Les malheurs d’un mari d’une femme engrossée.
Court extrait de : Les quinze ioyes de mariaige attribuées à Antoine de La Sale (ca 1386 – ca 1462) ; copié d’une édition des débuts de l’imprimerie : soit avec des abréviations non reproduites ici, absence de tout accent, ponctuation très limitée (j’ai ajouté des virgules), confusion entre « i » et « j », et entre « u » et « v » sauf à l’initiale d’un mot, et variations orthographiques.
La tierce joye de mariage si est, que apres ce que le jeune homme & sa femme, qui est jeune, ont bien pris leurs plaisirs & desirs, elle devient grosse qui par auenture ne sera pas de son mary / laquelle chose advient souvent.
Lors estre le mary en soulcy & tourmens / car il court & trote pour querir a la dame ce quil luy fault ou plaist / & en courant pourra cheoir & se blesser & fera grant aduenture sil apporte viande quil luy plaise / combien quil a mis grant peine de la trouver & avoir.
Et aduient que por sa diuersite des viandes & pour laise ou elle est & que lappetit luy passe & quelle est ennuyee de viandes communes il fault qu’elle ayt viandes nouvelles & que le mary trotte a pied ou a cheval de iour ou de nuict pour en auoir.
En tel tourment vit le mary vii ou viii moys quelle ne faict que mignoter et se plaindre : & fault quil porte toute la charge de lhostel de lever matin & coucher tard & penser de son mesnage selon son estat.
à noter : par aventure = par hasard ; mignoter = faire des mines doucereuses et langoureuses ; la charge de l’hôtel = la charge du ménage.
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