Quelques réflexions du Pape sur notre époque, le multilatéralisme, le droit humanitaire, le langage, la liberté d’expression et de conscience, la liberté religieuse, la famille, la gestation comme simple production, l’euthanasie comme fausse compassion et l’orgueil délétère (on en a des exemples manifestes du côté des États-Unis et de l’Union Européenne, actuellement)
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… nous ne sommes pas, selon l’expression bien connue du Pape François, dans une époque de changement, mais dans un changement d’époque [François, Discours au Ve Congrès national de l’Église italienne, Florence, 10 novembre 2015].
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Ces temps-ci, la faiblesse du multilatéralisme sur le plan international est particulièrement préoccupante. Une diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus de tous est remplacée par une diplomatie de la force, des individus ou de groupes d’alliés.
La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. Le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux pays d’utiliser la force pour violer les frontières d’autrui, a été enfreint. On ne recherche plus la paix comme un don et un bien désirable en soi « dans la poursuite d’un ordre voulu par Dieu, qui implique une justice plus parfaite entre les hommes », [S. Paul VI, Lettre encyclique Populorum progressio (26 mars 1967), 294-295] mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. Cela menace gravement l’État de droit qui est le fondement de toute coexistence civile pacifique.
D’ailleurs, comme le note saint Augustin, « il n’y a personne qui ne veuille la paix. Même ceux qui veulent la guerre ne veulent rien d’autre que gagner, ils souhaitent donc atteindre une paix glorieuse par la guerre. La victoire, en effet, n’est rien d’autre que la soumission de ceux qui opposent une résistance et, lorsque cela se produira, la paix sera là. […] Même ceux qui veulent que la paix dans laquelle ils vivent soit rompue ne haïssent pas la paix, mais souhaitent qu’elle soit transmise à leur libre pouvoir. Ils ne veulent donc pas qu’il n’y ait pas de paix, mais qu’il y ait celle qu’ils veulent ». [S. Augustin, De Civitate Dei (La Cité de Dieu), XIX, 12.1.5]
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Je tiens à rappeler en particulier l’importance du droit international humanitaire dont le respect ne peut dépendre des circonstances et des intérêts militaires et stratégiques. Le droit humanitaire, en plus de garantir un minimum d’humanité dans les fléaux de la guerre, est un engagement que les États ont pris. Il doit toujours prévaloir sur les velléités des belligérants, afin d’atténuer les effets dévastateurs de la guerre, y compris dans une perspective de reconstruction. On ne peut passer sous silence le fait que la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, d’habitations et de lieux essentiels à la vie quotidienne constitue une grave violation du droit international humanitaire. Le Saint-Siège réaffirme fermement sa condamnation de toute forme d’implication des civils dans les opérations militaires et souhaite que la Communauté internationale se souvienne que la protection du principe de l’inviolabilité de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie compte toujours plus que tout intérêt national.
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Il est donc nécessaire de faire des efforts pour que les Nations Unies reflètent non seulement la situation du monde actuel et non celle de l’après-guerre, mais aussi pour qu’elles soient plus orientées et efficaces dans la poursuite non pas d’idéologies, mais de politiques visant à l’unité de la famille des peuples.
Le but du multilatéralisme est donc d’offrir un lieu où les personnes peuvent se rencontrer et parler, sur le modèle de l’ancien forum romain ou de la place médiévale. Cependant, pour dialoguer, il faut s’entendre sur les mots et les concepts qu’ils représentent. Redécouvrir le sens des mots est peut-être l’un des premiers défis de notre époque. Lorsque les mots perdent leur rapport à la réalité et que la réalité elle-même devient sujette à opinion et, en fin de compte, incompréhensible, on devient comme ces deux personnes dont parle saint Augustin qui sont obligées de rester ensemble sans qu’aucune des deux ne connaisse la langue de l’autre.
Il observe que « les animaux muets, même s’ils sont d’espèces différentes, se comprennent plus facilement qu’elles, bien que toutes les deux soient des êtres humains. En effet, puisque par la seule diversité de la langue elles ne peuvent se communiquer leurs pensées, une grande affinité de nature ne sert à rien pour établir des relations, au point qu’un homme préfère rester avec son chien plutôt qu’avec un étranger » [S. Augustin, o.c., XIX, 7].
De nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu’ils représentent de plus en plus ambigus. Le langage n’est plus le moyen privilégié de la nature humaine pour connaître et rencontrer, mais, dans les replis de l’ambiguïté sémantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent à exprimer sans équivoque des réalités certaines. C’est seulement ainsi qu’un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire pour jouer son rôle de rencontre et de médiation, indispensable pour prévenir les conflits, et que personne ne soit tenté de dominer l’autre par la logique de la force, qu’elle soit verbale, physique ou militaire.
Il convient également de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Mais à y regarder de plus près, c’est le contraire qui est vrai : la liberté de parole et d’expression est garantie précisément par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de véritable liberté d’expression se réduisent de plus en plus, tandis que se développe un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent.
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Malheureusement, cette dérive en entraîne d’autres qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. Dans ce contexte, l’objection de conscience autorise l’individu à refuser des obligations légales ou professionnelles qui sont en contradiction avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans sa sphère personnelle : qu’il s’agisse du refus du service militaire au nom de la non-violence ou du refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé. L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. En ce moment particulier de l’histoire, la liberté de conscience semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme. Cette liberté établit au contraire un équilibre entre l’intérêt collectif et la dignité individuelle, soulignant qu’une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.
De même, la liberté religieuse risque d’être restreinte, alors qu’elle est, comme le rappelait Benoît XVI, le premier des droits humains puisqu’elle exprime la réalité la plus fondamentale de la personne [in Discours à l’occasion de la présentation des vœux au Corps diplomatique, 9 janvier 2012]. Les données les plus récentes indiquent que les violations de la liberté religieuse sont en augmentation et que 64 % de la population mondiale subit de graves violations de ce droit.
En demandant le plein respect de la liberté religieuse et de culte pour les chrétiens, le Saint-Siège le demande également pour toutes les autres communautés religieuses.
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Malgré son caractère central, l’institution familiale est aujourd’hui confrontée à deux défis cruciaux. D’une part, on assiste à une tendance inquiétante dans le système international qui consiste à négliger et à sous-estimer son rôle social fondamental, ce qui conduit à sa marginalisation institutionnelle progressive. D’autre part, on ne peut ignorer la réalité croissante et douloureuse des familles fragiles, désagrégées et souffrantes, affligées par des difficultés internes et des phénomènes inquiétants, y compris la violence domestique.
De même, la maternité de substitution, qui transforme la gestation en un service négociable, viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un « produit », que de la mère, en instrumentalisant son corps et le processus de génération et en altérant le projet relationnel originel de la famille.
Il incombe également à la société civile et aux États de répondre concrètement aux situations de fragilité, en proposant des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie.
Une réflexion similaire peut être faite à propos de beaucoup de jeunes confrontés à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles la dépendance aux drogues. Un effort conjoint de tous est nécessaire pour éradiquer ce fléau de l’humanité et le trafic de drogue qui l’alimente, afin d’éviter que des millions de jeunes à travers le monde ne finissent victimes de la consommation de drogues. Conjointement à cet effort, il devra y avoir des politiques adéquates de désintoxication et des investissements plus importants dans la promotion humaine, l’éducation et la création d’emplois.
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… si saint Augustin souligne la coexistence de la cité céleste et de la cité terrestre jusqu’à la fin des temps, notre époque semble plutôt encline à nier le « droit de citoyenneté » à la cité de Dieu. Seule semble exister la cité terrestre, enfermée exclusivement à l’intérieur de ses frontières. La recherche des seuls biens immanents mine cette « tranquillité de l’ordre » [S. Augustin, o.c. XIX, 13] qui, pour Augustin, constitue l’essence même de la paix, qui concerne autant la société et les nations que l’âme humaine, et qui est essentielle à toute coexistence civile. En l’absence d’un fondement transcendant et objectif, seul l’amour de soi prévaut, jusqu’à l’indifférence envers Dieu qui gouverne la cité terrestre [idem, XIV, 28]. Cependant, comme le note Augustin, « telle est la stupidité de l’orgueil chez ces hommes qui prétendent trouver le souverain bien ici-bas et le principe de leur félicité en eux-mêmes » [ibidem, XIX, 4. 4.]
L’orgueil obscurcit la réalité elle-même et l’empathie envers le prochain. Ce n’est pas un hasard si à l’origine de tout conflit se trouve toujours une racine d’orgueil. Comme j’ai eu l’occasion de le rappeler dans le Message pour la 59e Journée mondiale de la paix « on perd alors tout réalisme, cédant à une représentation partielle et déformée du monde, sous le signe des ténèbres et de la peur » [Message du 8 décembre 2025] ouvrant ainsi la voie à la logique de l’affrontement, prélude à toute guerre.
Vidéo à rediffuser pour bien montrer aux Français que ces gens là n’ont AUCUNE parole !
Motion de censure, vite !
Mais qui a fait ça ?! (cf vidéo ) Le problème c’est que ce n’est pas vraiment faux !… La classe de neige avec 28 soldats au Groenland a été légitimement perçue comme absolument ridicule !
Les euro-neuneus qui nous dirigent ne manquent jamais une occasion d’humilier nos pays et de nous affaiblir : on voit le résultat aujourd’hui !
Sortons de l’UE ! Envoyons valser ce système et soyons la France libre, indépendante, forte !
« Chez les Macron, chacun a un œil qui se barre. Chez Brigitte, le gauche. Chez Emmanuel, le droit.»
Un condensé de Pressibus.
Nadine Touzeau est une profileuse, experte internationale, notamment aux États-Unis, mais ayant eu de gros ennuis en France. Elle connaît très bien les problèmes de harcèlement.
Elle commence par souligner que « les comptes sur les réseaux sociaux sont la propriété privée des personnes». Ils ont un côté exutoire, c’est un comportement naturel. Ils permettent de communiquer et de s’interroger, comme quand on va au café. C’est cela que l’on veut réguler. « C’est une affaire d’État».
Nadine présente les caractéristiques des victimes de cyberharcèlement : ces dernières déclinent jusqu’à ne plus vouloir sortir de chez elles, elle dépérissent, elles doutent de tout. Les personnes cyber-harcelées sont des personnes faibles. C’est tout le contraire de « Brigitte» Macron.
Le choix d’un panel éclectique montre la volonté de se servir d’exemples pour contrôler les réseaux sociaux. « La France n’est plus un pays de liberté d’expression, alors que la gouaille est dans les gènes de notre pays.»
Nous savions que Nadine Touzeau avait transmis à Natacha Rey, Xavier Poussard et Candace Owens un profilage de « Brigitte » Macron, qui, aux USA, contrairement à la France, a une valeur juridique. Elle nous en a dévoilé les principaux aspects : Éléments de profilage, par Nadine Touzeau ; « Brigitte» Macron : a un côté revanchard, est directive, est orgueilleuse, met tout en œuvre pour arriver à ses fins, est méchante, n’a aucune volonté de calmer le jeu, s’affiche en victime avec un solide self-control, refuse d’accepter la contradiction, est incapable d’affronter la réalité, ne s’assume pas, utilise la peur pour asseoir son pouvoir.
Trouvez-moi une femme capable de mettre tous ces comportements bout à bout. Vous n’en trouverez pas. Même chez des tueuses. Ce sont des comportements masculins et phalliques.
Nadine Touzeau conclut en disant qu’il ne faut pas avoir peur. Il y a certes une volonté de contrôler les gens et de les faire taire, mais cela ne marchera pas, c’est contre nature. Cela devient même incontrôlable, socialement, politiquement comme techniquement.
Et comme l’ajoute encore Nadine Touzeau : « cela ne marchera pas, c’est contre nature».

Et l’on s’en rend compte à la lecture d’un article du « Média en 4-4-2 » du 7 janvier, qui revient sur les réactions à l’apparition de « Brigitte» télévisée au journal de TFI le 4 janvier.
« Les caméras HD ont impitoyablement saisi ce que les retouches ne parviennent plus à cacher : un œil gauche exorbité, figé dans une ouverture anormale, face à une paupière droite tombante. Cette asymétrie, immédiatement capturée et diffusée, a offert au public l’image d’un visage qui échappe enfin à son strict contrôle. Les spéculations fusent, mais toutes pointent vers la même obsession : la négation du temps. L’explication officieuse d’un ptosis lié à l’âge est évidemment la plus commode. Elle omet toutefois de préciser comment des années de Botox et de liftings successifs ont pu altérer la dynamique musculaire faciale, rendant ce type de dysfonctionnement plus probable et plus visible. Ce regard déréglé semble être la conséquence mécanique d’une lutte acharnée contre les rides, un effet secondaire indésirable d’une quête esthétique devenue pathologique. L’Élysée, en refusant tout commentaire, confirme que ce sujet touche à un interdit : la vérité sur les transformations de la « Première Dame ». La réaction des réseaux sociaux, bien que d’une brutalité confondante, n’est que le reflet déformé d’une imposture longtemps dissimulée. Les mèmes * et les railleries ne naissent pas d’un vide, mais d’un sentiment d’artificialité persistante. En moquant ce « détail », le public exprime son rejet d’une image trop parfaite, trop travaillée, et finalement trompeuse. […] Cet incident dépasse la simple moquerie facile. Il marque un point de bascule où le travail esthétique, poussé à son extrême, produit l’effet inverse de celui recherché : il ne rajeunit plus, il déforme. Il n’embellit plus, il intrigue et inquiète. […] Le vernis craque et laisse apparaître, ne serait-ce qu’un instant, la réalité sous le masque.»
Une analyse technique poussée par I. A. [renseignement artificiel], publiée dans un article de « Qactus», aboutit à cette conclusion : « l’hypothèse du masque prosthétique est l’explication la plus économique, la plus cohérente et la mieux étayée des anomalies visuelles répétées observées au niveau de l’œil gauche et de l’apparence générale».
De notre côté nous insistons pour souligner que cette faiblesse de la paupière droite était déjà présente chez l’enfant Jean-Michel Trogneux.
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Observez comme « Brigitte » ressemble au petit Jean-Michel ! En réaction à la répression macronienne, soyons plus léger en signalant qu’un journal « people» vient, incidemment, d’apporter de l’eau à notre moulin, avec un article portant ce titre :

« En regardant de plus près son visage, on s’aperçoit que son œil droit est clairement plus fermé que l’œil gauche. Cet étrange détail physique apparaît à plusieurs moments de l’entretien mené par Audrey Crespo-Mara. Simple poussière dans l’œil ?».
Ce n’est pas nouveau, nous l’avions déjà remarqué en 2023 et nous avions surtout constaté que le petit Jean-Michel Trogneux avait, lui aussi, comme une poussière dans l’œil droit :

il avait un œil un peu plus ouvert que l’autre, caractéristique que l’on retrouve chez Brigitte Macron, un indice parmi tant d’autres…


La concomitance entre cette moquerie généralisée brutale et un jugement visant à faire cesser des moqueries est une réponse rassurante, un signe de bonne santé des réseaux sociaux. On peut estimer que les Macron sont stupides de croire qu’ils parviendront à discipliner ce qui ne peut pas l’être, mais les journalistes à la Rioufol sont les premières cibles à intimider. Ce que veulent les Macron, c’est rester au pouvoir jusqu’en 2027, et, pour cela, continuer à marginaliser le Brigittegate est un objectif prioritaire. L’énergie qu’ils y consacrent en est la preuve. Peu leur importe que, dans quelques mois, les principes juridiques français et européens de liberté d’expression reprennent le dessus. Leur priorité est de poursuivre le sinistre programme que ceux qui leur ont permis d’habiter l’Élysée leur ont assigné.
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Note :
* Le mème (meme en anglais, prononcé mim) est un néologisme qui a été créé par le biologiste Richard Dawkins en 1976 dans son ouvrage Le Gène égoïste. Je ne développe pas sur le sens premier de ce mot qui relève, de ce que j’en ai compris, d’une analogie hasardeuse. Je rappelle seulement qu’il a été formé à partir du mot grec mímêsis, imitation, représentation, image, portrait, reproduction, figuration, rapproché du mot gene (djin, gène) et du mot français « même » avec sa signification, dans le sens où il existerait une reproduction disons sociale, culturelle ou civilisationnelle qui tiendrait non pas à des gènes biologiques mais à des entités idéelles par leurs facultés de se développer et de se reproduire. Ce qui de nos jours semble totalement relever du phénomène de masse créé par Internet. Si bien que ce mot a la signification aujourd’hui d’expansion des idées, propagandes, critiques, par la répétition d’images fixes ou animées, d’affiches, de dessins, ou de slogans et autres réflexions, plus ou moins fidèles et plus ou moins récurrentes.
Le mème c’est ce qui se répète sous une même forme ou une forme similaire. C’est donc l’expression du « même » correspondant plus ou moins à l’identique, mais pouvant évoluer, et qui sait même parfois inverser sa signification première ; être « récupéré » ou dévoyé.
Pour donner un exemple de ce que l’on peut entendre par mème, je donnerai tout simplement l’exemple de ce qu’il en était de « même » en ancien-français. Voici une liste (sans doute incomplète) des formes écrites dialectales de « même » des siècles passées ou de ce qui reste des dialectes en français :
meïsme(s), meisme, meime, meesme, mesme, meme ; mïesme(s), mieme ; medesme, medisme ; methesme, methime ; moiisme, moime, moieme ; mime ; maime, mahisme.
Ajoutons les « mêmes » de différentes langues latines, avec : l’espagnol mismo / misma, le portugais mesmo (mesmou) / mesma (mesmë) ;
l’italien medesimo, le romanche medem / madem, le ladin medemo / -i/ -a / -es ;
le catalan mateix (mateych), l’occitan languedocien meteis / meteissa, le gascon medish / medisha.
Et ajoutons même le breton memes, memb ou mem.
Tous ces mots sont d’anciens composés de la forme du latin classique met-ǐpsimu qui a donné mëesme en ancien-français,ou du latin vulgaire met-īpsimu qui a donné meïsme.
Mět était, par ailleurs, une particule inséparable qui se plaçait à la fin des pronoms ; egomet = moi-même ; nosmet = nous-mêmes. Quant à ipse, il se plaçait devant le nom : ipse Cæsar, César lui-même ; ipsum Latine loqui, le fait même de (bien) parler latin ; ipso facto, par le fait même. Voir encore les formulations telles : ipsemet, lui-même, ou ipsimet nous-mêmes.


