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Pour les plus jeunes ou non férus d’Histoire de la triste Quatrième république, Alcide Guy Mollet fut le secrétaire général de la SFIO, Section Française de l’Internationale Ouvrière, sic, qui n’avait rien du tout d’ouvrière, de 1946 à 1969. Député-maire d’Arras de 1945 à 1975, accroché comme un morpion au pouvoir, il a fallu qu’il meure pour qu’il disparaisse de la politique ; ou plus exactement de la politicaillerie. Il a été plusieurs fois ministre d’État dans les années d’après-guerre. Et même président du Conseil en 1956/1957, où en bon socialo colonialiste il a entretenu la guerre en Algérie comme pas un ou comme pas deux ; et où il a été à deux doigts d’ouvrir une seconde guerre en Égypte, en compagnie des britanniques et des israéliens, lors de la nationalisation du Canal de Suez par le grand homme d’État égyptien Nasser.
(Rien de nouveau en 2025 chez les socialos – y compris macronistes -, qui se repaissent encore et toujours d’être les larbins attentifs et dévoués des bellicistes anglo-saxons et génocidaires sionistes!)
Ce Guy Mollet est une caricature de « socialo » magouilleur et plus encore belliciste, dont la dernière des préoccupations était le sort de la classe ouvrière et autres gueux. Le prototype même de l’escroc « socialo » abject, du temps des Trente Glorieuses… et plus encore.
ELECTION (27 MARS 2025).
L’élection académique du 27 mars 2025 approche. Certes, une élection à l’Académie peut toujours être reportée à une date ultérieure. Mais pour l’instant, telle est la date fixée.
POINT GODWIN.
On trouve ici ou là, sur Internet, des gens qui, souvent anonymement, me décrivent comme un “candidat néo-nazi”. Je voudrais rappeler quelques toutes petites choses, élémentaires.
J’ai dit, redit et répété que je n’étais pas néo-nazi. Dans plus d’un de mes livres, je me déclare ce que je suis: anti-néonazi. Je l’ai dit aussi dans plusieurs entretiens avec la presse. Je l’ai écrit, depuis environ trente ans, dans un grand nombre de mes romans. L’un des chapitres de mes mémoires, parus en 2018, a pour titre: “Néonazisme, ignominie”.
Je dois être un curieux “néo-nazi” si je répète depuis trente ou quarante ans, dans la presse, dans mes livres, ne pas être néo-nazi et avoir le mépris le plus complet pour les néo-nazis.
Dans son “Vocabulaire pratique en sciences sociales”, Alain Birou rappelait que “nazi” est une contraction de NATI-SOZI, abréviation de national-socialisme. On a mis “nazi” à toutes les sauces. Elsa Triolet parlait de “pré-nazis”. Tous les préfixes ont été mis à cette sauce.
Certes, nous vivons une étrange époque. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, vient de traiter Zelenskyy de “pur nazi”. Sergei Lavrov est l’un des plus éminents ministres de la Russie et ne peut manquer d’ignorer que l’Union soviétique stalinienne était l’alliée, au moment où elle a attaqué à revers la Pologne, de l’Allemagne nationale-socialiste. Le personnel politique ukrainien actuel, pour sa part, ne manque jamais de traiter le président russe, Vladimir Poutine, de “nazi”. A la fin de 2024, Zelensky affirmait que “Poutine est le vrai nazi d’aujourd’hui”.
La guerre russo-ukrainienne serait donc un combat entre “nazis”? J’ai du mal à me retrouver dans tout cela.
Zelenskyy vient de faire un voyage aux Etats-Unis pour y rencontrer Donald Trump, dont les hommes de confiance, Elon Musk et Steve Bannon, se livrent sur scène (jamais le mot de “scène” n’a été plus approprié) à des gestes qui se voudraient probablement des “saluts nazis”. Ce sont à tout le moins des caricatures de “saluts nazis”. Pour les adversaires de Musk, ce serait là des “saluts nazis”. Sait-on que, dans l’armée allemande pendant la seconde guerre mondiale, était également en vigueur le salut militaire “classique” (la main droite, les doigts serrés et la paume visible, portée à hauteur de la tempe). Si Musk faisait un tel salut, la main à la tempe, serait-il accusé d’être “néo-nazi” parce qu’il imiterait un geste qui fut également utilisé dans l’armée allemande de l’époque du Troisième Reich?
Le président Vladimir Poutine serait “le vrai nazi d’aujourd’hui” selon l’Ukraine, tandis que Zelenskyy serait “un pur nazi” selon la Russie. Je laisse à chacun de décider, en son for intérieur, si les deux sont nationaux-socialistes, ou un seul des deux, voire – c’est ce que je suis enclin à penser – aucun des deux. Des historiens, des sociologues, des journalistes se disputent. Le salut d’Elon Musk serait, selon certains d’entre eux, “nazi” et, selon d’autres, “pas nazi”. Chaque civilisation et chaque société ont les débats qu’elles méritent…
Si l’on transpose tout ceci au Proche-Orient, rien ne change: Israël accuse fréquemment le Hamas, ou l’Iran (pays lié par divers traités à la Russie), d’être “nazis”. L’Iran et le Hamas accusent Israël d’être “nazi”. On comprend quel est le commun dénominateur du monde moderne. Milosevic, Saddam Hussein, Kadhafi, Georg Bush et tous les “puissants” du monde moderne, tous – absolument sans exception – ont été traités de “nazis” par quelqu’un. Ou encore, se sont traités mutuellement de “nazis”. Dans tous les pays, dans tous les milieux politiques, il s’est toujours trouvé quelqu’un pour donner du “nazi” à quelqu’un d’autre.
Joe Biden a accusé en 2024 Donald Trump d’utiliser la rhétorique de l’Allemagne “nazie”. Dans les réunions électorales trumpistes, on a vu des images représentant Joe Biden grimé en “nazi”. Boris Johnson, le ministre britannique des affaires étrangères, a été jusqu’à comparer (c’était en 2017) François Hollande à un commandant d’un camp “nazi” de prisonniers pendant la seconde guerre mondiale. Un journaliste russe, Vladimir Soloviev, a traité (en 2024, sur les ondes de la télévision de son pays) Emmanuel Macron de “nazi”. Est-il besoin de dire que de telles comparaisons étaient et sont manifestement absurdes, et démontrent une totale ignorance historique?
Staline ou les milieux staliniens, au début des années 1950, donc lorsque Staline était passé au concept de “socialisme national”, étaient eux aussi textuellement traités de “néo-nazis” par bien des ouvrages, des sociologues, des milieux politiques. Dans toute pissotière qui se respecte, on lisait il y a quelques années, notamment au moment des Guerres du Golfe, des inscriptions du genre de: “Bush=SS”. Cela me rappelle les graffiti “CRS=SS” qui proliféraient comme des moisissures, j’en ai été témoin direct, sur les murs de la Faculté des Lettres de Paris-X Nanterre, en Mai 1968. Le monde moderne, à l’évidence, et depuis longtemps, très longtemps, manque complètement et de culture, et d’imagination. Et profère des énoncés absolument faux, simplistes et totalement offensants.
Je dis tout ceci, n’étant pas manichéen, avec d’autant plus de facilité que je n’ai pas davantage de sympathies pour Biden que pour Trump, que je ne vois aucune différence fondamentale entre eux et que ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec l’un que je suis d’accord avec l’autre.
Si quelqu’un se souvient d’Amanda Gorman, “la plus jeune poétesse dans l’Histoire des États-Unis”, choisie pour réciter un texte lors de l’investiture de Joe Biden, je me borne à dire que j’ai une autre conception de la poésie (mais il est vrai qu’aujourd’hui, tout le monde se croit et se dit poète) et de la politique. Je n’aurais pas davantage envie de vivre dans une société constituée par les émeutiers du Capitole que par des poétesses comme Amanda Gorman, en d’autres termes dans une société dont les idoles seraient Soros ou Musk, Zuckerberg ou Bill Gates. Tout cela, de Biden à Trump, est un cirque médiatique. Ce sont des pitreries de clowns. La médaille du monde moderne est une médaille qui a deux revers. Partout, ce n’est qu’agitation désordonnée et attitudes outrancières. Pas une once de talent. De plus en plus triste, la “comédie du spectacle”!
On a assisté pendant la campagne électorale américaine à de pseudo-débats entre MM. Biden et Trump, l’un et l’autre s’accusant de gâtisme. Outre que s’en prendre à quelqu’un pour son âge, ou pour ses facultés mentales amoindries, est un manque d’élégance, quiconque a encore un peu d’honnêteté intellectuelle devrait admettre tout simplement que ni Trump, ni Biden, ne sont tout jeunes. Ni, m’est avis, en très bonne santé. Les partisans de Trump savent-ils à quoi ressemble leur chef lorsqu’il n’est pas lourdement maquillé et n’a pas le visage littéralement peinturluré d’autobronzant orange?
Et Kanye West? Kanye West est-il, lui aussi, néo-”nazi”? Ce “rappeur” afro-américain vend désormais, dit-on, des t-shirts ornés de croix gammées. Ou se promène dans les rues avec. Mais qu’importe l’habillement de cet individu? Le “rap” me fait horreur, le gossip aussi, aucun “rappeur” ne m’intéresse, ni d’ailleurs aucune personne arborant des “t-shirts”, que ceux-ci portent des symboles néo-”nazis”, anarchistes, communistes ou néo-quoi que ce soit. Mais au pays des cow boys (en français, “garçons vachers”), tous les épisodes démontrent que cette époque est celle du cirque.
Juger le monde en termes opposés de bien et de mal, par exemple prendre parti pour Trump contre Biden, ou pour Biden contre Trump, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. A force de vivre dans un monde de plus en plus uniformisé par Internet, par la presse, par la technologie, les personnes sont confinées dans le dualisme et n’ont plus d’avis. Ou elles sont toujours du même et unique avis.
Personne ne sait plus rien. Notamment en histoire. Et pourtant, l’apparent rapprochement actuel entre les Etats-Unis et la Russie (que semblent découvrir les savants journalistes) n’a rien d’étonnant ni de nouveau, si l’on songe aux relations politiques et commerciales, fondamentalement bonnes voire excellentes, entre ces deux pays depuis la fondation des Etats-Unis, jusqu’à leur alliance pendant la seconde guerre mondiale, en passant – par exemple – par la vente que la Russie fit de l’Alaska aux Etats-Unis. La période de la Guerre froide a été davantage – en apparence – une période de confrontation entre les deux blocs. Mais une confrontation qui, dans les faits, se traduisait toujours par le partage géographique de l’Europe, par sa vassalisation, et la multiplication des bases américaines.
Les chefs d’Etat de “l’Union européenne”, effarés par la perspective de se retrouver abandonnés par les Etats-Unis, prétendent vouloir la paix mais ne cessent de déclarer vouloir armer et réarmer. Trump prétend vouloir la paix. Quelle paix?… Une “Blitzfriede”, comme disait Alfred Fabre-Luce? «La Conférence de Munich se déroule avec une rapidité stupéfiante. On attendait un Blitzkrieg ; on assiste à une Blitzfriede.» *
Qui vivra verra si, contrairement à ce qui se passa en 1939 lors de la déclaration de guerre par la France et l’Angleterre à l’Allemagne hitlérienne, déclaration de guerre suivie par la première incursion militaire (qui, pour qui l’ignorerait encore, fut effectuée par la France sur le territoire allemand), on pourra éviter l’extension du conflit.
Mon idée est que, si quelqu’un doit gagner quelque chose en Ukraine entre Trump et Poutine, une telle victoire sera provisoire. En revanche, si un continent risque de nouveau la défaite complète et pérenne, ce sera cette expression géographique appelée “Europe”, et il en sera ainsi tant qu’elle ne sera pas politiquement unie, tout en restant respectueuse de ses différences, de ses langues et de ses traditions. Et tant qu’elle ne reniera pas le capitalisme, le néo-capitalisme, l’économisme, en bref l’antique vénération de ce Veau d’Or, idole que l’on adorait jadis, nous enseigne la Bible (Exode, 32) au pied du Mont Sinaï. Mais avant tout cela, il faudrait que l’Europe existe. L’Occident semble quelque peu secoué par les affirmations, généralement aberrantes (notamment d’un point de vue écologique), incohérentes, contradictoires ou immédiatement démenties de Trump. Mais qu’importe le sort de l’Occident, si l’Europe ne tire pas les leçons de l’Histoire? D’ailleurs, pour commencer, il faudrait que l’Europe existe.
Dans l’univers du Point Godwin, celui de la comédie du spectacle (dont je n’exclus nullement que l’on vienne d’assister à un épisode lors des disputailleries entre Zelenskyy et Trump), le prochain épisode du triste feuilleton de la modernité pourrait être celui de tout le monde copain copain avec tout le monde, et embrassons-nous, Folleville.
LES EPOUVANTAILS.
J’en reviens à l’Académie et à cette élection du 27 mars 2025, au troisième fauteuil, en remplacement de M. Jean-Denis Bredin.
Ici encore, c’est le Point Godwin. Il se trouve des gens pour me qualifier de “néo-nazi”. Or les néo-nazis me répugnent et je ne cesse de le dire et de l’écrire depuis quarante ans. Les néo-nazis, fort souvent, boivent de la bière à flots. Pas moi. Je suis végétarien et ne bois pas d’alcool. Les néo-nazis ont, fort souvent, la nuque rasée. Pas moi. J’ai porté, dès mon enfance, les cheveux très longs, parfois jusqu’à la ceinture (pas comme un “hippie”, mais comme un page de la Renaissance). Les néo-nazis, très souvent, sont couverts de tatouages. Moi pas. Je déteste les tatouages. Surtout quand ils sont d’une abominable laideur. Les néo-nazis sont souvent couverts de tatouages en anglais, ou braillent des “chansons” en anglais, ou aux titres anglais, ou portent des accoutrements de marques aux noms anglais. Pour ma part, je n’ai jamais appris l’anglais, je n’ai jamais subi la moindre leçon d’anglais, je me suis toujours refusé et refuse de parler anglais. L’impérialisme linguistique anglo-américain est émétique.
“Néo”, préfixe emprunté au grec, a servi autrefois et sert encore aujourd’hui à composer des termes didactiques et en particulier, en philosophie, à désigner des écoles se rattachant, ou prétendant se rattacher à des écoles antérieures, qu’elles continuent ou croient continuer. Au vingtième siècle, la prolifération du préfixe “néo” a été simplement effrayante. J’aurais tendance à dire qu’une société, quand elle ne produit plus aucune nouveauté vraie, multiplie les néo-ceci et néo-cela. Une telle mode donne lieu à des créations lexicalisées dans d’innombrables domaines et donc à de nombreuses créations idiolectales: néo-capitalistes, néo-libéralistes, néo-darwinistes, néo-lamarckiens, néo-malthusianistes, néo-nazis. Louis Aragon voyait des néo-”nazis” dès 1952 quand, dans “Le Neveu de M. Duval”, il évoquait le “réarmement, périlleux pour la paix, la sécurité de la France, d’une Wehrmacht néo-nazie et agressive”. Tant de “néos” donnent une indigestion. Toute cette avidité publicitaire pour la prétendue “nouveauté”, tout ce culte pour la “nouveauté” d’un monde moderne de consommateurs serviles où tout se dit et se croit “nouveau”, depuis les yaourts jusqu’à la “Nouvelle” Droite, la “Nouvelle” Gauche, la “Nouvelle” cuisine, les “Nouveaux” “philosophes”, tout cela est pathétique. Ce qui est et se veut nouveau ne vaut rien.
Tout pareillement, est pathétique la volonté évidente d’apeurer les masses non seulement avec les fantoches néo-”nazis”, mais encore avec le monstre du Loch Ness, ou avec les cailloux dans le ciel qui ont une probabilité égale à presque zéro de tomber sur la Terre dans des dizaines ou des centaines d’années, mais auxquels la “grande presse” consacre tous les jours des articles apocalyptiques. Nous vivons en effet au sein d’une société fondée sur l’apocalyptique, dans une redite infinie de la catastrophe que serait une fin du monde, décrite depuis “L’Apocalypse de saint Jean”, le dernier livre canonique du Nouveau Testament, jusqu’aux délires variés de l’histoire, de la littérature et du journalisme contemporains. L’humanité aime à se faire peur. “L’apocalypse” est l’un des meilleurs moyens, pour les puissants, de maintenir leur contrôle sur les masses.
La vraie nouveauté est le caractère de ce qui n’a jamais été vu ou n’est pas encore connu. Ce qui serait nouveau, ce serait notamment de cesser d’employer des mots à mauvais escient, et donc de traiter tout le monde de “néo-nazi”. Moi, en art notamment, j’ai été davantage attiré par l’archaïsme et, par exemple en poésie, par l’imitation et le prolongement de la manière et des procédés des œuvres anciennes.
Les néo-nazis ne continuent strictement rien. Les néo-”nazis” sont un néant absolu. Les néo-”nazis” sont des néo-riens. Les néo-”nazis” sont des conformistes soucieux d’appliquer la lettre de règles dont ils ne savent rien, et qui exigeraient une subtile délicatesse d’interprétation dont ils sont strictement incapables. On pourrait en dire autant de tous les “néo” quoi que ce soit.
Il y a quelques années, dans un excellent article de Solène Vary (“Zone critique”) consacré à mes candidatures académiques, j’ai déclaré ce qui suit: « J’ai fréquenté des milieux d’extrême droite et d’extrême gauche parce que je suis curieux d’esprit, parce que je peux fréquenter un milieu sans m’imbiber de sa connerie comme l’éponge s’imbibe d’eau, parce que la vie est brève et que c’est donc ma seule occasion de faire un tour d’horizon à peu près complet. »
DES “DIABLES” PARFAITS?
Les néo-nazis que j’ai connus étaient tous d’une stupidité infinie. Tous sans exception. Je le répète ici. Depuis des dizaines d’années, je les fuis comme la peste. Ils calquent leurs attitudes, leurs manières, leurs propos non pas sur des attitudes, des manières ou des propos ayant existé, mais sur les idées totalement fausses qu’ils s’en font. Les néo-”nazis” sont des marionnettes, des épouvantails, des mannequins vêtus d’oripeaux. Le “néo-nazi” est un diable parfait, sur une planète où les principales religions modernes, et les religions laïques aussi, croient ou disent le monde gouverné par le “bien” qui s’opposerait à un autre principe, quant à lui appelé “mal”, outil du “démon” ou du “diable”. Ainsi, “Satan” corromprait le “bien” voulu par “Dieu”, et introduirait le mal et le péché dans l’univers. Il est édifiant que des milliards d’humains croient à de telles insanités…
Au moins, le diable serait un être surnaturel et rusé, représenté jadis par la tradition populaire sous un aspect repoussant. Que l’on se rassure, les néo-”nazis” n’ont rien de surnaturel. Ce sont les plus naturels des crétins. Ils ne sont pas rusés, tout au contraire. Et je doute aussi qu’ils aient un corps noir et velu, des cornes sur la tête ou des pieds fourchus, sinon – qui sait? – dans les fantasmes de leurs adversaires. Les intellectuels néo-”nazis” sont ridicules. Je fuis leur inculture, leur simplisme, leur nullité, leur grégarité. Tout comme je fuis l’inculture, le simplisme, la nullité, la grégarité de tous les milieux, sans la moindre exception.
Je suis un solitaire, un stylite. On devrait admettre que je fais un drôle de “néo-nazi” (sic). Sauf pour ceux qui, ne sachant rien de moi, n’ayant jamais lu une ligne de moi, sont suffisamment mal informés, voire volontairement malhonnêtes, pour me traiter de “néo-nazi”. A moins qu’ils ne soient d’une humilité rarissime. Puisque j’ai écrit des centaines de fois tout le mal que je pense des néo-nazis, ceux qui me traitent de “néo-nazi” avouent ainsi qu’ils disent n’importe quoi, qu’ils m’accusent à tort et à travers, qu’ils ne m’ont pas lu voire, tout carrément, qu’ils ne savent pas lire.
Je ne suis “néo”-rien. Evidemment, précisé-je, je ne suis pas davantage “d’extrême droite”. Je l’ai déclaré, il y a une vingtaine d’années déjà, dans un entretien de deux pages que j’avais accordé au journaliste d’extrême droite Michel Marmin, dans les colonnes du magazine d’extrême droite “Eléments”. Je suis vraiment un bizarre “militant d’extrême droite” si je déclare, dans un magazine d’extrême droite, ne pas être d’extrême droite.
Olivier Mathieu.
*Blitzkrieg : guerre éclair ; Blitzfriede : paix éclair
Ce dimanche au soir d’un vide aux quintaux,
Le Soleil râlant sur de vieux ventaux,*
Un presque printemps perdant ses manteaux,
Calme désert brun, ferme ses linteaux.
Le chevalet clos des yeux s’en va tôt,
Tableautin perdu des rêves gâteaux ;
L’Océan lointain se teint pur gâte-eaux :
C’est l’heure déjà d’enclaver Watteau.
Le Ciel se déchire en morceaux épars,
Se replie à l’Est où il sombre et part,
S’extasie à l’Ouest, fait d’instants actifs.
Dans ce frais moment de vents trop distraits,
Le sol se dilue à nos pas abstraits
Qui fondent perdus comme esprits furtifs.
*variante : raclant quelques vieux ventaux
Blanche Gardin
“Certains génies ne sont pas formés, portés, soulevés par l’époque qui les produit. Ils s’opposent à l’époque et leur force est précisément dans leur inactualité”, écrivait André Gide en 1925. Quinze ans plus tard, en 1940, il précisait de nouveau dans son “Journal”: “C’est seulement dans ce qu’elle a d’inactuel que la pensée peut demeurer valable; dans ce que les circonstances, si adverses qu’elles soient, ne peuvent ni ne pourront modifier”. Voilà des propos qui mériteraient ample réflexion, notamment en 2025 et alors que l’actualité est une comédie de plus en plus folle, vide et insignifiante.
Ayant pour ma part toujours privilégié l’inactuel, c’est avec beaucoup de joie que j’ai reçu de l’un de mes lecteurs (j’en ai peu, par chance pour moi, très peu) une lettre où il évoque le livre de Robert Poulet, « J’accuse la bourgeoise », qui date – sauf erreur de ma part – de 1978.
Dans ce livre, selon ce que me rappelle mon correspondant (qui est un lettré, c’est-à-dire quelqu’un qui a énormément lu et qui, plus surprenant encore, a compris ce qu’il lisait), Robert Poulet mentionnait – en substance – « de jeunes traînards, gibier de maison des jeunes ».
Et là, cela devient intéressant. En effet, Robert Poulet habitait à l’époque à Marly-le-Roi, plus exactement à la résidence des Grandes Terres où, en 1957, comme je fus le premier à le révéler en 1990, Hergé lui avait acheté un appartement.
Robert Poulet était un ami de ma grand-mère depuis le début du vingtième siècle; ils avaient travaillé ensemble, dans les années 1950, dans une grande maison d’édition parisienne; et il connaissait évidemment aussi ma mère, puisque nous étions ses voisins à Marly-le-Roi pendant presque vingt ans, de 1969 à 1984.
C’est cocasse, mais édifiant: jamais les “fans” de Robert Poulet, ceux qui écrivent des livres ou leurs petits articles sur lui, souvent sans l’avoir jamais rencontré, n’ont songé une seule fois à m’interroger, alors que je l’ai connu depuis 1969.
Je ne crois pas avoir été directement mentionné dans “J’accuse la bourgeoisie”. Mais indirectement, certainement. Le lecteur lambda ignorait, voire ignore toujours que Robert Poulet habitait Marly.
Robert Poulet habitait à deux cents mètres de ce qui était alors la “maison des jeunes”, la MJC des Grandes Terres de Marly-le-Roi. Il passait devant, tous les jours. Jusqu’en 1974, en se promenant avec Paul Werrie (mort au début de 1974). Ou avec son épouse. “Maison des jeunes” que j’ai fréquentée, précisément, dans les années 1977-1979.
Entre 1969 et 1975, j’étais invité plusieurs après-midi par semaine chez Robert Poulet, dans son appartement, au premier étage de l’immeuble où il vivait, dans son salon. Ainsi côtoyais-je Robert Poulet, son épouse Germaine, Paul Werrie, son épouse (elle aussi prénommée Germaine), Hergé et beaucoup d’autres visiteurs de cette espèce. Depuis 1975, pour des raisons que j’ai racontées dans plusieurs de mes romans, mes relations s’étaient cependant nettement refroidies avec Robert Poulet. Il en reste sans doute aussi des traces dans sa correspondance, si celle-ci a été conservée, ainsi que dans les lettres que lui écrivait régulièrement ma grand-mère.
Bref, en 1977-1979, il ne fait absolument aucun doute que le “gibier de maison des jeunes” auquel faisait allusion Robert Poulet était inspiré par Olivier Mathieu puisque, fumant quelques pétards à l’occasion, je “traînais” – pour reprendre les termes de Poulet – devant la maison des jeunes où, accessoirement, je me faisais souvent casser la gueule parce que je défendais des idées inacceptables par l’époque moderne.
Robert Poulet donnait une image d’austérité mais sa plume n’en dispensait pas moins un humour personnel et corrosif Mes relations avec Poulet ne s’améliorèrent provisoirement que vers 1983, le poussant par exemple à me citer dans quelques articles (par exemple en 1986, dans la feuille “Présent”) qu’il consacra à mes travaux sur Abel Bonnard.
Plus tard, dans l’un de mes romans paru en 2010, j’ai consacré des dizaines de pages à mes relations avec Robert Poulet et notamment aux regards désolés et consternés qu’il me jetait – en 1978 – quand il passait à quelques mètres de moi, devant cette maison des jeunes qui, aujourd’hui, n’existe plus.
Je ne peux que remercier le lecteur qui m’a fait noter à quel point pourrait s’avérer passionnante, pour une critique littéraire libre, vraiment libre, et de qualité, une double lecture: d’une part celle de “J’accuse la bourgeoisie” (1978) de Robert Poulet, et de l’autre celle de mon roman “Voyage en Arromanches” (2010). Parce que les deux œuvres parlent, l’une comme l’autre, de la même MJC.
En 1978, je me trouvais insulté à la fois (dans la vie de tous les jours) par les conformistes de la “maison des jeunes” et (dans ses lettres à ma grand-mère, et dans ses livres) par un réac assumé comme Robert Poulet. Le vieux facho n’était pas en mesure de comprendre que je fume des pétards, les jeunots antifachos n’étaient pas en mesure de comprendre que je m’intéresse à Abel Bonnard. Et moi? Tout cela m’amusait. Cela m’amusait beaucoup et continue à m’amuser beaucoup, ce manichéisme délirant qui gouverne le monde moderne, et dans lequel le malade – l’homme moderne – croit le monde divisé en deux fractions qui s’affrontent au nom d’un dualisme antagoniste.
J’avais les cheveux jusqu’à la ceinture, Robert Poulet traduisait cela par “gibier de maison des jeunes” alors que j’avais une chevelure de jeune page de la Renaissance. Je lisais Abel Bonnard, ce qui était insupportable par exemple aux communistes. Je lisais aussi, moi, le communiste Paul Nizan. Dont les communistes de ma banlieue, quand j’avais vingt ans, n’avaient jamais entendu citer le nom…
De Robert Poulet, de Paul Werrie, et de mon enfance à Marly-le-Roi, j’ai parlé encore dans mes mémoires, “Je crie à toutes filles mercis” (livre de 2018 et qui fut recensé notamment par un grand article paru dans “Le service littéraire”, numéro 126).
Pour lire mes livres, les esprits véritablement curieux peuvent écrire à: yves47847@gmail.com
Le seul inactuel, hier, aujourd’hui et demain, le seul à obéir au principe du tiers inclus, c’était, c’est et ce sera moi.
Olivier Mathieu.
SEBEAT PRODUCTION
« L’élection de Trump me glace le sang… » Emmanuelle Béart d’un courage inouï ce matin sur France Inter
François COTARD
Après la fille … le père :
Guy Béart – LA VÉRITÉ
J’ai d’abord cru à une nouvelle conspiration des Poudres. Celle qui fut tramée en Angleterre, en 1603, par des catholiques contre le Roi et le Parlement. À part que cette fois, une nouvelle conspiration des Poudres aurait eu pour victime Dechavanne, cet homme qui a saupoudré de poudre d’or l’histoire de la télévision et dont on se souviendra, accessoirement, grâce à moi.
Selon ce que j’apprends aujourd’hui dans la presse, donc, le présentateur de télé Christophe Binot-Dechavanne, le 17 août 2024, a été contrôlé positif à la cocaïne alors que les forces de l’ordre lui reprochaient un excès de vitesse. Les faits ont eu lieu à Toulon-sur-Allier. Certes, on peut imaginer la surprise des gendarmes quand, sur la RN7, ils ont vu passer une voiture lancée à 120 km/h sur une route où la vitesse est limitée à 80 km/h. Une voiture que j’imagine volontiers suivie, comme dans les films policiers, par un nuage de poudre blanche.
Toutes les familles endeuillées par des accidents causés par des chauffards comprendront la chance de ceux qui, ce jour-là, ont eu la bonne idée de ne pas emprunter la RN7. Loin de prendre la poudre d’escampette et dès avant le premier test, Christophe Dechavanne (dont certaines mauvaises langues prétendent qu’il n’a pas inventé la poudre) avait avoué aux gendarmes avoir consommé du cannabis et de la cocaïne. Avant de se rétracter.
Il y avait de la poudre dans l’air: Dechavanne, récidiviste, encourait en effet quatre ans de prison et 9 000 euros d’amende. Mais en définitive, il a été condamné – en son absence – il y a quelques jours, par le tribunal correctionnel de Moulins, à une amende d’un montant qui ne risque pas de le ruiner (1 200 euros, soit 120 jours-amendes de 10 euros) et à l’annulation de son permis de conduire pendant six mois. En outre, son véhicule, une Porsche 911, lui a été confisqué, je suppose pour la même période. Il avait été condamné pour des faits similaires à Blois en 2021, avait rappelé la présidente du tribunal. En 2015, Dechavanne avait écopé de quatre mois de suspension de permis et de 1.000 euros d’amende après avoir été contrôlé à 218 km/h sur l’A71, dans le Loir-et-Cher.
Madame Lise Wambergue, pour le ministère public, avait requis une amende de 1 500 euros (toujours sous forme de jours-amendes), ainsi qu’un stage de “sensibilisation” et l’annulation de son permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant huit mois.
L’avocat de Dechavanne, Me Dylan Slama, a plaidé quant à lui la relaxe, disant ne pas croire à la validité des tests salivaires réalisés. Il a donc plaidé la « bonne foi » de son client et défendu la thèse d’une « consommation passive ». Selon l’avocat, Dechavanne avait passé la nuit et avait eu des « échanges buccaux » avec une dame qui avait « très probablement » (sic) consommé de la cocaïne et l’aurait contaminé.
Qu’échange-t-on lors d’un « échange buccal »? J’avoue l’ignorer. Mais l’attitude suspecte de cette dame n’aurait pas échappé au sagace Dechavanne. « Elle lui semblait agitée et avait fait de nombreux allers-retours aux toilettes », a précisé la présidente du tribunal.
Certes, passer une nuit avec une dame qui, malgré ces échanges buccaux, fait de « nombreux » (combien, combien?) allers-retours aux toilettes, voilà une expérience certainement éprouvante. Cette dame n’aurait-elle pas été jusqu’à lui jeter de la poudre aux yeux?
Au dix-huitième siècle, les dames étaient souvent poudrerizées, couvertes de poudre, à savoir l’amidon pulvérisé et parfumé qu’elles utilisaient sur leurs cheveux. Le risque, malgré le Progrès, demeure donc en 2025. Je veux en tout cas apporter mon plus vif soutien à Dechavanne et, pour ma modeste expérience personnelle des échanges buccaux, je tiendrai ma poudre sèche. Car l’exemple édifiant de Christophe Dechavanne montre que de telles pratiques pourraient aussi exposer au risque d’une positivité au café, au chocolat, ou au lait en poudre.
Comme a ajouté son avocat, Dechavanne n’aurait plus consommé de cocaïne depuis sa dernière condamnation. Conclusion: « Monsieur Dechavanne n’est pas un consommateur de matières stupéfiantes, quelles qu’elles soient ». Et en effet, Dechavanne en personne a déclaré ne plus consommer de poudre « depuis six ans ». Qu’on se le dise. Bien que la Bible (Genèse, III, 19) affirme que « Vous êtes poudre, vous retournerez en poudre », je suis profondément heureux d’apprendre que Dechavanne ne retourne plus à la « coke ».
En outre, Christophe Dechavanne a déclaré faire appel de la décision du tribunal de Moulins. « Ce qui veut dire qu’aujourd’hui, cette décision de justice est caduque, elle ne vaut rien », a tranché Me Dylan Slama. On tremble: des journalistes voulaient sans doute lui faire mordre la poudre. Espérons qu’en appel, Dechavanne soit complètement innocenté et que les accusations portées contre lui soient réduites en poudre.
Pourquoi cette absence au tribunal? La faute aux journalistes. « Votre présence aujourd’hui n’est pas de nature à donner envie à un individu de se présenter », a indiqué l’avocat de Dechavanne aux journalistes, parlant d’un contexte « assez anxiogène ».
Qui a vécu les événements de Ciel mon mardi du 6 février 1990 ne peut que lui donner raison: les situations anxiogènes de cette espèce sont fort pénibles.
Enfin, tout est bien qui finit bien. L’essentiel est, me dis-je à moi-même en guise de moralité, d’éviter la poudre de succession, nom donné à l’arsenic par la célèbre empoisonneuse du XVIIe siècle, La Voisin.
J’espère vivement que, toujours ce 6 février 1990 où les charmants invités du public étaient pour certains d’entre eux vifs comme la poudre, Dechavanne n’avait pas eu préalablement d’échanges buccaux car, me rappelant les postillons qui volaient ce soir-là, je n’aurais pas voulu risquer une contamination. Mais chercher à expliquer cela à quelqu’un, c’est comme jeter de la poudre aux (cerveaux de) moineaux…
Olivier Mathieu
LE DEUXIÈME TOUR, LE RETOUR !
https://twitter.com/i/status/1894802604086956114
Il faut savoir qu’il a été arrêté ce matin alors qu’il allait présenter sa candidature à je ne sais quel organisme officiel. Il faut savoir également que ce sont 43 autres personnes de son entourage ou parti qui ont subi des perquisitions au petit matin.
Au moment où il a été arrêté il devait s’entretenir avec un journaliste étatsunien.
Aux dernières nouvelles, Călin Georgescu est sorti après presque six heures d’interrogatoire du bureau du procureur général. Il est inculpé de six chefs d’accusation et placé sous contrôle judiciaire pendant 60 jours.
Une foule dense l’attendait dans la rue.
Il a déclaré :
« Nous avançons. Nous continuerons, pour le pilier de notre démocratie et pour l’unité. Ces choses ne me surprennent pas et je me battrai pour notre liberté. Je me souviens de la mentalité et du système communiste des années 1950. Nous sommes le peuple, nous sommes le pouvoir. Nous ne nous agenouillerons devant personne. C’était à prévoir. Toute l’humanité sait ce qui se passe actuellement en Roumanie. C’est le désespoir qui règne ici, combiné avec Bruxelles ».
Interrogé par les journalistes pour savoir s’il était toujours candidat à la présidence, Georgescu a répondu brièvement : « Qu’est-ce que cela peut faire ? » Sous-entendu : si ce n’est pas moi ça sera un autre. Peut-être l’un des candidats du premier tour de la présidentielle qui s’est désisté dernièrement pour lui.
Il ne faudrait pas être surpris d’une réaction de Trump, Vance ou Musk. Et de Poutine, Lavrov…
De Faits & Documents
il y a trois ans
Notes :
15 ans majorité sexuelle, mais Brigitte était sa prof donc avait autorité sur lui et avait largement plus de 5 ans que lui, double-circonstance aggravante, selon la loi.
Soirée de la Rotonde : soirée organisée le 27 avril 2017 par les macronistes entre les deux tours de l’élection présidentielle.
Richard Descoings : Conseiller d’État, professeur, qui fut de 1996 à 2012 directeur de Sciences Po. Porté sur l’homosexualité il était néanmoins marié à une femme. C’était dit-on, un autocrate, payé 25.000 euros par mois + chauffeur, dont la gestion a connu une « dérive », une véritable « gabegie » selon Le Monde. Avec augmentation substantielle des frais d’inscription. Il est connu pour avoir supprimé l’épreuve de culture générale au concours d’entrée. Il est mort d’une crise cardiaque à New-York dans une chambre d’hôtel après (ou pendant ?) la visite de deux « escort-boys ». Il était bien évidemment décoré de la « légion donneur » (sic), de l’ordre du mérite, des palmes académiques et même du mérite agricole !
« story feeling médiatique énorme » : sensation, sentiment, impression d’histoire, de gros bobard monté par les media …