisselle de dorures. Tandis que la maîtrise gueule des cantiques, les pauvres tendent au bon Dieu leurs oremus. Tandis que les mangeuses de soupe exhibent leurs seins crasseux, un groupe de gamines parade avec leurs chapeaux. Tandis que les aveugles fringalent du nez dans des missels antiques, tous les pauvres bavent la foi mendiante et stupide. Complainte infinie à Jésus, qui rêve en haut, loin des maigres mauvais et des méchants pansus, et des senteurs de viande et d’étoffes moisies, et alors que s’exprime l’oraison fleurit d’expressions choisies, et les mysticités. Et lorsque enfin, les Dames des quartiers distingués, — ô Jésus ! — les malades du foie font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
Mêlant trivialité ou vulgarité à mot rare ou expression plus précieuse ; richesse à pauvreté ; le laid et la misère au (prétendu) beau, ou distingué ; le recherché (ironique ?) avec le brut ou non ravigoté. Rappelons que viendra un peu plus tard avec Verlaine des curiosa qui n’apportent rien à la poésie, à l’Art.
Dans une anthologie, j’ai trouvé ce poème inscrit au (court) chapitre : De la misère. J’aurais préféré qu’il soit inscrit au chapitre (d’ailleurs absent) : Du sarcasme et du mépris des pauvres et démunis en tout.
Dur de faire du Beau avec des pensées basses ou la moquerie pour ne pas dire le mépris qui se veut lettré, qui plus est. Ce même mépris que l’on rencontre quelques années plus tard dans ses lettres à son entourage. Mais ces fois-ci mépris pour les indigènes africains. Celui d’un vulgaire négociant et accessoirement marchand d’armes allogène. Qui fut même, quelques années auparavant, un temps mercenaire, avant de déserter.
Curieux pour un ancien partisan de la Commune de Paris, mais finalement pas tant que ça puisque cet esprit, prétendument « rebelle », « de gauche » et « supérieur » 3, n’en finit pas de perdurer de nos jours encore. Comme on le voit si bien et le subit à travers le Monde.
Notes :
* « […] ces mangeuses de soupe […] / Regardent parader mauvaisement un groupe / De gamines avec leurs chapeaux déformés ». On ne sait trop s’il faut rattacher « avec leurs chapeaux déformés » à « gamines », comme j’aurais tendance à le penser, ou à « mangeuses de soupe » ; dans ce second cas, il aurait sans doute été ajoutée une virgule entre « gamines » et « avec ».
** Rimbaud aurait peut-être pu trouver plus marqué ou moins neutre que « et puis ». Par exemple : « Dehors, le froid, la faim, surtout l’homme en ribote ». Ou : « de plus »…
1 – Ou encore de « ragalant ». Ragaler / ringaler est un mot de gallo qui signifie : mettre en désordre, remuer en tous sens, ou sans raison.
2 – Comme on a plus bas « des bancs lisses » pour rimer avec « pelisses ».
3 – Il faudrait mieux dire : provocateur, volontiers agressif, voire bagarreur, invivable il fut, jusqu’à ses derniers jours. J’en reparlerai. Accessoirement « libéré », c’est « le dérèglement de tous les sens », moins dans un quelconque aspect poétique que trivial et décadent sans majuscule. Pour épater le bourgeois ou l’homme de la rue. Y compris sexuellement : il ne déparerait sans doute pas de nos jours parmi les LGBT-XYZ, c’est peut-être pour ça uniquement qu’il plaît chez certains. Et qu’il fut aussi apparemment méprisé au sein du milieu des Communards expatriés à Londres, quand il fit la paire avec Verlaine. Verlaine qui finit par le lâcher comme on le sait. En quête de respectabilité, Rimbaud est mort alors qu’il espérait fonder une famille, mais apparemment pas avec une Noire, alors même qu’il était en ménage, semble-t-il, avec une Africaine. Voilà aussi le personnage.
C’est André Gide (1869 – 1951) qui écrivit dans son Journal, en 1945 :
« Les « bien-pensants » seuls auront droit à l’expression de leur pensée. Quant aux autres, qu’ils se taisent, ou sinon… c’est sans doute grâce à un totalitarisme anti-nazi que l’on pourra triompher du nazisme ; mais demain c’est contre ce nouveau conformisme qu’il importera de lutter.»
C’est Maurice Bardèche (1907-1998) et quelques autres, dans les années d’après-guerre, qui très lucidement dirent quelque chose comme : « l’antifasciste d’aujourd’hui sera le fasciste de demain ». Ou si l’on préfère : « « l’antifasciste » d’aujourd’hui sera « le fascisme » de demain ». « Aujourd’hui » : disons les années cinquante. « Demain » : on y est à plein, surtout depuis ces derniers temps.
Ce qui est devenu vraiment manifeste, pour nous Français, avec le rejet par l’essentiel de la caste politicarde – gauche, droite et centre confondus – du referendum de 2005 ; puis avec l’arrivée à la tête de l’État du traître à la patrie, parachevé par l’épisode totalitaire covidiste, et tout le reste qui perdure encore. Mais pour combien de temps ?!
Un quatrième de couverture d’un ouvrage de Bardèche qui traîne sur Internet, résume assez bien l’état contemporain des lieux :
« Chacun croit savoir ce qu’est le fascisme et ce qu’est un fasciste. Ces mots font partie des injures les plus usitées mais également les plus dévoyées: le fasciste serait cet être brutal, imbu de sa propre supériorité, prêt à tous les moyens de l’oppression – torture, délation, emprisonnement arbitraire – que nous décrit l’imaginaire collectif ; le fascisme serait le maintien, au besoin par la force et la coercition, de la domination du capital sur le travail, voire de l’homme blanc sur le reste du monde ».
Propos tenus « par ceux-là mêmes qui ont réussi à imposer le capitalisme triomphant en vendant aux peuples la «société des loisirs» […] tout en les enfermant dans le chômage de masse, […], la violence sous tous ses aspects et la surveillance généralisée permise par les nouvelles technologies ».
Je dirais bien que « les plus beaux » exemples de ce « fascisme anti-fasciste » se situent actuellement dans ce qui reste de la civilisation occidentale et dans des contrées comme l’Ukraine, la Palestine, la Syrie.
De ce « néo-fascisme » mondialiste qui emprisonne ou tue au nom des droits de la personne humaine, prêche le progrès, mais avant tout respecte les milliards en argent qui ne sont pourtant que du vent ; et alors donc que les banques sont avec lui.
Et dans cette volonté obstinée d’unifier politiquement, économiquement, culturellement, idéologiquement, l’Europe ; tout en détruisant ses États-Nations pour « le plus grand bien » du Capital.
Volonté qui, quand on y pense, a déjà accouché de deux guerres mondiales. Et qui de nos jours se conjugue à nouveau (pour ne pas dire continuellement) en bellicisme et corruption généralisée, et maintenant aussi en wokisme et transgenrisme de la dégénérescence, ou pour le dire autrement en « mondialo-socialisme ». Dont le « socialisme », par rapport à ce qu’il devrait être – si les mots ont encore un sens – est du même tonneau avarié que, par exemple, le bolchevisme de la société dite « soviétique » par rapport à ce qu’aurait pu être le communisme s’il s’était affranchi du capitalisme d’État bureaucratique et totalitaire.
C’est Pier Paolo Pasolini (1922 – 1975), qui dans des articles parus entre 1973 et 1975, et publiés en livre post mortem en 1976, sous le titre d’Écrits Corsaires (Scritti corsari), écrivit :
« Pour se protéger, la bourgeoisie inventera un antifascisme contre un fascisme qui n’existe plus. »
« Il existe aujourd’hui une forme d’antifascisme archéologique qui est en somme un bon prétexte pour se décerner un brevet d’antifascisme réel. Il s’agit d’un antifascisme facile, qui a pour objet et objectif un fascisme archaïque qui n’existe plus et qui n’existera plus jamais. […] Voilà pourquoi une bonne partie de l’antifascisme d’aujourd’hui ou, du moins, de ce que l’on appelle antifascisme, est soit naïf et stupide, soit « prétextuel » et de mauvaise foi ; en effet, il combat, ou fait semblant de combattre, un phénomène mort et enterré, archéologique, qui ne peut plus faire peur à personne. C’est, en somme, un antifascisme de tout confort et de tout repos. »
« Je suis profondément convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé «la société de consommation», définition qui paraît inoffensive et purement indicative. Il n’en est rien. »
« Il ne s’agit plus, comme à l’époque mussolinienne, d’un enrégimentement superficiel, scénographique, mais d’un enrégimentement réel, qui a volé et changé leur âme. Ce qui signifie, en définitive, que cette «civilisation de consommation» est une civilisation dictatoriale. En somme, si le mot de « fascisme » signifie violence du pouvoir, la « société de consommation » a bien réalisé le fascisme. »
« Le fascisme, je tiens à le répéter, n’a pas même, au fond, été capable d’égratigner l’âme du peuple italien, tandis que le nouveau fascisme, grâce aux nouveaux moyens de communication et d’information (surtout, justement, la télévision), l’a non seulement égratignée, mais encore lacérée, violée, souillée à jamais »
On trouve également dans ses Lettres luthériennes, petit traité pédagogique, série d’articles publiés dans Il Corriere della sera en 1975, puis publiée l’année suivante, cette phrase synthétique : « Le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle anti-fascisme ».
Ici, j’ai l’air de m’écarter un peu du sujet, mais je voudrais évoquer le fait que Pasolini, en 1963 s’était rendu en Palestine à la recherche d’un décor pour tourner son film de 1964 : Il vangelo secondo Matteo, dont le titre en français est : l’Évangile selon saint Matthieu, dans l’espoir de trouver des lieux qui rappelleraient le monde du temps de Jésus.
Il reviendra finalement déçu. Certes, les villages archaïques et misérables du monde arabe et leur mode de vie frugal ne déparaient pas, par contre tout ce qui était sioniste, y compris dans Jérusalem, était trop occidentalisé et industrialisé pour être utilisé dans le film. Il visitera Jérusalem et Bethléem en particulier. Et finalement il se trouvera également incapable de trouver des figurants, parmi les sionistes dont la plupart n’ont rien de sémites, ni même parmi les Palestiniens, mais là j’ignore pour quelle raison.
Cette visite improductive (il tournera finalement son film dans le Sud de l’Italie, avec je ne sais quels figurants) donna lieu à un documentaire : Sopralluoghi in Palestina per Il vangelo secondo Matteo, Repérages en Palestine pour L’Évangile selon saint Matthieu, film qui est sorti en 1965. En un temps où il eut affaire à la Justice à propos de religion ou de mœurs, à cause du fait que le catholicisme était encore la religion d’État (cf. Accords du Latran) et que ses films ne plaisaient pas à la bourgeoisie compassée d’alors. Religion d’État, état qui sera aboli vers le milieu des années quatre-vingt par un nouvel et laborieux accord avec le Vatican.
Ce qui m’amuse lorsque certains évoquent Rimbaud en tant que poète est qu’on en fait un moderniste à tous crins. Or dans certains domaines, il n’a pas, ou peu dérogé. Par exemple, dans celui des oppositions, des alternances entre rimes masculines et rimes féminines, ce qui est sans doute ce que l’on remarque le moins. (Ce qui est présent dans le poème que l’on évoque à suivre)
Tandis que, dans le domaine de ce que l’on remarque le plus, on pourrait évoquer ses rimes souvent communes ou discutables, pour ne pas dire pauvres ou absentes. Ou de chevilles, avec ses nombreux enjambements, rejets, contre-rejets.
Je parle ici de ses vers présentés comme réguliers, non de ses textes les plus tardifs (si l’on peut parler de tardement (sic, cf. Littré) pour quelqu’un mort à la poésie si précocement) sans trop de rimes, ou en prose. Qui ne relèvent plus de la poésie en vers, mais au mieux de la prose poétique.
Prenons un exemple, du recueil de Douai, 1870 : Les Effarés
Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
Leurs culs en rond
A genoux, cinq petits, -misère!-
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond…
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l’enfourne
Dans un trou clair.
Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.
Ils sont blottis, pas un ne bouge
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.
Et quand, pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain,
Quand, sous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,
Quand ce trou chaud souffle la vie;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,
Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits pleins de givre,
-Qu’ils sont là, tous,
Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,
Mais bien bas, -comme une prière…
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,
-Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
-Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…
Je ne développe pas l’analyse de ce poème.
Mais je note seulement que certaines rimes sont insuffisantes : rond/blond, sein/pain ; que « sonne » ne rime pas avec « jaune », ni « tous » (touss) avec « trous ». Ce qui la fiche mal quand, par ailleurs, on rencontre des rimes riches comme : tourne/enfourne, enfumées/parfumées, la vie /ravie, vivre/givre, culotte/tremblotte, voire : prière/lumière.
Ou encore que l’on trouve trois fois le mot « quand ». Et trois fois le mot « trou », mot banal s’il en est, pour ne pas dire trivial ; surtout sous les formes de : trou clair, trou chaud, les trous. Ajoutons-y : culs, culotte et lange. Mais l’on retrouve ici, si je puis dire, ce goût (infantile ?) d’une certaine vulgarité propre à Arthur.
Iconoclaste, voici ce que j’en ai fait de son poème, parmi diverses variantes possibles :
Dans la brume et neige en volume,
Au soupirail bas qui s’allume
Sans nul flonflon,
À genoux cinq petits – misère !
Épient qui a pétri – mystère !
Le lourd pain blond.
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et puis l’enfourne
Donnant, donnant.
Ils écoutent le bon pain cuire
Et le boulanger le produire
En fredonnant.
Ils sont blottis, pas un ne bouge
Du soupirail au souffle rouge
Chaud comme un sein.
Lors, bien après que minuit sonne,
Et qu’il pétille et se façonne,
Sort le pain sain. *
Dessous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Loin des graillons,
Cet antre chaud souffle la vie :
Eux ont leur âme si ravie,
Dans leurs haillons,
Que le spectacle les enivre,
Les pauvres petits pleins de givre
Trop engourdis,
Collant leurs petits museaux roses,
Oubliant aux treillis moroses
Les froids ourdis,
Tant murmurant telle prière,
Accrochés à cette lumière
De ciel rouvert,
Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…
*Ou : pain saint.
Version revue et corrigée (fin 2024).
Le texte littéraire et poétique d’Olivier Mathieu, que voici, écrit en italien, a été publié à diverses reprises, notamment sur Internet. Il a connu plusieurs versions. Voici la version la plus récente (fin 2024).
Plusieurs corrections ont été apportées. Certaines de ces corrections sont d’ordre strictement typographiques (fautes de frappe).
Par ailleurs, certains verbes italiens étaient fautifs, et cela à cause des systèmes de “correction automatique” des ordinateurs qui, parfois, que ce soit en français ou en italien, ne corrigent nullement des erreurs mais en ajoutent! Ces formes ont donc été corrigées.
Enfin, en quelques occasions, des améliorations littéraires ont été apportées au texte, soit en enlevant quelques mots ici ou là, soit en en ajoutant. Certaines références ont semblé désormais inutiles à l’auteur, les critères de ces corrections ayant été d’une part les rectifications apportées aux erreurs commises au cours de la composition; mais aussi quelques modifications, quelques précisions apportées à ce texte en vue de l’améliorer. Ainsi, quelques paragraphes de cette prose poétique ont été supprimés. Les corrections, cependant, contribuent à faire, de cette version définitive, la meilleure.
On a opté ici pour une mise en page sans paragraphes, pour l’ensemble du texte.
O.M.

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Il testo letterario e poetico di Olivier Mathieu, che si trova qui, scritto in italiano, è stato pubblicato in diverse occasioni, in particolare su Internet. Ha avuto diverse versioni. Ecco la versione più recente (fine 2024).
Sono state apportate diverse correzioni. Alcune di queste correzioni sono di natura strettamente tipografica (errori di battitura).
Inoltre, alcuni verbi italiani erano stati scritti male, e questo a causa dei sistemi di « correzione automatica » dei computer che, a volte, sia in francese che in italiano, non correggono affatto gli errori ma ne aggiungono! Queste forme sono state quindi corrette.
Infine, in alcune occasioni, sono stati apportati miglioramenti letterari al testo, sia togliendo qualche parola qua e là, sia aggiungendone altre. Alcuni riferimenti sembravano ora superflui all’autore, poiché i criteri per queste correzioni sono stati da un lato le rettifiche apportate agli errori commessi durante la composizione ma anche alcune modifiche, alcuni chiarimenti apportati a questo testo al fine di migliorarlo. Alcuni e pochissimi paragrafi di questa prosa poetica sono stati eliminati.
Le correzioni contribuiscono a rendere questa versione definitiva (anche se molto vicina alla versione anteriore, o alle versioni anteriori) la migliore.
Abbiamo optato qui per un’impaginazione senza paragrafi, per l’intero testo.
O.M.
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C’era un paese che mi sarebbe rimasto estraneo, un paese che doveva essere bianco, come bianca era la colla con cui speravo di incollare l’unico pezzettino che mancava, sulla carta di geografia dell’Europa appesa al muro della mia stanza, nell’infanzia. Il Mar nero, ne ero convinto, doveva essere bianco. Adesso scendiamo sulla spiaggia. La notte è nera. Tre gatti bianchi ci salutano. Tre cipressi neri vigilano. La sabbia è morbida. Vanessa ha i piedi nudi, un portamento principesco, il passo felino. Gli ombrellini chiari sotto la Luna sembrano usciti da una canzone, guerrieri che sfilano, vestali, sacerdotesse vestite da veli di seta bianca, fantasmi. I gabbiani gridano nella notte. Lamenti. Grida che echeggiano attraverso le galassie. Le stelle si sono accese, inchiodate alla volta dell’infinito. Il rumore del vento nelle erbe fa all’amore con il rumore delle onde. L’acqua tiepida del Mar nero scivola tra le mie dita. La piccola chiave, Vanessa, è la chiave di volta del mondo. Vanessa, ascolti il suono della pioggia ed è la musica del nostro amore nelle profondità del Tempo che ci riempie. Rosa ti bagni, colore fior di pesco, corolla d’oro e di luce, corona di bellezza, fiore dalle più belle labbra, rosa pallida, meraviglia e ti lambisco innocente come il mare lecca inesorabilmente la sabbia levigata. Sapore del frutto proibito. Le tue cosce sono scolpite nel marmo. Gettiamo nella fucina infuocata del cuore e del corpo i metalli dell’amore. Ecco la tua pelle ricoperta da una rugiada scintillante come i diamanti del Sole mattutino sulla spiaggia infinita, lungo il Mar nero dove trema sul luccichio della sabbia l’ombra degli ombrellini. Desiderio, vertigini, ebbrezza ci trafiggono di emozioni. I tuoi occhi così grandi, così belli, così azzurri mi fissano. Hai i capelli slacciati in trecce d’oro nero. Ascolto la musica delle mie carezze sui tuoi fianchi. Rosa, la tua pelle è attraversata dall’azzurro delicato delle tue vene. La gola si stringe, il sangue batte come un orologio alle tempie, i sessi sussultano insieme. Rosa nel tuo trionfo, strizzi gli occhi e leggo tutta l’antica grandezza mediterranea che c’è in te. I tuoi occhi, spalancati nei miei, si illuminano di sontuose tempeste. L’amore è il desiderio impellente di adorare e chiedere perdono anche per un nonnulla, come le tempeste che vengono dall’altra parte del Mar nero costringono gli ombrellini ad inginocchiarsi. La sostanza dell’amore nutre le nostre vite. Ci beviamo fino al termine della notte. Le nostre bocche traboccano di nettare. Il cielo è bianco e assaporiamo l’emozione inebriante dell’aurora fuori dal Tempo, che ricorda la prima ora della prima mattina del mondo. Rosa tutta di schiuma salata, ci lecchiamo con furia perché dal fuoco siamo la fiamma, la ferita, il sale, il balsamo l’uno dell’altro. La piccola chiave, Vanessa, è la chiave di volta del mondo. punto di non ritorno. Vanessa, hai il più bel cielo che io Il abbia mai visto, apri i tuoi occhioni davanti alla tela bianca, Vanessa, tra la steppa del Tempo e il deserto dello spazio. La mia mano incantata percorre la linea leggerissima al confine della tua coscia d’oro. Alzi il tuo pennello, direttrice dell’orchestra dei colori. Vedo e non vedo attraverso la seta soleggiata del tuo vestito. Sulla tua pelle calda, lacrime salate, schiuma salata e aria salata del Mar nero. Concerto per flauto di Saverio Mercadante. Hai imparato a pensare per tanti anni, Vanessa. Adesso sei pensata dalla pittura. La vibrazione si è fatta carne. La tela geme. La pittura grida. Gli occhi piangono, ridono. L’arte esplode. Siamo al punto di non ritorno. Niente tornerà mai indietro. Dopo la tensione, la liberazione. Dopo l’irrequietezza, l’entusiasmo. Dopo l’impaziente attesa, arde l’orgasmo. Nel quadro che nasce, danzano suonatori di flauto, ballerini e sacerdotesse, personaggi mossi dalla frenesia erotica di una sarabanda. La mia lingua assapora il sale effervescente delle idee e delle sensazioni, l’anima apolliniana e l’ubriachezza dionisiaca si fondono. Il nostro amore era fatalità, Vanessa, delizia della solitudine in due. I cuori battono forte poi i respiri si placano. Apri i tuoi occhioni davanti alla tela compiuta. Luce di pioggia, da qualsiasi punto di vista, il quadro dell’essenzialità assoluta. Abito tutto in pizzo e perle, tutto bianco, indossato dalla sposa il giorno delle nozze? Cirri bianchi dalle mille forme? Cumuli bianchi con pance grigiastre? Nimbi neri che si radunano nel cielo, fanno l’amore tra loro, scoppiano proprio in luce di pioggia, a volte fuggono e scompaiono oltre l’orizzonte? Nuvole bianche di un’estate di amore e creazione? Tutto neve e oro, immenso cielo lento di luce piena e sovrana. Cielo uniformemente bianco dei giorni d’infanzia, quando una chiarezza così caratteristica precede la caduta dei primi fiocchi. Piume d’uccelli, morbide, di un’estrema finezza, dolci come la pelle d’oca. Feste scintillanti di mille luci in mille specchi di ghiaccio. Mondo di una chiara bellezza, immobile, cielo blu e Luna bianca brillante e Sole dorato. Verginità di lino bianco e di seta. Vanessa stessa, vestita di Luna, correndo di notte sulla spiaggia? Luce di pioggia. Era giugno. Da giorni, l’atmosfera bruciava. Il cielo in pochi minuti assunse un volto bianco, le nuvole grigie si accumularono e scoppiò un temporale sul mare con tuoni e pioggia. Vanessa aveva deciso di dipingere un quadro bianco. Il cielo brillava. Lampi di luce incendiavano nuvole nere, all’orizzonte. Sulla tavolozza di Vanessa, c’era un pò di cielo blu e anche un filo d’oro. Era bello stringere Vanessa tra le mie braccia, mentre dipingeva. Il suo cuore batteva forte nelle mie mani. La pioggia rumoreggiava. Un velo di seta fluttuava tra cielo e terra. Un’ultima pennellata poi, alleggerita dalla tempesta, l’aria era piena della deliziosa dolcezza delle rose bianche. Un raggio di Sole venne ad accarezzare la pelle liscia di Vanessa e la sua pittura, dove alcuni riflessi infinitamente dolci, di una chiarezza ultraterrena, si diffondevano. Le perle dell’acquazzone incidevano piccoli cerchi danzanti nelle pozzanghere, con un suono cristallino. Sulla spalla di Vanessa cadde infine una Luce di pioggia, la quintessenza delle cose che svaniscono e non muoiono mai poiché rinascono, come la Fenice. Il nostro amore. Ineffabile era la delicatezza della nascita dei suoi seni, Vanessa. Le diedi un bacio sugli occhi. Il suo corpo è la mappa di un’isola del tesoro. Come sorgente dalla roccia, lava dal cratere, lacrime di piacere palpitanti sotto le palpebre. Un lampo liquido, un fuoco, un bagliore, una canzone, una risata, un singhiozzo, una voce che sgorga, mille gustose scintille nell’intensità della passione. Un sapore che ha la fluidità della musica. L’aria del paradiso, un nettare d’amore che abolisce il Tempo. Sul Mar nero, bianchi gli ombrelloni della spiaggia nell’incendio dell’alba e del tramonto. Tutti i porti mi sembrano ospitare flottiglie avide di salpare. Il cielo delle tele di Vanessa apre prospettive di luce sonora. Venusiana principessa, di cristallo Vanessa. Assaggio la bella Ciprigna lentamente, la assaporo. Uno spruzzo bianco, tenero e vibrante si scioglie nella mia bocca. Venusiana vanessiana, la piccola chiave zampilla. La Luna si rispecchia nel Mar nero. Io e Vanessa ci vestiamo di colori, profumi e frutti. La luce dell’armonia illumina i campi con grappoli fioriti che adornano la notte che scende sul mare. Luci delle stelle e dei villaggi all’orizzonte del Mar nero senza Luna. Il vento della spiaggia freme negli ombrelloni, alti alberi bianchi, e all’improvviso sopravviene una pioggia di petali rosa come le tue guance, il tuo bocciolo si apre, si bagna di rugiada e fiorisce in mille sospiri smaltati di fiori bianchi. La Luna è caduta in fondo al Mar nero ma basta rintracciare i nostri vestiti sparsi come i sassi di Pollicino per giungere alla luce dell’alba, meraviglia d’avorio e sei tutta di puro mercurio, Vanessa, sensibilità a fior di bellezza. Danzi, corolla capovolta, pistillo di seta trasparente, amore mio di Luce vera. I gabbiani sembrano di cotone e miagolando volano via, le nuvole si gonfiano delicatamente. Sentiamo il vento sui nostri volti, grandi barche scivolano verso il mare aperto, il tuo corpo è liscio come il piumaggio dei cigni. Rosa mistica, iridescente la Luna, il tuo sesso tra le mie labbra pulsa. Vanessa sei tu la Luna, odorosa rosa. Vanessa, hai il culo più inimmaginabilmente bello. Sognante, Vanessa disegna l’Eternità primordiale. Canta un inno alla Luce. L’infinito, ampio drappeggio. Il destino del nostro amore è un sipario che si alza. Raccolti, ascoltiamo il silenzio. Sono diversi secondi di stupore e secoli di meraviglia. È la prima ora del giorno, quando solo la dea danza e verso cui, sulla spiaggia deserta, il poeta deve elevare la sua preghiera, è l’alba ed è anche il mondo prima dell’alba, è la prima mattina del mondo, a quest’ora il mondo è ancora delle dee, dei poeti, delle onde del mare e delle nuvole del cielo. È la mattina dell’amore, un giorno che non finirà, è la prima immagine: e la luce sale all’orizzonte, sussurrata. È l’innalzamento della marea, il sorgere del vento. È l’alba del giorno, l’amore che ricomincia, è il silenzio dei gabbiani che annuncia il ritorno del Sole. È un luccichio di pietre preziose e arcobaleno. È la danza delle scintillazioni di mille diamanti, è il corpo che arde di piacere. Pittrice della Luce, Vanessa doma il colore in mille carezze, mille modulazioni, meticolosamente, innocente-mente, tocco dopo tocco, nota dopo nota. L’amore cerca la luce. Vanessa crea il Giorno con colori e forme. Il Sole, la Luna, la Terra allargano le loro ali, i loro emisferi, le loro circonferenze; il Sole con i suoi raggi dorati, la Luna con i suoi raggi d’argento. Il pensiero forse è una curva che si avvolge con metronomica regolarità attorno a un punto da cui devia sempre di più prima di ritornarvi instancabilmente, come la lingua nel bacio più intimo. Accompagnato dalla musica di un violoncello che immagino adornato con una tale spirale scolpita nel legno, che si chiama voluta, il desiderio si estende indefinitamente. Il Sole, dorato come una pentola di rame in un negozio di provincia, brilla. Sui gradini di una scala invisibile che sale verso il cielo, si diffondono le nuvole che Vanessa corona e iride di apoteosi. Si avverte vagamente il momento in cui il paesaggio si addormenterà e sprofonderà nel crepuscolo al canto dei gabbiani, mentre la luce della fine della giornata evaporerà verso il cielo. Nel Mar nero, galleggia una falce di Luna che si confonde con la vela bianca di una barca. Il Sole illumina tutta l’infinità del cielo e Vanessa mi illumina tutta dentro il cuore. Vanessa, spesso fervente dei colori non cromatici (bianco, nero, grigio), dà libero sfogo al suo genio di pittrice e traduce l’emozione in un linguaggio cromatico. Questa sera, Vanessa mette una rosa sul suo cappello e un tocco di vermiglio sulla sua tavolozza. È una bella serata, colore rosa. Il Sole vesperale, ancora vigoroso, sparge attraverso lo spazio, sul Mar nero, i raggi di una luce amorevole di sangue rosso. È dorato come le lacrime del wagneriano Crepuscolo degli Dei. Le spiagge di sabbia nera indossano le loro sciarpe purpuree. I primi lampioni stanno aspettando, per accendersi in città, che il Sole si sia spento in cielo. Il paesaggio è popolato da navi visibili o invisibili. Rosso e oro, giallo, blu, rosa danzano ancora in mille colorate metamorfosi. Vanessa deposita, su questa tela che è un Libro d’Ore, Vanessa mescola ed associa ed unisce tra loro colori ed emozioni. Vanessa, esperta miniaturista del libro del cuore. Il turchese del Mar Nero si addormenta nel fuoco del crepuscolo che lentamente si unirà alla notte limpida dietro gli alberi delle navi e le vele del porto. Una giovane ragazza sfila su un bassorilievo o corre al suono dei flauti sulle spiagge del Mar nero. Sui suoi fianchi, pelle d’oca; tra le sue ali, la rosa delle sabbie. Vanessa trema al vento, la sua pelle è liscia, la perla del suo guscio è una goccia d’oro che si gonfia tra le mie labbra. Nelle mie mani, una stella. Amare è allo stesso tempo profanare e sacralizzare. Deputazione delle città dell’antica Grecia nietzschiana alle feste delle Baccanti di Olimpia, Delfi o Corinto. I fiori dei nostri abbracci adorneranno la memoria di Vanessa, nel parco dei nostri cuori si schiudono le grandi rose bianche dell’amore. È così bello reimparare a svolgere il ruolo principale nella sua vita suprema. L’amore è necessariamente fanatico, guardiano del tempio. In solenne processione, belle feste dei dipinti di Vanessa, in teorie aggraziate. È una notte, una notte d’estate, una bella notte luminosa inondata dalla luce bianca della Luna. Vanessa ha dipinto il Sole: e adesso scende la notte, la patria della Luna, la sorella del Sole, o la sua amante. Vanessa apre una tela, una finestra, un rettangolo di luce blu notturna sul Mar nero, e i riflessi lunari sussurrano dall’acqua e si proiettano sulle volte del cielo come un grido di chiarezza. Polvere di stelle, macchie d’oro fuso danzano da Via Lattea a Via Lattea, cadendo goccia a goccia. La sagoma degli ombrelli, sulla spiaggia, nella loro processione spettrale, evoca monaci incappucciati, monaci candela in mano, monaci scalzi nelle loro danze macabre, monaci che cantano inni diabolici, monaci che si disegnano sul cielo scuro. Ci vuole una grande pittrice, e tutta la sua forza poetica, per trasmutare questa teoria di ombrelli in poesia. Il cielo è una cupola di diamante nero e ci sono stati giorni di pioggia e ci sono stati giorni di Sole ma, nell’ora dell’Arte e dell’Amore, il firmamento è punteggiato di Sole e Luna, astri e disastri. Nulla svanirà. Barche a vela dormono, altre si stanno allontanando sul Mar nero. Le loro vele brillano tra la luce bionda del Sole e l’acqua turchese dell’oceano. Innumerevoli disegni di ombre e riflessi, sul mare soleggiato di Sole o di Luna. Le architetture di Vanessa, solide o liquide, si sostengono a vicenda. Gli elementi del pensiero si combinano con gli elementi della forma, come i diversi movimenti di una sinfonia musicale. Alcune linee orizzontali corrono verso l’orizzonte e altre, verticali, salgono nel cielo. Impressionismo della linea, della luce o del colore, Vanessa manifesta, ordinando i colori, le linee e le forme, la sua gioia della creazione. Diurnale notturnale. Mutandine di raso aurora, reggiseno di damasco alba, il Mar nero è turchese. Brividi corrono sui fianchi di Vanessa e ciliegie sbocciano quando il suo vestito nero scivola, in mezzo ad una schiuma vibrante di pizzo. Vanessa, Venere Callypygis ha il cielo di una cariatide. L’alba precede l’aurora. È l’ultima luce del giorno di ieri, oppure la prima luce del giorno di oggi? La luce brilla rosa dorata abbagliante sulla tela di Vanessa. Diurnale notturnale, l’amore giorno e notte. Sono la corda di un violino. La lingua di Vanessa è un archetto che suona e un pennello che dipinge l’acqua viva. La lingua di Vanessa scava nel fuoco, si ritira come la marea, torna, danza. Sulla spiaggia, gli ombrellini bianchi che chiamiamo fantasmini sono illuminati dalla Luna e dai fuochi d’artificio. Le nostre risate, i nostri sospiri ed i nostri pianti sono quelli della Fenice. L’alba, tanto imperioso è il suo desiderio implorante di sorgere, scoppia in aurora, il Sole ci illumina. La luce brilla rosa dorata abbagliante tra le ali di Vanessa. Vanessa ha gli occhi di una bambina. Si allarga il cielo. In preda all’amore, appoggio la mia bocca su due globi in madreperla, meravigliose rotondità fiorite dal Sole e dalla Luna, i due seni di Vanessa, due come le mie mani, per fortuna. Sono Atlante che porta il cielo. Vanessa, Venere Callypygis ha il culo di una cariatide. I riflessi dei tuoi dipinti, Vanessa, sono al colore ciò che la vibrazione è alla musica. La Luna è un lampione e la scena è illuminata dal riflesso del Sole. Le campane d’oro vibrano. L’amore nostro è un riflesso del divino. Dopo l’abbraccio celeste, una meravigliosa chiarezza bagna il mare in lontananza. Contemplo, nei tuoi occhi, il riflesso delle lampade che si accendono una ad una. Sono un riflesso di te, Vanessa, sei un riflesso di me? Sulle volte dei templi distrutti, ecco uno specchio per suonare, un’orchestra per illuminare. Sussurri delle onde, sospiri delle canne dei grandi organi. Niente è più tragico e gioioso dell’erotismo. Gli specchi dei nostri giochi rimettono a posto ciò che era capovolto. Il nostro primo sguardo aveva già vibrato come un bacio sulla soglia del fiore. La poltrona in velluto è rossa come la vergogna e le ciliegie. Le tue pennellate sono rimbalzi di sassi sulle onde. Sulla tastiera del tuo corpo nasce il colore sonoro, sorge nel cielo, si perde all’orizzonte. Occhi negli occhi, luce dei nostri sguardi, l’eco dell’alba e, come colori freddi e caldi si alternano, l’eco del crepuscolo. Sono io che suono, stasera, il pianoforte con la punta dell’anima. Vanessa è angelo di luce. Corpo a corpo dell’onda ad onda. Luce delle ceneri. Incendi nel Sole. Vanessa è assonanza. Vanessa echeggia. Vanessa è sonetto e sonata. Vanessa è tintinnio delle campane. Vanessa è la triplice danza del colore, del suono e del significato. Linea, colore e luce si uniscono. Lo sfuggente si inscrive nell’eternità. Ascoltiamo Franz Liszt, « Après une lecture de Dante » e la Sonata in si minore. Lento assai, allegro energico, grandioso, recitativo, andante sostenuto, allegro energico. Ci addormentiamo in mezzo al cielo, ci svegliamo in mezzo al cielo e basta aprire la finestra per osare un primo passo sulla scalinata delle nuvole. Ormai ho trovato il pezzo mancante della carta di geografia. C’erano tanti secoli che aspettavo Vanessa e che lei aspettava me. Piangiamo dall’emozione, ridiamo, creiamo, vibriamo all’unisono della bellezza. Il Mar nero non è nero. Adesso lo so. Ha il colore degli occhi di Vanessa. Davanti alla tela bianca, facciamo all’amore. Vanessa ha gli occhi turchesi. Il Mar nero ha levigato una pietra a forma di cuore, che rotola sulla spiaggia. Ha un colore un pò cielo azzurro e un pò verde mela. Vanessa mescola ed armonizza i colori nell’oro dei suoi dipinti. Il Sole rosso entra nel Mar nero. L’orizzonte è laggiù, nei quadri di Vanessa una linea tra il cielo e l’acqua, che mai raggiungerà il marinaio. La pelle di Vanessa è color Sole, più luce che colore. Fiocchi di fuoco all’orizzonte. La sabbia restituisce ai nostri sguardi un riverbero infuocato. Vanessa, sei i miei giorni di Sole e Luna nel cuore. Le mie mani sono innamorate del tuo cuore blu, il tuo cuore blu è innamorato delle mie mani. Ammiriamo i raggi obliqui del Sole già sceso sotto l’orizzonte ma che giocano ancora tra le nuvole, lassù in mezzo al cielo. Il Sole chiude le porte del giorno. Il paesaggio deserto, orlato di schiuma, è foderato da spiagge di sabbia nera. Una Luna ancora timidina sorge. Accende la sua luce d’argento all’oriente. La Luna apre le porte della notte. Nel cielo un lampo di vermiglio, un pizzico di verde, giallo dorato, rosso, arancione. Un giorno, una notte da segnare con un ciottolo blu zaffiro, turchese, azzurro. Il mare, il mare, Vanessa amore mio sotto il cielo stellato di smalto nero ed oro. Raggiungo l’orizzonte dentro di te. L’amore rosso entra nel mare. Nella luce pallida e lenta del giorno che scivola nella notte, nella fantasia degli innamorati ebbri di emozioni, gli ombrellini si trasmutano in esseri irreali, fantasmi notturni in processioni spettrali. Spettri in stracci si stagliano sul cielo bianco del Mar nero. Ecco, con la notte, i fantasmi del vento, delle nuvole, delle onde, dell’Olandese volante. La Luna bianca diffonde la sua luce sul Mar nero e si sente nella brezza il fruscio degli ombrellini e battere il cuore del mare. Gli ombrellini stanotte saranno alberi di Cuccagna nei sogni dei bambini e degli innamorati. Stasera nel suo vestito nero, la cui cinghia a volte scivola da sola, Vanessa aerea guarda la Luna. La Luna è tornata nel cielo nero, luminoso, profondo, al di sopra del Mar nero che, a me, risulta turchese. La Luna bianca getta sulle onde il suo dolce riflesso argentato. Immensità azzurra smaltata dalle vele delle stelle, il mare di morbida ceramica si corica all’infinito, sfumato, fresco, delicato. Il profumo delle rose riempie i giardini. Un raggio lunare scivola e si allunga come le zampe di un gatto. Al chiar di Luna piena, Vanessa, indossi un vestito nero. I tuoi occhi hanno la dolcezza della Luna. Il tuo corpo è chiar di Luna. Chiar di Luna è il tuo cuore. Le navi navigano sul mare aperto. Tra la luce un pò bionda della Luna e l’acqua color smeraldo, guardiamo le ombre che disegnano le nuvole sul mare soleggiato dalla Luna. Notte fiabesca di lentezza e candore. La Luna rotonda passa il suo volto incuriosito attraverso le alte finestre delle nuvole aperte sul Mar nero. Riflessi di perla lunare salgono dalle onde verso le volte del cielo. Bambino chiedevo: « Dove vanno le navi, le navi sul mare, le navi che naufragano? » Risposta, forse: le navi vanno sul mare dei tuoi occhi, Vanessa, sotto la Luna. Le onde fanno rotolare le conchiglie e rastrellano i ciottoli. La brezza solleva i tuoi capelli, Vanessa. Camminiamo i piedi nell’acqua, lungo la spiaggia. Una goccia limpida scivola sulle tue cosce e tintinna nel mio cuore. Tutto il tuo corpo gocciola e brucia nel fuoco dell’amore, i tuoi occhi luminosi brillano come frutti. Sulla spiaggia dell’albero solitario, ci abbracciamo. I tuoi occhi mi trafiggono di blu. I nostri corpi sono le tavolozze abbaglianti dei desideri. Per quanto riguarda l’amore, si verserebbe appassionatamente l’ultima goccia di sangue. Il piacere, lui, si diffonde fino all’ultima goccia del seme. Un gemito, un grido, un bagliore cristallino e poi il silenzio del Mar nero. E tu sei, Vanessa, il Sole e la Luna. Sei fonte e pioggia dell’amore. Sei mercurio e zolfo. Sei la seta più sottile, sei il colore e sei il sapore. Come l’uva esposta al Sole sulle terrazze autunnali, prima dell’inverno, fornisce un vino più dolce e più liquoroso, sei la mia ultima vendemmia, Vanessa, i tuoi seni sono i grappoli dell’ultimo raccolto. I nostri baci sono di quelli in cui si mette tutta l’anima. Il desiderio furente aumenta sempre di più, quello di cesellare il tuo corpo con la mia lingua ondeggiante. Io non ho mai toccato ed accarezzato che te, Vanessa. Lecco sul tuo corpo una goccia di acqua soleggiata del Mar nero. E mi dico che hai avuto solo con me la tua pelle d’innamorata. Improvvisamente la pioggia cade sulla spiaggia. Piovono gocce grigie e blu, provenienti da oltre l’orizzonte. Sotto l’asciugamano che ci protegge, una luminosità rosa colora i gesti e le parole. Ogni giorno è il giorno più bello della vita. Sulla mia spalla Vanessa pone la testa, da dove fuoriescono ciocche di capelli neri. L’intrigo magico d’amore è l’occasione irripetibile del momento in cui si presenta. Quando Vanessa si avvicina e che scivola il suo vestito, il mio cuore batte forte. Osservo le sue dita che picchiettano il labbro inferiore della sua bocca schiusa, a forma di cuore, color pesca. Magia della musica che risuona solo quando le nostre labbra la suonano, magia di un filtro così inebriante per noi eterni amanti, magia di un dipinto che solo i nostri occhi possono vedere. Tutte le cose che ci appartengono. Accarezzo Vanessa e tutto l’universo. Una sola carezza riempie le mie mani con i seni più belli del mondo. Vanessa è seduta di fronte al mare. Ascolta il rumore delle onde. Apre i suoi grandi occhi di Lupa finalmente innamorata. Occhi di donna, fanciulla, femme-enfant, Dea. Sotto l’arco delle sopracciglia nere, infuocati come le candele delle chiese ortodosse, i suoi occhi straripanti di tempeste languide si aprono e si chiudono ed improvvisamente si aprono di nuovo. Dico: « Apri gli occhi però », e Vanessa ubbidisce. Apre i suoi bellissimi occhi. Vanessa con la punta delle dita, con la bocca, con gli occhi mi accarezza e guardiamo con gioia, allo specchio, la nostra doppia metamorfosi. Giochiamo al gioco delle ombre delle nuvole sulle onde del mare, all’ondulazione delle carezze sotto il tessuto, seguendo il ritmo dei nostri respiri. Gira la lingua di Vanessa, come i cavalli di legno della giostra. Sono in te. Sei in me. Luce pura. Nell’ubriachezza dell’orgasmo, l’universo diventa il riflesso del nostro mondo interiore. Tuoni lontani risuonano all’orizzonte. Il Mar nero, che poi è turchese, cancella i nostri passi sulla sabbia. Il nostro intrigo magico d’amore è incancellabile. Il bacio di Vanessa è una farfalla. La lingua di Vanessa è un’ onda di schiuma, di fuoco, di vento. Vanessa ha la bocca in cuore, per il labbro superiore. La bocca di Vanessa è un quarto di mandarino. Oppure è una Luna nel suo ultimo quarto, una Luna rossa sul cielo turchese del Mar nero, per il labbro inferiore. La bocca di Vanessa è un suo pennello. Quando la sua bocca purpurea ed i suoi occhi di giacinto blu mi sorridono, ci sono più stelle nel cielo. Vanessa si lecca le labbra come per confessare il suo piacere di concedermi, adesso, un bacio indiscreto. Bacio le sue labbra leggermente umide e il disegno delle piccole linee disegnate su di esse, in un bacio pungente di amore e passione. La bacio in bocca. La bacio sugli occhi. Mi infiltro tra le sue labbra. Raccolgo il suo respiro. Delirio del desiderio. Tutto è sensibile. Il bacio di Vanessa stordisce, il bacio di Vanessa abbaglia. Bacio dal cuor leggero, gustoso come un Sole estivo verso di cui corriamo e che si schianta sulla pelle. Bruciante come il mare che lecca inesorabilmente le rocce venate. Scintillanti eternità di bellezza. La lingua di Vanessa è la danza nuda delle onde salate e voluttuose. Siamo inginocchiati nella sabbia del Mar nero. Vanessa ha le labbra che ridono e gli occhi che guardano, vedono, dipingono. La lingua di Vanessa è dono totale, miele delle delizie estreme, incomparabile succo d’amore. Io e Vanessa bocca a bocca, cuore a cuore, corpo a corpo. La bocca di Vanessa è uno sbattere d’ali. La sua lingua è un soffio di brezza che sussurra, sottile come il muschio, sulla mia pelle dove Vanessa versa la tenerezza fresca, che si snoda e serpeggia tra le sinuosità della fantasia, di una pioggia d’estate. Vanessa ha il cielo fermo e in punta dell’adolescenza, il cielo di Vanessa le cui curve accarezzo con le mie mani e con i miei occhi. Come gli amori rappresentati nudi, Vanessa è cielo nudo d’amore. Danza immobile sotto la luna che oscilla, su qualche altalena, davanti alla finestra. Sotto la luna della notte, sotto il sole dell’alba Vanessa, artista pura, si sdraia in sfinge – busto di donna, ali d’aquila, occhi di lupa – e il suo fascino sposa le sue sinuosità. Il suo stesso enigma riempie di infinito gli occhi della dea. E la nostra immaginazione si inginocchia davanti agli altari dell’arte, respiriamo l’aroma del mare e delle erbe al sole, ripetiamo le parole delle nostre liturgie erotiche, inventiamo il fervore del nostro amore. Quando le dita sono febbrili e slacciano i vestiti seminati al vento, quando le bocche accarezzano, quando le voci implorano come bambini in lacrime. Quando gli occhi si mescolano con gli occhi, le lingue con le lingue. La carne si divora. Si sente il piacere che sgorga, incoercibile, ora, tra le labbra dell’anima. Desiderio supremo di adorarsi, di inginocchiarsi ovunque, in qualsiasi momento, desideri del corpo e del cuore, desideri irresistibili e tempeste provenienti dal più intimo di noi, che salgono verso le stelle e la cui dolce violenza costringe gli amanti a inchinarsi l’uno davanti all’altro, umilmente, orgogliosamente, amorevolmente. E la mia lingua, le mie dita seguono strade lente ed indiscrete e dolci tra le glorie di Vanessa: il suo cielo diviso in due metà, la sua gola ottagonale; il suo petto così ben modellato, capezzoli di Venere, i suoi seni in pera, abbondanti, pesanti nella mia mano; e il suo ventre così emozionante. Accarezzo il cielo. Il cielo di Vanessa. Gli occhi di Vanessa brillano, infinitamente belli, luminosi. Ha delle spille tra i capelli, i suoi bellissimi capelli liberi che corrono lungo le sue spalle. Le torce delle stelle accendono nel cielo le loro luci dorate. Vanessa ha gli occhi verde mare, io azzurri. Vanessa, regina di luce tutta d’argento, scintillante come le vetrate di una basilica sotto il Sole, lascia fluttuare la sua lunga gonna dietro di sé. Per tre volte Vanessa sdraiata nella seta della notte sgorga. Folgorazione infuocata. La sua mano si appoggia nella mia. Quando soccombe al piacere, l’unghia delle sue dita si inscrive nella mia pelle. Bacio il suo guscio, che effluisce d’amore al chiar di Luna come l’edera abbraccia le querce, e le nuvole le nuvole. Ci amiamo perché bramiamo l’amore. Ci amiamo per libertà. Giochiamo al gioco della timidezza, tra pudore ed impudico abbandono. I nostri occhi spalancati osservano la preda complice nel piacere. Nel guscio di madreperla dove splende il Sole, sulla pelle di Vanessa dove assaporo il sale, si forma una goccia di Tempo allo stato puro. Si cristallizza il desiderio. Il corpo di Vanessa si torce, brucia, esulta. Scorro, lava fusa, fiume irresistibile. Attraverso la fessura degli occhi, la luce dell’amore e dell’arte. Vanessa apre i suoi grandi occhi chiari e comincia l’incanto di un nuovo giorno. C’era una volta una bambina, Vanessa, che chiamavano con una parola francese, « Mignonne ». Vanessa a volte apprezza le etimologie fantasiose e pensava che « mignonne » volesse dire piccola. Le spiego. Vanessa, credo, apprezza le mie spiegazioni. Alla fine della notte, le nostre mani si addicono ancora alle carezze. Come la Luna d’argento nel Mar nero dove serpeggia, le mie dita di rabdomante scivolano nei solchi del destino. Le pareti della stanza sono rosa. La luce pura dell’alba attraversa le tende. Le guance di Vanessa, che arrossisce, diventano purpuree. Il sesso di Vanessa è una rosa dei venti, una bussola del nostro viaggio, una rosa delle sabbie. Si ripete ogni mattina l’eterna avventura della rosa costantemente rifiorita di Vanessa, nel giardino del suo abbandono. « Amore, andiamo a vedere se la rosa che stamane aveva dischiuso la sua veste di porpora al Sole »… Vanessa apprezza, credo, le mie lezioncine private di letteratura francese. I miei occhi si fanno più scuri e quelli di Vanessa sono pieni di lacrime abbondanti. Il cielo si bagna di Sole. Il sesso di Vanessa è un fiore, una rosa nel gusto delle decorazioni di una volta su porcellana, una rosa come quella che adorna l’armadio. I piccioni tubano in lontananza e Vanessa ride e mi inonda di gioia. La risata di Vanessa è un’acqua musicale limpida come il bacio delle sue labbra fresche sulla mia carne, che si consuma nella febbre del desiderio. Nei dialoghi degli amanti, tutto sembra un gioco di rime che consiste nel ripetere la stessa parola alla fine di ogni verso. Vanessa non è « mignonne ». È bella. È sublime. Il mondo è improvvisamente pieno di scintille divine. L’amore ci trasfigura. Vibriamo. Siamo una sola campana d’oro. Chiudiamo gli occhi per ritrovare il respiro. I nostri corpi non hanno più peso. Riapriamo gli occhi. Ti amo. Ti amo, ripete l’eco. Vanessa apre i suoi occhi azzurri ed è l’inizio di una nuova giornata d’estate. Succede una sola volta nella vita, uno sguardo così. Le sue guance hanno una carnagione fresca e rossa. L’emozione di aver fatto l’amore stanotte con Vanessa, emozione ciliegia. Intravedo altre due ciliegie attraverso la sua camicia bianca, traforata e che sembra una filigrana. Vanessa ha un’arte sottile, Vanessa è l’amante delle atmosfere ellittiche e dei dipinti allusionisti. L’amore per lei è dentelles. In lontananza, l’orizzonte cinge il Mar nero. Le navi, più numerose che mai in questo crocevia marino, scivolano sull’acqua e le loro sagome si allontanano. La mia mano accarezza la carne dorata ovale e liscia di Vanessa. Attraverso le sue cosce contemplo la baia triangolare del mare turchese orlato di schiuma. In onde impercettibili, le belle dita affusolate di Vanessa, così abili da maneggiare il pennello e da accarezzare il pianoforte dei colori, e la sua bocca emozione ciliegia, e la baia triangolare del mare turchese orlato di schiuma, mi ricevono. Vanessa mi accoglie. La sua pelle esala i deliziosi profumi delle ultime rose estive del Mar nero. Non sarà possibile respirarli quando sarò tra i morti. Oggi è il regno delle sensazioni immortali. Morire è impossibile. C’è una sola necessità, rallegrarsi, gioire, esultare, appagare i sensi, godere, per non morire mai più. In lacrime e risate, i nostri corpi a corpi si incidono nella cera del destino. Non svaniranno mai. Tutto ciò che era separato in due parti, tutto ciò che era diviso viene improvvisamente riunito, ricostruito in un unico corpo, uno spirito solo. Ammiro i capelli di Vanessa, pettinati all’antica, che incorniciano l’ovale del suo viso, i suoi bellissimi capelli neri, ben levigati in fasce, sollevati sopra la nuca sottile venata di blu. Ammiro le sue labbra di ciliegia e la baia triangolare del mare turchese orlato di schiuma. Il corpo di Vanessa mi scolpisce, mi lavora come il metallo, mi ara, mi modella. Trabocco di felicità, la pienezza di Vanessa mi riempie, lei è il sogno della mia vita. Tutto è così tenero, la fiducia è così limpida che baci, abbracci, orgasmi non mi ricordano nulla di ciò che abbia mai provato in passato. Dovremo inventare parole nuove. Ho fatto all’amore una volta sola in vita mia. Con te, Vanessa. Fare all’amore con te non ha avuto precedenti e non si ripeterà mai. Per noi, fare all’amore può soltanto essere la prima oppure l’ultima volta. Forgiamo amore, arte, erotismo secondo forme esistenziali ed artistiche che non hanno niente di ordinario. Ogni mattina, ci amiamo di più. La spada ha riacquistato la sua guaina originale. Vanessa ha raccolto il mio cuore ferito. Vanessa resuscita tutto ciò che era morto. Vanessa profuma di bellezza le rovine del mondo moderno. Siamo un accordo perfetto maggiore e un accordo perfetto minore e, nel nostro abbraccio perfetto, ci amiamo in nome di una nuova estetica amorosa. La nostra. A volte facciamo l’amore piangendo dalla gioia. Aroma inebriante dell’eterno presente. Sulla sua pelle di raso, trema l’ombra di un’impercettibile peluria di Sole biondo. Le nuvole bianche dell’alba si tingono di blu. Le ombre della notte si dissipano. Vedo la felicità negli occhi di Vanessa, la stessa che lei diffonde su di me. I suoi occhi hanno la trasparenza del cielo. Non diciamo che stiamo bene. Diciamo che stiamo bello. E stiamo così belli, avendo gettato l’ancora nella baia triangolare del mare turchese orlato di schiuma. Vanessa ha gli occhi azzurri, i capelli neri come le figlie della Magna Grecia, fianchi di ninfa, bocca affascinante. La sua mano, la sua bocca depositano sulla mia pelle il fascino mortale delle carezze dei nostri giochi sul velluto purpureo. Tra le onde del mare azzurro, Vanessa bagna il suo piede di marmo e d’oro e il vento le slega nel vento i capelli che le mie mani intrecciano sulla sua fronte nel culto dell’amore, della bellezza e dell’erotismo. E se tu non mi amassi più, morirei. Con i suoi occhi di cristallo puro, Vanessa innocente legge il libro dei miei occhi e scarta di tanto in tanto con un gesto l’erpice dei suoi capelli. Vanessa vestale, Vanessa baccante a cui chiedo perdono per averla tradita in passato, prima di conoscerla e poi la conosco. Sotto la voluttà, la pace dell’eternità. Vanessa lungo il Mar nero cammina, balla, estatica, ieratica, nella sua casta impudica eterna nudità. Vanessa sorride, sorriso di marmo, i suoi baci sussurrano l’amore alla mia anima. Lei ama solo me, io amo solo lei e le onde della passione scivolano l’una sull’altra, come il mare sulla sabbia bagnata. I capelli di Vanessa volano al vento, il nostro romanzo si scrive giorno dopo giorno. Vanessa è mia. Sulla sabbia, conchiglie venute dalle profondità, detriti di alghe, tronchi d’alberi, relitti di legno. Il tuo corpo culmina nel cielo della stanza. I gabbiani dalle ali bianche attraversano il cielo, cantano, ridono, sogghignano. Le onde del mare turchese, di notte, dormono. Il tuo corpo è un continente dove nulla assomiglia alle rive di ieri. I corpi nudi nella notte infuocata tremano, agitati da onde lenti. Così a volte il poeta abbraccia, prima di morire, l’amore perfetto. L’alba è tenera. La sua bellezza si riflette sul tuo viso, Vanessa. Ha il colore brillante dei papaveri nel vento estivo. Ci sono gatti neri, bianchi, grigi con occhi verdi, gialli, di pietre preziose. Amo la fiamma dei tuoi occhi. Le vene blu della tua pelle dorata. Il tuo guscio di cristallo. Un raggio magico dei tuoi occhi, tutta l’immensità blu delle galassie. Sui tuoi piedi ancora imperlati di sabbia nera brillano granelli di sabbia argentata. La tua risata, che tintinna lungo il mare, ha il suono del cristallo. La statua del tuo corpo si erge verso il cielo nero della notte e poi verso il cielo bianco dell’alba. Vanessa, sei la più rara delle farfalle. Con una straordinaria acuità, uno lungo spasmo di incredibile liberazione ti trafigge. I tuoi gemiti sono una musica che sale nell’aria fino al punto di estrema risonanza. Le stelle brillano più luminose ai primi raggi del Sole che si trova ancora sotto l’orizzonte del giorno nuovo. Una luce lattiginosa si sta diffondendo. È il primo abbraccio d’amore nella prima ora del primo mattino del mondo. Ti riempio e ti assaporo con delizia. A volte ti amo, forse, con l’amore che emerge ancora nell’anima di un cane arrapato, ti amo con l’amore di chi desidera sposarti e nello stesso tempo viene trasportato dall’incoercibile ossessione di soggiogarti. Voglio stuprarti, voglio sposarti. Le nostra grida orgasmiche si mescolano a quelle dei gabbiani. Vanessa, sei tutta di cristallo. Nel grande silenzio sfavilla lo specchio, e all’orizzonte il Mar nero. Le mie dita suonano il pianoforte del tuo corpo. Il desiderio brucia come il vibrato del violinista, oscillazione del dito che preme sulla corda pizzicata o strofinata. Il tuo corpo è numero d’oro, proporzione divina, la tua anima chiave mistica della bellezza e dell’armonia, e ci chiediamo perdono di esserci traditi prima di conoscerci. L’emozione riempie lo specchio, le voci si soffocano, gli occhi scoppiano in una pioggia estiva di lacrime. Con un colpo d’occhio guardi la mia mano sulla tua fronte e ti chiedo perdono, mi chiedi perdono, senza parlare. Siamo qui, regina e re di Cuori, davanti alla tastiera del destino, strumento dai tasti vellutati. Sul Mar nero, le onde rimbombano, i sospiri dei gabbiani riempiono l’atmosfera. Entusiasmo vertiginoso, effervescenza d’amore. Una mia mano sul tuo ventre, l’altra sul tuo petto, suoniamo un pezzo composto per pianoforte a quattro mani. Lo specchio acquista una vita propria, la sua bellezza si mescola con la luce che scende dal cielo per ravvivare i nostri corpi. Sull’armadio ligneo, affreschi di ombre e di luce come un arazzo ricamato con pazienza. Una collana di perle serpeggia sul velluto purpureo. Freschezza dei tuoi segreti, felicità di correre a piedi nudi sulla spiaggia. Il tuo corpo si cristallizza contro il mio e si lascia trasportare dal suo proprio tremore. Io e te fuori dallo specchio di cristallo, e nello specchio, di cristallo, noi. Porto la mano sulla tua fronte. La mia mano ti avvolge, sento il tuo sguardo sulla mia mano, mi penetra il tuo sguardo, è uno sguardo che dice più di tutte le parole, la mia mano gioca tra i tuoi capelli. Ti guido e sono guidato. Il desiderio oscilla al ritmo delle mani, nelle mie ecco le tue lune rotonde, con la pazienza dell’acqua che fa rotolare le pietre sulla spiaggia e le lucida da millenni. I tuoi occhi ridono, anche la tua bocca. La tua voce è acuta, soave. Bocca di fiamma e labbra di miele, ti guardo bere, a piccoli sorsi, bere con la bocca, la tua bocca, lentamente, lentamente, lentamente con la tua bocca bevi, con la tua bocca mi bevi. Così a volte, su di un tappeto bianco cosparso di petali e monete, la sposa liba un bicchiere d’acqua ricevuto da sua madre. Bevi ed è uno zampillo lento, che ascende da così lontano, preghiera giaculatoria insistentemente ripetuta, irriducibile. Bevi ed è uno zampillo improvviso, teso, vibrante, infinito che si fonde nello spazio, oltre il Tempo e ci riporta alle vette dell’Olimpo, qualche millennio fa. Così viene dato agli sposi del pane e del miele. Mi bevi a centellini, Vanessa. Come ai tempi della cavalleria il futuro cavaliere veniva colpito con la spada ti armo, con la mia mano, dama d’amore. Il cuore inginocchiato davanti all’altare dell’arte, l’altare del corpo inginocchiato in preghiera, nel fervore, liturgia della passione, aroma del cuore. Vanessa amore mio. Vanessa Luna, raggio di Luna, Vanessa Marte, Carnevale veneziano e maschere, Vanessa Mercurio, potere di purificare e fissare l’oro, Vanessa Giove, settimana dei quattro giovedì, Vanessa Venere, Dea di bellezza ed amore, bronzo alchemico, Vanessa Saturno, pietra filosofica quando l’artista sa di essere sulla strada giusta, Vanessa Sole, statua di Prassitele, Michelangelo, Arno Breker. Ricordo la mia infanzia al mare in Normandia, e le tonalità del cielo grigio, l’azzurro delle ardesie dei tetti, e le pareti rosa salmone della mia stanza. Non sapevo cosa fosse il Liscio. Lecco il Liscio. Lo scolpisco. Poi, dopo la carezza della mia mano, dei miei occhi, della mia lingua, il Liscio si riforma così come il cielo quando la scia di una nuvola cessa di attraversarlo. Non più in Normandia ma dall’altra parte dell’Europa, sul Mar nero, il Sole dell’alba, un controluce dorato da cui affiorano le tue gambe statuarie. Le pareti della stanza sono rosa salmone. Si sente distintamente il respiro delle onde sulla spiaggia di sabbia nera. Amore dolce e selvaggio. Tremiamo come al vento un libro scritto poesia dopo poesia, un libro spogliato pagina dopo pagina. Ogni onda ha un sospiro e ogni sospiro ha un’eco nelle nostre anime, a bassa voce. Ti svesto. I tuoi vestiti scivolano. La tua bocca ha un broncio di conchiglia, il tuo guscio un broncio di labbra. Sotto le mie dita quasi immobili, la perla si gonfia, la perla più bella dell’alba. Ha il colore dell’oriente rosa che emerge all’orizzonte, lucente, perla unta dal miele. Così i miliardi di frammenti del Tempo della nostra storia d’amore, così le nostre ore simili ai ciottoli dei letti dei torrenti e dei fiumi che corrono fino al mare, il cui andirivieni della marea liscia. Il Liscio si riforma così come l’acqua del Mar nero che, di notte, rantola in un orgasmo cosmico. Ogni onda ha un sospiro e ogni sospiro ha un’eco nelle nostre anime, gridando. Sotto le nuvole leggere, il Mar nero, la limpidezza della notte. Il cielo della notte chiara fa ruzzolare le acque di una Luna così a lungo assente. Nebbie di calore si formano all’orizzonte. Sembra schiuma. La perla più bella dell’alba fiorisce. Il piacere del nuovo giorno cresce. Gli ombrelloni della spiaggia ci spiano, bianchi innumerevoli fantasmini bianchi, che sbattono sotto i baci della brezza. Vanessa, il tuo petto si alza e si abbassa. Purezza marmorea. La notte balla a piedi nudi. Mai conosciuto un abbraccio così. Ricordo la mia infanzia al mare, in Normandia, e le tonalità del cielo grigio, l’azzurro delle ardesie dei tetti, e le pareti rosa salmone della mia stanza. Non sapevo cosa fosse il Liscio. Ora lo so. Cielo traslucido, notte infuocata e profonda. Sirena aggraziata, Vanessa, la tua pelle di ambra è calda di Sole. Freschi sono i tuoi seni sodi. I tuoi baci, maga del ritmo e del movimento, cristallizzano l’incanto dell’amore nella magia del momento. La tua voce si unisce al mormorio delle acque del Mar nero. Angelo della pittura, strega del colore, Sibilla, apri e sfogli e leggi il libro del nostro destino sul Mare interno dell’Amore, Vanessa, prima dell’inverno. Sacrilego e sacro, il nostro amore. Hai ventisette anni meno di me, Vanessa, incantatrice dai poteri meravigliosi, afrodisiaca la tua lingua balla. Le tue cosce hanno il calore del giorno sulla pietra dei vicoli veneziani, al crepuscolo, quando la polvere danza negli ultimi raggi del Sole. Disegno, sullo specchio lucido delle tue cosce, carezze. Il tuo corpo ha il vellutato del raso. Le mie dita seguono gli arabeschi delle tue vene, sotto la pelle dorata. Scuoiato vivo, assaporo i tuoi baci al più sensibile di me. È disgelo della primavera, il tuo sguardo, la tua bocca calda, la tua lingua fresca, il cuore che batte, le sorgenti a lungo imprigionate e finalmente libere. Siamo nudi ed è un abbraccio materno, incestuoso, un desiderio furioso e tenero, amare fino alla furia, un abbraccio di amanti, l’innocenza, la purezza, il perdono, l’idealismo dell’hybris. Vanessa, unico abbraccio d’amore della mia vita. La Luna è piena. La tua pelle è di marmo d’oro e bianco. Il Mar nero è turchese e la Luna si nasconde. Poi, la sua chiarezza onirica si estende lungo il Mar nero dove galleggia il profumo delle ultime rose della stagione. La Luna passa davanti alla nostra finestra e poi va a dormire. La Luna è una spia, è uno specchio che riflette il mondo, le carezze ed i sospiri degli innamorati. La Luna è una guardona che osserva, dal cielo, noi che ci amiamo sulla terra. I nostri passi sono inscritti nella sabbia, la tela è colma di vernice, le pagine di inchiostro, mi addormento nel tuo corpo e il tempo è bello, il tempo atmosferico, il passare del Tempo, il Tempo delle nostre vite, i tempi della vita, la Luna ci dice arrivederci, stasera ancora più piena sarò. Bevi la luce della Luna. Il Mar nero è turchese. La Luna si eclissa e l’amore rimane. Sulle rive del Mar nero, che è turchese, dall’orizzonte la Luna sorge, rosa, inonda le onde con i suoi fuochi d’argento, diffonde le sue chiarezze come seme d’amore di una pioggia primaverile sulle colline in forma dei tuoi seni, che lo ricevono. La Luna è il capezzolo di una Venere amazzonica, la luce della Luna cosparge i tuoi seni, boccioli di rosa marmorei di fanciulla. La Luna è l’anima dei morti. La Luna è un palloncino di bambini, cuore di farfalla nel cielo, un palloncino che si arrampica velocemente, sollevato dal vento, così il nostro amore che nulla riporterà alla pesantezza umana. La Luna è un asterisco, la Luna è il tuo guscio e la sua perla pregiata unta di miele sotto la mia lingua, la Luna è l’oro del primo mattino del mondo, la Luna è la pepita che pulsa tra le tue gambe. Ti scrivo e ti scolpisco nel tuo splendore, lunisolare Vanessa dagli occhi azzurri e rotoli sotto, sopra, nei lenzuoli di Luna, come fa l’onda. La Luna, fiocco di fuoco. I suoi riflessi gialli e rosa diventano argento, candore immacolato. Il cielo notturno d’inchiostro si scurisce. La Luna si inclina verso di noi e divora lo spazio come le bocche l’uno dell’altro. Siamo prigionieri del deserto che, per tanto tempo, non avrebbero bevuto. E beviamo. Così le nostre notti d’amore tra due Soli. Verso le cime della volta celeste dove le stelle brillano più che mai in schiuma di luce, la Luna è un lampo, la Luna è lo specchio dove si riflette il nostro amore, amore a prima vista, e le mie mani indugiano su di te. I raggi della Luna sono scale di seta e le tue mani indugiano su di me, la tua bocca ha sete, le tue mani di seta, dita di seta, bocca di sete, Vanessa, la Luna è un diamante in un bicchiere e vi ballano riflessi, la marea si innalza e la Luna ammorbidisce i rumori. La voce delle onde sulla sabbia nera. La musica della mia lingua nelle cavità della tua carne. E sorbiamo ancora, nelle fessure dei corpi, le fonti inesauribili del piacere e ruggisce il Mar nero striato di onde tremanti. E la Luna splende nella notte, beviamo lentamente, sorseggiamo l’innocenza fino all’ultima goccia, sussurra la Luna, e il piacere a volte sale così lentamente, come la Luna lassù. La Luna è sospesa e poi quando non la guardiamo più, fugge fuori dalla cornice della finestra per lasciarci al buio quando cadiamo esausti nel sonno. Sul pianoforte di Vanessa, da un capezzolo all’altro, suono sulle sue ottave, i suoi capezzoli di ebano sotto il Sole, i suoi capezzoli d’avorio sotto la Luna, io e Vanessa suoniamo allo stesso tempo la nota della Luna, la nota d’amore, e poi la sua ottava, la stessa nota della tonica situata un’ottava più in alto. La Luna è alla sua distanza più breve dalla Terra, io e Vanessa siamo al perigeo. Sorge il piacere in lampi orgasmici di Luna nell’esaltazione dell’amore più bello di una vita. La Luna vola e si libra nella fluidità musicale della sua luce eterna. È la piena notte, la notte piena d’amore della Luna del Cervo, Luna piena di mezzanotte, pieno Sole di mezzogiorno, pieno mare, pieno amore. Sul volto di Vanessa sono incastonati, come diamanti, due grandi occhi azzurri. Il mare, il cielo, il vento nei capelli di una donzella vivace sulla spiaggia. Il vento della vita scioglie i nodi terreni inutili. Le nostre anime si sono riconosciute. Gli occhi di Vanessa assomigliano a quelli di mia madre. L’anima del mio amore fa rivivere le anime dei morti. L’arte, l’amore, la bellezza sono la nostra unica passeggiata sulla spiaggia dell’esistenza e poi ci sarà la pace della morte e finalmente, potremo sfuggire alla terribile noia della mediocrità umana. La spiaggia è di sabbia nera. Di notte, ombrelloni bianchi e multicolori. I bambini giocano a costruire castelli di sabbia. Sul volto di Vanessa sono incastonati, come due diamanti, grandi occhi azzurri. Il vento nel vestito fiorito della pittrice. Gli artisti giocano a creare capolavori. La metempsicosi è il passaggio dell’anima dal cuore al cuore, dal corpo al corpo, Alchemilla d’arte-amore. Nel profondo dei nostri cuori, l’infanzia e l’eternità. Grandi onde selvagge sul Mar nero che è turchese, ci stringiamo, le nostre ali tremanti si spalancano. Le cose più belle che un artista possa ricreare sono le sensazioni che il ricordo riporta davanti ai suoi occhi, il vento dell’infanzia in riva al mare, i primi giorni della giovinezza e poi i lunghi giorni della mia eternità, quando sarò un povero morto. Tutto ciò che è bello al mondo è un solo momento indivisibile. Mia madre è morta e le tenevo la mano. È una cosa atroce, l’agonia in una stanza d’ospedale, il petto che esplode, l’amore che sanguina, questa sofferenza scritta sulla superficie del Tempo, il dolore del cuore scorticato. Morì come era nata, mia madre, un venerdì nel Sole nascente. Morì in orribili torture, nella crudele separazione di anima e corpo, e tenni gli occhi fissi sugli occhi di mia madre. L’ultimo respiro, dai suoi polmoni metastatizzati, fuggì attraverso la sua bocca. Il suo cuore smise di battere e i suoi occhi rimasero aperti. La figura di mia madre era livida e inanimata, ma serena. Si chiusero i suoi occhi verdi e blu di cielo smeraldo, poi gli uomini hanno piantato chiodi sulla bara. Mia madre era pronta per tutte le notti della lunga morte. Vanessa nasce al giorno e le tengo la mano. Ogni mattina, i nostri occhi grandi e chiari si risvegliano insieme, la giornata è incantata da una nostra risata cristallina. Vanessa, grazia in movimento, desiderio insaziabile, deliziose inflessioni della sua voce di limone. Amore eterno, amore immortale, il piacere rinasce nel desiderio come la Fenice dalle sue ceneri. Eternità senza inizio, senza fine. La piccola morte sta levitando ed è amore che si unisce con l’amore, dentro l’amore. L’eternità sta per morire e sta per ricominciare l’eternità. Il Sole non si spegnerà mai e se rotola a lungo, notte nella notte, attraverso il Nulla, incontrerà un altro Sole, un giorno o l’altro, per riaccendere la passione, l’emozione, l’erotismo. Così sgorga lo sperma, così scorre l’anima, così attraversa i millenni il fiume dell’amore, dalla sorgente al mare. Gli occhi verdi e blu di cielo cyprine di Vanessa si infervorano. Il suo corpo si apre per ricevermi. Il Mar nero è turchese. Vedo nei tuoi occhi, Vanessa, le nuvole della mia infanzia. È stata estenuante l’attesa dolorosa che ci consumava. Non ho dimenticato che Ovidio è morto qui. Non ho dimenticato Vintila Horia. Non ho dimenticato le statue degli ultimi Dei del Novecento, ridotte in polvere, e come brillavano gli occhi del mio amico Arno Breker, che le aveva scolpite. Non ho dimenticato Metamorphosen di Richard Strauss. I vermi hanno divorato mia madre morta, i vermi hanno divorato i miei amici morti, i pochi che meritassero il nome di uomini nel mondo moderno dell’inferiorità. Poi, attraverso la tela, dall’altra parte, Vanessa. Non ho dimenticato che l’ultimo atto dovrà esser degno di tutto il destino. Non ho dimenticato che un giorno sarò morto e tu, Vanessa, sarai viva. Il Mar nero sarà turchese e il cielo costellato da astri in piccoli pezzi di carta, come pagine strappate a vecchi quaderni. I vermi mi divoreranno. Probabilmente ecco perché, a volte, i nostri volti si inondano di lacrime mentre facciamo all’amore. Vanessa ha la finezza aerea delle giovani ragazze la sera del primo ballo. Qui, la Luna appare tre notti al mese, sul Mar nero, tre notti di Luna piena; qui, i gabbiani tacciono mentre l’estate già se ne va verso l’autunno; qui, facciamo l’amore dalla mattina alla sera e dalla sera alla mattina. Vanessa, come una bambina che succhia un bastoncino di zucchero d’orzo scioglie tutta la mia sostanza in bocca e mi guarda con i suoi occhi azzurri come le acque della laguna veneziana succhiano le gondole al ritmo dell’amore, e un piacere fino ad oggi sconosciuto si confonde nella mia anima con le stelle cadenti, ci sono delle ombre nella trasparenza delle tende chiare come un abito da sposa, ci sono sagome, fantasmi, a lume di candela, a lume di Luna. Vanessa arco, ponte, arcobaleno, il suo corpo si inarca, il suo corpo tocca solo con i capelli e con i piedi il letto dalle lenzuola fresche, nella notte torrida. Vanessa, una barca che affonda nel Mar nero tra le nuvole del cielo e le tende di tulle attraversate dal vento fresco, e la prua dei suoi seni e la poppa delle sue natiche di Venere Callypygis solcano il mare, spaziano, dondolano. Vanessa è la Dea delle onde, regna sul mare che apre con la sua chiglia, stende i suoi veli bianchi, i suoi vestiti di seta e sotto la volta del cielo ricade sulla terra sopraffatta dal proprio respiro. Anche le sue labbra si inarcano e tratteggiano la sua bocca dove giocano le sue dita lunghe e affusolate. I suoi seni sembrano i seni di una fanciulla, si ergono, i suoi seni di Luna piena. Pantera, aquila, cigno, i suoi fianchi sono flessibili, statua di marmo dai reni di bronzo. Il suo corpo, da un secondo all’altro, si inarca ancora, ancora, di più. Si immobilizza in un batticuore infinito, al culmine del piacere, ancora. Sulla spiaggia, la processione danzata dei fantasmi, e nel cielo le Lune piene che sono scomparse una dopo l’altra, e ogni amore deve subire la morte. Ricordo le danze macabre del vecchio maestro François Villon e, ogni sera, la Morte mi dà il suo tragico avvertimento sul destino e so che finirò, scheletro, nei misteri e miracoli degli amori morti. La morte, la vita, l’amore danzano, ancora, ancora, e poi un giorno dovrò rassegnarmi all’ultimo saluto, ancora qualche abbraccio, qualche bacio indiscreto e poi un giorno dovrò rassegnarmi all’ultimo salto. Anch’io entrerò nella danza del Maccabeo, la danza di Thanatos dopo la danza dell’Eros. Sarebbe bello morire tra le braccia di Vanessa. Devo segnare la sua memoria per tutto il Tempo prima di me, per tutto il Tempo dopo di me, io che voglio essere il suo più grande amore, il suo unico amore, cancellare le ombre del passato, le ombre del futuro, le ombre di quando come stasera il cielo sarà rosa e viola sul Mar nero, quando la luce e l’ombra faranno l’amore nelle tende di tulle che galleggeranno nel vento fresco, come stanotte, nella notte torrida mentre io, che avrò fatto l’arcobaleno con Vanessa (come il Sole nel suo arco diurno, sopra l’orizzonte, e come la Luna nel suo arco notturno, sotto l’orizzonte), mentre io, che avrò fatto l’inarcamento con Vanessa sarò morto e con un povero cappotto pieno di buchi, scheletro cavalcherò la notte sinistra e piangerò in mezzo all’esercito degli amori dimenticati, implorerò di fare di nuovo inarcarsi Vanessa, finis gloriae mundi, pesante sarà il sudario, marcirò, mi sbriciolerò nella polvere. Quando la sabbia è calda, brucia, ustiona le piante dei piedi così fortemente che bisogna correre verso il Mar nero che è turchese, così nel silenzio luminoso del mattino, nell’ombra stellata della sera, la tua lingua fresca corre, la tua lingua beve, la tua lingua chiede perdono, la tua lingua mi versa pace. La tua lingua lenisce il mio cuore ferito, la tua lingua mi consola, la tua lingua scivola sulla lacerazione del desiderio quando il pavimento è duro sotto le ginocchia, il pavimento che ruota come la giostra dell’infanzia. Così nel silenzio luminoso del mattino, nell’ombra stellata della sera, la mia lingua insaziabile corre, la mia lingua scalpella ogni secondo nell’increspatura di tutta la notte, la mia lingua chiede perdono, la mia lingua ti versa pace, la mia lingua lenisce il tuo cuore ferito, la mia lingua ti consola, la mia lingua scivola sulla piaga del desiderio. Porto la mano sulla tua fronte e dipingi con la tua lingua da maga incantevole che esorcizza la paura di vivere e la mancanza di amore. I nostri cuori sono sulla giostra e girano le nostre lingue, girano, senza fine girano e svolazzano, svolazzano i cavalli di legno come dei sussurri in un confessionale, come il brivido degli organi invisibili nella chiesa di San Giorgio alla Costa, già dei Santi Giorgio e Massimiliano dello Spirito Santo. Ci inginocchiamo davanti all’altare della bellezza, ci riempiamo il cuore con l’aroma dei tubetti di colore, ripetiamo i nostri nomi, naufraghiamo e trionfiamo nel fervore del piacere quando il pavimento è duro sotto le ginocchia, il pavimento che ruota come la giostra dell’infanzia è come un unguento adatto a guarire le ferite, le nostre lingue in guerra leniscono tutti i dolori e i nostri cuori, i nostri corpi sono unti dal miele dell’amore e svolazzate, svolazzate, bei cavalli di legno! Luna araldica, rotunda domus, ninfea bianca, nel cielo un faro nenufaro, Luna con un occhio solo, Luna moneta d’oro nel cielo di ebano adornato di cristalli. I gabbiani rimangono in silenzio, il chiar di Luna si distende, accarezza il mare, odo le grida delle ragazze sotto le stelle, e galleggia il profumo delle rose sbiadite da millenni e la notte di Luna piena fa bene all’amore. Poi la Luna se ne va, sviene nell’alba. L’estate sta per allontanarsi. La Luna si arrampica e cade, e noi, Vanessa, dove saremo alla prossima lunazione? L’orgasmo è il gemito di ciò che è sommamente vivo, il singhiozzo delle onde, il godimento del vento e poi i corpi rimangono nudi, annichiliti e facciamo l’amore nell’ultimo raggio di Luna e poi facciamo l’amore nel primo raggio di Sole. Chissà quando tornerà la piena Luna d’estate, la notte di Luna che fa bene all’amore? In nome del Sole, in nome del sale del Mar nero, del cielo blu dei tuoi occhi, del vento che fa volare gli ombrelloni sulla spiaggia, ti amo. Sei il sale della terra. Sei il sale sul pane dei pastori di Virgilio. Sei il sale del viaggio della mia vita. La mia lingua cerca di lasciare il segno sulla tua pelle che brucia. Tutta cosparsa di sale, innevata, gustosa, impregnata di sale, esci dal Mar nero. Lecco il tuo guscio, Vanessa. Vanessa l’acqua fresca dei giorni d’estate. Nel gelo, l’inverno scorso, la stagione dei morti, un giorno chiesi: – Posso prenderti per la mano? – Sì. Sarebbe bello riscaldarsi alla fiamma di un fiammifero, diceva Karen, la piccola venditrice di fiammiferi. Dissi: – Sarebbe bello riscaldarci alla fiamma dell’amore. Vanessa il camino ardente di braci dei giorni di neve, dove luccica il seme dell’oro. Vanessa, farfalla azzurra nel cielo blu, si sente il tuono, l’acquazzone ci sorprende. Le gocce accarezzano i tetti. L’odore della pioggia lievita nell’aria. Assaporo il gusto del tuo guscio. Era la stagione dei morti, nel gelo, l’inverno scorso, una notte chiesi: – Posso abbracciarti così? – Sì. Inventammo l’abbraccio perfetto. Vanessa, il sale sulla tua pelle bagnata dall’acqua del mare. Ci saranno ancora nuvole nel cielo quando sarò morto. La mia anima vivrà nel cielo, nell’inferno dei tramonti, sepolta tra le nuvole come oggi affondo tra le tue braccia. La Luna cammina nel cielo, sparge il sale del desiderio a manciate e si celebrano le nozze del mare e delle lacrime, le nozze della Luna e del seme d’amore e passi la lingua sulle tue labbra avide di piacere. Pioggia di fine estate sulla tua pelle, perle di una collana. Alla fine dell’estate ti ricorderai dell’estate più bella, Vanessa, quando sarà venuto il mio ultimo inverno? I gabbiani non ridono più. La morte dell’estate farà fuggire i poeti in qualche esilio migratorio. La Luna si issa in cielo più tardi, la notte l’ha già rosicchiata, oscurata. L’orizzonte, fin dalla mia infanzia, risuona dall’abbaiare di cani lontani. I cimiteri sono pieni di tombe dove gli scheletri darebbero tutto l’oro del mondo per vivere un altro giorno, un’ora, un quarto d’ora, il vento e il Sole sulla pelle, un orgasmo. I cimiteri sono pieni di ore sprecate, gettate nel nulla. I bambini morti troppo giovani vorrebbero ancora un pomeriggio al Sole. Ci sono nell’aria grandi raduni di uccelli invisibili in attesa del segnale, che verrà dal cielo, di migrazione. All’ombra dell’ultimo giorno d’estate, piegheremo gli ombrelli bianchi, chiuderemo le scatole di vernice, le vacanze saranno finite. Gli ombrelli bianchi, rossi, blu, nell’ultimo tramonto dell’estate e nel vento si stringono l’uno contro l’altro in attesa dell’inverno. Dimmi, Vanessa, rileggerai le mie poesie quando sarò morto? Bambino, giocavo ad accarezzare il Sole tra le palme delle mani e mi sognavo gisant. Ricordo il vento, sotto il cielo bianco di una spiaggia normanna, avevo cinque anni, una mattina avevo rinvenuto il cadavere, alla fine dell’estate, di un cane trascinato dalle onde. L’autunno, l’autunno annuncia la morte invernale. Gli Dei non sempre mi hanno protetto, quanto avessi meritato, dalle carogne umane. Ricordo l’ultimo giorno di vacanze mai esistite, estati mai vissute, molte estati, l’addio ad una spiaggia vuota. Alla fine dell’estate stringevo nella mia mano la mano di un’assenza. Quando avevo vent’anni non eri nata ma soffrivo la tua assenza, Vanessa e ti disegnavo con le nuvole. Ero commosso dalla malinconia dell’autunno che stava arrivando, tutto era serena malinconia, fascino prezioso dell’estate morente. Gli Dei non sempre mi hanno protetto, quanto avessi meritato, dai puttanelli e dalle puttanelle. Alla fine dell’ultima estate non sarò altro che uno scheletro e le mie mani, che una volta giocavano a giocolare con il Sole, le mie mani riunite sul mio petto si stringeranno. Anche scheletro, forse proverò ancora ad alzarmi su un gomito per lottare, come fanno i morti di pietra delle cattedrali. L’arte scrive, dipinge, canta i giorni che non torneranno, la carne che marcirà sotto terra, e tutto ciò che se ne va ben prima del grande viaggio con la malinconia di un sorriso. Quante emozioni, ancora, al crocevia tra fine estate ed inizio inverno? Ricordo i cerchi umidi che la sabbia bagnata della spiaggia improntava sulle mie ginocchia, quando ero bambino. Finiscono le estati, anche l’estate più bella. Tempestoso crepuscolo autunnale e riflessi del mare, i vestiti di seta di Vanessa cambiano colore e frusciano dolcemente e scorrono come sabbia tra le dita della clessidra, tre boccioli fioriscono, i suoi capezzoli si induriscono quando ho mille e tre mani e bocche. È l’ora grigia di Chopin, le nuvole attraversano il cielo, il cielo ha la tristezza del prigioniero più vecchio del mondo. Le ragazze di ieri sono morte, hanno freddo nelle loro tombe. Le sagome delle ultime ragazze dell’estate, come François Villon il 15 gennaio 1463, all’orizzonte svaniscono. Vanessa è seta, Vanessa ha sete, il nostro letto sotto la Luna è piuma chiara dove sussulta tutto. L’autunno ha il colore della ruggine, verde è il mare, la pelle di Vanessa è di pietra calda. I corpi ballano e mescolano le loro schiume. Lingua di perla, mano di raso, sesso di muschio, il Sole, la voce di Vanessa ha cosparso il cielo di gocce di limone. La sabbia della spiaggia si addormenta nell’ombra dorata, le dune di velluto argenteo luccicano, gli occhi di Vanessa brillano, pietre preziose. Il colore delle cose d’amore. Mi sono innamorato di un angolo di Mar nero. Gli uccelli migratori non cantano più sugli alberi dove si erano radunati. Tutto ciò che rimane è la musica della cavalcata delle nuvole. Ascolto il silenzio. Il silenzio è Vladimir Horowitz nella terza Consolazione di Franz Liszt. Il silenzio è Beethoven diretto da Wilhelm Furtwängler a Berlino nel 1943. Il silenzio è Carl Orff. Il silenzio è Richard Wagner. Il silenzio è Richard Strauss diretto da Herbert von Karajan. Il silenzio è Clara Haskil nel secondo movimento del ventitreesimo concerto di Mozart. Parole di silenzio, gesti di silenzio, nel silenzio Vanessa oscilla, i suoi capelli danzano. I suoi fianchi, in curve brekeriane. Sulle cime l’amore è mistico, mistero oscuro lacerato dalla luce. Gli occhi vedono nella notte e si percepiscono i sussurri che nessun altro può sentire, ascoltiamo il silenzio, immenso, dentro l’orgasmo. I fiori colorati di Vanessa lasciano nel cuore e nelle mani la delicatezza dell’alba e del tramonto. Farfalle nabokoviane a zigzag di suoni e colori, di fiore in fiore, api raccogliamo il miele attraverso le fioriture dell’appagamento. Così Basil Duke Lee innamorato di Minnie Bibble. Per le notti dei tuoi seni di Luna piena, seni in pera, pelle di pesca, carne di albicocca, capezzoli di prugna, bocca arancia, Vanessa, sul Mar nero, blu e verde, nello specchio, quando socchiudi gli occhi, quali spettri attraversano il passato? In ginocchio, inaspettatamente, in estasi, rapimento mistico, pericolo imminente di piccola morte, ubriachezza dei corpi trafitti da frecce di fuoco, la carezza effimera ha sapore d’eternità. È l’amore divoratore, la sete impaziente degli Dei e delle Dee che nel delirio del desiderio si implorano a vicenda finché lo spirito sgorga tra le labbra come la cera delle candele delle chiese veneziane in una stessa luce dorata. Per le notti dei santi dell’ultimo ghiaccio, i poveri morti nelle loro tombe fredde devono essere così tristi mentre le loro donne fanno l’amore. Nello specchio, quando socchiudo gli occhi, quali spettri attraversano il Tempo, venuti dal futuro in cui avrò le mani giunte sul petto e che spettro avrò attraversato lo specchio? Ogni bacio era il primo, ogni bacio era l’ultimo. Ma tu, Vanessa, con chi farai l’amore quando io giacerò tra specchio e spettro, spettro e specchio? Il Mar nero è turchese. La Luna, un palloncino rosa, arancione, rosso, dorato come le foglie morte, al tempo della mia giovinezza, a Saint-Germain. Sfera piena, rotonda, gonfiata con un leggero gas di luce, la Luna che sale nell’aria si pone sull’orizzonte dell’esilio ovidiano, palloncino sfuggito dal filo tenuto dal bambino che fui, naso in aria, a guado di nuvola in nuvola, Luna di carta, di tessuto, nel vento tremante, Luna alata. L’acqua del Mar nero è calda di notte. Sotto il flusso e riflusso, i piedi affondano nella sabbia, sulla spiaggia deserta sotto gli occhi del Signor Vento e della Signora Luna. Il piacere irrompe. I corpi sono schiacciati dalle emozioni, insaziati e poi appagati. Travolgente il piacere doloroso di vertigini tremanti. Mi dirò sempre che mi hai tradito prima di conoscermi e voglio che tu chieda perdono e lungamente ti guardo abbeverarti e bevi il mio seme. Poi mi tradirai quando sarò morto e voglio che tu chieda perdono e lungamente ti guardo abbeverarti e bevi fino all’ultima goccia della schiuma del mare, spargo una pioggia che non finisce mai, bevo il tuo perdono. Luna rotonda, luminosa, colorata nascosta dietro una cortina di nuvole, sono gli ultimi fuochi d’artificio della stagione, razzi, soli, cascate infuocate, fuochi di Bengala, urla di orgasmo. Nera è la notte, come ai tempi della mia giovinezza quando guardavo da un castello medievale, sopra il Mediterraneo, le nuvole d’argento volare nella tua luce pura, Luna. Forse la Luna è scoppiata, come il cuore crepa di crepacuore. Nel silenzio della notte, come un passo lungo il corridoio di un ospedale per l’ultima visita ad un morente, un battito di cuore il vento che sferza gli alberi, un battito di cuore il mare, un battito delle arterie, del polso, delle tempie le campane nel bagliore silenzioso delle candele, l’acme del furore scintillante tra le tue cosce. Rotazione della mola e vortice dell’acqua, la pulsazione del mare, il tuo respiro gonfia, eco di un’eco. L’orologio del cuore scartoccia le ore, i minuti sotto la carne del tuo seno aggraziato, il cuore che batte cuore a cuore, echi di sfumature, alternanze di colori caldi e freddi, la campana dei morti e la Fenice con le ali estese sul rogo del desiderio. Vanessa per me più bella di Agostina Belli, Ornella Muti, Isabelle Adjani, Rosanna Schiaffino e Antonella Lualdi, più bella delle Sublimissime, Leni Riefenstahl e Lída Baarová, Sunsiaré de Larcône e Lou Andreas-Salomé. Simili al vagabondo che raggruzzola i detriti dei naufragi, raccogliamo nelle immensità di uno specchio il battito dei nostri cuori, cuore a cuore, i nostri cuori che si amano d’amore. Ricordo la prima passeggiata, la notte dei gatti bianchi, nel nostro kraj d’amore sul Mar nero. Siamo passati dal solstizio d’estate all’equinozio d’autunno. Oggi è l’ultimo bagno settembrino di mare. Gli ombrelloni di tela, bianchi, colorati non ci sono già quasi più, e niente più bagnanti. Le alghe, le meduse trasparenti i cui lunghi tentacoli galleggiano sull’acqua, hanno ripreso possesso della spiaggia. Oggi è l’ultimo giorno di lavoro dell’ultimo bagnino. Le onde e le correnti disegnano nella sabbia linee parallele, così gli anelli scolpiti nel legno di una quercia abbattuta rivelano la sua età. Le alghe assomigliano al vello pubico delle ragazze nubili. A noi, l’ultimo bagno della stagione nel kraj d’amore, il nostro Varykino sul Mar nero, l’ultimo ballo della stagione. Forte l’odore della marea. Il mare d’inverno disperderà sulla riva le barche scomparse. Le alghe nere e bionde si intrecciano sull’acqua, le foglie degli alberi neri si tingono d’oro. Gli uccelli iniziano a migrare per sfuggire ai gelidi venti. Vanessa, con i tuoi costumi da bagno dalle righe blu e bianche, le tue gonne corte, il tuo viso incorniciato dalle trecce lucenti, Vanessa con la tua voce che ha il suono del limone, il gusto del re minore, Vanessa con i tuoi modi da principessa, Vanessa dal viso ovale, dagli occhi cieli chiari, dalla bocca fruttata, dai tratti delicati delle bambole di terracotta di un tempo, Vanessa dall’immenso talento d’intelligentia e d’opera, Vanessa mia della più bella estate, oggi è l’ultimo bagno settembrino di mare. Fu una bella estate. Sole conchiglia e madreperla, il sale leccato sulla tua pelle, chicchi d’uva freschi che si rompono sotto il dente, gocce dei rovesci e delle tempeste, lacrime di cielo, la translucenza e il mistero che popolano i tuoi dipinti quando la missione dell’artista è di sparpagliare bellezza sul mondo che ha disatteso ogni bellezza. A Varykino, il nostro kraj d’amore sul Mar nero. In neve e nuvole e schiuma di tela mussolina, le meduse traslucide, fosforescenti galleggiano come bolle di sapone nell’aria del Jardin du Luxembourg, ai tempi dell’infanzia, che scoppiavano nel vento. Tante conchiglie incastonate nella sabbia dove cammino, io, l’ultimo Coquillart, amante della Conchiglia. L’estate lancia i suoi fuochi estremi, vezzeggia gli occhi di Vanessa con i suoi raggi e adorna il suo viso con la sua bronzea luce. La polvere di Sole fiocca, mi ricorda già lo sfumato della memoria. Nell’ultimo Sole di tarda stagione, capezzoli di Venere e fianchi sodi, conchiglie bianche, stella di innocenza e fantasticheria, Vanessa sparge petali nel vento, Vanessa a piedi nudi nella sabbia, lungo il mare, ballerina in neve e nuvole e schiuma di tela mussolina. Era un quatre-quarts, farina, burro, zucchero, uova. A me piaceva la sua punta acida di limone sulla spiaggia normanna, dietro le finestre sulle quali echeggiava la pioggia della Manica, nelle giornate invernali d’infanzia. Più tardi ho vissuto sotto Soli dove crescono il mirto, l’olivo e il limone. Era molto prima dei tempi in cui il dolore corre nel cuore, nel corpo corre. E così attraverso l’oceano dei secoli, delle nuvole, delle sabbie dei deserti, ricordo l’odore delle gemme in primavera e dei fuochi di legna in montagna, gli aromi dei fieni e delle vecchie pietre. Il Mar nero è turchese. Ecco il trentaduesimo quarto di vento dell’ultimo giro d’orizzonte, l’ultimo quarto di sospiro, l’ultimo quarto d’ora, l’ultimo gioco è la scorza delle cose, i ricordi che sanno di cedro, di arancia amara, di zucchero e di vaniglia, il sapore del quatre-quarts sulla spiaggia normanna, dietro le finestre sulle quali echeggiava la pioggia della Manica, nelle giornate invernali d’infanzia. Io e Vanessa scambiamo baci succosi come le angurie delle giornate estive e poi rimarrà il sapore di limone. La sera, il cielo è pieno di stelle. Luci della città, in riva al mare. La morte drappeggiata di nero e di vento nel crepuscolo aureo, la vita e la morte danzano, si baciano, si uniscono. Cavalli di legno sulla giostra, abbiamo fatto un bel giro. L’estate più bella, un brivido, i corpi fusi in un’unica carezza, e poi verrà la pace del viaggio senza ritorno. Quando sarò l’ultimo viaggiatore e che camminerò fino al porto dove la nave starà per salpare. Avrò tanto navigato. Al calar della notte o alle prime luci del giorno nascente getterò l’ancora, sai, Vanessa, dall’altra parte delle nuvole. La giostra del destino. Ultima piroetta della stagione. La mattina, il cielo è pieno di Sole, in mille scintille il Sole ha fatto il giro del mondo. Gli occhi di Vanessa nel loro bagliore blu. Quando andrai senza di me, Vanessa, ti ricorderai a volte di me che ti ricorderò nelle pagine di un libro e il Sole del Mar nero brillerà come stasera nel cristallo che trema, vibra, suona e ride, quando facciamo l’amore nello specchio che tintinna nell’aria dove la vita espira e a volte si rompe il cristallo dello specchio che riflette la luce. Nel silenzio, il suono della gioia serena, la musica della purezza, il colore che non cessa mai di cantare in echi di piacere. Prima del quinto atto, quando il sipario scende e non si rialza più, sulla tela bianca dei tuoi dipinti, Vanessa, l’immagine delle cose che i morti dimenticano e, peggio ancora, che i vivi dimenticano. Quel giorno mi sarebbe piaciuto questo o quello. Una fata avrebbe dovuto farsi viva. Naturalmente, l’infanzia non avrebbe mai dovuto finire. Sarebbe forse stato necessario, a volte, fermare i cinque minuti che compongono il tempo della vita vera. Ma anche no. Se un’estate non è stata, era scritto. Cinque minuti in più non avrebbero cambiato nulla. Se qualcosa fosse stato come era stato sognato, forse tutto sarebbe crollato ancora più velocemente. Nulla è morto del poco che fu bello, rimane cristallo di Tempo, il poteras della prima bucolica, le rose di Dino Campana, le rose di Jens Peter Jacobsen, il sorriso dell’Irresistibile e bambini, cinque come le dita della mano, che giocano nelle nuvole. Bello suicidarsi prima della fine dell’infanzia. Beati, voi che non avete capito nulla. Se un’estate è stata, era da scrivere. Bel tempo della bella estate, bel tempo della vita che è stata. Poi il silenzio. Ab-solutus. L’aria della notte è carica del tuo odore di musco, colore ruggine, corteccia delle betulle, pietra della nostalgia, odore delle cose dell’amore, la testa gira come se avessimo bevuto nettari inebrianti, o come se fin dall’infanzia non avessimo più respirato. L’atmosfera ci penetra, le mie dita, la mia lingua e la mia carne si deliziano della tua farfalla mielata, lo stigma del pistillo si apre in piena fioritura. Ci svegliamo al Sole dell’alba che dipinge ombre sulle tende, ascoltiamo il suo silenzio più profondo, il sipario si alza, teatro del nuovo giorno, il nostro amore ci stupisce. Come la tessitrice avvolge diversi lunghi fili di canapa l’uno intorno all’altro, torcio a spirale, in una torsione, il vento d’estate piega gli alberi come un rotolo di fili di seta, oro, argento, erotica elica, le tue areole temprate sotto la sinuosa suzione. Sulle dolci curve tue, il piacere si inerpica all’assalto dei tuoi seni a pera. Vanessa increspa il lenzuolo in sinuosità di musica e colori, Vanessa si dispiega e serpeggia, un minuto, lungo minuto, che minuto, ghiaccio e febbre, dolcezza, sapore, odore, calore, colore. Rose e gigli sparsi in pioggia di seme su di uno scudo araldico, le nostre ombre si abbracciano sullo schermo delle tende, abiti sfocati e vaporosi dell’alba dove i nostri baci si imprimono un attimo sul tessuto leggero nel vento, al Sole. Ricordo il giorno in cui ti incontrai, crepavo dal freddo e non facevo all’amore da millenni, non avevo mai fatto all’amore e come avrei potuto credere che l’amore ti avrebbe spinta verso di me e che al mio cuore infuocato avrebbe risposto l’eco del tuo cuore infuocato? Oggi spargo il mio amore sul mondo per prendere dei contorni della tua carne scultorea l’impronta. Stampo i tuoi seni nella seta delle mie mani. Vanessa chair de poule, pelle d’oca, Vanessa che tremi dalla testa ai piedi, bianca e dorata nella dolce notte, ti palpo, opera d’arte, ti plasmo. Le mie mani setacciano la tua schiena laddove gira per inclinarsi in due colline. Passano le Lune piene, rotolano i Soli dorati, i globi del tuo corpo attraverso lo spazio della notte, il desiderio risorge e l’amore ci appartiene quando scolpiamo il momento tra le nostre mani e ora abbiamo fatto la guerra, la pace e l’amore, Vanessa, l’amore per mille millenni e per tutti i millenni della mia morte. E come ai tempi dell’infanzia, sulle corde del mio violino dove le mie dita oscillavano, sfioro, tasto, lambisco la tua collinetta in un lungo vibrato. Il tuo diapason freme insieme a me, il vento rinfresca i nostri corpi sudati e ti vengo in bocca come viene in bocca il sapore delle labbra e dei baci e dei ricordi che non andranno mai più via. I nostri cuori battono all’unisono. Vanessa, 1,6180339887.
Olivier Mathieu.
Texte de prose poétique, écrit directement en italien.
Version (fin 2024) revue et corrigée.

Il y a quelque temps, j’avais rappelé que, comme bien d’autres, j’avais été rejeté du « poste » d’Asselineau sur X, je précise non pas pour quelque insulte que ce soit, mais pour avoir, comme ces mêmes personnes, simplement dit et redit qu’il aurait été intelligent de sa part d’appeler à l’union des souverainistes partisans du Frexit, et plus encore d’agir avec eux, et que ne pas le faire (et pire refuser de le faire au nom de je ne sais qu’elle pureté originelle) était une attitude irresponsable.
Puis je passais à autre chose. Il y a quelques jours je suis retourné voir l’être incomparable et qui a toujours raison.
Et là j’ai vu que son « poste » se présentait maintenant ainsi :


Ce qui veut dire que maintenant je peux à nouveau le lire, mais encore et toujours interdiction de le commenter. Et que je ferais, somme toute, partie de ceux définis ainsi : « only approved followers can see ». Je constate par ailleurs que je « cant view » ses « public posts » mais que je suis « blocked from engaging with them ».
Le plus drôle est de lire que « toute insulte = bannissement immédiat ». Or j’ai précédemment été banni alors que je ne l’ai aucunement insulté, mais juste titillé (plusieurs fois) son amour-propre qu’il a de considérable. Pour le moins.
Cela dit j’ai pu noter, sur un « poste » tout récent de lui, que la Justice a rendu un arrêt de non-lieu dans ses affaires de plaintes contre lui pour « harcèlement » tout court et pour « harcèlement sexuel ».
Mais je crois qu’il a oublié de préciser que le Parquet a fait appel de cette décision.
Donc, affaire à suivre.
Ce Boileau Despréaux par Malherbe étouffés, *
Qui, au « Poétique Art », sont si peu étoffés,
(« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément… »)
Trouva bon d’ajouter – quel parfait pontifiant ! –
Son exact opposé, ainsi le certifiant :
« Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage… »
Aussi Boileau, ni en préau, ni en tonneau,
Je ne boirai, au grand jamais, rien de ton eau.
*Préau : petit pré.
Miss France 34 ans
Miss France 34 ans a été élue par un jury 100% féminin. Je propose d’aller plus loin encore dans le chamboulement de nos valeurs traditionnelles.
À Rustebuef
Que sont mes amis de vœux nus
Que j’avais de cyprès ténus
Et tentés mes … quoi donc ? *
Ce sont regrets que vent me porte
Et se vantent devant ma porte,
En m’imposant… leur don.
Pauvre sens, mais ferme mémoire,
Se tient blottie auprès de Moire, **
En lourde rente… aux nues. ***
Notules :
*Donc est prononcé ici : don. En règle générale «on prononce donk et on lie le c, quand « donc », placé dans le milieu de la phrase, est suivi d’une voyelle» (le Littré), ou en forme d’insistance seulement.
**Moire, du grec Μοιρα, déesse du destin, de la destinée, de la fatalité. Au pluriel Μοιραι, les Moires désigne les trois Parques.
***Ou : Lourde rente au menu.
Voici une analyse très succincte de figurines, de la culture de Hamagia*, culture pastorale et agricole du néolithique moyen, qui a couru pendant sept siècles, de – 5250 / – 5200 environ à – 4550 / – 4500 environ, sur une zone essentiellement côtière autour du liman du Tyras (actuel Dniestr) et de l’embouchure du Danube. Zone que se partagent aujourd’hui l’Ukraine, la Roumanie et la Bulgarie.
– I –
Cette culture a développé une poterie réalisée sans tour, à base d’argile et de sable marin. À part ses poteries utilitaires, courantes, on lui connaît la réalisation de représentations humaines dénudées, de petit format, très généralement assises, aux formes très stylisées.
Bien que stylisées, on peut reconnaître assez facilement les deux sexes. Apparemment se sont tous des personnages pleinement formés, je veux dire des adultes ; il semble ne pas y avoir de représentations d’enfants, ou bien encore d’animaux, de végétaux, ou d’une quelconque réalisation matérielle humaine. Quant à savoir s’il s’agit d’humains ou d’entités divines anthropomorphes ? On n’a évidemment pas de réponse.
Ces statuettes ont un cou généralement très marqué, plus long, pour ne pas dire bien plus long que nature. **
– II –
On rencontre même des statuettes d’un style particulier comme ici (de je ne sais quelles périodes ou localités), figures féminines très stylisées « emmanchées d’un long cou », mais sans tête aucune. Expression de quelque tabou ? Ou long cou destiné à porter un élément de tissu, ou de la nature animale ou végétale, symbolisant la féminité et/ou la maternité ?

La poterie à l’extrême-droite semble même être une simple représentation d’un bassin ou d’un sexe féminin, mais munie, elle aussi, de son cou. Mais est-ce bien un simple cou ? Pourquoi ne pas imaginer un personnage muni d’une très haute cagoule ou objet de cette sorte ; et donc à la tête cachée enfouie sur une espèce de haut masque ?


– III –
On rencontre également des formes quelque peu différences, sur un thème identique de représentation anthropomorphe. Ici, il s’agit d’une « imagerie » qui se trouve sur ledit Menhir de Baia-Hamangia : un grand bloc de pierre plus ou moins plat, gravé des deux côtés. On y distingue une tête et ce qui semble être deux bras dont les mains ont de longs doigts. Plus bas, on devine un autre dessin plus énigmatique :
Sur le vers on a donc :

Et sur le revers, ceci :

En voici les dessins essentiels :

*
Et celle-ci :

d’une toute autre qualité, mais aussi d’une toute autre dimension (ceci expliquant sans doute en partie cela), est, non sur le sujet mais sur sa réalisation, toute différente et beaucoup plus classique dans le domaine de la représentation féminine.
Tête toute ronde, abstraite, qui donne l’impression d’être vue de dos. Que sont ces deux fois trois trous ? Le corps est sculpté de traits très ordonnés et symétriques. Les bras s’arrêtent aux épaules, les deux tétons des seins sont marqués, ainsi que le nombril ; deux trous le cernent de chaque côté. Les cuisses sont bien développées et les jambes (quand on appelle jambe : cuisse plus jambe proprement dite) s’arrêtent aux genoux. Cet ensemble est très harmonieux, du moins c’est mon avis. Les couleurs elles-mêmes s’entendent bien. Le rond, l’arrondi l’emporte en tout.
Si l’on voulait en dire encore, on ajouterait qu’au niveau de la ceinture on pourrait y voir l’évocation d’une tête dessinée de ses deux yeux ronds ou plutôt ovales, et de ce nez en double-vé, et de cette bouche en demi-lune à plat. Avec de chaque côté, deux sortes de bras marqués par quatre traits courbes.
Le nombril en parallèle des images de trous sphériques du sommet du crâne ou du front que l’on rencontre plus bas, comme on va le voir, sur les figurines féminines ?
Je ne connais pas ce qu’il en est des côtés et de l’arrière de cette figurine. Dommage.
– IV –
Mais reprenons et poursuivons… Les femmes dont voici un prototype :

semblent avoir des têtes posées plus à plat sur le cou (et peut-être dans certains cas plus fines) que les hommes ; elles ont un bassin et des cuisses très marquées et se tiennent assises sur le sol. Elles sont peut-être représentées, pour certaines ou pour toutes, enceintes. Elles ont une jambe, la gauche, apparemment repliée sous la cuisse. Ce qui semble plausible puisque cette jambe ne montre pas son extrémité qui devrait se retrouver beaucoup plus en avant, et en particulier son pied ; mais, ce qui pourrait être plus ou moins le genou gauche. Et une jambe pliée, un pied à plat sur le sol, la droite. Tandis que les deux mains sont posées au niveau du genou de cette jambe droite.
– V –
Les hommes dont voici également un prototype :

semblent avoir des têtes un peu moins dessinées à plat sur le cou ; mais ce n’est peut-être qu’une illusion due au fait que leurs mains cachent le bas de leur visage et le rendent moins arrondi ou moins poupon, à l’inverse de celui de certaines femmes.
Ils ont un tabouret pour s’asseoir, les deux jambes pliées, les deux pieds à plat, les deux coudes posés près des genoux et les deux mains tenant chaque côté de la tête, vers la base des mâchoires.
– VI –
Notons encore que, tant les femmes que les hommes, ont des épaules plutôt larges ; et que épaules et avant-bras dessinent comme un arc-de-cercle. Et qu’ils possèdent des pectoraux généralement hauts et prononcés. Peut-être dû à la manière dont les potiers ou potières (ou tout venant) construisaient leurs personnages.
On pourrait ajouter aussi que plusieurs de ces figurines présentent des trous sur la tête, comme ceux au niveau des cavités auriculaires. Par exemple ici, qui est la photographie d’une figurine féminine. Ou parfois ailleurs sur le corps.

Que représentent ces trois séries de double-trou ? De simples trous pour maintenir quelque fiche végétale, tige, petit bout de bois ? Amulette ? Pense-bête ? Porte-objet, bâton, paille ? Mais alors dans quel but ? Ou simple marque comme abstraction des oreilles et de la bouche. Évocation par abstraction concrète (sortant, partant du réel), si l’on peut dire. Oreilles pour entendre et bouche pour s’exprimer, parler, se faire comprendre ?
Enfin, cette tête montre-t-elle des yeux ouverts, ou des yeux fermés ?
Aux origines, ces poteries étaient telles des objets bruts, de terre nue, couleur argile ou plus noirs comme il en est aussi, ou parfois au moins des objets peints ? Dont les yeux, ou d’autres éléments du visage ou du corps ?
– VII –
Dans une forme complète, voici bien marqués, les deux oreilles (?), les deux yeux, le nez et ses deux narines, et la bouche d’un homme. Le tout bien ouvert ? À l’écoute, ou pas ?

L’aspect géométrique de cette tête, de toutes ces têtes est assez remarquable. Ici, la tête tient dans un losange aux côtés supérieurs plus courts que les côtés inférieurs ; le nez, absolument droit, est plus ou moins dans le prolongement du front, qui lui-même court jusqu’au haut de la tête. Du moins de ce que l’on en voit.
Je ne sais pas si je pourrais me risquer à rapprocher certains traits de cette tête, rapprochement sans doute saugrenu et anachronique, d’une tête supposée, reconstituée d’après les restes des os, de quelque Néandertalien. Front fuyant, bourrelet sus-orbitaire prononcé et développement important des arcades sourcilières, prognathisme accentué et absence de menton.


Crâne de l’Homme de la Chapelle-aux-Saints (-60.000 ans environ)
Et puisqu’on est dans les correspondances, cela ne se voit pas, ou plus en marge, dans les représentations des hommes, mais plutôt dans celles des femmes qui semblent toutes d’aspect robuste, lourd et trapu : cage thoracique largement évasée. Encore que l’on peut rappeler que si le haut du corps des hommes n’est pas spécialement gros (en largeur ou en épaisseur), il n’en est pas tout à fait de même de ses membres inférieurs, plutôt épais. Ceci est dû aux canons artistiques du temps, aux difficultés techniques de réaliser des formes plus minces, ou à une spécificité physique ?
Rappelons que les derniers hommes de Néandertal ont probablement disparu vers – 30.000. Par contre, suite à certaines hybridations anciennes, des traits néandertaliens ont pu se maintenir jusqu’à nos jours dans la population d’homines sapientes. Ce qui nuance largement la notion d’anachronisme. Ou de formes résiduelles.
On peut donner comme exemples (mais ce n’est peut-être pas non plus totalement étranger au pur homo sapiens), un aspect massif avec une cage thoracique épaisse et évasée, des membres robustes et courts (en particulier avant-bras et jambe – ou bas de la jambe si l’on appelle jambe l’ensemble cuisse + jambe), épaules étroites, voire rachis étroit à moelle épinière comprimée d’origine génétique, etc.
*
Ici, à suivre, en moins marqué, moins accentué (ou tout simplement plus usé?) on a le même genre de traits. Mais la tête est un ovale tronqué, avec, de ce que l’on peut en deviner, un arrière de tête totalement à plat. Et le nez est moins dans l’alignement du front (ou haut de la tête).

La bouche, les oreilles, les yeux même, voilà les trois éléments essentiels à l’expression orale humaine. Et voici l’un des plus grands mystères de l’histoire humaine : celle qui concerne les processus individuels et collectifs qui ont présidé non pas à la transmission des langues, ou à leur renouvellement, mais à la naissance propre de langues vers les origines du langage articulé. Comment se faire comprendre quand on veut se créer une langue commune, qui décide, qui choisit, et surtout qui explique et comment ? Autre remarque en passant : le courage qu’il fallait déjà pour « simplement » vivre, ou plus ou moins survivre en ces temps-là !
– VIII –
On peut noter en ce qui concerne les figurines féminines, qu’elles ne présentent pas nécessairement des marques accusées ni même assurées de leurs seins. Par contre, elles peuvent posséder des lignes creuses de séparation surtout vers le bassin. Et pourrait même faire penser à une représentation séparant le corps en deux entités : tête et bras d’un côté ; buste, bassin et jambes de l’autre.
Un peu, si l’on peut dire, comme l’image d’un hyménoptère, genre guêpe. Sa « taille de guêpe », son pétiole (pour utiliser le terme employé en entomologie), son étranglement du corps, se situant, lui aussi, entre son thorax et son abdomen, sauf que son thorax serait très réduit en hauteur, très écourté. Se situant beaucoup plus haut que pour l’insecte. Juste le haut du buste, tandis que le reste de la poitrine, plus ou moins l’essentiel de la cage thoracique proprement dite avec les poumons, semble intégré au ventre. Ici, aucun corset, aucune gaine ou aucune guêpière, pas de taille mince, bien au contraire, mais un buste ramassé en hauteur et des hanches larges ; et surtout une séparation marquée juste un peu en dessous du cou.
De plus, elles semblent avoir pour prédilection un cercle en creux (que j’ai dénommé « trou » plus haut dans ce texte), bien affirmé, sur – on ne saurait dire exactement – le haut du front ou le sommet du crâne, comme ici, où l’on voit que les trous symbolisant les orifices des oreilles semblent réduits par rapport à cette marque centrale incrustée :

Marque d’un tissu, d’un couvre-chef quelconque, d’un voile recouvrant la tête ? Ou quelque empreinte divine ?
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Ce qui ne semble pas être le cas des têtes masculines, comme ici :

Ou ici :

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Femmes et hommes semblent avoir toutes et tous des attitudes graves, ou de recueillement ; et c’est non sans raison que les deux terres cuites suivantes (hautes de onze centimètres) qui se trouvent au Musée d’archéologie de Constanța en Roumanie sont dénommés : Les Penseurs de Cernavodă. Cernavodă étant un port fluvial du Danube où elles ont été découvertes. Ancienne Axiopolis devenue Tcherna-Voda, c’est-à-dire quelque chose comme « Eau Noire », après l’emprise des Bulgares sur la région, quelques siècles avant l’emprise ottomane. En bulgare, « eau » se dit : вода (voda) et « noir » se dit : черен (tchérèn).

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Autres « dualités » similaires…
Je ne sais dans quel cadre ces figurines anthropomorphes se « déclinaient », ni même si elles étaient réunies par deux (un mâle plus une femelle) mais quand on les accouplent de nos jours (dans les musées, donc), on note plus facilement certaines constantes et différenciations gestuelles selon les deux sexes.

Ces deux-ci qui auraient été baptisées par leurs découvreurs en 1956 : « Penseur » et « Femme assise », ont été trouvées ensemble dans ce qui restait d’une tombe, près de Cernavodă.
Un autre couple encore. Mais couple de quoi ? Nous ne le savons pas. Un époux et une épouse ? Un dieu et une déesse ? De deux cultes différents, ou d’un culte unique ? Quelque dieu ou quelque déesse en compagnie de son époux ou de son épouse ? Ou quelque dieu ou quelque déesse en compagnie de son ou de sa parèdre, de son auxiliaire ?

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Reste à comprendre ce que pourrait recouvrir cette opposition gestuelle plus ou moins normalisée de la façon suivante (du moins en est-il des reproductions photographiques que j’ai eu sous les yeux et que j’ai pu retenir pour leur bonne qualité) :
| FEMME | HOMME |
| Tête plus redressée, plus tendue, vers le haut | Tête un peu moins redressée |
| Haut de la tête, ou peut-être front, muni d’un « trou » | Mains posées de chaque côté des joues |
| Toute la partie centrale du corps (bassin et cuisses) d’un fort volume, tant en largeur qu’en épaisseur | Buste plutôt fin, membres inférieurs plutôt épais (question de solidité de fabrication?) |
| Assise sur le sol directement | Assis sur un petit tabouret à quatre pieds |
| – La jambe droite pliée avec le pied à terre – La jambe gauche repliée sous la cuisse | Les deux jambes pliées avec les pieds à terre |
| Les deux mains posées sur le genou droit | Les deux coudes sur les deux genoux |
Je précise enfin que je n’ai malheureusement pas de photographie de ces objets vus « de dos », permettant de se faire une idée de la façon dont sont représentées les parties arrières, les dos mais aussi les parties supérieures et postérieures des crânes.
– XIII –
Voici une série, si l’on peut dire, des plus stylisées et, au final, énigmatiques de ces figurines de la culture de Hamangia. Sans doute d’une période précise, je ne saurais dire laquelle, je ne me suis pas assez renseigné sur le sujet. On pourrait presque leur trouver un côté « moderniste » ou « abstrait », mots que j’utilise toujours avec modération, pour ne pas dire réserve. Mais la meilleure expression est sans doute : synthétique, allant à l’essentiel de son propos.
Propos qui consiste à dire, répétons-le, que les hommes « pensent » (ou toute autre expression : réfléchissent, sacralisent, se recueillent, s’élèvent, se posent la question du sens de la vie, etc.) assis sur un tabouret, un petit banc, les jambes pliées, les pieds à terre, leurs mains contre leurs joues, leurs coudes appuyés sur leurs genoux. Tandis que les femmes « pensent » (ou idem) assises à même le sol, une jambe gauche repliée sous la cuisse, une jambe droite pliée, le pied à terre, les deux mains reposant sur leur genou droit.


Ici le personnage féminin, donc à gauche, semble posséder un pied gauche visible, ce qui pourrait vouloir dire que le bas de sa jambe gauche n’est pas repliée sous sa cuisse, mais que cette jambe est intégralement allongée, même si cela ne respecte pas du tout la réalité physique. Elle a également, non seulement un ventre, mais tout un torse très imposant, en épaisseur et aussi apparemment en largeur.

Ici, le personnage féminin possède un bassin et des cuisses très imposantes. De large envergure, évasure. Effet accentué par le fait que le haut du tronc, très large (et sans mamelles apparentes) se confond avec les épaules. L’homme à côté d’elle paraît presque « riquiqui ».
Peu de mamelles apparentes, écrivons-nous, ce que nous avons déjà noté plus haut, et ajoutons encore absence de toute marque particulière des sexes tant féminins que masculins d’ailleurs. Du moins de ce que l’on peut en discerner sur ces diverses figurines.

Même remarque que pour le personnage féminin précédent, où l’on voit encore mieux l’ampleur (très pulpeuse ou très excessive) de ses cuisses.
Remarquons à nouveau les hauteurs démesurées des cous de tous ces personnages, tant hommes que femmes. Et ces têtes perchées comme des sortes de bouchons au bout d’un long goulot ! Disposées plus ou moins perpendiculairement à l’extrémité d’un cou qui fait penser à celui des femmes à anneaux africaines.
– XIV –
Quant à l’attitude générale de toutes ces figurines, doit-on y voir quelque rapport avec les rites liées à la fécondité ? Au renouvellement des générations ? Au sacré ? Ou encore voir, deviner derrière ces yeux et regards enfoncés dans les têtes, ces visages et ces poses générales, toute une tristesse ou fatigue ; ou pour le moins interrogation… sur le sens et le pourquoi, et le comment de la vie. Voire du pathétique ou une fatalité calme. D’humains plus ou moins solitaires. Et perdus, ou à l’arrêt.
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Notes :
* De Hamangia : le « h » est aspiré, prononcé en roumain.
** Je ne sais pas trop pourquoi ces longs cous, tout droits aux têtes bizarrement fixées et bizarrement représentées, ont fini par me faire penser (esprit mal tourné?) à une sorte de schématisation d’un sexe masculin et de son gland dressés.
Quand rance la France balance
Ce qui est grandeur ou constance
Les États-Unis sont punis
Par la Russie qui réussit.