Aller au contenu principal

Du Front National à La Victoire, en passant par toute la « presse libre » : bombe atomique, source de bienfaits, extraordinaire découverte, révolution cosmique dont les premiers principes ont été trouvés en France ?

4 août 2025

Article d’Olivier Mathieu publié le 2/8/2025 sur leblogdunbonarien

*

Nous sommes le 8 / 8 / 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich. En France, où la presse clame avoir retrouvé sa liberté, le journal « L’Epoque » titre (ici, en première page): « Bombe atomique, révolution cosmique ». Journal L’Epoque, première page, mercredi 8 août 1945.

Nous sommes ici le 9 / 8 / 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich. En France, où la presse clame avoir retrouvé sa liberté, le journal « Le Franc-Tireur » (sous-titre: « A l’avant-garde de la République »), journal gaulliste orné à la « une » par une croix de Lorraine, titre (en première page): « Plus rien de vivant à Hiroshima ». Journal Le Franc-Tireur, première page, jeudi 9 août 1945.

Les deux sous-marins que Trump a (ou aurait) envoyés « dans des zones appropriées » ne représentent pas, en vérité, une menace particulière ou nouvelle pour la sécurité de la Russie. Il est extrêmement rare que les forces armées américaines parlent du déploiement et de la position de leurs sous-marins, chose bien compréhensible étant donné leur mission de dissuasion nucléaire. Les propos de Trump représentent donc une « montée en puissance rhétorique » contre Moscou, mais pas forcément militaire, puisque les États-Unis ont en permanence des sous-marins nucléaires susceptibles de frapper la Russie. D’ailleurs, toute la flotte sous-marine américaine est à propulsion nucléaire, donc tous les sous-marins américains sont nucléaires, y compris s’ils ne sont pas tous capables de lancer des missiles nucléaires.

Première page du journal « Front National » (7/8/1945), suite au refus opposé par le Japon à l’ultimatum américain. Journal Front National, première page, mardi 7 août 1945.
C’est une évidence qui a été soulignée, par exemple, par l’ancien général de l’armée de l’air et actuel vice-président de la Douma, Leonid Ivlev. Ce dernier a ajouté, à juste titre, que la Russie est pleinement consciente de telles manœuvres militaires américaines. Viktor Vodolatsky, député du parlement russe, a quant à lui qualifié d’inutile toute tentative d’intimidation à l’égard la Russie, et a souligné l’importance de la flotte de sous-marins nucléaires russes.

Nous sommes le 8 / 8 / 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich. En France, où la presse clame avoir retrouvé sa liberté, y compris dans les titres des journaux (ici, le « Midi Libre », journal gaulliste orné d’une croix de Lorraine), le journal « Le Midi Libre » titre (ici, en première page): « La bombe atomique, instrument de guerre, sera peut-être une source de bienfaits ». Journal Midi Libre, première page, mercredi 8 août 1945.

Il n’est pas clair où les sous-marins (probablement de classe Ohio, avec 24 missiles balistiques intercontinentaux Trident II 5) seraient « envoyés ». La plupart des Américains ont des connaissances tellement élémentaires de la géographie en général, et de la géographie européenne en particulier, que Trump, quand il parle de ce genre de choses, ne sait probablement pas de quoi il cause. Rappelons que le premier jour de sa deuxième présidence, Trump a confondu l’Espagne avec un pays des BRICS (Chine, Russie, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie,Iran, Émirats arabes unis et Indonésie) et que rien n’indique que Trump sache indiquer l’Espagne sur une mappemonde. Espérons au moins pour lui qu’il sache où est l’Ohio.

Dans ces jours de 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich, les villes d’Hiroshima et Nagasaki sont atomiquement bombardées. En France, dans la presse de 1945, les journalistes évoquent « la bombe atomique, une révolution » et Louis de Broglie parle de cette « extraordinaire découverte ». Les Canadiens, eux, annoncent que, suite à la première bombe atomique sur le Japon, ils participeront à l’invasion de ce pays. Première page de la Dépêche de Paris, 8/8/1945. La deuxième bombe atomique – cette extraordinaire découverte? – tombera le lendemain sur le Japon.

Trump, répétons-le, parle de sous-marins envoyés dans des « régions appropriées », ce qui n’a aucun sens. Viktor Vodolatsky a en outre noté qu’aucune réponse officielle n’était nécessaire car, a-t-il dit, « tout le monde sait » que Trump change d’avis comme de chemise. Les actions de Trump sont « stupides et irresponsables », a dit le politologue Sergei Markov, accusant le président des États-Unis d’avoir perdu le sens des réalités.

Dans ces jours de 1945, moins de trois mois après la mort d’Adolf Hitler et la chute du Troisième Reich, et tandis que les villes d’Hiroshima et Nagasaki sont atomiquement bombardées, en France, dans la grande presse de 1945, les journalistes évoquent ici le « moyen », trouvé par les « Alliés », de « libérer » l’énergie atomique. Ici: première page du « Midi Libre », 7/8/1945.

Très intéressante, cependant, l’opinion d’un expert militaire russe, Yuri Fyodorov, qui a noté ce qui suit: « Si les sous-marins étaient placés près de Chypre, leurs missiles nucléaires pourraient atteindre la Russie centrale en seulement 10 minutes ». En effet, rien ne dit que les sous-marins nucléaires se trouvent forcément dans les mers septentrionales. L’un des deux pourrait en effet se trouver dans la Méditerranée (ou dans l’une de ses subdivisions), plus difficilement dans la mer Noire. La mission classique des sous-marins de ce type est de se cacher au plus profond des océans, en attendant un éventuel ordre de mise à feu de ses missiles nucléaires. Il n’y a donc aucune raison de les « envoyer » où que ce soit. Ils sont déjà aux aguets.

Quelques mois après Hiroshima et Nagasaki, en France le journal « La Victoire » constate, à la « une » (novembre 1945) que Truman (USA) et Attlee (Angleterre) se mettent d’accord sur le problème atomique.

A la « une » du journal L’Humanité (10-11 / 8 / 1945), quelques jours après Hiroshima et Nagasaki, Frédéric Joliot-Curie explique aux lecteurs que c’est en France que les « premiers principes de réalisation ont été trouvés ».

La Russie aurait alors dix minutes – dix très courtes minutes – pour activer d’éventuelles défenses ou pour donner l’ordre à des systèmes semi-automatiques ou automatiques (la « main morte ») de répondre à l’attaque subie.

Dans le journal « LE POPULAIRE » du 8/8/1945 (directeur politique: Léon Blum, organe du parti SFIO), à la une, « atomique » est mis entre guillemets et la bombe de ce nom est définie comme une « révolution scientifique ».

L’ AVENIR NATIONAL (9-10-1945), à la « une », quelques mois après les bombes atomiques américaines sur Hiroshima et Nagasaki.

From → divers

Commentaires fermés